Révolution agricole
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La Révolution agricole désigne l’ensemble des innovations agricoles survenue au XVIIIe et XIXe siècles. Elle concorde le plus souvent avec l’apparition du capitalisme agricole qui entraîne une recherche nouvelle de la productivité. Le processus de la Révolution agricole entretient par ailleurs des liens de causes à effet , réciproques et étroits, avec la Révolution industrielle et la transition démographique. A l’aube du XVIIIe siècles, l’agriculture n’a que peu évoluer depuis le Moyen-age. Les disettes sont fréquentes et les gouvernements ne se préoccupent que peu de la question agricole. Seules les Provinces-Unies possèdent une agriculture vraiment soucieuse des rendements du fait du manque de terre et du coût de la création des polders.
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Pratiques avant la Révolution agricole
A l’exception de la Hollande et des Flandres, les paysans d’Europe pratiquent l’assolement triennal. Durant une première année, les paysans semaient des céréales d’hiver (blé et seigle), la seconde années des céréales de printemps (orge, avoine) et enfin la terre était laissée au repos la troisième année. Un tiers des terres n’étant donc pas exploitées, les rendements restaient faibles.
Par ailleurs, les parcelles étant de faible superficie, et celles en jachères étant consacrées au pâturage, les champs étaient nécessairement ouverts (open field) afin de permettre le mouvement des bêtes. La pratique de l'open field impliquait un travail collectif incitant peu à la recherche d’un profit qui ne pouvait que rarement être individuel.
Début de la Révolution agricole
Evolution des mentalités
Au cours de la première moitié du XVIIIe, les landlords anglais s’intéressent aux profits susceptibles de leur procurer l’agriculture dans un contexte de hausse de la population. La noblesse anglaise s’informe des techniques employées aux Pays-Bas et des recherches effectué en France (pour la cour de Versailles : le potager du roi).L’anglais Jethro Tull publie dès 1731 un ouvrage référençant l’ensemble des techniques modernes de culture. Les nobles, manifestant à la fois un intérêt pour le progrès et pour l’enrichissement, entreprennent de moderniser leurs domaines. Afin de mieux mettre en valeur leur terre, les landlords revendiquent le droit de s’en réserver l’usage et de les enclore, ce qu’accorde le Parlement en 1727 (Enclosure act). On s’intéresse davantage au techniques d’élevage, et on commence à sélectionné les bêtes de sortes que seules les races les plus productives sont conservées. Robert Backewell croise différentes races afin d’obtenir de nouveaux spécimens d’ovins et de bovins. En Angleterre, le poids moyen du bœuf de boucherie, atteint 800 livres en 1800 alors qu’il n’était que de 370 livres un siècle plus tôt. On travail aussi sur la sélection des semences.
Premières rationalisations de la production
L’assolement triennal est abandonné au profit d’un assolement quadriennal, où les semences de plantes fourragères alternent avec celles de plantes céréalière. Le développement du cheptel permis par l’augmentation de la production de fourrage fournie en retour à l’agriculture des quantités importante de fumier, un engrais naturel qui permet la suppression des jachères. Les bêtes fournissent aussi aux exploitants des forces de tractions utiles. D’autres techniques visant à accroître la fertilité des terres ou à améliorer les techniques de labour se généralisent. De moins de 30 quintaux à l’hectare au début du XVIIIe, les rendements anglais s’élèvent à environ 50 quintaux en 1800. La France, bien que disposant de nombreux agronomes de talents(de La Rochefoucauld-Liancourt, Parmentier …) ne connaîtra de telles évolution qu’au XIXe siècle.
Révolution agricole et Révolution Industrielle
On considère souvent que la Révolution agricole a permis la Révolution Industrielle, grâce aux profits nouveaux de l’agriculture, aux commandes de matériel et à l’exode rural (déversement inter-sectoriel de la main d’œuvre). Elle est considérée par W.W Rostow et de nombreux autres historiens de l’économie comme l’étape préalable du développement de l’industrie. Toutefois l’influence des deux phénomènes à été réciproque.
Progrès mécaniques
La grande industrie fournie rapidement à l’agriculture de nouvelles machines révolutionnant les techniques alors en place. En 1834, l’industriel américain Mac Cormick met au point la première moissonneuse batteuse. En 1837 Mathieu de Dombasle invente une nouvelle charue …
Progrès chimiques
L’utilisation du fumier est complétée par l’importation de guano venant d’Amérique du Sud. Dans les années 1840, l’industriel allemand Justus von Liebig créé les premiers engrais chimiques.
Spécialisation
Les flux d’échange permis par les progrès des transports (chemin de fer, marine à vapeur …) permettent la spécialisation des régions selon leurs avantages. Aux Etats-Unis, le Nord-Est développe la Corn Belt (produisant des céréales) tandis que le Sud se spécialise dans le coton, matière première la plus importante de l’époque pour l’industrie britannique.
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