Psychothérapie

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La psychothérapie est un ensemble de techniques censées soigner ou aider à résoudre les problèmes comportementaux et psychologiques rencontrés par des individus. Le point commun entre ces techniques est le contact personnel direct entre le thérapeute et le patient, le plus souvent sous la forme d'un entretien. Autour de cet entretien s'articulent des questions de respect de la vie privée du patient et de confidentialité.

La psychothérapie est indépendante de la psychiatrie (branche de la médecine) et de la psychologie (branche des sciences humaines). Elle n'a aucun cadre légal en France (malgré une tentative de proposition de loi par le député Bernard Accoyer), n'importe qui peut s'intituler psychothérapeute. Un certain nombres d'écoles ont été qualifiées de secte par la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (Mills).

Sommaire

Les différentes techniques

Le nombre important de techniques et les nombreuses différences qui s'y rencontrent ne permettent pas actuellement de considérer qu'il existe une base théorique commune. Cependant, le stress, révélateur d'une angoisse, semble être un point commun à toutes les pathologies.

En conséquence, d'une part les certitudes semblent encore du domaine du futur, d'autre part les psychothérapeutes ont (peut-être) pour vocation de travailler avec l'angoisse, le doute, l'imprévu.

Il est probable que l'être humain soit confronté à une peur complexe à la sortie de l'enfance due à la rencontre des interdits parentaux avec la pulsion de reproduction.


L'analyse transactionnelle (AT)

Eric BERNE (1910 1970) psychiatre, après deux ans d'analyse avec Federn, puis une seconde analyse avec E ERICKSON, voit sa candidature a l'institut de psychanalyse de San Franscisco rejetée. Il promeut alors une nouvelle méthode de psychothérapie : l'analyse transactionnelle (qui est initialement une thérapie de groupe) dont le but est de donner au patient l’accès à une connaissance psychologique. Face aux injonctions des parents, des décisions de l'enfant sont inscrites et peuvent donner lieu en AT a une re-decision, une re-programmation libérant la physis, pulsion créatrice universelle qui pousse au développement et au perfectionnement. L’analyse transactionnelle peut se voir adjoindre d'autres techniques : prescription de comportements, massages, relaxation, reformulations neutres, suggestion directe etc. Aujourd'hui, l'AT est un ensemble de théories : personnalité (fonctionnement intra-psychique), communication (transactions relationnelles), organisation des systèmes (fonctionnement des groupes et des organisations), supervision (méthodes et pratiques à l'adresse des psychothérapeutes). Les concepts principaux de l'AT sont : Les Etats du Moi (Parent - Adulte - Enfant), les Transactions, les Jeux psychocologiques, le Scénario, la Symbiose, les Méconnaissances, les Comportements de Passivité, les Signes de Reconnaissance,les Positions de Vie, les Timbres, les Rackets, Les psychothérapeutes professionnels de l'AT sont certifiés par l'EATA (European Association of Transactionnal Analysis).

La théorie décrit des états du moi : parent infantile, adulte, normaux ou pathologiques, dans la double dimension de l’expérience subjective et des comportements. La transaction est "l'aspect manifeste des échanges sociaux" en termes de stimulus réponse. Les modes de communication (manifestes, cachés ou a double fond) sont tributaires des états du moi.

La méthode des alcooliques anonymes (AA)

Bien que connue pour son application d'origine (le traitement de l'alcoolisme), la méthode des alcooliques anonymes tend à connaître des champs d'applications de plus en plus vastes sur tous les comportements de dépendances (alcool, drogue, jeu, etc.).

Il s'agit d'une thérapie de durée moyenne (environ 2 ans).

La constellation familliale

Il s'agit d'une méthode systémique qui, à travers le placement physique des participants à une séance, permet au patient de mettre à jour les réponses « cachées » dans son arbre généalogique à une question portant sur un aspect répétitif (et non souhaité) de sa vie.

L'EMDR

Parfois considérée comme une forme d'hypnose, elle traite essentiellement les cas de stress post traumatiques par des stimulations sensorielles alternées.

Elle se situe dans une optique courte (on considère généralement une durée de 6 mois pour des problèmes lourds).

L'ennéagramme

Cette technique se pose plus en explication du fonctionnement de la personnalité et comme une typologie d'icelle.----

Il semble que le positionnement soit celui du « développement personnel » et non de la thérapie, cependant on observe des praticiens qui l'emploient à titre thérapeutique.

Le focusing

La gestalt-thérapie

Cette thérapie se base sur l'expression émotionnelle.

L'hypnose

Il s'agit de méthodes qui passent outre à la personnalité consciente de la personne pour s'adresser à son inconscient de façon parfois conçues comme irresistibles.

L'état d'hynpnose consiste à un « endormissement » du conscient pour être en prise directe avec l'inconscient. Il peut être provoqué par des produits et/ou des injonctions « hypnotiques ».

Hypnose « classique »

Hypnose ericksonnienne

Plus ancienne que la PNL (on dit souvent que la PNL est la fille de l'hypnose ericksonnienne), il s'agit d"une forme d'hypnose « légère ».

Elle se situe dans une optique courte (on considère généralement une durée de 6 mois pour des problèmes lourds).

La programmation neuro-linguistique ou PNL

Elle travaille sur l'adaptation au réel sans se préoccuper des causes des problèmes comportementaux et psychologiques rencontrés par des individus.

Elle se situe dans une optique courte (on considère généralement une durée de 6 mois pour des problèmes lourds).

La psychanalyse

Inventée par Sigmund Freud, elle se situe dans une optique de révélation des causes inconscientes du comportement de la personne mais ne propose pas de technique de reconstruction, le patient élaborant lui-même (avec l'aide de son psychanalyste) sa reconstruction pour faire face à ses propres problèmes comportementaux et psychologiques.

C'est la méthode la plus connue en France, elle peut se dérouler sur plusieurs années, voire plusieurs dizaines d'années, ce qui ne permet pas dans ce cas de conclure à son efficacité.

L'Analyse Bioénérgétique

Elle reprend et développe les notions de W. REICH et y ajoute une typologie caractérielle. Il s’agit généralement d’une psychothérapie de groupe mais elle peut être individuelle. Des séminaires de deux à cinq jours réunissent une dizaine de participants une fois par mois. Le but est le développement de nouvelles formes d'expression de soi, surtout non verbale. Le dramatique, musique, exercices corporels, musique, dessin collectif sont des techniques utilisées. La décharge émotionnelle, sous forme de colère, de pleurs, de cris, est sollicitée après la mise en tension, et avant la phase d’intégration et de verbalisation.

La psychothérapie psychanalytique

Psychanalyse, psychothérapies analytiques et rééducations : rappels historiques Si le mot psychothérapie a été forgé a la fin du XIXe siècle, les techniques de soin par l'esprit sont elles beaucoup plus anciennes. La souffrance psychologique semble avoir été reconnue depuis toujours et on en retrouve des traces dans les mythes (Herakles) tout comme dans les vestiges archéologiques. Cette reconnaissance sera cependant longtemps incomplète et il faudra attendre les progrès de la psychologie pour que des techniques psychothérapeutiques et de rééducations efficaces voient le jour. Schématiquement, on peut distinguer quatre grandes périodes : 1. les guérisons sont attribuées aux Dieux, ou a des rituels magiques exécutés par des guérisseurs, des sorciers ou des exorcistes. 2. 1175 - 1900 : le magnétisme, l'hypnotisme et la suggestions sont utilisés comme traitements psychothérapeutiques. Alors que l'on découvre l'importance des traumatismes infantiles (FREUD, JANET), certains prônent préconisent l'utilisation de "traitements moraux" (Dr. BLANCHE). Une nouvelle pédagogie se met en place pour éviter aux enfants des traumatismes et soigner précocement les troubles de la conduite (ADLER). Jean Marc Gaspard ITARD commence en 1801 la rééducation de Victor, le petit sauvage de l'Aveyron. Convaincu que la surdité n'a pas que des causes organiques, il invente une "orthopédie mentale" pour éveiller le la conscience et créer le langage. Toujours en France, l'abée de l'Epée recueille les enfants sourds et conçoit pour eux un langage par signes. 3. 1900 - 1925 : FREUD utilise la psychanalyse dans le sens d'une guidance parentale (le petit Hans, 1909). Longtemps l'avis de FREUD prévaudra : l'application de la psychanalyse est impossible auprès d'enfants et les psychanalystes se contenteront d'ouvrir des centres de consultation pour enseignants. La psychanalyse est utilisée pour la première fois par Mme Von HUG-HELLMUTH, puis par Anna FREUD. .Mais c'est à Mélanie KLEIN que l'on doit l'invention d'un cadre rendant possible la psychanalyse des enfants telle qu'elle se pratique encore aujourd'hui. 4. A partir de 1925 : on assiste a une explosion des méthodes thérapeutiques, qu'elles soient fondées sur l'action par l'environnement (thérapie familiale, thérapie institutionnelle), le groupe (psychothérapie de groupe, psychodrame analytique), la manipulation de l'imaginaire avec le rêve éveillé, l'art thérapie, la relaxation, le conditionnement (psychothérapies comportementales). Dans le même temps, les rééducations trouvent leurs théories de référence et affinent leurs techniques. Portant d'abord sur le langage parlé, puis écrit, le troubles psychomoteurs elles s'étendront bientôt à toutes les difficultés que peuvent traverser les enfants et aux troubles de l'apprentissage scolaire.

Durant le siècle dernier, plusieurs courant allant de la pédagogie libre (MONTESSORI, PESTLOZZI), la guidance parentale, les rééducations, la psychanalyse, vont tenter de prendre en compte l'enfant au plus près de sa réalité, de ses expressions fantasmatiques ou symptomatique et de son environnement familial. Concernant l'enfant en difficulté, l'idée qu'un symptôme isolé n'existe pas, qu'il est pris dans une économie a la fois intra et inter psychique, se fait rapidement jour. Ainsi, en 1917, Gérard de Parel est le premier a affirmer que la voix est une élément pris dans un ensemble complexe (respiration, audition, psychomotricité...). La conséquence est que la rééducation doit porter sur l'enfant dans sa globalité. Son livre, Notions d'anacousie trace les grandes lignes de ce qui sera l'orthophonie. De son côté, la psychanalyse des enfants diffuse dans les différentes rééducations dans un mouvement qui donnera naissance a la création de lieux spécifiques pour accueillir des enfants présentant des difficultés psychologiques.. Ce sera, dans un premier temps, les Centre Psycho-pédagogiques,qui deviendront ensuite les Centre Médico-Psycho-Pédagogiques. Le premier est ouvert au lycée Claude Bernard, à Paris en mars 1946. Un homme, le Prof. HEUYER représentera particulièrement cette convergence. Dans son service travaillent des psychanalystes comme Jenny AUBRY ou Françoise DOLTO. A son initiative, est crée en 1955 un enseignement décernant une Attestation d'études d'orthophonie, qui deviendra diplôme d'état en 1966. En octobre 1961, un enseignement relatif a la psychomotricité de l'enfant et de ses troubles est ouvert à Paris. Parmi les enseignants, ZAZZO, DIATKINE, MALE, BONVALOT-SOUBIRAN, AMADO et JOLIVET

Le rôle des toutes premières relations de l'enfant (MALHER), de la bouche comme "cavité primitive" (SPITZ), des sensations réunies peu à peu dans un "Moi-peau" (ANZIEU), du portage (WINNICOTT), du dialogue tonique (AJURIAGUERRA) et verbal avec la mère donnant lieu à "l'illusion anticipatrice" (DIATKINE), des différentes castrations (DOLTO), pour ne donner que quelques exemples, sera mieux connu et éclairera la psychopathologie tant de l'adulte que de l'enfant.

Peu à peu, on assiste a une reconnaissance des épreuves que traverse tout enfant (sevrage, acquisition de la propreté...), des traumatismes circonstanciels (disparition d'un proche, séduction par un adulte...) qui peuvent affecter le développement de l'enfant et a une meilleure connaissance des étapes normale du développement de l'enfant.


Psychanalyse, psychothérapie analytique d'enfants Une psychothérapie analytique ou une psychanalyse d'enfant est un dispositif de parole, créé par le psychothérapeute où les conflits et fantasmes de l'enfant trouvent des modalités d'expression et peuvent, le cas échéant, être interprétés par le psychothérapeute. Ce dispositif est borné par un cadre, donné explicitement à l'enfant, et accepté par lui, constitué par les horaires, les rythmes et la durée des rendez vous, les règles de libre association pour l'enfant et d'abstinence et de réserve pour le thérapeute. Des objets (voitures, personnages sexués, animaux, poupées, feuilles et crayons, pâte a modeler...) sont a la disposition de l'enfant qui peut ainsi dire "en parole-dessin", en "parole-pâte à modeler" ou en "parole-jeu" a ce qu'il à a dire.

La réserve du psychothérapeute, l'accueil inconditionnel de ce que l'enfant amène en paroles ou en actes, sa discrétion par rapport à ce qui se passe en séance est primordial car elle crée les conditions d'une parole libre. La parole est un don, et non un dû - le psychothérapeute ne peut donc la rapporter à un autre même si, bien évidemment, l'enfant peut parler de sa psychothérapie à qui bon lui semble.

La neutralité bienveillante du psychothérapeute crée une situation nouvelle pour l'enfant qui se trouve confronté, quoi qu'il dise, à un adulte qui ne le juge jamais. Cette nouvelle situation permet l'expression de fantasmes inconscients qui en elle même est thérapeutique. La verbalisation d'affects douloureux est en soi thérapeutique car elle est décharge de tension. Elle l'est également par le travail de pensée qu'elle sous entend. Il est encore un autre ressort thérapeutique dans la mise en paroles; il gît dans l'écoute, par le psychothérapeute, de la significations inconsciente de ce qui est dit. Sont pris en compte aussi bien la parole manifeste de l'enfant, que les pauses du discours, son style, les lapsus, les postures corporelles, l'investissement de l'espace.

Les rendez-vous sont en effet doublés par une autre scène, inconsciente, qui se précipite dans le transfert c'est a dire l'actualisation, dans l'ici et maintenant de la séance, des modalités relationnelles préférentielles de l'enfant. Le psychothérapeute étant dans une simple attitude l'attente, l'enfant projette sur lui ses attentes, ses désirs, ses affects, ses représentations - en un mot : son imaginaire. Le psychothérapeute est pour l'enfant tour à tour, père, mère, frère ou soeur, rival ou complice, et c'est de cette place qu'il peut lui répondre en lui interprétant le sens inconscient de ses attitudes.

L'age, la psychopathologie en cause, l'aptitude à représenter de l'enfant ont conduit à inventer d'autres formes de psychothérapies analytiques : les psychothérapies de groupe, avec ou sans médiateur, ou le psychodrame.

Les psychothérapies analytiques différent des autres psychothérapies en ce sens que les effets de suggestion y sont réduits au maximum et qu'elles ne visent pas une adaptation du sujet à une norme ou un idéal. « Une psychothérapie, n'est pas une adaptation au monde extérieur. Son effet opérationnel, en fin de traitement, disait F. DOLTO est un ordre retrouvé dans l'image du corps du sujet et dans l'axe de ses désirs allant des émois des stades archaïques les plus anciens, les plus originels, jusqu'aux émois de l'époque actuelle ou s'organisent ses pulsions sexuelles inconscientes génitales". Il s'agit d'accompagner un sujet dans l'appropriation de sa vie psychique inconsciente, et par là, dans l'épanouissement de ses potentialités créatrices.

Cela permet de faire une première distinction entre les psychothérapies analytiques et les autres types de psychothérapies qui visent, elles, une réadaptation ou une normalisation de l'enfant. Celles-ci peuvent être souhaitables, et sources d'un grand soulagement chez l'enfant mais elles s'opposent à la psychanalyse en de nombreux point : la position du thérapeute, qui se présente comme modèle idéal, l'attaque directe du symptôme, la conception d'une normalité

Les choses sont plus complexes lorsqu'il s'agit de différencier psychothérapie analytique et psychanalyse et depuis Freud, la question n'a cessé d'agiter les sociétés de psychanalyse. O. KERNBERG, dans un travail récent, différencie les psychothérapies de soutien de la psychanalyse par le fait que les premières "visent a renforcer les compromis adaptatifs" en utilisant persuasion, conseil, réconfort, encouragement éloge suggestion. On voit que KERNBERG allie, suivant d'ailleurs le conseil de FREUD, "l'or et le cuivre" et il n'hésite pas à y ajouter le plomb de l'intervention directe sur l'entourage. Les psychothérapies analytiques se centreraient sur les conflits actuels, les rapports du patient avec la réalité extérieure seraient pris en compte et la référence à la sexualité infantile mise à l’écart. Ainsi, "La psychothérapie psychanalytique maintient une technique essentiellement psychanalytique adaptée pour analyser les conflits inconscients activés dans le transfert au sein d'un cadre modifié, clairement défini et que le patient déclare explicitement accepter a l'avance". O. KERNBERG, 2001

Trouvera t on une différence en ce qui concerne le cadre ? Rien n’est moins sur : dans un cas comme un autre, le cadre s’organise autour des règles de libre association, d’abstinence et de confidentialité. S’agissant d’enfants, la cure type a été modifiée pour permettre le travail analytique. Ainsi, depuis M. Klein, il est admis que ce que produit (jeux, modelages, dessin) l’enfant en séance est l’équivalent des associations libres de l’adulte. La psychanalyse des enfants a enrichi le corpus théorique de la psychanalyse et a sans doute permis d’autres extensions de la cure type : le travail avec les groupes, le couple, la famille, le psychodrame, et enfin une meilleure prise en compte du champ de la psychose.

Pour Freud, la tache de l’analyste consistait a lever les refoulements de son patient, à reconstituer par un travail qui tient de l’enquête policière et de l’archéologie les désirs et traumatismes passés. M. Klein est elle dans un temps ou l’infantile est en cours de constitution ou n’existe pas encore. Son travail, et celui de ses continuateurs, s’axe sur les relations primitives à l’objet, sur la naissance de celui-ci comme du self ou encore sur le rôle de l’environnement. Ces travaux vont attirer l’attention des analystes sur le processus analytique lui-même. Un mécanisme comme l’identification projective, par exemple, d’abord compris dans son acception défensive, va être peut a peu pris en compte dans un sens plus positif pour enfin être entendu comme une dimension du contre-transfert de l’analyste.

Ce processus analytique, Th. BOKANOVSKI , lui assigne un lieu où les forces en présence peuvent trouver un sens. Ce lieu est l’espace analytique ; il permet « le déploiement du transfert, le développement de la névrose de transfert, et l’analyse de celle-ci ». L’inconscient s’y révèle par les résistance au travail de l’analyse, tant du côté du patient (transfert et résistances proprement dites) que de l’analyste (contre-transfert). Il « s’étaie » sur le cadre dont les fonctions de contenant et de pare-excitation permettent d’isoler et d’interpréter le processus en cours. Les forces en présence sont le transfert, le contre-transfert, la névrose de transfert et les résistances. Le transfert est « le plus grand obstacle à la psychanalyse » comme « son plus grand auxiliaire » pour autant qu’il puisse être interprété au patient. (FREUD 1905)Il est multiple par sa valence (positif ou négatif), sa qualité (érotique, narcissique, haineux etc.), les objets visés (fraternel, paternel, maternel). Ce sont des relations objectales, des affects, des fantasmes qui sont reproduits sur la personne de l’analyste et qui peuvent s’organiser en une névrose de transfert, « réédition » de la névrose clinique. L’interprétation, dont la forme peut varier (reformulation, interprétation du transfert ou dans le transfert), met en lien des éléments inconscients (représentations ou affects), permet d’approcher des zones clivées ou encore dévoile des fantasmes inconscients et au final, donne au patient un meilleur jeu psychique. Transfert et résistance d’un côté, contre-transfert de l’autre sont comme des forces de frottement qui s’appliquent sur un cadre qui est immuable. Les traces qu’elles y laissent, les modifications que l’analyste y observe, les répétitions qui s’y dessinent lui permettent de prendre conscience des forces inconscientes en jeu. Le processus analytique est donc fonction de nombreuses variables, dont l’analyste en maîtrise finalement fort peu. Il a a veiller sur le cadre qu’il a posé et sur son contre-transfert qui lui donne des indications précieuses sur le fonctionnement psychique de son patient.


De façon plus tranchée, nous dirons que la ligne de partage entre psychothérapie analytique et psychanalyse est que la seconde est le traitement appliqué par un psychanalyste (LACAN). C'est, il est vrai, simplement la déplacer, car un psychanalyste peut faire des psychothérapies. Le rôle joué par le thérapeute est certes important : il peut s'effacer plus ou moins comme personne, agir sur des éléments du cadre (durée, rythme, paiement), moduler ses interventions, leur niveau. Mais pour F. DOLTO"Dans les psychothérapie de soutien, on n'analyse pas l'histoire du sujet, ni l'oedipe avec la famille. Il s'agit simplement de distinguer entre le désir et le besoin, entre l'imaginaire et les faits". Mais cela ne présage en rien ce qui peut se produire chez le patient : l'investissement du traitement, le niveau de régression qui sera le sien, la coloration transférentielle ne peuvent se prévoir a priori. Le processus analytique advient...ou non et c'est a posteriori que l'on peut dire s'il y a eu psychanalyse ou non.


Les psychothérapies d'enfant Les psychothérapies analytiques - ou les psychanalyses d'enfants - sont une application de la psychanalyse auprès des enfants. Le dispositif à été quelque modifié pour être au plus près de leurs capacité de figuration et de symbolisation. Du matériel (papier, crayons, pâte à modeler, figurines, véhicules, cubes encastrables etc) sont à leur disposition pour leur permettre de représenter plus facilement leurs confilts, clivages, représentations de soi et de relation. Souvent, on considère que le travail du psychothérapeute est de prendre le jeu de l'enfant comme contenu manifeste, et d'en interpréter le contenu latent, c'est à dire, grosso modo, un sens psycho-sexuel. Ce n'est pas toujours le cas : lorsque l'enfant n'est pas capable de jouer, pour une raison ou un autre (grave inhibition où trouble de la personnalité) l'urgence thérapeutique est de lui apprendre à jouer. D'autre part, le jeu peut, tout comme le rêve, être pris comme un rébus, c'est à dire que les élements utilisés valent comme un signe à articuler à d'autres. Mais le jeu en psychothérapie a aussi d'autres fonctions : il est un contenant dans lequel l'enfant expérimente d'autres modalité relationnelles (à soi, aux autres) et certains psychothérapeutes pensent qu'il vaut mieux interpréter le moins possible et "simplement" laisser le jeu se dérouler.

A côté de ce dispositif individuel, il y a l'ensemble des psychothérapies de groupe, avec ou sans médiateur. Ce que l'on nomme le plus souvent atelier conte (ou dessin ou du nom du médiateur), groupe thérapeutique et enfin les groupes de psychodrame.

Les groupes avec médiateurs sont le plus souvent proposés à des enfants jeunes, dont les capacités d'élaboration doivent être soutenus. Il le sont de deux façons : par le groupe, dans lequel l'enfant peut se fondre ou prendre le risque de se détacher; par le médiateur, qui prête sa forme à la représentation de fantasmes ou de conflits. L'exemple type est l'atelier conte, dans lequel un couple de psychothérapeute raconte une histoire à un groupe d'enfant, histoire qui est ensuite jouée "en semblant". Le conte donne au groupe une représentation d'une situation conflictuelle et les moyens d'en sortir. Le jeu permet à l'enfant d'en expérimenter de nouvelles, d'achopper sur des difficultés prévues ou non, ou de répéter inlassablement la même chose. Le dispositif est en lui même une interprétation : un couple et un groupe d'enfant rappelle la situation commune : nous venons tous d'une famille, nous avons tous des liens transgénérationnels, et cela nous pose tous des problèmes. Les conflits sont représentés d'une façon plurifocale : dans le conte, dans le jeu, dans le groupe. Il y a donc une série d'enveloppes qui permettent de contenir et d'inscrire les différentes problématiques. Ces espaces sont re-présentés par la différence "espace du conte" et "espace du jeu"

Le psychodrame analytique comprend un couple de psychothérapeute et un groupe d'enfant - il existe des psychodrames analytiques individuels. L'indication en est faite soit pour des enfants trop inhibés pour faire face à la charge d'angoisse d'une psychothérapie individuelle, soit à des enfants trop agités. Certains psychothérapeute aiment à mêler les différents profils - les inhibés uns profitant des défenses des autres - d'autres forment des groupes homogènes. Techniquement, il existe plusieurs dispositifs selon qu'il s'agisse d'un psychodrame en groupe - l'approche individuelle du "protagoniste" est alors privilégiée - ou d'une psychodrame analytique de groupe - ou l'on privilégie l'approche groupale. Une histoire élaborée dans l'espace de parole est jouée dans l'espace de jeu. Le protagoniste (ie celui qui a proposé l'histoire) choisi des ego auxilliaires dans le groupe d'enfants et dans le groupe de thérapeutes. L'analyste de groupe dirige le jeu, l'interrompt au moment qui lui semble le plus judicieux, propose des changements de rôle et de direction. Le jeu est pris comme un rêve et interprété comme tel.

Les psychothérapies analytiques, qu'elles soient groupales ou non, avec médiateur ou non, ont ceci de commun qu'elles visent toutes à analyser le niveau inconscient (conflits, fantasmes). Les difficultés de l'enfant sont comprises comme autant d'expression de leur vie inconsciente, et sont donc à ce titre précieuses car elles sont les embassades de sa vie inconsciente. Le transfert de l'enfant, sur le cadre et le thérapeute, c'est à dire la réédition de conflits anciens, est utilisé ici et maintenant pour traiter ce qui du passé ne passe pas.

La psychologie analytique

La psychothérapie rogerienne

Le nom qu'en a finalement donné Rogers, et qui est repris dans le monde entier, est : Thérapie centrée sur la personne, ou centrée sur le client.


Fondée par C. A. ROGERS, elle repose sur le postulat de l’existence d'une tendance humaine fondamentale positive. Le but du traitement est l’extériorisation de tout ce qui s'oppose a cette tendance, venant des parents et du milieu. La méthode est non directive, et l’attitude du psychothérapeute envers son patient est a la fois faite de compréhension empathique, et de la plus grande implication subjective possible. Le thérapeute utilise ses émotions pour proposer la verbalisation de celles-ci au patient


Le thérapeute fait preuve, envers son patient, d’une considération positive inconditionnelle sans réserve ni jugement ; il est authentique, sans masque ni façade Il sollicite une prise de distance réflexive. Ses reformulations apportent un étayage qui encourage et renforce les moyens personnels du patient.

Le rolfing

La thérapie de la Réalité/thérapie du choix

Inventée, développée et mise au point par William Glasser, La thérapie de la réalité ou thérapie du choix repose sur les choix de l'individu. Si un individu peut reconsidérer ses choix, il peut guérir car la maladie est considérée ici comme un choix. Bien que le passé peut servir à comprendre l'individu dans ce qu'il est aujourd'hui, la thérapie de la réalité ne se concentre pas sur ce dernier, elle mise plutôt sur le développement de moyens pour satisfaire les besoins de l'individu et l'aider à avoir des relations harmonieuses avec ses proches.

La thérapie familiale

Voir analyse systémique

La thérapie familiale considère les troubles psychologiques et comportementaux du membre d'un groupe comme un symptôme du dysfonctionnement du dit groupe (généralement la famille).

Elle implique donc un traitement du groupe et une participation de tout ses membres.

Elle a en général les faveurs des services d'aide sociale mais est difficile à mettre en œuvre.

Pour autant, la lecture systémique des situations cliniques peut apporter un éclairage différents et complémentaires des autres analyses cliniques, parfois particulièrement utiles dans les situations bloquées, ce qui permet d'augmenter le nombre de choix des patients comme des thérapeuthes.

L'approche cognitivo-comportementale

Elles résultent de l’association des thérapies comportementales et des thérapies cognitives. Les thérapies comportementales ont pour socle théorique d’une part le conditionnement et les théories de l’apprentissage social (BANDURA) d’autre part qui ouvrent sur le monde des représentations. L’objectif est la guérison symptomatique : la phobie, l’obsession, l’addiction, le délire sont des symptômes cibles, résultant d’un désordre biochimique ou d’un mauvais apprentissage, qu’il convient de faire disparaître. Le thérapeute utilise pour se faire l’immersion durable dans la situation pathogène, l’aversion, l’inhibition réciproque, le renforcement positif et négatif. Les thérapies cognitives s’inspirent des théories de l’intelligence artificielle. Leur visée est la « restructuration cognitive ». Les « schémas cognitifs » sont stockés en mémoire et considérés comme déterminés par les prédispositions biologiques innés et l’apprentissage. Ils sont activés par des stimulations ou des émotions semblables a celles qui ont été vécus lors de leur stockage. Les distorsion cognitives (inférence, abstraction sélective, surgénéralisation, maximalisation, minimalisation, raisonnement dichotomique, personnalisation…) expliqueraient la pathologie mentale.


Le thérapeute est actif et directif et garde avec le patient une bonne relation; il lui est lié par un contrat prédisant les résultats escomptés, et il encourage le patient a prendre un rôle actif. Ses interventions sont centrées sur l’ici et maintenant. L’investigation sur les éléments cognitifs (pensées, images, comportements, émotions) induit un décentrement et donc une métacognition qui rend possible la restructuration cognitive

Les intervenants

Services sociaux


Services de secours d'urgence

Bénévoles

Psychothérapeutes

Psychanalystes

Psychanalyse et psychothérapie: autour de la réglementation: questions de laïcité

Psychologues

Psychiatres

Le consentement de la personne & la confidentialité

Les passages de relais entre intervenants

Pour l'instant, en France, il semble que rien ne soit organisé et que ce soit au patient lui-même de s'orienter.

Concepts communs

Transfert

C'est un phénomène, comparable à l'amour, qui conduit le patient à idéaliser le thérapeute et à en devenir dépendant. Lorsque l'on connaîtra l'origine des sentiments, ce phénomène pourra être compris et utilisé de manière appropriée.

Contre-transfert

Le contre transfert n'est pas un élément qui se situe du côté du patient mais de celui du thérapeute. Le contre transfert désigne la réaction du thérapeute soumis à ses sentiments à l'égard du patient. Ce dernier influe sur la sensibilité inconsciente du thérapeute, entraînant des répercussions sur la relation thérapeutique.

Décompensation

C'est un phénomène qui peut arriver indépendamment d'une psychothérapie, mais qui au cours d'une psychothérapie se produit généralement parce que le travail thérapeutique a mis à jour des problèmes lourds qui n'étaient pas où peu soupçonnables.

La mise à jour peut provoquer un effrondrement général de la personnalité consciente du patient, en entrainant des conséquences allant de la forte dépression jusqu'au suicide ou à l'agression de tiers.

Réglementations

Réglementation en Belgique

La mise en place d'une réglementation en France

Actuellement, en France, le titre de psychothérapeute ne fait l'objet d'aucune réglementation et tout à chacun peut donc s'en prévaloir sans formation ni contrôle de l'activité.

Le député UMP Bernard Accoyer avait déposé un amendement dans le sens d'une mise en place d'une réglementation, mais devant les réactions très négatives des professionnels du secteur. Cet amendement semble ne pas devoir entrer en vigueur tel que, voire devoir être retravaillé pour une mise en place ultérieure.

Outre psychothérapeute on rencontre également les terminologies:

  • thérapeute,
  • coach (notamment quant il s'agit de prestations en entreprise).

Les problèmes principaux que pose cette absence réglementation actuelle:

  • la validation de leurs techniques et pratiques (efficacité de leurs outils, etc.),
  • la validation de leur niveau de formations,
  • la délimitation du champ de leurs activités par rapport à celle des autres professions pouvant être concernées:
  • les points et modalités de passages de relais entre les différentes professions pouvant être impliquées,
  • leur référence déontologique.

La mise en œuvre d'une réglementation étant, de plus, rendue complexe du fait des nombreux types de pratiques existantes.

Néanmoins, il semble que la démarche de mise en place d'une réglementation et d'instances de régulation soit désormais perçue comme une nécessité. Ce qui permet de penser que cette situation de vide juridique sera prochainement résolue tout en prenant en compte l'existant.

Réglementation au Luxembourg

Réglementation au Québec

Le titre de psychologue est reconnu au Québec. La législation est claire et stipule les études nécessaires pour l'obtention du titre, les règles de déontologie ainsi que les divers réglementations concernant les rouages internes de l'ordre professionnel des psychologues du Québec. Cependant l'acte de psychothérapie n'est pas un acte réservé. De nombreuses discussions ont eut lieu lors des années 2003-2004 et se tiendront certainement en 2005 et ce, auprès de divers ordres professionnels (psychologues, travailleurs sociaux, infirmières, ergothérapeutes). Ces discussions visent à statuer sur l'acte de psychothérapie dans le respect des spécificités de chaque ordre professionnel et afin de protéger le public québécois (qui ont s'en doute ne différencie pas facilement entre psychologue et psychothérapeute, psychanalyste...). A noter que le titre de psychiatre est reconnu légalement. Donc c'est à suivre...

Réglementation en Suisse

Les titres de psychologue et de psychologue-psychothérapeute ne sont pas encore protégés en Suisse. Cela signifie que n'importe qui peut prétendre être « psychothérapeute » ou proposer des services « psychologiques », sans avoir aucune formation dans le domaine. Néanmoins, il est prévu qu'un avant-projet de loi soit soumis à consultation autour d'avril 2005, dans le but de protéger les usagers et de permettre une reconnaissance aux professionnels. Actuellement, la seule manière pour les psychologues de faire valoir officiellement leur formation (licence universitaire suivie ou non d'une formation postgraduée) est de s'affilier à la Fédération Suisse des Psychologues(FSP), ce qui leur permet de porter le titre de « psychologue FSP » ou de « psychologue spécialiste en psychothérapie FSP », entre autres titres prévus.

En ce qui concerne les psychiatres, leur titre est (bien entendu) protégé depuis longtemps.

Réglementations dans les autres pays francophones

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