Port-au-Prince
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Port-au-Prince est la capitale d'Haïti et compte 846 200 habitants (1995). Située dans le golfe de La Gonave, Port-au-prince exporte principalement du café et du sucre. De plus, elle produit dans ses usines de la soupe, du textile, et du ciment.
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Histoire
La Région avant l'établissement de la ville
Avant l'arrivée de Christophe Colomb, la région qui comprend aujourd'hui Port-au-Prince n'était le site d'aucune habitation permanente. À la fin du XVe siècle, la région était sous la contrôle d'un dirigeant amérindien, Bohéchio, qui, tout comme ses prédécesseurs, craignit que s'installer près du littoral n'invitât d'autres tribus -- surtout les Caraïbes -- à venir les attaquer. La région ne servait donc alors qu'à la chasse.
Après l'arrivée des Espagnols, les Amérindiens furent bientôt forcés de se soumettre à un protectorat, et Bohéchio, mort sans enfants, laissa la place à Anacaona, sa sœur. Cette nouvelle dirigeante (et poètesse) tacha de maintenir de bonnes relations avec le nouveau pouvoir sur l'île, mais il devint de plus en plus difficile d'y arriver lorsque les Espagnols commencèrent à demander des tributs de plus en plus importants. Enfin, l'administration coloniale espagnole décida d'éliminer à jamais toute menace que pourrait lui poser la classe dirigeante amérindienne, décidant ainsi de gouverner seule la région. Donc, en 1503, Nicolas Ovando, alors gouverneur, décida d'en finir avec Anacaona : il l'invita à une fête chez lui ; elle accepta, y vint accompagnée d'autres Amérindiens. Ovando leur donna beaucoup de vin, et lorsqu'ils eurent bu -- les Espagnols ne burent pas -- il ordonna que l'on tuât tous les invités, à part Anacaona, qu'il voulait faire pendre dans un lieu public.
Les effets de la colonisation espagnole sur les Amérindiens de cette île furent dévastateurs ; de 1492 à 1507, un million d'habitants moururent à cause de la violence des conquistadores et des maladies.
Après s'être débarassé d'Anacaona, Ovando établit un village près du littoral (à l'ouest de L'Etang Saumâtre), qu'il baptisa Santa Maria de la Paz Verdadera, un nom bien ironique quand on considère l'histoire de son établissement. Pourtant, ce village ne dura pas longtemps ; il fut brûlé d'abord par des explorateurs français en 1535, puis par des Anglais en 1592. Ces assauts rendirent la vie insupportable pour les Espagnols, et en 1606, ils décidèrent de quitter le village.
Pendant plus que 50 ans, la région qu'est aujourd'hui Port-au-Prince ne fut guère habitée. Enfin, petit à petit des pirates vinrent l'utiliser comme une base de leurs opérations, et des marchands hollandais commencèrent à fréquenter la région, car elle était alors une intéressante source de cuir.
Autours de 1650, des pirates flibustiers français, manquant de place sur l'Île de la Tortue commcèrent à arriver sur la côte, et établirent une colonie á Trou-Borded. Alors que la colonie grandissait, ils installèrent un hôpital non loin de la côte, sur les hauteurs Turgeau. Cela les amena à appeler la région : Hôpital.
Bien qu'il n'y ait eu alors aucune vraie présence espagnole à Hôpital depuis bien plus de 60 ans, l'Espagne conservait sa revendication sur le territoire, et la présence grandissante des flibustiers français sur des terres ostensiblement espagnoles provoqua l'envoi par la couronne d'Espagne de soldats castillans à Hôpital pour la reprendre. La mission se révéla un désastre pour les Espagnols, en infériorité numérique et en armement. En 1697, le gouvernement espagnol signa le traité de Ryswick, renonçant à toutes ses revendications sur Hôpital. À peu près à la même époque, les Français établirent également des bases sur Ester (à Petite-Rivière) et aux Gonaïves.
Ester était un village riche, habité par des marchants, équippé de rues droites ; c'était la demeure du gouverneur. Par ailleurs, la région environnante, Petite-Rivière, était assez pauvre. Suite à un grand incendie en 1711, Ester fut abandonné. Pourtant la présence française dans la région continua de croître, et peu après une nouvelle cité fut fondée au sud: Léogane.
La région qui devait plus tard habriter Port-au-Prince fut celle des flibustiers. Alors que la région devenait une vraie colonie française, l'administration coloniale en vint à se préoccuper de la présence continuelle de ces pirates. Bien qu'utiles pour repousser les velléites anglaises de rogner le territoire francais, ils étaient assez indépendants, n'obéissaient à aucun ordres de l'administration coloniale, et étaient une menace potentielle pour celle-ci. Pendant l'hiver 1707, Choiseul-Beaupré, gouverneur de la région, chercha ainsi à se debarasser de ce qu'il considérait comme une menace. Il insista pour obtenir le contrôle de l'hôpital, ce que les flibustiers refusèrent, considérant cette demande avec humiliation. Ils préferèrent alors fermer l'hôpital, plutôt que de le céder au gouverneur, et nombre d'entre eux devinrent habitants de l'île, fermiers, les premiers habitants européens stables de la région.
Bien que l'élimination des flibustiers, comme groupe, d'Hôpital, renforça l'autorité de l'administration coloniale, elle rendait également la region plus désirable comme cible pour les Anglais. Afin de protéger la région, le capitaine de Saint-André arriva dans la baie à bord du vaisseau nommé Le Prince, juste sous l'hôpital. De Saint-André nomma l'endroit Port-du-Prince, bien que le port et la région continuèrent a être connus sous le nom d'Hôpital (les îlots de la baie etaient deja nommes îlots du Prince).
Les Anglais n'attaquèrent pas l'endroit, et plusieurs nobles recherchèrent des dons de terre de la couronne française à Hôpital; le premier noble à contrôler Hôpital fut Sieur Joseph Randot. À sa mort en 1737, Sieur Pierre Morel se la partagea avec Gatien Bretton des Chapelles.
Á ce moment, l'administration coloniale s'était convaincue de la nécessite d'établir une capitale, afin de mieux contrôler la partie française de Saint-Domingue. Petit-Goâve et Léogane prétendirent quelques temps à cet honneur, avant d'être éliminés. Premierement, elles ne se trouvaient pas en position centrale. Puis le climat de Petit-Goâve était trop sujet à la malaria, et la topographie de Léogane rendait sa defense difficile. Une nouvelle cité devait être construite : Port-au-Prince.
Port-au-Prince fut fondée en 1749 par les colons français planteurs de sucre. En 1770, elle remplaça Cap-Haïtien comme capitale de la colonie de Saint-Domingue. Pendant les révolutions française et haïtienne elle fut rebaptisée « Port-Républicain ». Elle devint en 1804 la capitale du nouveau pays indépendant Haïti ; l'empereur haïtien Jacques Ier lui rendit le nom de Port-au-Prince. Lorsqu'Haïti se partagea en royaume (au nord) et république (au sud), Port-au-Prince servit comme la capitale de la république sous Alexandre Pétion.
Patrimoine
Les principaux bâtiments sont l'Université d'Haïti, le Palais National, le Musée National, et la Basilique de Notre Dame.
Les alentours
Port-au-Prince est également la sous-préfecture d'un arrondissement du même nom. L'arrondissement comprend six communes, soit Port-au-Prince, Delmas, Carrefour, Pétionville, Kenscoff, et Grenier. Ceux-ci sont souvent considérées comme banlieues de la capitale.



