Popol Vuh
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Le Popol-Vuh (ou plutôt Pop Wuh, littéralement « livre du temps » ou « livre des évenements » en quiché) est le document le plus important dont nous disposons sur les mythes de la Civilisation maya. Il s'agit en fait d'une sorte de « Bible » maya relatant l'origine du monde et plus particulièrement du peuple maya-quiché (il s'agit d'une ethnie parmi les nombreuses tribus mayas, dont le centre de rayonnement correspond à la partie occidentale du Guatemala actuel).
Origine du Livre
La version du Livre du Conseil des mayas-quichés que nous connaissons ne date en fait pas de l'époque pré-colombienne mais plutôt des années 1550 (c'est-à-dire 30 ans après la Conquête espagnole). Cette version anonyme, dont l'auteur est probablement un religieux maya cherchant à conserver une trace d'une tradition orale et pictographique très ancienne, a été écrite en langue maya mais en caractères latins. Le manuscrit ne fut « découvert » qu'au début du XVIIIe siècle par un religieux dominicain, le père Francisco Ximenez, qui réussit à l'obtenir des indiens quichés vivant près de Chichicastenango. Il en fit ensuite une traduction à l'espagnol, tout en gardant le texte original quiché, ce qui sauvegarda le texte original, le manuscrit ayant ensuite disparu.
Propos
Le Popol Vuh est séparé en trois parties distinctes :
La 1ère partie est dédiée à la genèse du monde qui ressemble curieusement à la Bible. Du néant originel, les Dieux décidèrent de créer le monde, de le rendre matériel et de le peupler de créatures afin d'être adorés. Après la traditionnelle création de la terre, des montagnes, de la flore et de la faune, ils créèrent les premiers hommes à partir de glaise. Ce premier essai s'étant révélé infructueux, une seconde tentative fut effectuée à partir de bois, mais ces hommes de bois résultèrent frivoles, vaniteux et paresseux. Les Dieux les firent donc périr par le moyen d'un déluge. À la fin, une ultime tentative leur fit façonner les hommes à partir de maïs, la race humaine trouvant là sa substance définitive. puis quatre femmes. Mais ils prirent peur en voyant les pouvoirs qu'ils avaient conféré à ces nouveaux humains, que ces derniers cherchent à les supplanter. C'est pourquoi ils décidèrent de restreindre leur sens, et de limiter leur vue et leur intelligence. Ces huit humains sont l'origine de toute la race humaine, qui va ensuite se diviser et perdre la capacité de parler un seul et même langage, dans un épisode similaire à la Tour de Babel.
La 2e partie est consacrée aux pérégrinations de deux frères jumeaux, Hunahpú et Ixbalanqué, qui vont par le biais du jeu de balle détruire les habitants malfaisants d'un royaume mythologique nommé Xibalbá (sorte d'Hadès ténébreux situé sous la terre). Il est intéressant de noter l'histoire de leur conception par une adolescente vierge, fécondée par le simple contact de sa main avec la salive issue de la tête d'un autre personnage tué par les habitants de Xibalbá.
La 3e partie, quant à elle, commence avec la création des quatre hommes de maïs mentionnée précédemment. Une fois ces humains parfaits créés, les Dieux prirent peur que leurs créatures ne les supplantent. Alors ils décidèrent de rendre leurs créatures moins parfaites, en leur limitant les sens et en les obligeant à procréer puis à mourir. C'est pourquoi ils créèrent également quatre femmes. Ces huit humains sont l'origine de toute la race humaine. Après un épisode similaire à la Tour de Babel, où l'humanité va se diviser et perdre sa capacité à parler un seul et même langage, le texte enchaîne sur une histoire généalogique retraçant la vie des descendants des premiers hommes jusqu'aux gouverneurs de la nation maya-quiché. Cette partie, plus « historique » et moins mythologique, donne de nombreux détails intéressants sur la structuration politique et les rivalités entre tribus. Elle se termine par une phrase cruelle, expliquant que tout ce que décrit le livre n'existe plus, que la nation quiché n'existe plus et que leur village s'appelle désormais Santa Cruz.



