Paul Deschanel
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| Élu le : | 17 janvier 1920 |
| Présidence : | du 18 février 1920 au 21 septembre 1920 |
| Prédécesseur : | Raymond Poincaré |
| Successeur : | Alexandre Millerand |
| Date de naissance : | 13 février 1855 |
| Lieu de naissance : | Schaerbeek (Belgique) |
| Date de décès : | 28 avril 1922 |
| Lieu de décès : | Paris |
Paul Deschanel est un homme d'État français, né le 13 février 1855 à Schaerbeek (Bruxelles, Belgique), mort le 28 avril 1922 à Paris, dont la carrière culmina avec son mandat de président de la République française, du 18 février au 21 septembre 1920, sous la Troisième République.
Paul Deschanel fut aussi homme de lettres et élu à l'Académie française le 18 mai 1899.
Sommaire |
Mandats électifs
- 1885-1919 : député d'Eure-et-Loir
- Président de la Chambre des députés à deux reprises
- 1921 : sénateur
L'Élysée en 1920
Paul Deschanel est resté dans l'Histoire pour les troubles mentaux qui le frappèrent durant son mandat, peut-être consécutifs à une grande fatigue émotionnelle, ou à une arrivée trop brutale au faîte de sa carrière.
La chute hors du train
Au cours d'un voyage en train à destination de Montbrison, le 19 mai 1920 vers 23 h 15, s'étant penché par la fenêtre de son compartiment alors qu'il éprouvait une sensation d'étouffement, Paul Deschanel chuta accidentellement hors du wagon. Heureusement, le convoi circulait à ce moment-là à relativement faible allure (50 km/h) dans une zone de travaux à Mignerette (dans le Loiret, à une douzaine de kilomètres au nord-ouest de Montargis).
Tout ensanglanté - en dépit du caractère bénin de ses blessures -, relativement hébété et vêtu de son seul pyjama, Paul Deschanel ne tarda pas à rencontrer André Radeau, ouvrier cheminot qui surveillait la zone de travaux, et auquel il se présenta comme étant le président de la République. L'image des hommes publics étant à l'époque encore peu diffusée dans la population, le cheminot se montra sceptique – pensant à première vue avoir affaire à un ivrogne – mais le conduisit néanmoins jusqu'à une maison de garde-barrière toute proche, où le blessé fut soigné et mis au lit par ses sauveteurs. Le garde-barrière, Gustave Dariot, impressionné par la dignité du blessé et la cohérence de ses explications, partit pendant ce temps prévenir la gendarmerie de Corbeilles, . Pour la petite histoire, la femme du garde-barrière dira : "j'avais bien vu que c'était un monsieur : il avait les pieds propres !".
La lenteur des communications entre les divers échelons fit que, malgré les faibles distances, le sous-préfet de Montargis, M. Lesueur, ne fut prévenu par télégramme que vers 5 heures du matin. L'incident commença à avoir un retentissement certain lorsque l'on s'aperçut, avant l'arrivée du train en gare de Roanne, vers 7 heures du matin, que le président de la République avait disparu du convoi. La suite présidentielle qui attendait sur le quai de la gare et qui était menée par Théodore Steeg (1868-1950), alors ministre de l'Intérieur, ne resta pas longtemps sans nouvelles. Il lui fut rapidement transmis le contenu d'une dépêche envoyée par la gare de Montargis à celle de Saint-Germain-des-Fossés (Allier) qui expliquait succinctement le déroulement des événements survenus dans la nuit.
L'incident donna évidemment lieu dans la presse de l'époque à de nombreuses caricatures, souvent cruelles, et inspira la verve des chansonniers. Tout le monde ne s'est toutefois pas laissé aller à broder de manière démesurée voire mensongère sur un incident certes curieux (et qui a frappé les esprits en raison de la notoriété de sa victime). Un « riverain » des lieux de l'accident a ainsi obtenu, plusieurs décennies plus tard, que soit apposée une stèle commémorative très sobre de l'incident, sans aucun élément de caricature, à proximité du passage à niveau et de l'ancienne maison de garde-barrière où avait été conduit Paul Deschanel après sa chute.
Autre incident
Le 10 septembre 1920, il descend à l'aube se promener dans le parc du Château de Rambouillet, à demi-vêtu, discute quelques instants avec un jardinier puis entre jusqu'à mi-corps dans un bassin. Ramené dans ses appartements, il semble n'avoir conscience de rien.
Fin du mandat
Le 21 septembre, le président Deschanel renouvelle son offre de démission présentée une première fois après l'incident du train, et sur laquelle Alexandre Millerand, président du Conseil, l'avait convaincu de revenir. L'offre est cette fois acceptée et Paul Deschanel quitte l'Élysée.
La fin de sa vie
Les rumeurs sur une prétendue folie de Paul Deschanel recevront toutefois un démenti d'importance, avec l'élection de l'ancien président de la République comme sénateur d'Eure-et-Loir, le 9 janvier 1921, dès le premier tour, par 50,34 % des suffrages exprimés (360 voix).
Il sera en outre élu à la présidence de la commission des Affaires étrangères du Sénat, en janvier 1922, lorsque Raymond Poincaré, qui occupait le poste depuis son propre départ de la présidence de la République, est pressenti pour devenir président du Conseil.
Bibliographie
- Paul Deschanel, de Thierry Billard. Paris, Pierre Belfond : 1991.
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