Paul Barras
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Paul François Jean Nicolas comte de Barras, homme politique français pendant la Révolution française. Il est né à Fox-Amphoux (Provence, Var), le 30 juin 1755. Né dans une famille de petite noblesse provençale, il entre dans l'armée à l'âge de seize ans. Il sert aux colonies et prend part à des actions militaires aux Indes sous M. de Bellecombe et le Bailly Sufren. Après la paix de 1783, il met fin à sa carrière, en donnant sa démission après une altercation avec le maréchal de Castries, ministre de la Marine.
De 1783 à 1789, il se trouve fort dépourvu et désœuvré à Paris. On l'a accusé d'avoir fréquenté les pires maisons de jeux qui pullulaient à l'époque. Bel Homme, il fréquente les femmes les plus spirituelles de l'époque, en particulier la cantatrice Sophie Arnould.
C'est par hasard qu'il assiste à la prise de la bastille le 14 juillet 1789. Jusqu'alors, Le comte de Barras n'avait pas d'idées politiques bien arrêtées. Il rencontrait Mirabeau chez Sophie Arnould. Peut-être est-ce cette rencontre qui l'incita à s'inscrire à la franc-maçonnerie, puis au club des jacobins et à se lancer dans la politique comme républicain, en reniant comme tant d'autres sa caste ? Il se présente à la législative, et est élu délégué du Var, parmi 554 autres délégués. Il n'est pas élu député mais membre de la Haute-Cour d'Orléans. Celle-ci devant être dissoute, il rentre à Paris, et est nommé Commissaire près de l'armée d'Italie.
Élu député suppléant du Var à la Convention, il siégea avec les Montagnards et vota la mort du roi Louis XVI.
Après la mort de Louis XVI, la convention, attaquée de toutes parts, nomme des représentants délégués dans les provinces et aux armées. Il part en mission dans les Basses et les Hautes-Alpes, puis une nouvelle fois à l'armée d'Italie. Face à l'insurrection qui se forme à Toulon, puis à Marseille, il fait preuve d'initiative et de courage et persuadé de la trahison du Général Brunet, il le fait arrêter au milieu de son armée. C'est là qu'il reçoit l'ordre de reprendre Toulon qui insurgée sous l'action du parti royaliste, a ouvert le port aux flottes ennemies, anglaise et espagnole, et livré une partie de la flotte aux Anglais.
Craignant un débordement des ennemis, Barras confie à un jeune capitaine d'artillerie, Bonaparte, la défense des côtes de Provence. Bonaparte dit Barras dans ses mémoires, faisait preuve alors de beaucoup d'activisme, et n'hésitait pas à se dire ultra-montagnard. Barras lui accorde sa bienveillance et sa protection, mais Barras n'attribue à Bonaparte qu'un rôle secondaire dans la prise de Toulon " Le véritable preneur de Toulon c'est le Général Dugommier". Pourtant, après le siège de Toulon, Bonaparte fut nommé général de brigade, avec ordre de se joindre à l'armée d'Italie. C'était sa première rencontre avec Bonaparte qu'il rappellera plus tard, lors de l'insurrection royaliste qui menaçait la Convention, (le 13 vendémiaire an IV).
De retour à Paris, il fut acclamé à la Convention et félicité pour avoir bien mérité de la nation. Par contre, l'accueil par le Comité de salut public fut glacial. Éloigné de Paris depuis un certain temps, il fut surpris de voir la terreur avoir atteint un tel paroxysme. Bientôt on l'accusa. Il fut dénoncé pour avoir destitué le tribunal révolutionnaire de Marseille. Ulcéré, il se bat et obtient gain de cause à la Convention et au club des Jacobins. Quelques temps plus tard c'est en vain qu'il se rend avec Danton et Laignelot, (Danton avait été accusé de pillage lors d'une mission en Belgique) chez Robespierre. Le 11 germinal, Danton est arrêté.
Il fut l'un des principaux responsables avec Tallien et Fouché de la chute de Robespierre, le 9 thermidor.
En 1794, il est alors nommé membre du Comité de sûreté générale (décembre 1795) puis président de la Convention thermidorienne (février 1795). Son rôle dans la journée du 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795) est capital.
Il fut élu au Directoire le 31 octobre 1795 où il joua un rôle clé, sans discontinuer pendant 4 ans, incarnant une gauche thermidorienne mais ferme face aux menées royalistes. Ses prises de position déterminent les coups d'Etat du 18 fructidor an V (4 septembre 1797) et du 22 floréal an VI (11 mai 1798). Peut-être a-t-il entamé en 1799, une négociation avec les Bourbons en vue d'une restauration de Louis XVIII mais il est devancé par le coup d'État du 18 brumaire.
À son retour d'Égypte, Bonaparte avec Sieyès renversèrent le Directoire et le 18-Brumaire, Barras démissionna. D'abord relégué dans son domaine de Grosbois, mais il fut contraint à l'exil à Bruxelles. Il revint ensuite en Provence, avant un nouvel exil à Rome.
Il meurt le 29 janvier 1829, à Chaillot (près de Paris), où il fut autorisé bien que régicide et patriote, à rentrer après la chute de l'Empire. Il est inhumé dans la 28e division du cimetière du Père Lachaise à Paris. C'est lui qui fit épouser Joséphine de Beauharnais à son adjoint Napoléon Bonaparte. Devenu empereur, Napoléon 1er l'exila à Rome en 1810 puis le fit interner à Montpellier.
Pour la petite histoire, Barras était connu dans les salons parisiens pour aimer s'entourer de femmes belles et spirituelles... qu'il ne touchait jamais. Il fut en particulier le grand ami de Thérésia Cabarrus, surnommée "Notre-Dame de Thermidor" parce qu'elle avait poussé son amant d'alors, le conventionnel Tallien, à renverser Robespierre. Elle lui tint lieu d'épouse et recevait pour lui, si bien qu'on la surnomma cette fois "la reine du Directoire". Il avait épousé, dans sa jeunesse, une jeune fille de chez lui, qui ne souhaita jamais le revoir.
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