Panthéon de Paris
Un article de Freepedia.
Le Panthéon de Paris est un bâtiment situé sur la montagne Sainte-Geneviève, dans le Ve arrondissement de Paris, en plein quartier latin. Il est entouré notamment par l'église Saint-Étienne-du-Mont, la bibliothèque Sainte-Geneviève, l'Université de Paris I (Panthéon-Sorbonne), l'université de Paris II (Panthéon-Assas), la mairie du Ve arrondissement et le lycée Henri-IV. La rue Soufflot lui dessine une perspective à partir du jardin du Luxembourg. Construit à l'origine comme une église pour accueilir la châsse de sainte Geneviève, ce momunent a maintenant vocation à accueillir les cendres de grands personnages ayant marqué l'histoire de France. Sa décoration, ses incriptions et ses symboles permettent de parcourir la lente et contrastée construction de la nation française.
Histoire
Tout commence par une église ...
En 1744, Louis XV, souffrant d'une grave maladie, fit le vœu de créer une église dédiée à sainte Geneviève s'il survivait. Rétabli, il chargea le marquis de Marigny, directeur général des Bâtiments, de l'édification de l'église en lieu et place de l'ancienne abbaye de Sainte-Geneviève, alors en ruine. En 1755, le marquis de Marigny confia la responsabilité des plans à l'architecte Jacques-Germain Soufflot.
Les fondations furent creusées dès 1758, mais des difficultés financières et la mort de Soufflot en 1780 retardèrent sa construction. Il fut finalement achevé par un associé de Soufflot, Jean-Baptiste Rondelet, en 1790.
En 1791 il est profondément modifié par Quatremère de Quincy qui lui donne son apparence actuelle pour devenir un Panthéon. C'est maintenant un édifice long de 110 mètres et large de 84 mètres. La façade principale est décorée d'un portique aux colonnes de style corinthien, surmonté d'un fronton triangulaire réalisé par David d'Angers. L'édifice, en forme de croix grecque, est couronné par un dôme haut de 83m, coiffé d'un lanterneau. L'intérieur est décoré par des peintres académiques comme Puvis de Chavannes, Gros ou Cabanel.
De l'église catholique au temple républicain
L'Assemblée nationale décida d'utiliser l'édifice qui vient d'être achevé et n'est pas encore consacré comme église afin qu'il serve de nécropole aux grands hommes de France. Le bâtiment fut modifié en ce sens, et au fronton est placé l'inscription « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante. »
Sous le Ier Empire, le bâtiment est à la fois le lieu d'inhumation des grands hommes de la patrie et un lieu de culte. De 1814 à 1830, le lieu n'est plus un Panthéon mais exclusivement une église restaurée (consacrée à Sainte-Geneviève) par Louis XVIII. La révolution de 1830 rétablit le Panthéon. David d'Angers refait le fronton et la devise « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante » réapparaît. Sous le Second Empire (1851-1870), l'édifice redevient une église et l'inscription disparaît. Depuis 1885, date de l'inhumation de Victor Hugo au Panthéon, l'église Sainte-Geneviève n'existe plus. Le bâtiment est bien le lieu de repos des grands hommes honorés par la République.
Le 31 mars 1851, l'astronome Jean Bernard Léon Foucault y tint une expérience scientifique prouvant que la Terre tourne autour d'un axe (pendule de Foucault). Le pendule était constitué d'une boule de plomb recouverte de cuivre pesant 28 kg suspendue à un fil d'acier de 67 m et d'un diamètre de 1,4 mm donnant des oscillations de 16 secondes. La démonstration publique dura 2 mois et s'interrompit lorsque le fil cassa.
Pendant la Commune de Paris (1871), le Panthéon sera le quartier général des Communards. C'est lors de la reprise de Paris par les Versaillais que sera fusillé, à genoux sur les marches, Jean-Baptiste Millière.
En 1902, la Société astronomique de France, présidée par Henri Poincaré, se proposa de " voir renouveler sous le dôme du Panthéon la belle et instructive expérience de Foucault, interrompue par le coup d'État de décembre 1851, avant qu'on en eût tiré toutes les conclusions qui paraissaient en ressortir. " Le 22 octobre de cette année, y fut installée une nouvelle mouture du pendule de Foucault. C'est Camille Flammarion qui en fut le promoteur. Plus de deux mille personnes étaient présentes pour venir assister à la célèbre expérience de physique.
Le 21 mai 1981, le jour de sa prise de fonction, le septennat de François Mitterrand s'ouvre par une cérémonie au Panthéon durant laquelle il rend hommage, par un dépôt de roses rouges, à Jean Jaurès, Jean Moulin et Victor Schœlcher 1.
A l'automne 1995, la sphère de fer de 28 kg du pendule de Léon Foucault, dépoussiérée, a été raccrochée au Panthéon comme en 1851.
Aux grands hommes la patrie reconnaissante
Qui décide à l'heure actuelle d'une inhumation ?
Les "grands hommes" ne sont aujourd'hui que le fait du président de la République. C'est uniquement le chef de l'État qui peut décider du transfert de l'un de nos illustres représentants dans la crypte de l'ancienne église Sainte-Geneviève. Sur proposition ou à son initiative, avec des délais aussi aléatoires dans le choix que dans l'organisation de la cérémonie. Après des périodes très agitées où les députés tranchaient ou avaient droit de proposition, paradoxalement ce choix personnel et éminemment symbolique ne déclenche plus de polémiques quasi historiques. Depuis le dernier voyage de Victor Hugo (1885), seul le cas de l'Abbé Grégoire a récemment ému l'Église de France lors du bicentenaire de la Révolution. Fortement ancré dans la tradition française, ce devoir de mémoire hérité des Grecs et des Égyptiens semble désormais calmement marquer son temps et les valeurs d'une société imprégnée par son Histoire.
Même si depuis la montée solennelle de François Mitterrand après son élection, le transfert des cendres de Jean Moulin et peut-être de Pierre Mendès-France, certains reparlent d'une mémoire de gauche opposée aux Invalides et à l'Arc de Triomphe de droite.
Les grands hommes inhumés aux Panthéon
Le Panthéon comprend, en 2005, 73 personnes inhumées (tombes ou urnes funéraires), situées dans la crypte du monument.
| Date d'inhumation au Panthéon | Nom | Remarques |
|---|---|---|
| 1791 | Honoré-Gabriel-Riqueti, comte de Mirabeau | Retiré le 21 septembre 1794 |
| 1791 (11 juillet) | François-Marie Arouet, dit Voltaire | |
| 1792 | Nicolas-Joseph Beaurepaire | transfert non exécuté |
| 1793 (24 janvier) | Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau | Député assassiné, retiré du Panthéon le 14 février 1795. Sa famille a récupéré son corps. |
| 1793 | Augustin-Marie Picot, marquis de Dampierre | Disparu |
| 1794 (21 septembre | Marat | Retiré du Panthéon le 8 février 1795 pour trahison. |
| 1794 (11 octobre) | Jean-Jacques Rousseau | |
| 1806 | Claude-Louis Petiet | |
| 1806 | François Denis Tronchet | |
| 1807 | Jean Étienne Marie Portalis | |
| 1807 | Louis-Pierre-Pantaléon Resnier | |
| 1807 | Louis-Joseph-Charles-Amable d'Albert, duc de Luynes | Retiré du Panthéon |
| 1807 | Jean-Baptiste-Pierre Bévière | |
| 1808</br>(Ier Empire) | Francois Barthélemy, comte Béguinot | |
| 1808</br>(Ier Empire) | Pierre-Jean-Georges Cabanis | |
| 1808</br>(Ier Empire) | Gabriel-Louis, marquis de Caulaincourt | |
| 1808</br>(Ier Empire) | Jean-Frédéric, comte de Perrégaux | |
| 1808</br>(Ier Empire) | Antoine-César de Choiseul, duc de Praslin | |
| 1808</br>(Ier Empire) | Jean-Pierre-Firmin, comte Malher | Urne avec son cœur |
| 1809</br>(Ier Empire) | Jean Baptiste Papin, comte de Saint-Christau | |
| 1809</br>(Ier Empire) | Joseph-Marie, comte Vien | |
| 1809</br>(Ier Empire) | Pierre Garnier, comte de Laboissière | |
| 1809</br>(Ier Empire) | Jean Pierre, comte Sers | Urne avec son cœur |
| 1809</br>(Ier Empire) | Jérôme-Louis-François-Joseph, comte de Durazzo | Urne avec son cœur |
| 1809</br>(Ier Empire) | Justin-Bonaventure, comte Morard de Galle | Urne avec son cœur |
| 1809</br>(Ier Empire) | Emmanuel Crétet, compte de Champmol | |
| 1810</br>(Ier Empire) | Giovanni Baptista, cardinal Caprara | |
| 1810</br>(Ier Empire) | Louis-Joseph-Vincent-Leblond, comte de Saint-Hilaire | |
| 1810</br>(Ier Empire) | Jean-Baptiste, comte Treilhard | |
| 1810</br>(Ier Empire) | Jean Lannes, duc de Montebello | |
| 1810</br>(Ier Empire) | Charles-Pierre-Claret, comte de Fleurieu de La Tourette | |
| 1811</br>(Ier Empire) | Louis-Antoine, comte de Bougainville | |
| 1811</br>(Ier Empire) | Charles, cardinal Erskine of Kellie | |
| 1811</br>(Ier Empire) | Alexandre-Antoine Hureau, baron de Sénarmont | Urne avec son cœur |
| 1811</br>(Ier Empire) | Ippolito Antonio, cardinal Vicenti Mareri | |
| 1811</br>(Ier Empire) | Nicolas-Marie, comte de Songis des Courbons | |
| 1811</br>(Ier Empire) | Michel, comte Ordener | |
| 1812</br>(Ier Empire) | Jean-Marie-François Lepaige, comte Dorsenne | |
| 1812</br>(Ier Empire) | Jean Guillaume De Winter, comte de Huessen | |
| 1813</br>(Ier Empire) | Hyacinthe-Hugues-Timoléon de Cossé, comte de Brissac | |
| 1813</br>(Ier Empire) | Jean-Ignace Jacqueminot, comte de Ham | |
| 1813</br>(Ier Empire) | Joseph Louis, comte Lagrange | |
| 1813</br>(Ier Empire) | Frédéric-Henry, comte Walther | |
| 1813</br>(Ier Empire) | Jean, comte Rousseau | |
| 1813</br>(Ier Empire) | François-Marie-Joseph-Justin, comte de Viry | |
| 1814</br>(Ier Empire) | Jean-Nicolas, comte Démeunier | |
| 1814</br>(Ier Empire) | Jean-Louis-Ebenezer, comte Reynier | |
| 1814</br>(Ier Empire) | Claude-Ambroise Régnier, duc de Massa di Carrara | |
| 1815</br>(Ier Empire) | Antoine-Jean-Marie, comte Thévenard | |
| 1815</br>(Ier Empire) | Claude-Juste-Alexandre, comte Legrand | |
| 1829</br>(Restauration) | Jacques-Germain Soufflot | |
| 1885 (1er juin)</br>(IIIe République) | Victor Hugo | |
| 1889 (4 août)</br>(IIIe République) | Lazare-Nicolas-Marguerite, comte Carnot | Inhumé lors de la commémoration du centenaire de la Révolution française |
| 1889 (4 août)</br>(IIIe République) | Théophile Malo Corret de la Tour d'Auvergne | Inhumé lors de la commémoration du centenaire de la Révolution française |
| 1889 (4 août)</br>(IIIe République) | Jean-Baptiste Baudin | Inhumé lors de la commémoration du centenaire de la Révolution française |
| 1889 (4 août)</br>(IIIe République) | François-Séverin Marceau-Desgraviers, dit Marceau | Inhumé lors de la commémoration du centenaire de la Révolution française - Seule une partie de son corps est inhumée |
| 1894 (29 juin)</br>(IIIe République) | Marie François Sadi Carnot | Inhumé immédiatement après son assassinat |
| 1907 (25 mars)</br>(IIIe République) | Marcellin Berthelot | Mme Sophie Berthelot est inhumée avec son mari |
| 1908 (5 juin)</br>(IIIe République) | Émile Zola | |
| 1920 (11 novembre)</br>(IIIe République) | Léon Gambetta | Urne avec son cœur |
| 1924 (23 novembre)</br>(IIIe République) | Jean Jaurès | |
| 1933 (4 novembre)</br>(IIIe République) | Paul Painlevé | |
| 1948 (17 novembre)</br>(IVe République) | Paul Langevin | |
| 1948 (17 novembre)</br>(IVe République) | Jean Perrin | Inhumé le même jour que Paul Langevin |
| 1949 (20 mai)</br>(IVe République) | Adolphe-Sylvestre-Félix Éboué | Premier homme de couleur au Panthéon ; Depuis 2002, il y a aussi Dumas. |
| 1949 (20 mai)</br>(IVe République) | Victor Schoelcher | Son père, Marc, est aussi présent au Panthéon. Victor voulait être inhumé avec son père. |
| 1952 (22 juin)</br>(IVe République) | Louis Braille | |
| 1964 (19 décembre)</br>(Ve République) | Jean Moulin | |
| 1987 (5 octobre)</br>(Ve République) | René Cassin | |
| 1988 (9 novembre)</br>(Ve République) | Jean Monnet | Entre au Panthéon 100 ans après sa naissance. |
| 1989 (12 décembre)</br>(Ve République) | Abbé Baptiste-Henri Grégoire | Inhumé lors de la commémoration du bi-centenaire de la Révolution française |
| 1989 (12 décembre)</br>(Ve République) | Gaspard Monge, comte de Péluse | Inhumé lors de la commémoration du bi-centenaire de la Révolution française |
| 1989 (12 décembre)</br>(Ve République) | Marie-Jean-Antoine-Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet | Inhumé lors de la commémoration du bi-centenaire de la Révolution française |
| 1995 (20 avril)</br>(Ve République) | Pierre Curie | |
| 1995 (20 avril)</br>(Ve République) | Marie Curie | 1re femme panthéonisée pour son œuvre. |
| 1996 (23 novembre)</br>(Ve République) | André Malraux | |
| 2002 (30 novembre)</br>(Ve République) | Alexandre Dumas |
Les inscriptions
La patrie honore aussi ses fils en inscrivant leurs noms sur les murs du temple: ainsi les victimes des journées de 1830, les écrivains morts pour la France pendant la guerre de 1914-1918 ( soit 562 dont Alain Fournier, Apollinaire, Charles Péguy, Victor Segalen) et pendant celle de 1939-1945 (soit 197 dont Saint-Exupéry, Pierre Brossolette, Robert Desnos, Max Jacob, Bergson, Toussaint Louverture).
Les cérémonies à l'occasion de transferts de cendres
Mirabeau, 1791
Le corps de Mirabeau fut porté la nuit aux flambeaux au Panthéon, à travers le vieux Paris, au sons formidables et inconnus d'instruments de musique imaginés par François-Joseph Gossec.
Voltaire, 11 juillet 1791
Image:Voltaire Pantheon.jpg Image:Voltaire cercueil.jpg
Treize ans après sa mort (30 mai 1778), la dépouille de Voltaire est transférée au Panthéon. Une foule immense accompagne le cortège composé d'acteurs, d'ouvriers, de membres de l'Assemblée nationale, de magistrats, etc. Le clergé ne participe pas à la cérémonie. Après avoir été exposé à la Bastille, symbole de la révolution survenue deux ans auparavant, le cercueil de Voltaire est conduit au Panthéon. L'épitaphe porte ces mots: "Il combattit les athées et les fanatiques. Il inspira la tolérance, il réclama les droits de l'homme contre la servitude de la féodalité. Poète, historien, philosophe, il agrandit l'esprit humain, et lui apprit à être libre."
La nuit précédant le convoi funèbre, le cercueil fut placé dans les ruines de la Bastille, prison où avaient été détenus Voltaire et d'autres ennemis de l'Ancien régime. Le convoi vers le Panthéon, le lendemain, fut l'une des premières cérémonies révolutionnaires.
Le convoi funèbre était conduit par un détachement de cavaliers, suivi par les délégations des écoles, des clubs, des confréries et des groupes d'acteurs de théâtre. Puis venaient des ouvriers ayant pris part à la démolition de la Bastille, portant des boulets et des chaînes trouvés dans la prison. Quatre hommes en costume de théâtre classique soutenaient une statue dorée de Voltaire. des acteurs brandissaient des bannières avec les titres de ses principaux ouvrages. Ensuite venait un coffre doré, contenant une édition complète de ses oeuvres, récemment publiée, en 92 volumes.
Un orchestre complet précédait le sarcophage, tiré par douze chevaux blancs. Les parois étaient décorées de masques de théâtre, avec cette sentence: "Poète,historien, philosophe, il agrandit l'esprit humain, et lui apprit à être libre".
Les membres de l'Assemblée nationale, les magistrats et le Conseil municipal de Paris suivaient le cercueil. Le convoi s'arrêta à l'Opéra, à l'Ancienne et à la Nouvelle Comédie, et vers minuit atteignit le Panthéon, où Voltaire fut placé dans sa dernière demeure.
Le musicien François-Joseph Gossec composa pour la cérémonie un hymne sur la translation du corps de Voltaire au Panthéon, poème de M.-J. Chénier, pour chant et cuivres (ou pour 3 voix choeur d'homme et orchestre d'harmonie).
Jean-Jacques Rousseau, 11 octobre 1794
Image:JJRousseau Panthéon.jpgImage:Jean-Jacques Rousseau (photo of his crypt).jpg
La Convention à Paris prit un décret le 14 avril 1794 ordonnant la translation des restes de l'écrivain au Panthéon. Robespierre, disciple fidèle du Genevois, s'est chargé de présenter à la Convention le décret qui doit asseoir la Révolution sur une base spirituelle et offrir au pays, pour remplacer les fêtes chrétiennes interdites, des cérémonies civiques où seront célébrés les dogmes de la morale nouvelle.
Les cérémonies se déroulèrent les 9, 10 et 11 octobre. Un grand cortège gagna les Tuileries où une île factice avait été reproduite dans un grand bassin. Une veillée s'organisa toute la nuit autour de l'urne.
Voir la peinture d'Hubert Robert : Cénopathe de J-J. Rousseau élevé au Jardin des Tuileries, en attendant la translation de ses cendres au Panthéon - nuit du 10 au 11 octobre 1794 - Musée Carnavalet.
Le lendemain un grand cortège conduisit les reliques de Rousseau au Panthéon sur des airs du Devin du village2.
Victor Hugo, 1er juin 1885
15 discours seront prononcés3.
Jean Jaurès, le 23 novembre 1924
Dix ans après sa mort (31 juillet 1914); la dépouille de Jean Jaurès est transférée au Panthéon sur décision du gouvernement du Cartel des Gauches4.
Paul Langevin, 17 novembre 1948
La cérémonie eut lieu le même jour que le transfert des cendres de Jean Perrin.
Jean Perrin, 17 novembre 1948
Discours Pour le retour du corps de Jean Perrin de New York, deux discours furent prononcés :
Le 17 juin 1948, à Brest par Jean Cabannes, membre de l'Académie des Sciences
Le 18 juin 1948 à la Sorbonne par Émile Borel, membre de l'Académie des Sciences5.
La cérémonie
Victor Schoelcher, le 20 mai 1949
En présence du Président de la République, Vincent Auriol, et des plus hautes personnalités de l'État, le cortège, aux accents de la Marche funèbre de Chopin, monte vers le Panthéon entre une double haie de soldats. Les cendres de Victor Schoelcher et de Félix Éboué prennent alors place dans une crypte auprès de celles de Jean Jaurès6.
Félix Éboué, le 20 mai 1949
La dépouille mortelle de Félix Eboué est débarquée le 2 mai 1949 à Marseille qui lui fait un émouvant accueil. Le vendredi 20 mai 1949, après une cérémonie à l'Arc de Triomphe et une veillée funèbre aux côtés de Victor Shoelcher, il entre au sanctuaire de la Montagne Sainte-Geneviève.
Louis Braille, le 22 juin 1952
Le transfert est décidé à l'occasion du centenaire de sa mort.
Jean Moulin, le 19 décembre 1964
À l'initiative du général de Gaulle et du ministre des Affaires culturelles, André Malraux, les cendres de Jean Moulin sont transférées au Panthéon en présence de la famille du défunt et de nombreux anciens résistants7.
René Cassin, le 5 octobre 1987
Jean Monnet, le 9 novembre 1988
L'abbé Grégoire, Gaspard Monge, Condorcet, le 12 décembre 1989
Cérémonie de transfert de cendres de ces trois personnalités à l'occasion des fêtes du bicentenaire de la Révolution française, en présence de François Mitterrand, président de la République Française.
Le dicours devait être à l'origine prononcé par François Mitterrand. Il fut pronnoncé par Jack Lang.
Anecdote à propos du transfert des cendres de l'abbé Grégoire : Jacques Gaillot, évèque, fut le seul représentant de l'église catholique française. Il faut dire que les relations de l'abbé Grégoire avec la hiérarchie catholique ont toujours été difficiles en raison de son implication dans la vie civile. Le jour de son décès, l'archevêque de Paris - Monseigneur de Quelen - s'opposa à ce qu'il reçut les derniers sacrements ; il exigeait de Grégoire sa renonciation au serment de la Constitution Civile du clergé. Le vieil évêque refusa tout net. L'abbé Guillon, malgré les ordres de sa hiérarchie, accepta d'accéder sans condition aux désirs du mourant. L'autorité romaine ferma l'église à sa dépouille, mais rassemblés autour de La Fayette, deux mille personnes accompagnèrent le corps de l'évêque gallican au cimetière Montparnasse.
Marie et Pierre Curie, le 20 avril 1995
- La cérémonie
Extraits de l'article du journal l'Humanité10 : "Il est dix-huit heures. Les portes du Panthéon, aux colonnes habillées d’un immense drap tricolore, s’ouvrent sur les cercueils de Pierre et Marie Curie. Instants émouvants et solennels. Dans le silence, les choeurs de l’armée entonnent les premières mesures de « La liberté se lève », final du « Temple universel » de Berlioz. A petits pas, les gardes républicains déposent les deux bières au centre de l’imposante entrée. Pour la première fois dans l’histoire, une femme est admise, pour ses propres mérites et aux côtés de son mari, dans le sanctuaire des grands hommes".
Une minute de silence. Puis François Mitterrand, accompagné de Lech Wałęsa, d’Edouard Balladur, d’Eve Curie, fille des deux chercheurs, ainsi que de leurs descendants, s’attardent autour de la vitrine où sont exposés les prix Nobel et les carnets de notes du couple.
La cérémonie s’achève. Elle aura duré un peu plus d’une heure. Exhumés du petit cimetière de Sceaux, les deux cercueils remontent d’abord lentement la rue Soufflot, portés par des étudiants de Paris-VI, futurs chercheurs scientifiques. Au rythme lent de la « Suite en ré majeur n° 3 de Bach », ils atteignent l’esplanade du Panthéon. De part et d’autre, deux cents élèves du lycée Marie-Curie de Sceaux et du lycée des Sciences et Techniques de Versailles tiennent dans leurs bras les symboles des atomes. Une référence, en forme de clin d’oeil, à l’universel langage de la science.
Le ciel est gris et la foule peu nombreuse. Pour l’essentiel, élèves et étudiants, venus de la France entière. L’hommage de la jeunesse au « couple, exténué mais heureux, qui a changé la face du monde », comme le rappellera quelques instants plus tard Pierre-Gilles de Gennes dans son allocution. Au nom de la communauté scientifique, le prix Nobel de physique 1993 souligne l’importance des travaux des Curie. Ceux de Pierre et Marie, d’abord, qui ont permis « la douloureuse naissance d’une science neuve : la physique nucléaire ». Ceux de leurs descendants, ensuite, sur la radioactivité artificielle. A sa suite, Lech Wałęsa souligne les origines polonaises de Marie Curie, née à Varsovie en 1867. Pour clore les discours, François Mitterrand salue longuement, « au nom de la Nation », la mémoire du couple et son « désintéressement », fondement, à ses yeux « de toute éthique scientifique ».
Caroline Casadesus s’avance. Comme ultime point d’orgue à cette émouvante cérémonie, elle interprète l’« Adieu » de Marie-Jeanne Serrero. Les cendres de Pierre et Marie Curie peuvent enfin reposer au Panthéon...
- Les discours
- François Mitterand11
- Pierre-Gilles de Gennes
Article du journal l'Humanité12: P.-G. de Gennes : « Un couple qui a changé la face du monde »</br> Prenant la parole avant le chef de l’Etat, Pierre-Gilles de Gennes, prix Nobel de physique 1993, a rendu aux deux savants l’hommage de la communauté scientifique. Dans une allocution non dénuée de connotations sensibles sur le monde d’aujourd’hui, le physicien a d’abord salué « tout ce travail fait à main nue dans un galetas, ce douloureux travail qui constituait la naissance d’une science neuve que d’autres appelleront la physique nucléaire ». Il a restitué l’importance des travaux de Pierre et Marie Curie dans notre siècle. « Les trente années (suivant leurs découvertes) verront une explosion de connaissances auxquelles contribueront leur fille Irène et son mari Frédéric Joliot. ».
« On ne dira jamais assez combien de vocations sont nées de cette histoire, et surtout combien de femmes ont découvert, grâce à Marie, les métiers de la recherche. » Rappelant le rôle essentiel du CNRS, grâce auquel les Joliot ont pu travailler si vite dans les années qui suivirent, le physicien souligne : « Aujourd’hui comme il y a cinquante ans, l’avenir scientifique de la France dépend crucialement de l’existence et de l’indépendance de ce CNRS. ».
« La physique nucléaire va faire basculer le XXe siècle, indique-t-il, (...) le devenir de cette capacité redoutable est notre problème. » La population, en pleine expansion, du tiers-monde, estime-t-il, « ne survivra pas sans de vastes ressources en énergie (...). Le monde aura encore longtemps besoin du nucléaire. Mais comment transposer cette expérience au tiers-monde où les risques civils, militaires sont bien plus redoutables ? ».
« A nous à nos enfants de savoir répondre à ce défi et gardons présent à l’esprit l’exemple de ce couple exténué, mais heureux et totalement pur, qui a changé la face du monde. ».
Dans son discours, Lech Wałęsa rappelle les origines polonaises de Marie Curie, née à Varsovie en 1867.
André Malraux, le 23 novembre 1996
- La cérémonie
- Extrait du journal le Monde, édition datée du 24 novembre 1996 (Auteur : Olivier Biffaud) :
Le monument sera libre d'accès au public dimanche 24 et lundi 25 novembre . Après Voltaire, Rousseau, Hugo et Zola, Malraux est le cinquième écrivain à entrer au Panthéon. Le transfert des cendres de l'ancien ministre de la culture du général de Gaulle, dans la soirée du samedi 23 novembre, a été précédé, vendredi, par le passage du cercueil d'André Malraux à la grande chancellerie de l'ordre de la Libération aux Invalides.13
Les discours
- Discours de Jacques Chirac 14
- discours de Maurice Schumann
Alexandre Dumas, le 30 novembre 2002
La cérémonie
Encadré par quatre mousquetaires à cheval, le cercueil était porté par quatre hommes et recouvert d'un drap bleu de France, frappé de la célèbre devise "Tous pour un, un pour tous" en lettres d'argent.
Sur la petite scène d'un chariot, "Le théâtre d'Alexandre", tiré par des mules et précédés par un régiment de tambours, de jeunes comédiens ont reconstitué des passages de pièces de Dumas devant une centaine de gens de la rue en costumes d'époque.
Montée sur un cheval blanc, une Marianne métisse est venue au devant du cercueil quand celui-ci a atteint le parvis du Panthéon. La fameuse lettre de Victor Hugo à Dumas fils a été alors lue: "Le nom d'[Alexandre Dumas] est plus que français, il est européen; il est plus qu'européen, il est universel (...)15.
Les tentatives de transfert qui ont échoué
Plus de 20 tentatives ont échoué (refus de la veuve ou de la famille, dispositions testamentaires contraires, oppositions diverses, manque d'intérêt des milieux politiques).
- René Descartes (1596 - 1650) philosophe. Honoré par la Convention nationale, en 1792, qui projetait de transférer ses cendres au Panthéon avec les honneurs dus aux grands hommes, ses restes sont, deux siècles plus tard, toujours " coincés " entre deux autres pierres tombales - celles de Mabillon et de Bernard de Montfaucon - dans une chapelle abbatiale de l’église Saint-Germain-des-Prés, à Paris. L’arrêté de la Convention n’a toujours pas été appliqué.
- En 1902, M. Couyba, député, fait une proposition de loi relative au transfert des cendres de Michelet, de Quinet, de Renan et de Balzac au Panthéon. Source : annexe au procès-verbal de la séance du 2 décembre 1902, AN (CARAN) / F
- En janvier 1945, les communistes demandèrent le transfert de l'écrivain Romain Rolland au nom de son engagement contre le fascisme, mais la famille refusa.
- Les gaullistes proposerent Charles Péguy ; la famille refusa.
- Le MRP proposa Henri Bergson pour représenter les Juifs et les autres victimes du régime de Vichy (le nom de Bergson figure sur les murs du Panthéon).
Cérémonies, évènements, divers...
Cérémonies
- Le mardi 25 février 1902, à 10 heures, le gouvernement célèbre au Panthéon le centenaire de la naissance de Victor Hugo. Cérémonie officielle devant 4.000 invités, exécution de la Marseillaise, discours de Georges Leygues, ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, et de Gabriel Hanoteaux, directeur de l'Académie française, exécution du Chant du départ15.
- Le lundi 2 août 1937, Yvon Delbos, originaire de Dordogne et ministre des Affaires étrangères prononce un discours devant le Panthéon, à l'occasion de l'anniversaire de la mort de Jean Jaurès.
- Le 7 avril 2003 Une cérémonie s'est déroulé au Panthéon pour bicentenaire de la mort de Toussaint Louverture. Une gerbe de fleurs a été placée sur sa tombe.
- Les 27 & 28 mars 2004 le Panthéon a servi de cadre à la manifestation "Un Jardin pour la Vie, Une Jonquille pour Curie" organisée par l'institut Curie en partenariat avec les Monuments historiques, le Panthéon, la Mairie de Paris, Truffaut, et le soutien du Ministère de la Culture. Un jardin de 30 000 jonquilles a fleuri le monuments et ses abords.
Divers
- Les grandes orgues du Panthéon
- En 1801 Somer transportait dans cet édifice l'orgue des Bénédictins anglais.
- Le 6 décembre 1851, l'ancienne église Sainte-Geneviève, devenue Panthéon en 1791, est à nouveau rendue au culte catholique par le Prince-Président Louis Napoléon et confiée aux “Chapelains de Sainte Geneviève”. La nécessité d'un instrument à tuyaux se fait sentir. En novembre 1852, le génial facteur d'orgues Aristide Cavaillé-Coll soumissionne pour la construction d'un nouvel orgue en l’église Sainte Geneviève. Le 17 décembre suivant, le ministre de l'Intérieur signe le marché, d'un montant de 20.000 francs. En 1853, Cavaillé-Coll installe le nouvel instrument, un 8 pieds de deux claviers-pédalier et de 21 jeux, qui participe ainsi au service de la liturgie. Clément Loret en est le titulaire. En 1885, cette église redevient Panthéon sur décision du président Jules Grévy ; il convient alors de désaffecter le bâtiment. En 1891, par entente entre les départements de la Guerre et des Travaux Publics, l’orgue est affecté à l’église de l’hôpital militaire du Val-de-Grâce où il est transféré la même année par le facteur Merklin, qui installe une machine Barker, ainsi qu'une nouvelle console. Sans doute se fait-il entendre une dernière fois, au Panthéon, lors des funérailles de Victor Hugo.
Les artistes ayant représenté le Panthéon
- Vincent van Gogh Vue de Paris
Thèmes de discussion
Quel sera le prochain grand homme ?
Traditionnellement cette décision est prise par décret du Président de la République, sur proposition du Premier ministre et sur rapport du ministre de la culture et de la communication.
L'Institut Pierre Mendès France en appelle aujourd'hui aux journalistes pour sensibiliser l'opinion au transfert des cendres de l'homme d'Etat au Panthéon. Dès 1982 et les funérailles nationales du maître à penser d'une partie de la gauche française, certains ont évoqué sa "panthéonisation". Mais la tradition impose un délai de réflexion et de concertation. C'est donc il y a 2 ans que la veuve de l'ancien penseur de la décolonisation, Marie-Claire Mendès France a demandé et obtenu un entretien avec Jacques Chirac. Sans réponse du président de la République, qui consulte, l'Institut Pierre Mendès France a lancé en juin dernier une pétition dans la presse. Résultat : plusieurs milliers de signatures dont celles de 270 parlementaires de l'Assemblée et du Sénat récolté par le vice-président Honoraire du Sénat, Michel Dreyfus-Schmidt. Chronique de France-info 10 janvier 2000
Le 18 mars 1998, les Amis de la Commune ont, symboliquement, fait entrer au Panthéon toute une lignée de Communardes et Communards. Pourquoi Jules Vallès, écrivain et Communard, n’y serait-il pas reçu maintenant ?
Plusieurs associations par voie de pétition demandent l'entrée de l'abbé Charles Michel de l'Épée au Panthéon. S'il n'a pas inventé, comme Louis Braille pour les aveugles, un langage, il a exercé une influence certaine sur la structuration sémantique de cette langue gestuelle en s'arrangeant pour qu'il y ait une équivalence forte entre les signifiés du français écrit et les signifiés gestuels. Il a de plus conçu un vaste projet d'éducation de masse des sourds. Le fait qu'il ait été prêtre serait-il un frein ? Il est de fait que l'entrée de l'abbé Grégoire pour les célébrations du bicentenaire de la Révolution française avait ému l'Église catholique de France.
Ont aussi été cité : Claude Monet, peintre ; Hector Berlioz, musicien.
Les femmes au Panthéon
Il faut, hélas prendre l'inscription :Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante au pied de la lettre.</br> Seules deux femmes y séjournent ; Marie Curie, deux fois prix Nobel, et Sophie Berthelot qui n'y est d’ailleurs pas à titre personnel mais au motif qu’on n’avait pas voulu la séparer de son mari, le grand chimiste Marcellin Berthelot, mort le même jour qu'elle.
Femmes souvent citées
Olympe de Gouges, féministe avant que le mot n’existe, a été guillotinée le 3 novembre 1793. Elle avait rédigé en 1791 la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, avec cette phrase justement célèbre « La femme a le droit de monter sur l'échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune ». Plusieurs organisations féministes demandent qu'elle soit inhumée au Panthéon. Après une première campagne en 1989, à l’occasion du bicentenaire de la Révolution, l’historienne Catherine Marand-Fouquet a lancé une nouvelle action.
George Sand : « Son oeuvre mérite largement de continuer à vivre, et le Panthéon est la garantie d'une vie éternelle » estime Christiane Smeet-Sand, sa descendante. Loin des clichés d'écrivain régionaliste, voire "champêtre", « Sand est le premier personnage féminin de son temps et de sa condition à avoir revendiqué sa liberté de femme par son travail », juge M. Georges Buisson, administrateur de la Maison-musée de Nohant (Indre), rappelant que l'auteur de "La Mare au Diable" et "La Petite Fadette" est aussi la créatrice de deux journaux républicains. Parmi les personnalités favorables à cette idées, aux côtés de sa présidente d'honneur, Claudia Cardinale : Juliette Binoche, qui a incarné George Sand au cinéma, Élisabeth Badinter, Benoîte Giroult, Régine Deforges, Lambert Wilson ou Jean-Claude Brialy. Un projet a été déposé dans ce sens à Jacques Chirac en 1998 par Élisabeth Badinter et Simone Veil. Le 29 septembre 2003 Christiane Smeet-Sand a rencontré un conseiller de Jacques Chirac sur ce sujet et lui a remis une pétition.
Actualités en faveur de l'inhumation de femmes au Panthéon
Du 7 au 17 mars 2002, une exposition sur la façade du Panthéon a été l’occasion de rappeler combien certaines femmes éminentes ont, par leur vie exemplaire au service de la science, des arts, de la philosophie, de la politique ou par leur engagement héroïque, mérité de faire partie de notre Panthéon laïque et républicain.
Du 8 mars au 12 mai 2002 l'exposition " D comme découvreuses ", s'est tenue au Panthéon, à l'occasion de journée de la femme.
21 octobre 2002 : Marie-Jo Zimmermann, Députée de la Moselle a attiré l’attention du ministre déléguée à la parité et à l’égalité professionnelle sur le fait que le Gouvernement s’est engagé à promouvoir une politique active en matière d’égalité des droits entre les hommes et les femmes. A propos de la présence de femme(s) au Panthéon elle dira :</br>... Ce déséquilibre flagrant (la proportion hommes-femmes au Panthéon ndlr) est d’autant moins acceptable que certaines femmes ont marqué l’histoire du pays par leur forte personnalité. Plusieurs d’entre elles ont notamment des titres éminents qui mériteraient au moins d’être examinés dans une logique d’entrée au Panthéon. Il s’agit en priorité d’Olympe de Gouges qui fut l’une des premières féministes. Participant à la Révolution et proposant l’émancipation des femmes par une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791), elle fut guillotinée en 1793. Dans la même logique, on peut citer la mathématicienne Sophie Germain, Louise Michel, figure légendaire du Mouvement ouvrier et de la Commune de Paris et Simone Weil, grande philosophe de la première moitié du XXe siècle.17
Pourquoi une croix chrétienne surmonte-elle l'édifice, dans une république laïque ?
La croix actuelle qui surmonte le Panthéon a une longue histoire :
En 1790, lors de l'achèvement du dôme par Jean-Baptiste Rondelet, architecte chargé de finir le monument après de décès de Jacques-Germain Soufflot, on place une croix provisoire en attendant la statue de Geneviève qui doit surmonter l'édifice.
En 1791, l'Assemblée constituante décide de transformer l'église Sainte-Geneviève en mausolée pour accueillir les cendres de Mirabeau. l'architecte Quatremère de Quincy fait remplacer la croix par la Renommée, une statue de Dejoux, de 9 mètres de hauteur, représentant une femme embouchant une trompette18.
Le 20 février 1806 Napoléon rend l'édifice à sa destination première mais laisse la statue au sommet de l'édifice. Le 3 janvier 1822 l'église est enfin inaugurée. On place au sommet d'une croix en bronze doré. Le 26 août 1830, Louis Philippe retransforme le batiment en Panthéon. On enlève la croix et on la remplace par un drapeau. Le 6 décembre 1851 par un décret du prince président Louis-Napoléon Bonaparte, le Panthéon est rendu au culte catholique et on replace une croix sur le dôme.
Lors de la Commune de Paris, l'église est un lieu de batailles. Le batiment reçoit 5 obus des Communards. Le 2 avril 1871, ils scient les petites branches de la croix et placent au sommet un drapeau rouge.
En juillet 1873 une croix en pierre est remise, haute de 4 mètres et pesant 1500 kg avec son socle et sa boule. Pour le transfert des cendres de Victor Hugo la IIIe république redonne à l'édifice le statut de Panthéon. Mais on laisse la croix.
Plus tard, dans le doute que la protection de la croix ne soit pas suffisante, on surmonte enfin la croix d'un paratonnerre.
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Voir aussi
Notes
- 1. Voir la vidéo sur le site de l'I.N.A.
- 2. Voyage à Ermenonville ou lettre sur la translation de JJ Rousseau au Panthéon (1794)
- 3. 2 millions de personnes assistent aux funérailles
- 4. Le transfert des cendres de Jaurès au Panthéon selon Paul Nizan]
- 5. Discours de Jean Cabannes, membre de l'Académie des Sciences, 17 juin 1948
- 6. Discours d'Émile Borel, membre de l'Académie des Sciences, 18 juin 1948
- 7. Site Internet du Sénat, 1949, Victor Schoelcher : un sénateur philanthrope Voir la vidéo sur le site de I.N.A.Discours d'André MalrauxExtraits audio du discours de Malraux sur le site de l'I.N.A.
- 8. Discours de François Mitterrand 1987
- 9. [Discours de François Mitterrand 1988]
- 10. édition du 21 avril 1995
- 11. Discours de François Mitterrand 1995
- 12. L'Humanité, édition du 21 avril 1995
- 13. Pour en savoir plus :mise en scène de la cérémonie : le peintre et décorateur Jean-Paul Chambas. Consulter les détails de la cérémonie : lien externe l'Humanité A André Malraux, la patrie reconnaissante
- 14. Discours de Jacques Chirac
- 15. Pour en savoir plus: Mise en scène d'Ivan Morane La cérémonie, Les discours Discours d'Alain DecauxDiscours de Jacques Chirac, Dans la presse Article du journal l'Humanité Alexandre Dumas. Deux cents ans après Auteur : Alain Nicolas, 30 novembre 2002.
- 16. 1902 - 2002 : Victor Hugo, du centenaire au bicentenaire
- 17. Texte du discours sur le site de l'Assocation des membres des palmes académiques : AMOPA
- 18. Lire le discours entier et la réponse de Nicole Asseline, ministre délégué à la parité et à l’égalité professionnelle
- 19. Rapport fait au Directoire sur les travaux du Panthéon (1792)
Liens externes
- Site officiel du Panthéon de Paris (Centre des monuments nationaux), visite du Panthéon en images
- Le Panthéon de Paris, site personnel, architecture, coupe du Panthéon
Visites virtuelles
L'Université de Colombia (NYC) propose des vidéos du Panthéon de Paris à l'usage de l'éducation (Format Quicktime VR, haut débit recommandé):
- première vue intérieure
- seconde vue intérieure
- vue de la tribune
- la place du Panthéon vue du porche
- vue du toit
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