Pieter Willem Botha

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Image:Pwbotha.jpg Pieter Willem Botha est un homme politique d'Afrique du Sud, ministre de la défense de 1966 à 1980, premier ministre de 1978 à 1984 et président de la république de 1984 à 1989.


Connu sous ses simples initiales de PW ou sous surnom de « grand crocodile », Pieter Willem Botha est né le 12 janvier 1916 dans l'État libre d'Orange .


Sommaire

Le militant du Parti National (1934-1958)

En 1934, il entame des études de droit à Bloemfontein, adhère aux mouvements associatifs afrikaners ainsi qu'au nouveau « Parti National » de Daniel Malan qu'il aide à organiser.

Remarqué par celui-ci qui lui propose un poste officiel au Cap pour organiser le parti, Botha accepte et quitte alors Bloemfontein et abandonne ses études.

En 1939, au Cap, avec Theophilus Donges et John Vorster, il participe à la formation de la branche régionale du Ossewabrandwag ("les sentinelles des chariots"), une organisation afrikaner crypto-nazi, dont il devient un des dirigeants.

Durant la guerre, il prend ses distances avec l'Ossewabrandwag et évite ainsi l'internement dans les prisons britanniques a contrario de Vorster. Il attaque même vigoureusement l'organisation et le national-socialisme dont elle se réclame et qu'il estime inconciliable et dangereux pour les valeurs du national-christianisme dont les Afrikaners se prévalent.

Son exclusion du mouvement ne tarde pas et précède de peu l'ordre de Malan à tous les membres du parti national qui en sont membres de quitter l'Ossewabrandwag.

En 1946, Botha reprend son ascension dans l'organisation interne du parti. Il participe activement à la propagande notamment en dénigrant et diffamant ses adversaires politiques. C'est ainsi qu'il cible avec succès Jan Hendrik Hofmeyr, le dauphin du premier ministre Jan Smuts, connu pour son soutien à l'égalité raciale.

Elu au parlement en 1948 dans la circonscription de George sous les couleurs du victorieux Parti National, Pieter Botha sera un avocat convaincu de la ségrégation raciale pour protéger les libertés et les droits du peuple afrikaner.

Le ministre du Parti National (1958-1978)

En 1958, il est vice-ministre dans le gouvernement de Hendrik Verwoerd.

En 1961, Verwoerd fait entrer Botha et John Voster dans son cabinet. Botha devient Ministre du développement des communautés chargé des métis et Vorster, le nouveau ministre de la justice.

Loyal et discipliné, hostile aux débats publics sur les décisions prises par le gouvernement, Botha appliqua consciencieusement les politiques de l'apartheid. Il procéda notamment à l'expulsion des populations de couleurs du district 6 au Cap bien qu'il ait à plusieurs reprises émis au sein du cabinet des réserves sur les conséquences des décisions qui y étaient adoptées.

En 1964, il est nommé ministre des travaux publics.

En 1966, il est élu président du Parti National dans la province du Cap. Il devient également ministre de la défense, nommé par Verwoerd, poste qu'il conserve jusqu'en 1980. Durant ses années à ce poste, il modernise l'armée sud-africaine en obtenant notamment l'autosuffisance en matière d'armement et en entamant la mise en place d'un programme nucléaire militaire et civil. Il y acquière également une vision mondiale sur la place de l'Afrique du Sud et sur les rapports Est-Ouest.

En 1975, soutenu par le gouvernement américain de Gerald Ford, le premier ministre John Vorster envisage des opérations clandestines pour installer un gouvernement pro-occidental dans le nouvel état indépendant d'Angola, gouverné alors par les marxistes du MPLA (Mouvement Populaire de Libération de l'Angola). Mais Pieter Botha et son chef des armées, Magnus Malan, convaincus de l'existence d'un plan global soviétique dont le but est la prise de pouvoir en Afrique du Sud, se font alors les avocats d'un plan plus radical, une invasion du pays par les troupes sud-africaines pour chasser le MPLA de Luanda.

En août 1975, les troupes sud-africaines envahissent le sud de l'Angola et poussent jusqu'à Luanda. En décembre, le congrès américain fait retirer son aide financière aux mouvements et troupes hostiles au MPLA alors que l'armée sud-africaine est aux portes de la capitale angolaise. Furieux et humiliés, les sud-africains apparaissent alors comme les seuls coupables de l'invasion et sont obligés de se retirer du pays. Ils apporteront dorénavant une aide logistique au mouvement rebelle de l'UNITA de Jonas Savimbi afin notamment de protéger la frontière nord de leur colonie du Sud-Ouest Africain contre les infiltrations de l'organisation indépendantiste SWAPO.

En 1978, l'Afrique du Sud est devenue le 11ème fabriquant d'armes au monde alors que le pays fait l'objet d'un embargo de l'ONU depuis 1977. Grâce à la politique d'ouverture de Botha envers les populations de couleurs, l'armée est devenue une puissante force nationale multiraciale disposant de sa première bombe atomique en 1979.

Le premier ministre d'Afrique du Sud (1978-1984)

Lors de la succession au poste de 1er ministre en 1978, il parvient à écarter son rival, Connie Mulder, empêtré dans un scandale financier dans lequel la responsabilité de John Vorster sera ensuite démontrée par une commission mise en place par Botha. Aigri, Vorster est alors obligé en juin 1979 de démissionner de la présidence de la république

Partisan des « sécurocrates » de l'administration, Pieter Botha n'en est pas moins considéré comme un « verlighte » (éclairé) au sein du Parti National, conscient des limites de l'apartheid, à l'opposé des « verkramptes » (crispés sur les privilèges de l'apartheid).

En 1979, pour contrer les conservateurs qui invoquent la menace de l'assaut total des communistes ("total onslaught") sur le pays justifiant le renforcement de l'apartheid, Botha développe le concept d'une « total strategy » couvrant tous les domaines aussi bien politique, économique, culturelle, militaire et sécuritaire, résumé par le principe « s'adapter ou mourir ».

En 1982, sa volonté de réformer le système se heurte aux résistances des plus conservateurs du Parti National dont ses ministres Andries Treurnicht et Ferdinand Hartzenberg. Ces derniers quittent le gouvernement et le Parti pour créer le Parti Conservateur qui reçoit immédiatement le soutien de personnalités comme John Vorster ou Connie Mulder.

En 1983, Botha parvint à faire adopter une nouvelle constitution par référendum instituant un parlement tricaméral avec des chambres séparées pour les métis et les indiens, ainsi qu'une présidence exécutive.


Le président d'Afrique du Sud (1984-1989)

En 1984, la nouvelle constitution entre en vigueur. Le poste de 1er ministre est supprimé et Botha est élu Président de la République qui jusque là n'était qu'une fonction honorifique.

Il tente de développer une politique ambitieuse en politique étrangère et dans le même temps poursuit le programme nucléaire et l'occupation du Sud-Ouest Africain/Namibie.

En dépit de ses multiples ouvertures et de ses prises de position plus modérée que ses prédécesseurs sur l'apartheid, son autoritarisme se révèle vite un handicap pour l'image du pays à l'étranger, donnant de lui une image de personnage cruel, raciste et dictatorial.

Cette image favorisera l'imposition de nouvelles sanctions économiques contre l'Afrique du Sud à partir de 1985 à mesure que les violences et la répression policière dans les townships s'étendent à tout le pays.

C'est ainsi que sa modération sur l'application de l'apartheid passe inaperçue à l'extérieur du pays. Il légalise les mariages interraciaux, et modère la loi sur l'interdiction des partis politiques multiraciaux tout comme la loi sur l'habitat séparé (Group Areas Act) qui interdisait aux noirs de résider à certains endroits. Avec la nouvelle constitution, il accorde des nouveaux droits politiques aux métis et aux indiens.

Il refuse cependant d'accorder tout droit de vote aux noirs et de remettre en cause la suprématie politique des blancs.

En 1986, il est obligé de déclarer l'état d'urgence suite aux violences qui ensanglantent le pays, entre les mouvements noirs et la police et entre partisans de l'ANC et de l'Inkhata zoulou.

Au sein même de l'électorat blanc, le poids pris par le parti conservateur aux élections municipales et générales l'oblige à restreindre les réformes.

En 1989, il rencontre Nelson Mandela qui purge une peine de prison à perpétuité depuis 1964, pour tenter de lui faire condamner les actes de violence commises par les partisans de l'ANC. C'est un échec.

En 1989, les tensions au sein du propre cabinet de Botha sont réels. À la suite d'un accident cardiaque, il accepte de quitter la présidence du parti mais refuse de démissionner de sa fonction de chef de l'État.

En août 1989, il annonce finalement sa démission, forcée, à la télévision tout en dénonçant l’agissement des membres de son cabinet et du nouveau président du parti, Frederik De Klerk qui lui succède alors au poste de président de la république .


Le retraité de George

Désormais retiré dans sa région de George dans la province du Cap, Botha ne cessera de dénoncer toutes les réformes de De Klerk, notamment la libération de Mandela, la légalisation des partis noirs et le démantèlement progressif de l'apartheid.

En 1992, lors du référendum sur les négociations constitutionnelles, il appelle à voter « non » contre les réformes de De Klerk .

Il refusera ensuite de témoigner devant la commission vérité et réconciliation mise en place par le gouvernement de Nelson Mandela.

Marié en 1943 à Anna Elizabeth Rossouw, il eut 5 enfants (3 filles et 2 garçons). Veuf à la fin des années 1990, il réussit à défrayer la chronique people en se remariant avec une femme de juste une vingtaine d'années.


Précédé par
Marais Viljoen
Image:State President RSA 1985 Flag.png
Président de l'Afrique du Sud
1984 à 1989
Suivi par
Frederik de Klerk


Précédé par
John Vorster
Image:Safricaarms.png
Premier ministre d'Afrique du Sud
1978 à 1984
Suivi par
fonction abolie en 1984


Précédé par
Jacobus Johannes Fouché
Image:Afrique du Sud AncDrapeau.png
Ministre de la défense
1966 à 1980
Suivi par
Magnus Malan


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