Parti national breton
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Le Parti national breton, ou Parti nationaliste breton (abrégé PNB) est un parti politique nationaliste breton.
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Création, le PNB
Il a été fondé en octobre 1911 sous le patronage d'un comité de sept membres dont : Camille Le Mercier d’Erm, Louis Napoléon Le Roux, Georges Le Rumeur, Edouard Guéguen. À cette époque, le PNB va rassembler l’essentiel du mouvement politique breton, même s’il existe déjà d’autres groupements comme le Bleun Brug (Fleur de Bruyère) créé en 1905 par l'abbé Perrot avec sa revue Feiz ha Breiz (Foi et Bretagne) qui existe depuis 1899. Ce mouvement pose les bases d'un nationalisme breton. Le PNB de l'époque regroupe des tendances radical et de gauche, ainsi que de droite conservatrice.
À sa création, il met au point et publie un manifeste et propose comme fête nationale le 29 septembre, jour anniversaire du couronnement de Nominoë et de la victoire remportée en 1364 à Auray par Jean de Montfort sur l'armée française de Charles de Blois.
Manifeste breton
Source : René Barbin, L'autonomisme Breton 1930.
- Article 4. On nous a successivement volé notre indépendance nationale, puis nos libertés et franchises provinciales, on a violé sans cesse le traité de 1532 qui assurait à notre pays ces libertés et ces franchises avec le privilège d'un Parlement et le droit de porter sur ses armes, à défaut de la couronne fermée, le bonnet d'hermine cerclé d'or (dérisoire compensation il est vrai, cet regard de ce que nous avions perdu). Depuis la révolution française, la situation a empiré. Aujourd'hui, la sournoise persécution de nos maîtres, d'autant plus dangereuse qu'elle se dissimule et creuse des galleries souterraines dans notre vieux sol, cherche à nous arracher notre langue et nos coutumes, nos traditions civiles et religieuses, tout ce qui reste de l'ancien patrimoine national, tout ce qui fait notre orgueil et notre joie. Nous nous y opposons de toute notre force, et nous revendiquerons l'héritage de nos ancêtres.
- Article 5. On nous croit écrasés, annihilés, assimilés, francisés. C'est faux !Il v a encore, dans l'âme bretonne, quelque chose qui résiste et qui survit, quelque chose que l'on a voulu étouffer, anéantir et qui demeure aujourd'hui aussi vivace et robuste qu'au temps de notre indépendance et cela, conscient ou inconscient, c'est le sentiment National.
Première manifestation
La première manifestation active de ce parti a lieu le 29 octobre 1912, lors de l'inauguration sur la place de l'Hôtel-de-Ville de Rennes du monument représentant, d'après l'artiste Jean Boucher, l'Union de la Bretagne à la France où Anne de Bretagne était à genoux devant le roi de France. Au cours de cette manifestation Camille Le Mercier d'Erm et André Guillemot furent appréhendés et conduits aux locaux de police municipale. Les buts de ce parti sont alors : « protester toujours et quand même contre l'oppression française ; préparer la résurrection bretonne dans ce mouvement de réprobation vis-à-vis du peuple français qui prive leur pays de l'indépendance nationale à laquelle il a droit ».
Presse
Breiz Dishual est l'organe mensuel du Parti national breton et est crée en juillet 1912. Son comité de rédaction est composé de : Yann Brézal, E. Douar-Gwé, Ewan Gouesnou, Pierre Kerguilly, Ronan de Kermené, Noël Kernejo, Fanch L'Hermite, Job Loyant, Mathaliz, Gwenole Molène, Camille Le Mercier d'Erm, Pol Sulliac. Sa publication se termine en 1914.
Publications
- Louis-Napoléon Le Roux. Pour le séparatisme la question bretonne essai précédé du manifeste Ed. du Parti National Breton - Rennes. 1911
- Camille Le Mercier d'Erm. Défense et illustration de la langue bretonne. Les éléments d'une littérature nationale. Edition du Parti Nationaliste Breton - s.l., Imprimerie Breiz Dishual. 1913.
- Camille Le Mercier d'Erm. Le barde Mathaliz (Georges Le Rumeur) : membre du gorsedd de Bretagne-armorique [...] Edition du Parti Nationaliste Breton, 1913.
- Camille Le Mercier d'Erm. La question bretonne, le nationalisme et l'action française Edition du Parti Nationaliste Breton, 1913. Rennes, Imprimerie du Journal de Rennes
- Camille Le Mercier d'Erm. Les origines du nationalisme breton. Edition du Parti Nationaliste Breton, 1914.
- Evit ar vreiziz ! = Pour les bretons, chants de guerre" écrit par Alain Gurval et illustré par Mathaliz. Edition du Parti Nationaliste Breton. 1914.
- Camille Le Mercier d'Erm. Irlande à jamais, odes aux martyrs de 1916. Edition du Parti Nationaliste Breton - s.l. , Imprimerie Artistique de l'Ouest , Niort. 1919
Breiz Atao
En janvier 1919, paraît le premier numéro de Breiz Atao (Bretagne Toujours), revue à but essentiellement culturel au départ, mais qui apparaît très vite comme l’organe officiel du mouvement autonomiste breton.
La dérive fasciste et la collaboration
Le PNB 2
La partie attirée par le séparatisme du Parti autonomiste breton dont Olier Mordrel, Yann Sohier, François Debeauvais, va rejoindre le Parti national breton 2, crée au congrès de Guingamp en août 1931. Le 27 décembre 1931, à Landerneau, a lieu le premier congrès du PNB. Breiz Atao reparaît, simple organe de liaison entre les militants (dont Yann Sohier). Il s'inspire de la révolution irlandaise et joue la carte nationaliste.
Le parti national breton comporte, de la même manière que les jeunesses socialistes d'avant guerre, des jeunesses catholiques ou communistes, une formation de jeunes militants en uniforme : les bagadou stourm. La collusion entre la direction du parti et l'organisation terroriste Gwenn ha Du (terrorisme) sera avérée de 1932 à 1939.
Programme Saga
En mars 1933, Debauvais publie dans Breiz Atao un programme nommé Saga élaboré par Mordrel. Dans ce programme en huit parties, Mordrel traite de la constitution d'un état breton indépendant, à qui l'état français devra restituer « une partie des richesses nationales y compris en caisse d'or, colonies, collections d'art, bibliothèques, équipement industriel » ; le ralliement de certaines régions limitrophes est prévu « par voie de plébiscite ». Il prévoit aussi « l'exclusion des étrangers, et particulièrement des races latines et de couleur, de tous les postes responsables de la vie publique. Exception prévue pour le cas des hommes de race nordique ». Plus loin, on lit : « Contrôle de l'éducation de la jeunesse, destinée à faire des hommes physiquement et moralement sains, et rendus au génie jusqu'ici étouffé de notre race ». Yann Sohier exprime son accord avec le programme SAGA, et reste au parti, comme le montre sa correspondance avec François Debauvais publiée en 1963 par Ar Vro, puis par Ar Falz.
1936
Les dirigeants du PNB organise une grande campagne de barbouillages qui consiste à peindre en lettres immenses au goudron sur les murs : "La France est foutue", "Vive la Bretagne libre", "La Bretagne aux Bretons", "Les Juifs dehors", "Breiz Atao vaincra". L'inscription qui suscite le plus d'étonnement dans la population locale, c'est "Les Français dehors !". Un jour, un paysan, qui est resté regarder Yann Bricler finir de peindre son inscription s'enquiert, perplexe, "Et où c'est-y qu'y veut qu'on va?".
1938
A l'issue du congrès tenu le 28 août 1938 à Guingamp, le PNB publie un manifeste où il est rappelé qu'ils appartiennent à un pays qui a l'habitude de fournir plus de troupes d'assaut que de tourneurs d'obus et que "plus une goutte de sang breton ne doit être versé pour des causes étrangères". Le 18 septembre 1938, une perquisition de la police a lieu au centre du PNB, un stock d'affiches récemment édités sous le titre : "Pas de guerre pour les Tchèques contre la volonté du peuple breton" est saisi. Cette affiche rappelait que "la France voulait maintenir dans la vassalité l'Etat tchécoslovaque centralisé, oppresseur des minorités nationales", et se terminait par cet appel : "Nous demandons que, nous Bretons, ne soyons pas engagés contre notre volonté dans une guerre au profit de l'impéralisme tchèque". A cette époque, François Debauvais a déjà pris le large. Fred Moyse joue à titre officieux, le rôle d'agent de liaison entre les divers mouvements nationalistes minoritaires, et diffuse, de Dublin à Hong-Kong, et de Moscou au Cap de Bonne-Espérance, un petit bulletin d'informations intitulé "Avel gornog" (Vent d'Ouest), qui traite des questions celtiques. Le 14 décembre 1938, Olier Mordrel est condamné, avec François Debauvais, à un an de prison avec sursis pour « atteinte à l'unité de la nation ».
1939
Le 15 février 1939, la cour d'appel confirme les condamnations à un an de prison de Mordrel et Debauvais. Des extrémistes de ce parti participent aux attentats terroristes de l'organisation Gwenn ha Du (terrorisme), dont celui contre la préfecture du Finistère le 27 février 1939. Le 25 juillet 1939, Debauvais sort de prison. Le 29 juillet 1939, un décret loi d'Edouard Daladier assimile la propagande autonomiste à l'espionnage et à la haute trahison. En août 1939, suite au Débarquement d'armes de Plestin, l'entrée en clandestinité des éléments de choc du mouvement provoque des répercussions sur l'organisation du parti. Debauvais et Mordrel restent désormais sans liaisons directs avec leurs cadres les plus sûrs alors que planent sur eux la menace d'une très probable arrestation. Le 27 août 1939, c'est la parution du dernier numéro de Breiz Atao, le 31 août suivant, son secrétaire Louis Maubré est arrêté.
La Seconde Guerre mondiale
En septembre 1939, alors que le guerre vient de commencer, les deux fondateurs du PNB 2 choisissent l'exil. Lorsque la guerre éclate, le PNB opte pour une ligne de ferme neutralité. Ce courant, dont l'idéologie anti-démocratique est très complaisante à l'égard de la xénophobie et de l'antisémitisme, influencé par les celtisants allemands, s'apparente à tous les fascismes européens. Le parti est dissout sous le gouvernement Daladier (20 octobre 1939). Les biens du parti sont confisqués et les archives détruites. Le PNB continue d’exister dans la clandestinité.
D'Amsterdam, Mordrel et Debauvais adressent un manifeste aux Bretons, condamnant la guerre entreprise par la France le 25 octobre 1939. À la même date, des perquisitions sont organisées chez des militants du mouvement breton, parfois suivies d'arrestations (Yann Bricler, Kongar-Kervella, Marcel Guieysse, Edouard Gueguen, André Lajat, soeur d'Ange Péresse, abbé Perrot). Fin octobre, Célestin Lainé est arrêté sur le front du Nord de la France.
Debauvais rejoint Berlin. Mordrel rejoint l'Italie où il existe un petit noyau d'autonomiste en exil. (en mars 1940, Franz Fromme, agent de l'Abwehr, spécialiste des questions celtiques) se rend en Italie afin de remettre à ce noyau des brochures destinées à être diffusées en Bretagne, le vrai objet de sa mission était de prendre contact avec un agent irlandais pour faciliter le retour de Sean Russel en Irlande (Voir Fred Moyse))
1940
Berlin
Debauvais se réfugie à Berlin (rejoint par Moyse, puis Mordrel) « pour tenter d'y jouer la carte de l'indépendance bretonne dans l'éventualité probable d'une défaite de la France ». En Janvier 1940, les deux fondateurs adressent de l'étranger une "Lettre de Guerre" (Lizer Brezl) à leurs militants en rappelant qu'"un vrai breton n'a pas le droit de mourir pour la France". Ils ajoutent : "Nos ennemis depuis toujours et ceux de maintenant sont les Français, ce sont eux qui n'ont cessé de causer du tort à la Bretagne". En mars 1940, Mordrel et Debauvais édite "Ouest-Information" qui est diffusé clandestinement.
Bretonische Regierung
En mai 1940, les 2 fondateurs dirigent un prétendu « gouvernement breton en exil » (Bretonische Regierung). Les pangermanistes préconisaient alors l'extension du Reich à toutes les populations germanophones et le démantèlement des grandes puissances européennes selon des critères linguistiques. Ainsi Adolf Hitler s'était-il prononcé en faveur de la création d'un État breton. Des pourpalers s'engagent en mai-juin 1940 entre Otto Abetz et Mordrel/Debauvais sur la constitution de cet état. On crée à la même époque en Allemagne, des camps de prisonniers spéciaux où sont réunis les Bretons. Des visites et conférences sont organisées par les dirigeants de Breiz Atao aux camps de Luckenwalde, Sagan, etc.
Le retour en Bretagne avec les allemands
Le 20 juin 1940, les premiers prisonniers bretons libérés arrivent, sous la conduite de Fred Moyse (les Allemands sont entrés à Rennes le 18 juin). Le P.N.B. n'aura réussi qu'à faire libérer de 400 à 500 prisonniers jusqu'en septembre 1940. L'opinion publique demeura pourtant longtemps persuadée de sa capacité à faire renter chez eux les prisonniers bretons qui en feraient la demande, à condition d'adhérer au mouvement nationaliste. Le 22 juin, François Debauvais revient d'exil à Rennes, jour de signature de l'armistice.
Unité française
Le gouvernement nazi ayant adopté une politique de conciliation vis-à-vis de la France après des atermoiements et des revirements), les mesures envisagées précédemment en faveur d'un Etat breton autonome se doivent d'être révisés avec le maximum de diplomatie et si besoin par la force. Le 11 juillet 1940, on peut lire dans le journal de l'Abwehr : "le ministre des Affaires étrangères a pris une décision en ce qui concerne la question bretonne. Il en résulte que les mouvements séparatistes en Bretagne ne doivent plus être encouragés. Des ordres ont été données en ce sens au bureau de l'Abwehr en France. La collaboration avec les Bretons doit se limiter désormais au recrutement d'agents compétents dans la lutte contre l'Angleterre et à l'action en Irlande. Tout mouvement insurrectionnel contre le gouvernement français devra être évité". C'est un échec pour les leaders nationalistes bretons. Le baron Von Stauffenberg et Kurt Haller, leur signifient, en vertu de la convention d'armistice signé entre l'Allemagne et la France, qu'il leur est interdit d'envisager un rassemblement pour déclarer la libération de la Bretagne. Un meeting sera toléré à condition que celui ci soit dans une enceinte privée, et que les termes "état breton", "nation bretonne", "autonomie", ou " indépendance", ou "séparatisme" ne soient pronocées. Ce qui ne sera pas entièrement le cas dans le Château des Rohan, à Pontivy, où cette réunion eut lieu.
Le congrès de Pontivy
Le 3 juillet 1940, au « Congrès » de Pontivy, Debeauvais et Mordrel créent le Comité National Breton, et établissent un manifeste de dix-huits points, dit Programme de Pontivy. Il décide aussi l’édition d’une nouvelle revue l’Heure Bretonne. 201 numéros paraîtront entre juillet 1940 et juin 1944 (son premier rédacteur sera Morvan Lebesque, puis Jean Merrien jusqu'en décembre 1940). Le 12 juillet 1940, une excommunication des nationalistes bretons est prononcée par Mgr Duparc, évêque de Quimper.
Le 24 juillet 1940, le château de Rohan, quartier général du Service Spécial de Célestin Lainé est attaqué par la population de Pontivy.
Fin 1940
En août 1940, quelques nationalistes vendant l'Heure Bretonne sont arrêtés à Quimper (Angéli, préfet du Finistère prononce à plusieurs reprises l'interdiction de vendre ce journal dans le Finistère, Bousquet, sous-préfet à Lorient fait interdire l'impression de Dihunamb, la revue de Loeiz Herrieu). Le presse quotidienne (La Dépêche de Brest, Le Phare de la Loire, L'Ouest-Eclair, le Nouvelliste du Morbihan) est ralliée au gouvernement de Pétain et prend position en défendant la thèse de la restauration des provinces, qui rendra ainsi à la Bretagne une partie de ses libertés dans le cadre d'une France maternelle.
Le 20 octobre 1940, le parti est placé sous la direction d'Olier Mordrel. L'Heure Bretonne mène alors une campagne de presse antigouvernemental, opposé au régime de Vichy. Les préfets des différents département adoptent une politique d'hostilité délibérée aux régionalistes, et a fortiori aux nationalistes. Le Comité National Breton n'est pas supprimé. Olier Mordel offre le poste du secrétariat général à Raymond Delaporte. Il structure le PNB avec un représentant pour chaque département : Paul Gaignet (Ille-et-Vilaine), Marcel Guieysse (Morbihan), Yann Ar Beg (Finistère), Yves Favreul-Ronarc'h (Loire-Atlantique), Albert Guillou à Paris pour les "Bretons de l'étranger". Sa ligne politique irrite à la fois Vichy et Berlin, et sera à l'origine de "la révolution de palais" du parti de décembre 1940.
Divergences
Les liens entre Olier Mordrel et Célestin Lainé se tendent encore plus (après l'opposition au Comité National Breton), suite à l'action de son service Spécial à Gouezec en octobre 1940. D'autres divergences voient le jour. Considérant que le réveil du nationalisme breton ne donne pas les résultats escomptés, et qque son action était dévaluée, et que l'Allemagne s'orientait vers une politique de collaboration avec le gouvernement de Vichy. debauvais sembla tenter une ouverture de dialogue avec le régime maréchaliste (contrairement à Mordrel). Mordrel remet sa démission, ainsi que celle de l'Heure Bretonne le 2 décembre de la même année. Cette "révolution de palais" est provoquée avec la complicité des services allemands par des rivaux du leader breton, désireux de l'écarter du pouvoir.
Mordrel est remplacé le 8 décembre 1940 par Raymond Delaporte qui restera à ce poste jusqu’à la fin de la guerre (Job Jaffré prend la rédaction en chef de L'Heure Bretonne). Les Allemands arrêtent dès fin 1940 Olier Mordrel qu'il place en résidence surveillée en Allemagne. Le PNB dirigé par les frères Delaporte tente une politique de non-engagement entre les Allemands et Pétain.
1941
Les frères Delaporte
Le 18 janvier 1941, une réunion du parti est organisée à Nantes pour l'organisation ouvrière du "Futur état breton". Germain Breton est à la tête de la section de Loire-Atlantique. Au cours de l'année 1941, la direction du parti charge Lainé et ses officiers d'assurer l'instruction militaire de sa milice les Bagadou Stourm, placée sous la direction de Yann Goulet. Raymond Delaporte cherche à apparaître comme un homme affable, prêt à envisager une politique conciliante avec Vichy, et en chrétien sincère, résolu à intervenir auprès de l'épiscopat breton pour lever les mesures d'excommunication de 1940 des nationalistes bretons. Il est aussi sous l'influence de son frère Yves Delaporte, éminence grise du parti. Les scandales du ravitaillement, dénoncés par L'Heure Bretonne, enveniment les rapports avec l'Administration de Vichy, et notamment le préfet Ripert, que Delaporte avait souhaités conciliants. Un changement d'attitude se produit au fur et à mesure de 1941 dans les attaques contre Vichy. En 6 mois de gestion, les frères Delaparte parviennt à faitre tripler le nombre des abonnés de L'Heure Bretonne, et de quintupler celui des adhérents.
Organisation du parti
La structure du parti est très précise et charpentée : secrétariat, administration, trésorerie, promotion, inspection générale, Organisation de Jeunesse, rédaction, impression et diffusion du journal L'Heure bretonne, et des publications annexes : Ar Studier Vrezon, réservé aux étudiants nationalistes, Le Triskell, buletin des liaison des militants ainsi que des brochures de propagande.
Retour de Mordrel
En mai 1941, le retour d'Olier Mordrel est autorisé par les Allemands, qui rentre à Rennes le 16 septembre. Le 7 septembre 1941, un congrès des cadres du parti est organisé à Rennes. Le 13 décembre 1941, le PNB publie une Charte des travailleurs bretons.
Activités pendant la guerre
Pendant la guerre l'activisme du parti national breton a complètement dominé les autres tendances du mouvement breton, qui dès lors s'en est trouvé discrédité. Certains membres du PNB prennent part au Comité Consultatif de Bretagne, surtout des modérés (Yann Fouéré, Joseph Martray...).
Le parti nationaliste comporte, de la même manière que les jeunesses socialistes d'avant guerre, des jeunesses catholiques ou communistes, une formation de jeunes militants en uniforme : les bagadou stourm. Il bénéficie alors d'un organe de presse tirant à 30 000 exemplaires : l'Heure Bretonne.
Le parti durant l'occupation est tantôt toléré par Vichy, tantôt mis en difficulté. Certains auteurs écrivent que quelques membres de cette organisation subiront la répression de l'occupant nazi, avec notamment l'internement de Yann Goulet, qui proteste par une grève de la faim avec plusieurs nationalistes. D'autres auteurs le montrent au contraire libéré par les nazis après des affrontements à Landivisiau à l'été 1943.
Il reste cependant que des membres importants du PNB (comme Morvan Lebesque, Alan Heusaff) basculent dans une collaboration plus ou moins importante avec les nazis, et adoptent une politique de collaboration active. L'exemple de l'Irlande - voire l'idéal d'une Bretagne indépendante - continuait d'être la référence. De récentes études ont montré les liens étroits entretenus bien avant la guerre, depuis la fin des années vingt, par des dirigeants autonomistes bretons (tel Célestin Lainé, Alan Louarn) avec les services de renseignements militaires de l'Abwehr.
Les relations se tendent de plus en plus entre la direction des frères Delaporte et l'aile dure. La double appartenance aux Bagadoù Stourm et au Service Spécial de Célestin Lainé est bientôt interdite.
1943
Après l'assassinat de l'abbé Perrot, Lainé crée la Bezen Perrot fin 1943 avec les plus durs du service spécial (Alan Heusaff, etc.). Il officialise la scission en créant en mai 1944 un nouveau parti national breton dont la ligne est l'alignement total sur l'Allemagne. Création toute symbolique puisque ce parti ne fera rien.
La libération, l'exil, la résistance
À la Libération, Mordrel, Raymond Delaporte, François Debeauvais quittent la Bretagne, pour se réfugier en Allemagne puis en Irlande. Dans ses mémoires, Olier Mordrel prétend avoir négocié le 16 février 1945 une alliance avec le parti de Doriot (PPF) , contre la reconnaissance d'une indépendance bretonne au sein d'une fédération « de type suisse ».
D'autres sont condamnés à l’indignité nationale et interdits de séjour en Bretagne, de nombreux militants nationalistes bretons se retrouvent en banlieue parisienne, ou en exil (comme François Jaffrenou, Roparz Hemon, Alan Heusaff).
Quelques jeunes militants du parti formeront des éléments à la Résistance, notamment le groupe Liberté de Saint-Nazaire ou l'anglophilie a été déterminante. Le groupe Liberté a participé, sous le nom de Bataillon de la Poche, à la libération de la poche de Saint-Nazaire en mai 1945.
Publications
- Histoire de Bretagne - généralités. Editions de Parti National Breton - Rennes, Imprimerie Centrale. 1941. Périodique. Les Cahiers du militant.
- Union Des Caisses D'assurance Maladie En Bretagne. P.n.b. no 2 : notre lutte pour la Bretagne. Ed. du Parti National Breton - Rennes 1941
- Histoire de Bretagne de Jeanne Coroller-Danio, illustré par Xavier Haas. 1942. Ed. du Parti National Breton - Rennes
- Histoire de Bretagne pour tous de Jeanne Coroller-Danio, Editions du Parti National Breton - Rennes, Imprimerie Centrale de Rennes. 1942
- Notre lutte pour la Bretagne. Les éd. du Parti National Breton - Rennes. 1942.
- La route au but lointain.
- Pensées d'un nationaliste breton.
- War raok ! Chansons de route de Xavier Haas. Ed. du Parti National Breton - Rennes. 1942.



