Pédagogie
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La pédagogie peut désigner, selon les auteurs, la « science de l'éducation », les méthodes d'éducation ou encore la méthode de l'éducation. Ce terme dérive du grec παιδαγογια, de παιδος (paidos) « l'enfant » et αγω « conduire, mener, accompagner, élever ». Dans l'antiquité, le pédagogue était un esclave qui accompagnait l'enfant à l'école, lui portait ses affaires, mais aussi lui faisait réciter ses leçons et faire ses devoirs.
Dans le domaine de l'éducation les penseurs ont pris la désagréable habitude de donner des sens différents aux mots, sans toujours les préciser. Il en résulte une grande confusion sur les termes relatifs à l'éducation : le mot pédagogie est souvent confondu avec ceux d'éducation, de didactique et d'enseignement. Il désigne par extension toutes les méthodes d'enseignement et d'éducation ainsi que toutes les qualités requises pour transmettre un savoir quelconque. Dans ce sens, la pédagogie désigne la pratique.
La pédagogie est un mot remontant à 1495, d'après le dictionnaire le Robert. L'Académie française l'admet depuis 1762.
Sommaire |
Différentes approches
- Apprentissage par problèmes
- Chronobiologie
- Coaching
- Docimologie
- Théories pédagogiques modernes
- Andragogie
- E-learning
L'effet des rythmes circadiens sur la vigilance d'étudiants en cycle supérieur court
En collaboration avec le Professeur Hubert Montagner qui vient d'écrire un livre "En finir avec l'échec à l'école" publié aux éditions Bayard, j'ai réalisé des observations dans le domaine de la chronobiologie et de la pédagogie.
Observations
Préambule :
Les rythmes circadiens président aux cycles réguliers de nos jours et nuits. Toutes les cellules de notre organisme oscillent en permanence au cours de ces 24 heures ; c'est la température du corps qui varie, de même que la concentration sanguine de la plupart des hormones. Mais c'est aussi nos capacités de mémorisation et de concentration qui varient au fil des heures (Ponroy Y., 1996). L'ensemble des recherches récentes montre que la vigilance du cerveau (l'activation cérébrale qui permet de recevoir et de percevoir un nombre croissant d'informations du monde extérieur) augmente progressivement et lentement durant les heures qui suivent l'éveil. Après une "dépression" au cours du temps qui suit le déjeuner, cette vigilance s'accroît au cours de l'après-midi pour atteindre son niveau maximum dans la deuxième moitié de l'après-midi.(Montagner H., 1996.). Ces recherches ont surtout concerné les élèves scolarisés dans le primaire. A Ploërmel, nous avons voulu vérifier si nous constatons ces phénomènes avec des étudiants âgés de 18 à 20 ans, en cycle supérieur court (brevet de technicien supérieur).
Les observations :
Les observations ont été réalisées dans deux classes dont les effectifs étaient respectivement de 30 et 32 étudiants. Chaque classe a été divisée en deux groupes qui ont suivi des cours identiques aux périodes suivantes :
- le matin entre 8 et 10 heures ou 10 heures et midi pour les BTS 1ère année ;
- l'après-midi de 13 h 30 à 15 h 30 ou 15 h 30 à 17 h 30 pour les BTS 2ème année.
Les étudiants qui n'avaient pas de cours, participaient à des séances de travaux pratiques d'histologie le matin et d'informatique l'après-midi. Les cours d'une durée d'environ une heure trente étaient suivis d'un contrôle formatif de 15 minutes comportant 12 à 15 questions. Au début de chaque cours, les étudiants étaient prévenus de ces contrôles qui ont fait l'objet d'une double correction. Les différents groupes ont été constitués selon la liste alphabétique de leur nom de famille ; cependant, une analyse statistique des notes obtenues depuis le début de l'année nous a permis de vérifier qu'il n'y avait pas de différence significative de niveau entre groupes.
Résultats :
Matin :
Le niveau de vigilance des étudiants entre 8 et 10 heures mesuré à travers le contrôle est nettement moins élevé. L'écart entre les moyennes des notes atteint 4 points (8,48 et 12,47) et est significatif au seuil 5 %. D'ailleurs, les étudiants étaient moins actifs au cours de la première période. Ces résultats sont confirmés par les notes obtenues au cours des TP d'histologie où l'on constate une différence de + 2,4 points (6,6 et 9) en faveur du groupe ayant travaillé entre 10 et 12 heures.
L'après-midi :
Les résultats du contrôle sont moins bons en début d'après-midi, soit environ 2 points de moyenne en moins (11,42 et 13,39). Bien que cette différence ne soit pas significative, il apparaît que 5 étudiants/16 ont obtenu une note supérieure à 14/20 en début d'après-midi alors qu'ils étaient 10/16 en fin d'après-midi. Pour ce groupe, les étudiants étaient moins attentifs en début d'après-midi alors que l'ambiance devenait plus sereine en fin d'après midi.
Conclusion
Ces observations montrent que les rythmes circadiens conservent une influence notoire sur l'état de vigilance de jeunes âgés de 18 à 20 ans. Même à ce niveau, l'organisation de la journée scolaire avec alternance de " temps sujet " et de temps pédagogique améliorerait la formation. Les " temps sujets " seraient réservés à des travaux personnels ou à la réflexion en début de matinée ou d'après-midi alors que des temps pédagogiques en fin de matinée et d'après-midi seraient consacrés à l'acquisition du savoir nécessitant plus de vigilance
Histoire
Antiquité
La pédagogie est apparue en Chine, en Mésopotamie, et chez les Hébreux. Dans ces civilisations, la pédagogie est centrée sur la lecture et l'écriture. Son but est de former de bons et loyaux serviteurs de l'État. L'Iliade et L'Odyssée d'Homère proposent une pédagogie fondée sur l'exemple, avec le courage et l'honneur.
L'éducation mêle la formation sportive et militaire à la pratique de la musique et de la danse.
Sparte et Athènes
Pour beaucoup d'historiens, le concept d'école commence à Athènes. À Sparte, l'éducation est militaire et communautaire (éducation spartiate).
L'éducation athénienne délaisse la guerre au profit du sport et de l'idéal de perfection corporelle. Athènes ajoute la musique, l'écriture, la littérature, la poésie, la philosophie.
Les professeurs sont le pedotribe (professeur de gymnastique), le citariste (maître de chant), le grammatiste (le maître d'école) ou le grammairien (le professeur de grec).
À partir de 14 ans, si les moyens financiers de la famille le permettent, les garçons vont au gymnase (les filles restent au gynécée).
Les sophistes
Au Ve siècle av. J.-C., apparition de l'école des sophistes. référence : L'éducation nouvelle
Pour les sophistes, l'important n'est pas la vérité, mais le vraisemblable.
À partir du Ve siècle av. J.-C., la pédagogie devient plus intellectuelle. Les professeurs vont de cité en cité pour apprendre aux jeunes de bonne famille comment faire une carrière d'homme d'État. La formation d'Orateur prend une place importante avec la littérature et les mathématiques, au détriment de la morale.
Socrate
Socrate (469 av. J.-C. - 399 av. J.-C.), lui, souhaite développer la morale, au moyen du dialogue.
Platon
Pour Platon (428 av. J.-C.-348 av. J.-C.), disciple de Socrate, seul l'État a pour rôle de former des citoyens.
C'est Platon qui créa le premier lieu d'éducation : l'Académie. Il a réuni tous les grands penseurs de son époque à Athène afin de former les futurs décideurs. En créant l'Académie, Platon voulait en quelque sorte institutionnaliser l'éducation supérieure qui existait déjà de façon sporadique.
Aristote
Chez Aristote (384 av. J.-C.-322 av. J.-C.), l'éducation des enfants relève de la formation à la vertu et à la vie citoyenne, la tâche du pédagoge consiste à former l'homme en tant que citoyen responsable, ainsi que cela se trouve expliqué dans Éthique à Nicomaque.
L'éducation hellénistique
(de la mort d'Alexandre 323 av. J.-C. - à la conquête romaine 168 av. J.-C.)
Au fur et à mesure, l'idéal pédagogique des États hellénistes devient la possession d'une culture encyclopédique (omniscience). C'est la culture des sept arts libéraux (grammaire, rhétorique, dialectique, arithmétique, géométrie, musique et astronomie).
L'éducation à l'époque romaine
(de la conquête d'Alexandre, milieu du IIe siècle av. J.-C. à la destruction de Corinthe en 146 av. J.-C.)
Fin du IIIe siècle ap. J.-C. : premières écoles à Rome.
référence : L'éducation dans la Rome antique par Gabriel Compayre
Un empereur Romain converti au christianisme fit changer les choses. L'Église prit en main l'éducation.
Les écoles païennes
Le catéchuménat
voir catéchuménat
Moyen Âge
(de la chute de l'Empire romain d'Occident en 476 à la renaissance).
Au Moyen Âge, l'éducation reste marquée par l'idéal grec (chasse, tournoi de jeux, musique...), mais la lecture et l'écriture sont réservées aux jeunes filles. La religion chrétienne est également omniprésente.
Aux époques mérovingiennes et carolingiennes, les monastères sont les premières écoles. Au Moyen Âge, le sport et l'esthétique sont dépréciés.
Renaissance
Des transformations radicales se produisirent avec l'humanisme. Rabelais propose un idéal du dépassement de soi. L'accent est alors mis sur l'aspect moral, plutôt que religieux. On réaffirme l'importance de l'éducation physique.
Au XVIIe siècle, l'éducation consiste à séparer l'enfant du monde corrompu des adultes (collège de jésuite).
Pour le tchèque Comenius, la pédagogie doit être utile et pour tous.
Au XVIIIe siècle, on revient contre l'enfermement. On veut former les jeunes au monde contemporain.
En France : au siècle des lumières l'enseignement est assuré par des maîtres nommés par l'État, dans des établissements d'État. À ce moment, Rousseau écrit Émile ou de l'éducation (l'enfant doit être soustrait à la société).
Diderot et Condorcet souhaitent la généralisation de l'instruction.
En Suisse, Johann Heinrich Pestalozzi est considéré comme l'un des meilleurs pédagogues de son temps. Il souhaite aider l'enfant dans la vie réelle, mais en la différenciant suivant les classes sociales. Pour lui, la famille est le meilleur milieu éducatif.
Au XIXe siècle, Ernest Renan et Auguste Comte, et l'Anglais Spencer la formation scientifique est l'élément de base de la pédagogie.
En Allemagne : Paul Natrop et Georg Kerschensteiner. Chaque individu doit se former à une fonction déterminée. La communauté doit développer la solidarité, l'instruction civique le respect de l'autorité, et le sentiment patriotique.
XXe siècle
Au XXe siècle, la notion de pédagogie change. La pédagogie devient une pratique, un ensemble de méthodes. Les pédagogues s'efforcent d'utiliser des éléments de psychologie, c'est notamment l'éclosion du mouvement de l'éducation nouvelle qui considère l'éducation comme un acte global de construction de la personne et non comme une simple retransmission de connaissances. En Europe occidentale, on prend en compte l'enfant. En URSS, c'est la dimension sociale.
Aux États-Unis, avec John Dewey, elle est pragmatique, expérimentale, volontariste et socialisante.
La médecine vient aider la pédagogie. Maria Montessori, à Rome, crée la méthode portant son nom pour influencer la psychologie sensori-motrice des écoles maternelles.
En France, l'inspecteur Roger Cousinet, avec une méthode de travail libre par groupes, cherche à établir un climat de confiance et de compréhension réciproque. Célestin Freinet est un autre acteur important de l'évolution des pratiques pédagogiques françaises, mais l'engagement Libertaire de ses travaux leur ont longtemps empêché une reconnaissance officielle.
De nos jours, le sens de pédagogie renvoie davantage à la manière dont va se faire la formation d'un enfant qu'au contenu proprement dit de cette formation. Il s'agit tantôt des processus mis en œuvre dans l'acquisition de connaissances, tantôt de l'attitude et de l'action du pédagogue, de celui qui accompagne. C'est à partir de ces conceptions que se comprennent et se classent les différents courants de pédagogies. En ce sens, il s'agit des techniques mises en œuvre dans une action formative ou d'enseignement. Le mot technique englobant ici l'usage que le pédagogue fait de son premier outil : lui-même.
À partir de là, les principales voies qui s'ouvrent à l'élaboration d'une pédagogie sont de différencier que les savoirs seront instruits à un élève ou construits par une personne. Les savoirs instruits sont reliés à la notion d'enseignement, alors que les savoirs construits font appel à l'autonomie de l'enfant.
En ce sens, la pédagogie n'est pas uniquement l'œuvre de l'enseignant. Elle serait plutôt l'ensemble des moyens – consciemment mis en œuvre ou non – de la communauté éducative - les co-éducateurs : la famille, l'école, les centres de loisirs, les clubs, sont autant de sphères où l'enfant fréquente des « pédagogues ». C'est le débat qu'a lancé l'équipe des « Carrefours de l'éducation », à Perpignan, en octobre 2003.
--- le paragraphe suivant provient de éducation, il faudrait le reclasser, mais où ? ----
Certaines personnes estiment que l'éducation ne doit pas être imposée, sans quoi elle se révèle tôt ou tard inefficace et mauvaise pour l'individu, qui se sent opprimé. La libération peut se faire sans violence, mais elle se fait plus souvent avec.
D'après elles, l'éducation doit se faire en groupe, sans supériorité, sans maître, tout le monde doit être élève. Le fait de déclarer savoir plus qu'un autre est déjà une mauvaise éducation, l'enseignement de la supériorité.
Certains courants se réclament de « l'éducation nouvelle », de Freinet à Montessori en passant par Rebbeca Wild. D'autres contestent la notion même de pédagogie.
Voir aussi
- École de Summerhill
- La Maison d'enfants de Sèvres
- École mutuelle
- Catherine Baker
- lien externe à [1] vivre ensemble et non eduquer!
- Rousseau et Madame d'Épinay
- Philippe Meirieu
- École alternative
- Unschooling
- Effet Pygmalion
- Pierre Pastré
- Expérimentation Assistée par Ordinateur(ExAO)
- lien externe à Correspondance Scolaire
- [2] pédagogie d'un Auteurs_de_littérature_de_jeunesse



