Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle
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Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle est un pèlerinage chrétien, qui mène à la ville de Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice (Espagne), où seraient conservées les reliques de Saint Jacques, apôtre du Christ.
Avec celui de Rome (via Francigena) et de Jérusalem, c'est l'un des trois grands pèlerinages de la chrétienté.
Traditionnellement, le pélerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle se fait à pied et en partant de chez soi. Cependant pour des raisons pratiques les pèlerins se sont rapidement rassemblés sur des voies précises. Des chemins de pèlerinage partent de la plupart des régions d'Europe, au départ entre autres de Liège, Paris, Vézelay, Le Puy-en-Velay. S'il est parcouru depuis le VIIIe siècle par des chrétiens faisant étape dans des monastères qui jalonnent les chemins de Compostelle, le pèlerinage de Saint-Jacques est également devenu une randonnée célèbre, où les marcheurs croisent les amateurs d'art roman.
En Espagne, le pèlerinage et ses chemins sont dénommés « el Camino » ; la voie la plus célèbre, qui part de Saint-Jean-Pied-de-Port (Pyrénées) porte le nom de « el Camino frances ».
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Histoire
D'après la tradition chrétienne et des écrits remontant au XIIe siècle, Saint Jacques le Majeur, le frère de Saint Jean l'évangéliste, serait parti du Proche-Orient vers la péninsule ibérique pour y prêcher, puis serait retourné à Jérusalem où il fut décapité. Ses compagnons auraient transporté ses reliques en Galice.
Le tombeau aurait été retrouvé quelques centaines d'années plus tard, au IXe siècle, par l'ermite Pelayo (ou Pelagius) qui déclara avoir eu une révélation dans son sommeil. Il aurait été guidé par une étoile dans le ciel, d'où une des étymoligies avancées pour Compostelle : Campus Stellae ou champ de l'étoile. Théodomire, évêque d'Ira-Flavia (aujourd'hui Padrón), reconnut ce tombeau comme étant celui de saint Jacques en 835. Le roi Alphonse II y fit édifier une église. Le pape Léon XIII officialisa la reconnaissance du tombeau de saint Jacques par l'Église en 1884.
Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle devint l'un des plus importants au Moyen Âge. De nombreux chemins menaient à Compostelle depuis toute l'Europe occidentale, jalonnés d'hospices dédiés au saint. Les pèlerins avaient pour coutume de rapporter comme témoignage de leur voyage des coquilles de pectens, qu'ils fixaient à leur manteau ou à leur chapeau, d'où le nom de coquilles Saint-Jacques donné par la suite à ces mollusques.
Au cours des Xe siecle et XIe siecle, le culte de saint Jacques commença de se répandre et les rois de Navarre et de Léon améliorèrent les routes et construisirent des ponts afin de faciliter les pérégrinations. Les pèlerins, qui partaient des quatre coins de l'Europe, avaient déjà l'habitude de converger vers la France, par des routes et des chemins qui s'instituèrent peu à peu au fil des siècles. La plus célèbre de ces voies est le Chemin français (Camino frances). Les chemins étaient souvent parsemés d'embûches et il n'était pas rare que des pèlerins périssent avant d'arriver à destination. Quoi qu'il en soit, le Chemin de Saint-Jacques a sans nul doute donné naissance au premier réseau d'entraide en Europe, avec notamment la construction de centres religieux, l'ouverture de nombreuses hôtelleries, l'amélioration des infrastructures routières, etc. Cependant, en dépit des travaux constamment effectués pour améliorer les routes, il n'était pas si facile, autrefois, de cheminer jusqu'à Saint-Jacques.
Le pèlerinage contemporain
Des milliers de pèlerins sont recensés chaque année. Ils se rendent à Saint-Jacques-de-Compostelle à pied ou à vélo, parfois à cheval.
Souvent à l'écart des routes automobiles, le chemin se confond de nos jours par endroits avec des sentiers de grande randonnée.
Sous réserve de la présentation d'une « lettre de créance » (ou credential) délivrée par les services du pèlerinage de la Cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, les pèlerins peuvent faire étape dans des gîtes et des monastères jalonnant le pacours.
Á l'arrivée à destination, les pèlerins en possession d'une credential obtiennent un certificat attestant qu'ils ont bien effectué le pèlerinage, la compostella, rédigé en latin.
Les « chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France » sont inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Les chemins
En France ils sont au nombre de quatre :
- La Via Podiensis, qui tire sont nom du Puy-en-Velay ; lieu de rassemblement et lieu de pélerinage marial ; ce chemin est balisé comme "GR 65", dès Genève ; le trajet Genève-Le Puy est appelé Via Gebennensis.
- La Via Lemovicensis, qui passe par Limoges, d'ou son nom ; le lieu de rassemblement était à Vézelay.
- La Via Turonensis, qui passe par Tours, et le lieu de rassemblement était l'église Saint-Jacques-de-la-Boucherie à Paris.
- Ces trois chemins se regroupaient en un lieu appelé « Gibraltar ». Il ne doit rien à Tariq ibn Ziyad, c’est simplement une déformation phonétique du sanctuaire de Saint-Sauveur, sur la colline. Chabaltore en basque, est devenu par glissement Chibaltare, Chibraltare et enfin Gibraltar.
- La Via Tolosane, qui passe par Toulouse, d'ou son nom ; mais elle s'est aussi appelée Via Arletanensis, du lieu de rassemblement des pélerins, Arles. Elle a eu aussi comme nom Via Eagidia, ou route de Saint-Gilles, en honneur à la famille des comtes de Toulouse (les Saint-Gilles). Ce chemin rejoint l'Espagne par le col du Somport. Mais elle était précédée par la Via Domitia – Chemin de Compostelle, qui va du col du Montgenèvre à Arles, appelé aussi la Via Francigena ainsi nommée par les italiens puisqu'elle passe en France. Il y avait un chemin parallèle, le Chemin du Piedmont ou « el cami deu pé de la coste », qui recevait les pèlerins de la via Tolosane au niveau de Narbonne. Ces chemins rejoignaient l'Espagne par el Camino aragones, ainsi nommé puisqu'il rejoint l'Aragon.
- Il y aussi des chemins de traverse qui permettaient aux pélerins de se rendre dans des lieux de pélerinages. Comme celui qui va de Conques à Toulouse.
En Espagne le chemin prend le nom de « Camino frances » puisqu'il est emprunté par les « Francos », sans distinction de nationalité. En Espagne ce chemin est aussi appelé la "Ruta Interior" par opposition à la "Ruta de la Costa" premier chemin de Compostelle.
Villes et monuments traversés
Les pélerins pouvaient suivant leurs vœux, changer de voies pour aller prier des corps saints. Par exemple de la Via Podiensis rejoindre la Via Tolosane, pour prier saint Sernin.
De Conques à Toulouse
Doublant les itinéraires traditionnels du pèlerinage, une variante permettait aux jacquets qui avaient emprunté la route du Puy de rejoindre la via Tolosana.
Enjambant le Dourdou par le pont des « romieus », elle quittait Conques pour gagner Aubin.
- Aubin, où les pèlerins trouvaient un hôpital et deux églises, l’église du Gua et l'église Notre-Dame d'Aubin.
- Villeneuve d'Aveyron, l’Église Saint-Sauveur et ses fresques représentant saint Jacques pélerin
- Villefranche-de-Rouergue, la collégiale Notre-Dame, l'ancienne chartreuse Saint-Sauveur la Chapelle des Pénitents-Noirs
- Najac, L'église gothique Saint-Jean
- Laguepie
- Cordes-sur-Ciel
- Gaillac, l’église abbatiale Saint-Michel et l’église Saint-Pierre
- Lisle-sur-Tarn
- Rabastens, l'église Notre-Dame du Bourg de Rabastens et ses fresques, qui illustrent différents épisodes de la vie, réelle ou légendaire, de Jacques le Majeur.
- Saint-Sulpice, L’église qui est une ancienne chapelle Saint-Jacques
- Montastruc-la-Conseillère
- Castelmaurou, qui signifierait le "Castel des Maures".
- L'Union
- De là les pèlerins rejoignaient la Via Tolosane à Toulouse.
Autres lieux pour un chemin Auvergnat
Une variante de la via Lemovicensis partait de Nevers en direction de Clermont.
Les pèlerins pouvaient ainsi rejoindre la Via Podiensis ou la Via Tolosane, en fonction des lieux de pèlerinages qu’ils voulaient honnorer.
Cheminant le long de l'Allier, les jacquets étaient accueillis par les bénédictins de l'abbaye de Souvigny, qui était l'une des cinq «filles» de Cluny.
- Souvigny, prieuré célèbre du Bourbonnais fondé par les moines de Cluny.
- Anzy-le-Duc, prieuré dépendant de Saint-Martin d'Autun.
- Ébreuil, l'église Saint Léger.
- Clermont-Ferrand : l'église Notre-Dame du Port
- Orcival, la basilique Notre Dame
- Saint-Nectaire-le-Haut, l’église Saint-Nectaire, et ses fromages.
- Saint-Floret
- Issoire, l’abbatiale saint Austremoine.
- Saint-Saturnin, son monastère de bénédictins.
- Brioude, La basilique Saint-Julien.
- Lavaudieu, dont le nom signifie la vallée de Dieu, et l'église Saint-André
- Saint-Flour, la cathédrale Saint Pierre.
- Murat-le-Quaire, l’église Notre-Dame-des-Oliviers
- Aurillac, l’abbaye d’Aurillac, l’église Saint Géraud, et s’église Notre-Dame-aux-Neiges sans oublier Gerbert d’Aurillac, (938 – 1003), premier pape français.
- Souillac, l’église Sainte-Marie, ancienne abbatiale romane à coupoles
- Collonges-la-Rouge, l'église Saint-Pierre
- Aubazines, l’abbaye Saint-Etienne
- Beaulieu-sur-Dordogne, l'abbatiale Saint-Pierre
- Rocamadour, l’église Saint-Sauveur et la crypte Saint-Amadour
- Domme, l' « Acropole du Périgord » et la maison du Gouverneur
- Bonaguil, et son château de Bonaguil.
- Villeneuve-sur-Lot, l'église Sainte-Catherine
- Agen, la cathédrale Saint-Caprais
- Nérac, le Château de Henri IV, et l’église Saint Nicolas
- Andiran, le château d’Hordosse.
De là ils pouvaient rejoindre la Via Podiensis à Condom.
Autres villes et ses monuments classés
- Amiens : cathédrale Notre-Dame
- Bayonne : cathédrale Sainte-Marie
- Châlons-en-Champagne : collégiale Notre-Dame-en-Vaux
- Compiègne : église paroissiale Saint-Jacques
- Folleville : église paroissiale Saint-Jean-Baptiste
- Jezeau : église Saint-Laurent
- L'Épine : basilique Notre-Dame
- Le Mont-Saint-Michel
- Mimizan : clocher de Mimizan
- Ourdis-Cotdussan : église de Cotdussan
- Saint-Avit-Sénieur : Église de Saint-Avit-Sénieur
- Saint-Sever-de-Rustan : abbaye de Saint-Sever
Bibliographie
- Xavier Barral i Altet, Compostelle - Le grand chemin ISBN 2-07-053249-6
Voir aussi
- Saint-Jacques-de-Compostelle
- saint Jacques apôtre
- Codex Calixtinus
- Pèlerin de Saint-Jacques-de-Compostelle
- Via Podiensis
- Via Gebennensis
- Via Lemovicensis
- Via Turonensis
- Via Tolosane
- Via Domitia
- Chemin du Piedmont
- Camino frances
- Camino aragones
Liens externes
- www.chemins-compostelle.com, le site de l'Association de Coopération Interrégionale « Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle »
- Cartographie des différents chemins sur le précédent site
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