Ostracisme

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L'ostracisme (en grec ancien ἐξοστρακίζω, bannir par ostracisme) est, à Athènes, au Ve siècle av. J.-C., une institution qui permet de bannir pendant dix ans un citoyen, sans que celui-ci perde ses biens.

On l'attribue traditionnellement à Clisthène. Chaque année, l'ecclésia (l'assemblée des citoyens) votait pour savoir si l'on devait procéder à un ostracisme. Si l'accord se faisait sur le principe de l'ostracisme, l'ecclésia se réunissait une deuxième fois le mois suivant, et chaque citoyen qui souhaitait voter, inscrivait sur un tesson de céramique ou éventuellement une coquille d'huître (d'où le mot ostrakon) le nom de la personne dont le bannissement hors d'Athènes lui semblait nécessaire au bien public. Pourvu qu'il y eût un total de 6 000 votants, la personne dont le nom apparaissait le plus souvent, était bannie.

L'ostracisme fut surtout utilisé comme arme politique dans les rivalités entre hétairies (factions aristocratiques) dans le premier quart du Ve siècle av. J.-C.. L'analyse graphologique des centaines d'ostraka retrouvés lors des fouilles de l'agora a montré que pour un vote donné seule une dizaine de mains différentes avaient inscrit les noms sur les tessons : c'est la preuve que ces « bulletins » étaient préparés à l'avance et distribués par les responsables de ces factions à leur clientèle, dont le vote était ainsi dirigé. La littérature antique apporte la confirmation de ces pratiques : ainsi Plutarque, dans la Vie d'Aristide rapporte comment un paysan illettré demande à Aristide d'écrire pour lui son nom sur le tesson. Dans le même passage, l'auteur explique comment Hyperbolos fut ostracisé en 417 grâce à une entente entre Nicias et Alcibiade, qui devaient être les protagonistes de l'ostracophorie cette année là.

Le premier homme ostracisé fut un certain Hipparque (487), suivi en 486 par Mégaclès de la famille des Alcméonides. Parmi d'autres hommes connus pour avoir été ostracisés, on compte Xanthippe, Aristide le Juste, Thémistocle, Cimon et Thucydide. Hyperbolos est la dernière victime connue (v.417).

La disparition de l'ostracisme s'explique par la possibilité d'utiliser d'autres méthodes, moins lourdes (sans nécessité de quorum), pour écarter des adversaires politiques : l'eisangélia, la procédure de mise en accusation d'un magistrat devant l'assemblée, est la plus importante d'entre elles.

L'ostracisme a existé dans quelques autres États grecs, peu nombreux. À Syracuse, l'institution s'appelait « pétalisme », car on écrivait les noms sur des feuilles d'olivier (πέταλον [petalon]).

Bibliographie

  • M. Lang, Ostraka, The Athenian agora, vol. 25, Princeton, American school of classical studies in America, 1990.

De nos jours

Dans le langage contemporain, l'ostracisme est l'attitude d'une personne ou d'une collectivité qui rejette ceux qui lui déplaisent ou ne lui conviennent pas. C'est une forme mineure de xénophobie.

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