Ordre militaire
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Les ordres militaires sont des organisations religieuses chrétiennes à rôle guerrier apparues au moyen-âge dans le contexte des guerres de croisade.
La caractéristique des ordres militaires est la fusion du mode de vie des communautés d'ecclésiastiques, moines ou chanoines, avec une action guerrière. Les membres de ces ordres sont donc des combattants, souvent des milites des combattants à cheval, des « chevaliers », mais qui obéissent à des règles de vie en communauté qui sont celles de religieux. Ces règles sont souvent calquées sur celles d'ordres monastiques, comme la règle cistercienne adoptée par les ordres hispaniques, ou canoniaux, comme la rèle de saint Augustin. Toutefois, comme il existe dans les monastères des frères dont le rôle n'est pas de prier mais de subvenir aux besoins de la communauté, il existe dans les ordres militaires des frères servants qui n'ont pas de rôle combattant. Également les ordres militaires ont besoin de prêtres pour célébrer l'office divin. Ce sont néanmoins les combattants qui occupent tous les postes de direction. En effet les ordres militaires sont tous extrêmement hiérarchisés. À la tête s'en trouve souvent un maître ou grand-maître, ne répondant qu'au pape. On trouve parfois des nonnes associées aux ordres.
On peut répertorier les ordres selon leur origine. Certains sont apparus avec dès l'origine les caractéristiques des ordres militaires, comme les Templiers vers 1118. D'autres sont l'évolution d'ordres hospitaliers, c'est-à-dire de communautés ecclésiastiques dont le rôle primordial est l'assistance aux malades. Parmi ceux-ci, l' ordre de l'Hôpital de Saint-Jean est évidemment le plus important. L'aire géographique d'action des ordres militaires est triple : la Terre Sainte, pour le Temple, l'Hôpital, Saint-Lazare, la péninsule ibérique pour Calatrava, Avis ou Santiago et enfin la Prusse pour les Teutoniques ou Dobrin.
Pour soutenir leur action guerrière dans ces contrées souvent inhospitalières, les ordres bénéficient de l'apport financier d'un réseau de possessions en Occident. Possession dans lesquelles ils ont souvent été le vecteur d'innovations techniques, notamment pour le système de gestion financière des Templiers. La question de l'origine de ces ordres a fait couler beaucoup d'encre : Joseph von Hammer compara dès 1818 les ordres militaires chrétiens (en particulier les Templiers) avec certains modèles islamiques tels que les Assassins chiites. En 1820, Jose Antonio Conde suggéra qu'ils étaient créés sur le modèle du ribat, une institution religieuse fortifiée qui combinait mode de vie religieux et combat contre les ennemis de l'Islam. Néanmoins, d'aucuns ont critiqué ces opinions, arguant du fait qu'aucun ribat ne soit apparu en Palestine avant la fondation des ordres militaires. L'étude en a souvent été brouillée par le halo légendaire qui entoure les Templiers depuis leur disparition au début du XIVe siècle.
Dans l'histoire des ordres militaires, on distingue une cassure très nette : le moment où il ne sont plus en mesure d'accomplir leur rôle principal. En 1291 avec la chute de Saint-Jean d'Acre, les ordres de Terre Sainte entament un reflux vers l'Occident. Les Templiers paie le prix de ce repli sur leurs possessions en 1312 où ils sont supprimés par le pape. L'Hôpital s'enrichit alors des dépouilles du Temple et continue sa mission guerrière à Chypre puis Rhodes. Pour les ordres prussiens et ibériques c'est le XIVe siècle qui voit la fin de la particularité des ordres militaires et leur stabillisation en puissances foncières. Au cours de l'époque moderne, la plupart des ordres disparaissent ou perdent leur caractéristique. Seul survit de nos jours l'ordre de l'Hôpital ou de Malte, qui est revenu à son premier rôle d'ordre hospitalier sans toutefois abandonner son titre d'ordre militaire.
Du XIXe siècle à nos jours, de nombreux ordres autoproclamés ou faux ont fait leur apparition. Les faux ordres prétendent descendre d'une ordre ancien soit frauduleusement, soit de manière invérifiable. Les ordres autoproclamés, quant à eux, n'ont pas été établis par un chef d'État légitime dans l'exercice de ses fonctions. Si tous les faux ordres sont autoproclamés, tous les ordres autoproclamés ne peuvent être considérés comme faux. La plupart sont de simples tentatives d'escroquerie, cherchant à bénéficier du prestige qui entoure depuis le moyen-âge ces institutions toutes particulières.



