Opération Condor

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L'Opération Condor (en espagnol : Operación Cóndor) était le nom donné à une campagne d'assassinats et de contre-terrorisme conduite conjointement par les services secrets du Chili, de l'Argentine, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay au milieu des années 1970. Les gouvernements millitaires de droite dure de ces pays, menés par les dictateurs Pinochet, Stroessner, Videla, Bordaberry, Banzer et Figueiredo, ont envoyé des agents secrets dans divers pays comme la France, le Portugal, les États-Unis pour localiser, observer et assassiner les adversaires politiques. Ils ont également échangé des techniques de torture, comme par exemple le fait de noyer jusqu'à séquelle leurs victimes ou de transmettre des enregistrements sonores des victimes qui étaient torturées à leur famille. Beaucoup de personnes ont disparu ou ont été tuées sans preuves. Leurs cibles étaient les « guerrilleros terroristes gauchistes » (Tupamaros en Uruguay, Mouvement de gauche révolutionnaire (MIR) au Chili, Montoneros en Argentine...) mais beaucoup n'ont été que de simples adversaires politiques, leur familles ou des personnes innocentes de tout.

Sommaire

Chronologie

Au tout début des années 1970, la Bolivie, Le Chili, l'Uruguay, et l'Argentine deviennent des dictatures militaires , alors que le Brésil et le Paraguay subissent déjà des régimes autoritaires depuis des années.

À la même époque les théories marxistes reçoivent un écho de plus en plus favorable dans le sous continent. La junte de coordination révolutionnaire (JCR), une coalition de plusieurs mouvements d'opposition d'extrême gauche des différents pays de la région, apparaît notamment en mesure de déstabiliser les régimes en place.

Le plan a d'abord concerné le Chili, l'Argentine, l'Uruguay, le Paragay, la Bolivie, et le Brésil. La première grande opération à lieu le 16 mai 1975 avec l'arrestation au Paraguay de deux membres de la Junte de coordination révolutionnaire : Amilcar Santucho et Jorge Fuentes. Durant l'été, 119 militants chiliens du MIR sont tués par un escadron de la mort : l'« alliance anticommuniste argentine ». La presse de l'époque présente le massacre comme un affrontement entre des factions d'extrême gauche, en réalité les exécutions étaient planifiées depuis le mois de mai sous le nom d'« opération Colombo ».

Le 25 novembre 1975, une réunion des responsable de la police secrète des différents pays, officialise le Plan Condor.

L'ancien sénateur Zelmar Michellini et l'ancien président de la chambre des députés d'Urugay Hector Jose Gutierrez sont retrouvés morts le 22 mai 1976 à Buenos Aires, le corps de l'ex-président de la Bolivie Juan José Torres est retrouvé quatre jours plus tard dans les environs. Le 21 septembre 1976 Orlando Letelier, ancien ministre de Salvador Allende est assassiné à Washington lors d'un attentat à la bombe commis par Michael Townley. En décembre 1976, c'est l'abandon des mission d'assassinat à l'extérieur du sous continent, dites également de « phase trois ».

En 1978, l'Equateur et le Pérou se joignent à la coalition. En juin 1980 à lieu la dernière opération connue du plan Condor avec l'arrestation de militants Montoneros au Pérou.

Pratiques

Le plan Condor a été une étape très importante dans l'évolution des méthodes de répression et de lutte anti-subversion. L'un des aspects les plus novateurs est le strict contrôle de la communication : la répression s'est organisée dans la discrétion la plus absolue, le minimum d'informations devait filtrer des camps de rétentions ou des lieux de tortures, les victimes étaient le plus souvent achevées et leurs dépouilles étaient éliminées secrètement par exemple en les jetant à la mer ou en les brûlant. On parle de « desaparicion forzada » (disparition forcée).

Un autre aspect important est la coopération régionale entre plusieurs états, et la mise en place d'action extérieurs jusqu'en Europe. On peut également citer une lutte active contre le Mossad pour l'empêcher de capturer les Nazis en fuite en Amérique du Sud.

Environ 500 enfants, généralement nés en captivité ont été enlevés à leurs parents pour être confiés à des couples stériles, potiliquement proches du pouvoir.

Influences extérieures

États-Unis

Il a été allégué que l'Opération Condor a été au minimum approuvé tacitement par les États-Unis, en raison de leur crainte de révolution marxiste dans ces pays. Il s'avère que Henry Kissinger, secrétaire d'État dans l'administration Nixon a été étroitement impliqué diplomatiquement aux gouvernements de l'époque et a été informé de l'Opération Condor. Certains documents de la CIA prouvent que celle-ci a eu des contacts étroits avec des membres de la police secrète chilienne, la DINA, et son chef Manuel Contreras. Certains ont considéré que la remise d'argent par la CIA à Contreras représentait une preuve de la participation des États-Unis à l'opération Condor ainsi que des opérations de répression millitaires au Chili. Les explications officielles de la CIA indiquent que ce paiement unique à Contreras était une erreur due à une incompréhension entre des agents de la CIA.

France

La France pourrait également avoir une responsabilité dans l'exportation des techniques de guerre subversive utilisées pendant la guerre d'Algérie. De nombreux anciens membres de l'OAS on trouvé refuge en Amérique latine. Comme l'a reconnu Pierre Messmer alors ministre des Armées, le gouvernement français a mis en place de 1959 à 1981 une mission militaire française permanente à Buenos Aires qui fournissait des conseillers aux troupes argentines. Des contacts ont également pu exister avec d'autre pays, ainsi le général Paul Aussaresses a été attaché militaire au Brésil en 1973.

Le 1er septembre 2003, le film Escadrons de la mort : l'école française de Marie Monique Robin est diffusé sur une chaîne de télévision française. Peu après des parlementaires de l'opposition présentent une proposition de résolution « tendant à la création d'une commission d'enquête sur le rôle de la France dans le soutien aux régimes militaires d'Amérique latine entre 1973 et 1984 ». La commission des affaires étrangères est chargée d'examiner la recevabilité de cette proposition. Elle rend un avis négatif dans le rapport N° 1295 du 24 décembre 2003, au motif que :

« (...) les allégations portées sur le rôle de la France en Amérique latine dans les années 1970 sont sans fondement sérieux. Elles reposent en effet largement sur des raccourcis discutables liés à la prétendue invention par l'armée française du concept de « guerre subversive ». Dans ces conditions, il ne semble pas opportun de créer une commission d'enquête sur le rôle que la France aurait joué dans la répression menée par les dictatures latino-américaines entre 1973 et 1984, qu'elle a toujours condamnées. »

Oppositions

L'URSS a inventé le mot de terrorisme d'État pour qualifier le plan.

En Argentine , le mouvement des mères de la place de Mai manifeste tous les jeudi à Buenos Aires depuis 1977 pour obtenir justice.

Excepté en Argentine et au Paraguay, lors du retour de ces pays à la démocratie, dans les années 1980 les anciens militaires ont fait voter des lois d'amnistie. L'amnistie d'Augusto Pinochet a été annulée le 2 décembre 2004 par la cour suprême du Chili, qui a finalement mis fin aux poursuites engagées le 15 septembre 2005.

Voir aussi

  • Dossier « opération condor » dans le Monde 2 n° 60



L'Opération Condor est également le nom d'une opération britannique menée dans le sud est de l'Afghanistan. cette opération a commencé le 17 mai 2002 lorsque des soldats australiens en patrouille ont été pris en embuscade. Les soldats anglais ont répliqué en détruisant les forces ennemies qui se sont exposées à ces représailles.

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