O. J. Simpson

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Orenthal James Simpson (né le 9 juillet 1947, plus connu sous les initiales O.J. (ce qui est une abréviation américaine commune pour "orange juice" (jus d'orange)) et surnommé The Juice, est un joueur professionnel de football américain et un acteur de cinéma. Simpson est cependant plus connu pour avoir été accusé d'avoir assassiné sa femme en 1994 et pour avoir été acquitté en 1995 à la suite d'un long procès très médiatisé.

Sommaire

Carrière sportive

Sa carrière universitaire de football américain s'est déroulée à l'University of Southern California (USC). Elle fut riche en succès et lui rapporta le trophée Heisman ainsi que le Maxwell award. Surnommé « The Juice » (le jus), il eut l'honneur d'être, en 1969, le numéro 1 de la sélection des joueurs universitaires, choisi par l'équipe professionnelle des Buffalo bills, qui avait fini l'année précédente avec un bilan record de 1 victoire, 12 défaites et 1 match nul, le pire résultat du football américain.

En 1973, Simpson a été le premier joueur à avoir couru plus de 2.000 yards (2.003 pour être précis, soit plus de 1831 m) dans une saison. Il fut élu MVP (Most Valuable Player, meilleur joueur de la ligue) cette année-là. Son record a depuis été battu sur une saison complète, mais il avait établi cette performance sur seulement 14 matchs.

Barry Sanders a couru 2.053 yard en 1997 dont 2.000 au cours de ses 14 denières sorties de la saison 1997. La moyenne de yards parcourus par match par Simpson est de 10 yards supérieure à celle de son plus proche compétiteur. « The Juice » courait derrière la désomais célèbre ligne offensive « Electric Company » (Compagnie électrique) et musclait la meilleure attaque de la ligue. Ses performances en 1973 lui ont valu la Hickok Belt (ceinture de Hickok) comme meilleur athlète professionnel de l'année. Au cours de sa carrière, Simpson a réalisé le record de courir plus de 200 yard (environ 183 m) en 6 matchs, dont 3 fois en 1973.

Carrière cinématographique

Après avoir pris sa retraite du football américain, O. J. a entamé une carrière cinématographique, participant à la mini-série télévisée Roots et à des films tels que Capricorn One ou Y a-t-il un flic pour sauver la reine? 1, 2, et 3. Son caractère proche du peuple et son charisme naturel lui avaient ouvert des portes. Il fut le porte-parole du loueur de voitures Hertz et est apparu dans des publicités pour les chaussures Dingo.

Mort de son ex-femme et procès

Le 12 juin 1994, son ex-femme Nicole Brown Simpson (à la demande de qui ils avaient divorcé en 1992 après qu'il ait abusé d'elle) et son ami Ronald Goldman ont été retrouvés morts à Los Angeles alors que l'enfant de O.J. Simpson dormait dans une chambre à l'étage. Des indices ont été trouvés sur les lieux du crime indiquant que Simpson pouvait être le meurtrier. Face à l'accusation de meurtre, ses avocats ont convaincu la police de Los Angeles de laisser Simpson se rendre à 11h le 17 juin, même si l'accusation de double meurtre ne le nécessitait pas et malgré la possible condamnation à mort pour pareil crime.

La poursuite

Plus d'un millier de journalistes ont attendu l'arrivée de Simpson dans les locaux de la police.

Robert Kardashian, un ami de Simpson, a lu une lettre écrite par Simpson aux médias rassemblés autour de sa maison. Dans la lettre, Simpson dit, "d'abord, vous devez comprendre que je n'ai eu rien à faire avec le meurtre de Nicole.... Ne vous sentez pas mal pour moi. J'ai eu une belle vie." Plusieurs journalistes ont pensé que ceci ressemblait à une lettre de suicide et se sont joints à la recherche de Simpson. À 18h45, un shérif a repéré la voiture d'O.J., une Ford Bronco 1993 blanche, sur l'autoroute 405 en direction du nord. Quand l'officier a approché la voiture, le chauffeur, un ami de Simpson, a hurlé que ce dernier avait un pistolet braqué sur sa tête. L'officier s'est alors retiré et une poursuite à haute vitesse a commencé.

Pendant un certain temps, un hélicoptère de la chaîne KCBS a eu la chance d'être le seul à filmer la chasse. Cependant, vers la fin de la course-poursuite, environ douze autres agences de presse suivaient la tentative d'échappée. Les spectateurs furent nombreux, et plusieurs encourageaient O.J. dans sa fuite.

Vers 20h00, la voiture d'O.J. s'arrête. Simpson, cependant, n'est pas sorti du véhicule pendant 45 minutes. La police avait des craintes croissantes sur l'éventualité d'un suicide. Quand il est enfin sorti de sa voiture, la police a trouvé à l'intérieur 8.000 dollars, des photos de ses enfants, une fausse moustache, un passeport et un magnum 357 chargé.

Photo publique

Après son arrestation, Simpson s'est retrouvé avec sa photo dans de nombreuses publications. En particulier, le magazine TIME a mis en couverture sa photo dans une version altérée où sa peau a été noircie et son numéro de prisonnier réduit dans l'image. Paru à côté d'une photo non-modifiée de Newsweek, les minorités ethniques ont crié au racisme. Matt Mahurin, l'illustrateur qui a modifié l'image, s'est justifié en disant qu'il avait fait ce changement pour des raisons "artistiques".

Procès criminel

Suivirent 133 jours de témoignage télévisé. Beaucoup de personnes qui étaient présentes au procès sont devenues des célébrités grace à cette exposition.


L'équipe prosecutorial menée par Marcia Clark fît mention du fait que Simpson aurait tué son ex-épouse dans un accès de jalousie. Les avocats ont ouvert le procès en jouant l'appel de Nicole au 9-1-1 dans lequel Brown proclame que Simpson était dans sa maison. Il y avait aussi des témoins experts sur des sujets s'étendant sur l'analyse de l'empreinte digitale d'ADN sur les chaussures de Simspon qui l'ont placé à la scène du crime.

Simpson avait embauché une équipe d’avocats de haut-vol particulièrement coûteuse, comprenant Johnnie Cochran qui émit l’argument que Simpson était la victime de fraude policière et de procédures désordonnées qui ont contaminé les preuves ADN. L’équipe assurant la défense de Simpson (qui fut baptisée la "Dream Team" par les reporteurs) a soutenu que le détective de la LAPD (Police de Los Angeles), Mark Fuhrman (qu’ils ont dépeint comme raciste) avait caché des preuves de la scène du crime. En tout, 150 témoins ont défilé durant le procès qui dura 8 mois.

Fuhrman nia être raciste ou avoir jamais utilisé le mot "nigger" (nègre) à l’encontre des personnes noires de peau. La défense se procura des bandes où Fuhrman utilisait le terme et ces "Fuhrman tapes" devinrent l’un des fondements qui jettèrent le doute sur la crédibilité de Fuhrman et allait amener à l'acquittement de Simpson. Fuhrman fut renvoyé, mais en appela au 5ème ammendement de la constitution. Il faut cependant reconnaître à Fuhrman un excellent passé dans la police et le fait que celui-ci était tenu en haute estime par ses collègues. Il eut même pour partenaire des Noirs qui parlèrent en bien de son dévouement et de son professionnalisme. Fuhrman écrivit plus tard un livre sur l’affaire intitulé Murder In Brentwood (Meurtre à Brentwood).

Le 15 juin 1995, lors du procès, le co-procureur Christopher Darden demanda à Simpson d’enfiler le gant en cuir qui avait été retrouvé sur la scène du crime. Celui-ci était trop étroit pour que Simpson put l’enfiler par dessus sa main déjà vêtue d’un gant en latex, ce qui inspira à Cochran la réplique suivante : "Si le gant ne lui va pas, acquittez mon client !". Les procureurs émirent l’hypothèse que le gant, imbibé de sang, avait du rétrécir en séchant, et que le sang d’O.J. Simpson trouvé sur les lieux du crime venaient de coupures faites au milieu du majeur de sa main gauche, que les policiers avaient constatées le 13 juin. Ils déclarèrent que Simpson avait du se les faire lorsqu’il attaqua Ronald Goldman. Cependant, aucune coupure n’avait pu être trouvée sur les gants et si du sang a bien été retrouvé sur le gant de la scène du crime, il n’y en avait pas sur celui retrouvé chez Simpson.

L’accusation était persuadée d’avoir présenté un dossier solide et attendait une condamnation. Les américains-africains sondés à travers le pays étaient majoritairement peu convaincus, ou avaient effectivement l’impression qu’il avait commis le crime, mais que le condamner serait approuver les maltraitances policières. Par contre les américains blancs, en réponse au même sondage, trouvaient la culpabilité de Simpson fermement établie. Les tensions raciales crûrent tout au long du procès et on commencait à s’inquiéter d’une nouvelle émeute, semblable à celle de 1992, au cas où Simpson serait reconnu coupable.

Le 3 octobre 1995 à 10 heures du matin, après 3 heures de délibération, et devant 100 millions de téléspectateurs d’après les estimations, le verdict de non-culpabilité fut annoncé. Le verdict sembla avoir choqué l’accusation ainsi qu’une grande partie des américains blancs (l’un des avocats de Simpson craignait qu’une délibération aussi rapide n’annonce la culpabilité). Au même moment, les américains africains dans tout le pays réagirent en ce qui pourrait être appelé une célébration cathartique, ce qui soulignait une division raciale bien réelle. Certains commentateurs conclurent que le verdict démontrait l’impact que pouvait avoir l’argent sur le système judiciaire. Dans les interviews des jurés données après le procès, plusieurs annoncèrent qu’ils pensaient que Simpson avait probablement commis l’assassinat, mais que l’accusation avait complètement bousillé l’affaire.

Le célèbre procureur Vincent Bugliosi (qui s’était chargé du procès Manson) semblait partager cet avis et écrivit un livre qui s’intitule : Outrage: The Five Reasons O. J. Simpson Got Away With Murder (Scandale ! Les cinq raisons pour lesquelles O.J. Simpson s’en est tiré après avoir commis un meurtre). Bugliosi s’y est montré très sévère envers Clark et Darden et pointa du doigt beaucoup des erreurs évidentes qu’ils avaient commises durant le procès. Il les a accusés, par exemple, de n’avoir pas montré le mot que Simpson avait écrit avant d’avoir essayé de s’enfuir, jugeant que celui-ci "puait" la culpabilité et que le jury aurait du avoir le droit de le voir. Il a aussi mis en évidence qu’un set d’habits de rechange, une grosse somme d’argent, ainsi qu’un passeport et un kit de déguisement avaient été trouvés dans la Bronco et que le jury n’en avait jamais été informé. Simpson avait également fait une déclaration particulièrement compromettante à la police quant à la coupure qu’il s’était faite au doigt la nuit des meurtres. Bugliosi réprimanda encore Clark et Darden pour ne pas avoir laissé le jury avoir connaissance de cette déclaration. Il ajouta que les procureurs auraient dû approfondir la question des sévices que O.J. Simpson faisait subir à sa femme. Il conclut enfin qu’on aurait dû expliquer au jury, principalement composé d’américains-africains, que Simpson n’avait que peu d’impact sur la communauté Noire et n’avait jamais rien fait pour venir en aide aux Noirs plus défavorisés que lui-même.

Beaucoup d’experts sur les questions juridiques pensent que la phase de sélection du jury a été le point crucial qui explique la suite des événements. Les différents sondages et études du moment indiquaient que l’opinion publique se divisait principalement au niveau de la race. Mais au lieu de faire le procès à Santa Moncia (Californie), principalement blanche, l’accusation avait préféré le faire à Los Angeles, point sur lequel Bugliosi insiste dans son livre. Pendant la phase de sélection des jurés, la défense s’est arrangée pour rendre très difficile à l’accusation d’affronter les jurés noirs, en invoquant le fait que le renvoi de juré pour raisons raciales est illégal. Selon les rapports des médias, la procureur Maria Clark avait jugé que les femmes, peu importe la race, risqueraient de prendre parti en raison de l’ambiance de violence domestique de l’affaire et de s’identifier à la victime. D’un autre côté, la défense opinia que les femmes avaient généralement plus tendance à acquitter, que les jurés ne répondaient pas vraiment aux critères de Clark, et que les femmes Noires ne seraient pas aussi sympatiques envers la victime. Au final, les deux camps s’accordèrent sur un nombre disproportionné de jurés femmes. D’un jury initialement composé de 40% de Blancs, 28% de Noirs, 17% d’hispaniques et 15% d’asiatiques, celui-ci s’est retrouvé constitué de 10 femmes et de 2 hommes, 8 Noirs, 2 hispaniques, 1 semi-natif-américain-semi-Blanc, et une Blanche.

Les sondages menés après le procès montrèrent que la division raciale a sans doute été surestimée. L’un des témoins du procès a été condamné pour parjure et si aucun autre ne l’a été, trois ou quatre autres témoins ont vu leur témoignage contredit par des bandes vidéo ou d’autres preuves.

Procès civil

Le 4 Février 1997, un jury civil de Santa Maria (Californie), estima Simpson être responsable de la mort de Ronald Goldman, de coups et blessures sur Ronald Goldman et Nicole Brown. L'avocat du plaignant, Fred Gordman (le père de Ronald Goldman), était Daniel Ptrocelli. Simpson fut condamné à payer 33,5 millions de dollars de dommages et interêts. Mais comme la loi californienne interdit d'utiliser les pensions comme punition, Simpson a pu garder son train de vie. Depuis ces procès, Simpson est considéré comme un paria dans l'industrie du spectacle et bien d'autres domaines et n'a donc pas pu poursuivre sa carrière d'acteur ou de footballeur. En 2000, O.J. regagna la charge de ses enfants à la suite de procès contre la famille Brown. Il a déménagé à Miami (Floride), avec ses enfants. En Floride, la résidence d'une personne ne peut être saisie pour payer des dettes dans bien des cas.

Autres litiges en relation

Les procès civils et criminels de O.J. Simpson ne furent pas les seules affaires importantes provoquées par les morts du 12 juin 1994 de Nicole Brown Simpson et de Ronald Goldman.

  • Gerald Chamales et sa femme Kathleen avaient acheté une maison à côté de celle d'O.J. 10 jours avant les meurtres pour lesquels il fut accusé. Le cirque médiatique et la horde de touristes curieux les ont tourmentés (ainsi que le reste du voisinage) pendant les 4 années qui suivirent. La bataille juridique qui en découla avec l'IRS (le fisc américain) atteint son point culminant lorsqu'il fut décidé qu'ils ne pouvaient appliquer la perte de la valeur de leur maison à une déduction de leur impot sur le revenu, car il ne s'agissait que d'un aléa temporaire.
  • L'invité de O.J. lors de la nuit des meurtres, Brian "Kato" Kalin, attaqua Globe Communications en justice pour 15 millions de dollars parce que celui-ci avait suggéré dans un de ses gros titres que Kaelin était le véritable meurtrier. Le tribunal d'instance accorda un jugement préliminaire en faveur du défenseur, mais à l'appel, Kaelin put convaincre la cour de la validité de son accusation de diffamation et l'affaire fut résolue pour une somme gardée secrète.
  • Un avocat de la propriété intellectuelle du New Hampshire, William B. Ritchie, mis en accusation la validité de la marque déposée O.J. car les noms immoraux, trompeurs ou scandaleux sont interdits par loi fédérale. Selon lui, le nom d'O.J. Simpson étant devenu synonyme d'immoralité et de scandale, il devennait donc inapte à être le nom d'une marque. O.J. a depuis abandonné ses marques déposées.

Filmographie

References

  • Bugliosi, Vincent. 1997. Outrage: 5 Reasons Why O.J. Simpson Got Away with Murder. Seattle: Island Books. ISBN 0-440-22382-2
  • Cotterill, Janet. 2002. Language and power in court, a linguistic analysis of the O. J. Simpson trial. Basingstoke: Palgrave. ISBN 0-333-96901-4
  • Felman, Shosana. 2002. The Juridical Unconscious: Trials and Traumas in the Twentieth Century. Cambridge, MA: Harvard University Press. ISBN 0-674-00931-2
  • Garner, Joe. 2002. Stay Tuned: Television's Unforgettable Moments. Kansas City: Andrews McMeel Publishing. ISBN 0-7407-2693-5
  • Hunt, Darnell M. 1999. O. J. Simpson facts and fictions. Cambridge: Cambridge University Press. ISBN 0-521-62456-8

Liens externes

Procès Civil

Voir aussi

Liens internes

Liens externes

(fr) O.J. Simpson, lors de son procès : analyse médiatique de l'affaire sur L'espace Citoyen

(fr) les faits résumés pour un exercice scolaire


(en)Le procès d'O J Simpson sur le site de la faculté de droit du Missouri

Bibliographie

(fr) Qui a peur de O.J. Simpson ? ou justice à l'américaine, Jacqueline Jospitre, Ste Ecrivains Associes, 2003, ISBN : 2748005481. (en) The Women of O.J Simpson, Linda Marx, William Morrow & Co, ISBN : 0688144969.

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