Objet volant non identifié

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Le mot ovni est l'acronyme de « Objet Volant Non Identifié ». Il désigne un phénomène aérien observé ou prétendument observé par un ou plusieurs témoins, ou recueilli par différents types de capteurs (caméra vidéo, appareil photo, radar…) qui n'arrivent pas à l'identifier. L'acronyme anglais UFO (unidentified flying object) fourni la racine de ufologues, les personnes qui étudient ces phénomènes. L'interprétation des ovnis ne fait pas l'objet d'un consensus.

Stricto sensu, un ovni est un phénomène atmosphérique non identifié, c'est-à-dire se produisant dans le ciel (ou éventuellement laissant une trace sur le sol) et dont l'observateur n'a pas pu déterminer l'origine ; lorsque le phénomène peut être identifié, on parle alors d'Ovi : Objet Volant Identifié. La problématique ne vient pas du phénomène lui-même mais de son interprétation, lorsque le mot « objet » est pris au sens matériel et que le phénomène est attribué à une origine extraterrestre.

Sommaire

Les différentes interprétations

  • le modèle sociopsychologique ou HSP. Les tenants de ce modèle considèrent que toutes les observations peuvent être ramenées à des phénomènes prosaïques (méprises, illusions, hallucinations, faux souvenirs). Il s'agit actuellement du modèle dominant en science, et ce depuis le rapport Condon.
  • l'hypothèse extraterrestre ou HET explique les visions d'Ovni par des visites extraterrestres de la Terre.1
  • l'hypothèse parapsychologique (voir parapsychologie). Les tenants de cette hypothèse considèrent que des entités vivraient dans la zone crépusculaire de la réalité, ou encore dans une réalité parallèle (comme la série télévisée classique de science-fiction The Twilight Zone - La Quatrième Dimension). De temps à autre, ces entités passeraient dans notre réalité, et seraient perçues par les humains réceptifs. Elles seraient perçues à travers le filtre de nos croyances et seraient vues comme des fées, des lutins, ou des démons.
  • l'hypothèse des « AVNI ». Les ovnis seraient en fait des avions militaires ultra-secrets mis au point par une puissance étrangère (c'est ce que pensait une partie des militaires américains en 1947 par exemple).
  • l'hypothèse des « intra-terrestres ». Les ovnis sont des véhicules utilisés par un peuple qui vivrait dans la terre creuse.
  • l'hypothèse du « système de contrôle ». Une intelligence supérieure influencerait ainsi l'inconscient collectif des êtres humains, dans des buts mystérieux - hypothèse chère à Jacques Vallée ou encore John Keel).
  • l'hypothèse démoniaque. C'est le diable qui se joue de nous (hypothèse défendue ces dernières années par l'ufologue Jean Sider par exemple).
  • l'hypothèse « fortéenne » (à la manière de Corliss). Des phénomènes naturels, atmosphériques, sismiques ou autres, encore inconnus, qui pourraient éventuellement interagir/interférer avec la conscience des témoins (la distinction avec l'hypothèse HSP réside dans le fait que pour les fortéen, il ne s'agit pas nécessairement de phénomènes connus et mal interprétés).

1. Il est important de noter que l'hypothèse extraterrestre recouvre une large variété d'interprétation dont le spectre s'étend de ceux qui considèrent plausible qu'une forme d'intelligence extra-terrestre ait pu se manifester lors de visites ponctuelles jusqu'aux défenseurs de la théorie du complot convaincus que les extra-terrestres sont présents depuis longtemps et ont établi des contacts avec les gouvernements qui mentent et cherchent à cacher la vérité au grand public. Il est donc important de ne pas assimiler tous ces courants d'interprétations sans nuances.

L'ufologie vise à étudier les ovnis.

Le phénomène ovni

Bien que des observations soient rapportées auparavant (vagues de 1897 aux USA, de 1909 en Angleterre par exemple), l'« ère moderne » du phénomène ovni commence en 1947 avec la vision de Kenneth Arnold, pilote privé, qui vit des objets en forme de boomerang le 24 juin. Il décrivit les objets comme « se déplaçant comme des soucoupes qui ricochaient sur l'eau ». Les journaux ne retinrent que le terme de soucoupe et rapidement, le terme utilisé pour décrire le mouvement devint aussi le terme pour décrire la forme de l'objet : « Soucoupes volantes » (flying saucers). Par la suite, les témoins ne virent plus des boomerangs comme ceux d'Arnold, mais bien des objets en forme de soucoupes.

Par la suite des dizaines de milliers d'observations se succédèrent au fil des années, avec des « pics » en certaines années (1952 dans l'Est des USA, automne 1954 en France, 1972-1974, 1989-1991 en Belgique par exemple).

Les enquêtes officielles

Les enquêtes américaines

Du 14 au 18 janvier 1953, suite à la vague d'observations d'ovnis sans précédent de l'été 52, un comité secret du nom de « panel Robertson », réunissant des experts scientifiques (dont son président H. P. Robertson), de l'US Air Force de la CIA, se tient à l'initiative de cette dernière pour discuter du problème des ovnis. Ils examinent 8 cas parmi les plus significatifs, qu'ils ne considèrent pas concluants ou manquant de données, et font des recommandations pour que les canaux de communications du pays ne puissent plus être engorgés par des masses de signalements d'ovnis.

La commission Condon a été créée aux États-Unis en 1966 pour enquêter sur les témoignages signalant des Ovni; elle réunissait un large panel de scientifiques de renom. Elle a trouvé une explication à plus de 90 % des cas qui lui furent soumis, en ne faisant appel qu'à des phénomènes connus. Le Rapport Condon conclut que les quelques cas restants ne résultent pas d'un phénomène mystérieux mais résultent simplement d'un manque d'investigation. Certains courants extrémistes de l'ufologie considèrent que le rapport Condon serait une tentative de manipulation de l'opinion publique par le gouvernement américain, comme pour le précédent de la commission Warren. Les tenants de l'Hypothèse extra-terrestre (ou HET) considèrent que le faible pourcentage de cas non expliqués du rapport va dans le sens de l'hypothèse extraterrestre.

Les enquêtes françaises

Notons par ailleurs que certains gouvernements s'intéressent au problème et répertorient les observations, réalisent des enquêtes, comme par exemple, en France, la constitution du Gepan (Groupement d'étude des phénomènes aérospatiaux non identifiés, 1977) remplacé par le Sepra (Service d'Expertise des Phénomènes de Rentrées Atmosphériques en 1988 devenu Service d'Expertise des Phénomènes Rares Aérospatiaux en 1999) au sein du Cnes (Centre national d'études spatiales). Le Sepra a été récemment dissout.

Le projet SETI

Depuis 1984, le programme Search for Extraterrestrial Intelligence (recherche d'intelligence extra-terrestre) analyse les ondes radio provenant de l'espace et tente d'identifier d'éventuels signes d'activité intelligente.

Notons qu'il ne s'agit pas d'une étude sur les ovnis (phénomène atmosphériques), mais d'une recherche d'indices sur une vie extraterrestre. Elle ne suppose en aucun cas que les être extra-terrestre se soient introduits dans l'atmosphère.

Explications sceptiques

Tous les phénomènes de type ovni ne sont pas expliqués par la science. Même si la très grande majorité des observations finissent par trouver une explication, il en subsiste un certain nombre qui restent mystérieuses. On met alors en avant l'absence d'indices suffisants, à des phénomènes physiques encore mal connus, ou à des visiteurs extraterrestres.

Un point essentiel du débat entre les ufologues et les sceptiques est l'existence de preuves. Une preuve de visites extraterrestres de la Terre serait soit du matériel biologique extraterrestre examinable par l'ensemble de la communauté scientifique (un extraterrestre vivant et en état de communiquer serait parfait), soit un vaisseau spatial extraterrestre (voire même en état de fonctionner). Les rares « débris » de crash présentés ont été largement remis en cause par la communauté scientifique, comme celui du crash d'Ubatuba en 1957). Les témoignages ne sont pas considérés comme des preuves (le témoignage humain étant remis en cause), et les photos peuvent être aisément truquées.

La question de la preuve s'aborde donc plus :

  • pour un cas : comme un ensemble d'éléments probants (témoins indépendants, enregistrements radar et/ou photographique, traces laissées dans l'environnement) reliés les uns aux autres par des liens vérifiés ;
  • pour le phénomène dans sa globalité : des études statistiques mettant en évidence un phénomène aux caractéristiques différentes des phénomènes naturels, avions, mirages, etc. Les études statistiques du GEPAN par exemple, sous les direction de Claude Poher ou Alain Esterle offrent à cet égard des résultats relatifs à la spécificité des observations d'ovnis en terme de durée d'observation ou le rapport étrangeté/nombre de témoins.

Détection par des satellites

Alors que les ufologues affirment souvent qu'il s'agit d'engins (généralement extra-terrestres), les sceptiques affirment que ceux qui profitent financièrement des retombées, après avoir publié des ouvrages à sensation, ne passent jamais commande auprès de la firme Spot, ou toute autre firme commerciale exploitant les photos satellite, d'une seule photo qui prouverait leurs dires. Les sceptiques qualifient cela de charlatanisme.

Au contraire, les partisans de la théorie du complot affirment que les images contenant des ovnis ne sont pas montrées ou que les ovnis seraient capables d'échapper à une telle détection (furtivité visuelle), ayant une technologie supérieure à la notre. De plus, les satellites d'observation ne prenant des photos à résolution élevée d'une zone donnée qu'à des intervalles assez espacés (une fois par jour pour les images Spot), ce qui diminue très fortement la chance d'observer un ovni à ce moment précis.

Détection par des télescopes

Si quelques astronomes ont vu des ovnis qu'ils n'ont pu expliquer (Lincoln La Paz en 1947, Clyde Tombaugh ou Donald Menzel en 1949, Seymour Hess en 1950) ce ne fut généralement pas derrière un télescope, mais comme la plupart des autres témoins, à l'œil nu, ou aux jumelles. D'autre part, la quasi-totalité des astronomes, bien que regardant le ciel fréquemment, déclare n'avoir vu aucun ovni qu'il n'aient pu expliquer a posteriori. En fait ils ne sont pas les témoins les plus propices à de telles observations, leurs observations ne représentant qu'environ 1,5 % de la couverture du ciel (en considérant un cône de 30° centré sur le zénith) (Voir l'étude de Thornton Page, Photographic sky coverage for the detection of UFOs, publiée dans Science 160 (1968): 1258, AAAS)

Fiabilité du témoignage humain

L'utilisation du vocable « objet volant non identifié », au lieu du vocable plus neutre de « phénomène non identifié », renforce l'idée de matérialité et d'objet alors qu'il existe aussi des cas non matériels.

La problématique Ovni est intimement liée à celle de témoignage. La vision humaine, de par la faible distance entre les deux yeux, a une parallaxe faible et donc ne peut estimer correctement la profondeur de champs (et les distances) que dans un environnement immédiat. En effet, l'Homme est issu du monde animal, et l'estimation des distances lui a toujours été utile, notamment « pour la chasse », et pour la lutte avec des prédateurs. Ainsi, il a été démontré que des témoins peuvent confondre des étoiles (ou la lune, un nuage, etc.) avec des vaisseaux spatiaux extraterrestres. On nomme dans le modèle sociopsychologique ce type d'illusions (par opposition à des hallucinations sans stimulus) des méprises complexes.

Une rentrée dans l'atmosphère de débris de la fusée russe Proton, où ceux-ci évoluèrent à très haute altitude et furent distants de quelques dizaines de kilomètres, fut interprété par des témoins au sol comme un gigantesque engin de quelques centaines de mètres de long évoluant à quelques centaines de mètres d'altitude.

Non seulement la distance pose des problèmes, mais aussi, lié à cette dernière, l'estimation que fait le témoin de la taille d'un éventuel objet. D'autre part, plusieurs objets évoluant de concert (c'est le cas pour une rentrée dans l'atmosphère de débris de satellite) peuvent être interprétés comme étant un seul objet.

Interaction entre enquêteur et témoin

Certains enquêteurs influencent (par exemple de façon involontaire) le témoin en vue de l'interpréter. Il suffit que l'enquêteur pose des questions « guidantes » qui vont transformer lentement mais sûrement le témoignage du sujet, généralement vers une plus grande étrangeté. Ce phénomène de distorsion du témoignage est bien connu des psychologues et à été abondamment documenté expérimentalement, comme par exemple par Elisabeth Loftus. Cette influence de l'enquêteur sur le témoin est le plus souvent inconsciente, mais peut augmenter de façon non négligeable le degré d'étrangeté d'un cas. Ainsi la question « Dans quelle direction s'est déplacé l'objet » va renforcer chez le témoin l'idée de matérialité alors que rien ne présageait une telle chose.

Une pratique, lors de nombreuses « enquêtes », consiste à interroger les témoins ensemble et en même temps : le témoignage d'une personne va influencer le groupe dans lequel le témoignage est reçu. Les enquêtes policières prennent par exemple soin de ne pas procéder ainsi.

Subjectivité du témoignage

Très souvent il arrive au témoin de donner plus de poids à ce qu'il a vu, ou cru voir, en amplifiant certaines parties de son récit.

Une étude réalisée Paolo Toselli (1983) illustre bien ce type de déformations. Les sujets observent un ballon sonde, sans savoir ce que l'objet est réellement. Un des témoins interrogés par Toselli le décrit comme « un avion postal », un autre y voit une antenne (alors que le ballon sonde n'a pas d'antenne), un troisième dit qu'il « bouge par sursauts, dans toutes les directions » (alors que le ciel est parfaitement serein), un quatrième dit que l'objet est « verdâtre » et qu'il « change vivement de couleurs », etc. Cette expérience tend à montrer que l'interprétation peut aisément s'écarter de l'objet réellement perçu, ce qui a été démontré expérimentalement en psychologie (par exemple par les recherches d'Elisabeth Loftus).

Les contagions sociologiques

Dans les années 1970 en Belgique, quelques étudiants envoyèrent au journal local de la ville de Beert une photo sensationnelle représentant un Ovni. Après parution, des dizaines de personnes se manifestèrent à la rédaction du journal pour apporter leur témoignage et dire qu'eux aussi avaient vu l'engin et le décrivirent de manière identique à celle présente sur la photo. Après quelques jours, les étudiants révélèrent qu'il s'agissait d'un canular.

Ce cas tend à montrer qu'un faux cas (ici un canular) génère des témoignages fantaisistes qui résultent de cette « psychose de vouloir voir le quelque chose dont on parle ». Et de la même manière, lorsqu'un quidam ameute la presse et parle de « choses étranges » alors qu'il s'agit d'une simple rentrée dans l'atmosphère de satellite, des dizaines d'autres personnes croiront avoir aperçu l'« engin » et renforceront cette contagion sociologique naissante.

Méprises astronomiques et météorologiques

Dans certaines conditions particulières, il arrive que le scintillement d'une étoile prenne des proportions extraordinaires : on décrit ainsi des « étoiles qui dansent ». Les perturbations des hautes couches de l'atmosphère sont responsables de ces phénomènes. Bien connues des astronomes, ces perturbations sont ignorées du grand public, générant ainsi une frousse telle que l'imagination peut s'enclencher. L'approche scientifique a d'ailleurs permis d'élucider de nombreux témoignages. On parle alors d'objet volant identifié, ou Ovi. On a pu par exemple montrer que dans de nombreux témoignages de bonne foi, notamment à partir des directions et des heures indiquées, l'objet en question était la Lune. Les confusions diverses et variées (ballon d'enfant métallisé, sonde météorologique, etc.) sont légion.

Souvenirs et utilisation de l'hypnose

Un autre cas célèbre est celui de Betty et Barney Hill. Le souvenir de l'enlèvement a été récupéré sous hypnose régressive. Or, selon des études psychologiques, cette technique engendrait des faux souvenirs (ou syndrome des faux souvenirs). En fait, l'existence même de souvenirs refoulés est remis en question par les psychologues. En effet, lorsque quelqu'un est traumatisé, son problème (lors d'un Post Traumatic Stress Disorder ou PTSD) est plutôt qu'il ne peut pas s'arrêter de se rappeler l'évènement traumatique. Les personnes ayant subi un viol, ayant été en camp de concentration, ou ayant participé à la guerre du Vietnam, s'en souviennent trop bien, d'où leur souffrance psychologique. À l'heure actuelle, il n'est pas sûr que certains traumatismes soient refoulés en dehors du champ de la conscience, comme l'affirment les psychanalystes. S'il n'est pas certain que les souvenirs traumatiques refoulés existent, il est encore plus douteux que l'hypnose régressive permette de les faire ressurgir en mémoire.

Voir aussi

Liens Wiki

Liens externes

Bibliographie

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  • Velasco, J-J. ex-directeur du SEPRA au CNES (2004). Ovnis l'évidence. Carnot. NB : Le SEPRA a été « réformé » peu après la publication de cet ouvrage.


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