Nouveau parti national

Un article de Freepedia.

Le Nouveau parti national (New National Party - NNP) est un parti conservateur d'Afrique du Sud. Il a succédé au Parti national en 1998, s'est allié avec le Parti Démocratique en 2000 avant de fusionner dans l'ANC en 2005.


Sommaire

La révolution multiraciale du Parti National (1998)

En 1998, le Parti national (NP) qui avait exercé le pouvoir entre 1948 et 1994, adopte un nouveau nom en se rebaptisant Nouveau parti national pour marquer sa transformation en parti multiracial et sa rupture avec l'idéologie d'apartheid.

Après avoir pendant 80 ans représenté les aspirations du peuple afrikaner, le NNP se veut dorénavant un parti modéré représentant toutes les communautés d'Afrique du sud.

Cette transformation sémantique a lieu après que Marthinus Van Schalkwyk ait succédé à l'ancien président sud-africain Frederik De Klerk à la tête du parti en septembre 1997.

Le NNP ne dirige alors que le gouvernement du Cap-Occidental dont le premier ministre est Gerald Morkell, un métis, et espère consolider sa base électorale.

Le désastre des élections générales de 1999

Les élections générales de 1999 sont au contraire un désastre pour le NNP qui ne récolte plus que 6,9 % des voix (contre 20,4 % du NP en 1994) et voit son ancien rival libéral du Parti démocratique (DP), droitisé, le remplacer comme opposition officielle au parlement.

Ultime humiliation, le NNP doit s'allier au DP pour conserver la province du Cap-Occidental. Il apparait dès lors que le NNP n'est plus l'expression politique des Afrikaners ou des blancs mais celui des métis.

L'Alliance avec le Parti Démocratique (2000-2001)

En 2000, le NNP doit lutter pour sa survie politique coincée entre son héritage raciste et ses aspirations politiques modérées. Les désertions se multiplient à commencer par Roelof "Pik" Botha, l'ancien ministre des affaires étrangères de John Vorster, Pieter Botha et Frederik De Klerk, qui annonce son ralliement spectaculaire à l'ANC. Le NNP est alors obligé de s'entendre avec le DP et quelques autres petits partis avec lesquels ils forment l'Alliance Démocratique (DA) en vue des municipales de décembre.

Cette coalition emporte un notable succès dans la majorité des municipalités de la province du Cap-occidental commme Cape-Town ou Stellenbosh et dans quelques municipalités du Cap-nord, manquant de peu la victoire à Kimberley. Le NNP et la DA décident alors de fusionner dans l'Alliance démocratique (DA), nouveau parti politique à part entière. Tony Leon, le leader du DP en devient le président et Marthinus Van Schalkwyk, le vice-président.

Cependant, en cours d'année, des tensions vont naitre et s'accroitre entre Van Schalkwyk et Leon. Alors que Van Schalkwyk souhaite une gestion plus consensuelle des dossiers avec l'ANC au pouvoir, Leon est partisan de l'opposition frontale. La crise va atteindre son paroxysme à cause du maire DA ex-NNP du Cap, Peter Marais. Celui-ci est impliqué dans plusieurs affaires judicaires et Leon souhaite sa démission mais Marais est soutenu par Van Schalkwyk.

Un nouveau partenariat avec l'ANC (2001-2004)

A l'automne 2001, Marthinus Van Schalkwyk annonce brutalement le retrait du NNP de la DA pour former un nouveau partenariat avec l'ANC, boulerversant l'échiquier politique sud-africain et les équilibres politiques.

En décembre 2001, un jeu de chaises musicales fait perdre la majorité à la DA dans la province du Cap-Occidental au profit de l'alliance ANC-NNP. Gerald Morkell, demeuré fidèle à la DA, doit abandonner la présidence qui est reprise par Peter Marais. Morkell récupère le poste de maire du Cap qu'il doit lacher quelques mois plus tard à la suite de la défection de plusieurs conseillers municipaux NNP, restés fidèle à leur parti d'origine.

La défection du NNP fait perdre plusieurs mairies à la DA. LE NNP qui a récupéré 54 % de ses élus parvient à se maintenir à la direction de quelques municipalités comme celle D'Oudtshoorn grâce à son alliance avec l'ANC.

Rattrappé par les affaires judiciaires en cours, Peter Marais laisse la présidence du Cap-Occidental à Marthinus Van Schalkwyk au mois de juin 2002.

En avril 2004, aux élections générales, les électeurs blancs sanctionnent la nouvelle direction politique du NNP qui ne garde le soutien que de la majorité des métis. Alors que le NNP n'atteint péniblement que 1,9 % des suffrages, son partenariat suicidaire avec l'ANC donne à ce dernier le contrôle des 2 dernières provinces qui lui échappaient. Marthinus Van Schalkwyk abandonne la présidence du Cap-Occidental désormais tenu par un membre de l'ANC et est nommé ministre de l'Environnement et du Tourisme dans le 2nd gouvernement de Thabo Mbeki.

Le ralliement à l'ANC et la dissolution du NNP (2004-2005)

Le 7 aout 2004, Van Schalkwyk franchit le Rubicon et annonce son ralliement à l'ANC et la dissolution pour septembre 2005 du NNP dans l'ANC. Il est alors dénoncé vigoureusement par son ancien mentor Frederik De Klerk, qui ne lui avait jamais ménagé son soutien et qui est désormais sans affiliation partisane.

Le 9 avril 2005, le Conseil fédéral du NNP décida formellement de dissoudre la formation politique par 88 voix contre 2, et 3 abstentions.

La plupart des membres du NNP devraient regagner les rangs du de l'ANC alors que Marthinus van Schalkwyk saluait l'entrée du pays dans « une nouvelle ère » et présentait ses excuses pour l'ancien « système basé sur l'injustice » à l'encontre de la majorité noire.

Après 91 années d'existence et 46 ans de pouvoir absolu, l'avorton du Parti national d'Afrique du Sud disparait de la scène politique sud-africaine laissant les Afrikaners dubitatifs sur leur avenir politique, écartelés entre le ralliemment à l'ANC, l'alliance avec les anglophones conservateurs de la DA, ou l'aventure des radicaux du Volkstaat.


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