Noblesse

Un article de Freepedia.

La noblesse est une classe sociale basée sur l'hérédité, dont les membres ont montré leur valeur, ou sont censés avoir hérité leur valeur de leurs ancêtres.

Sommaire

Origines de la noblesse

La noblesse de l'Ancien Régime est issue de plusieurs traditions.

Les sociétés indo-européennes vivent sur la division tripartite de la société, entre une fonction sacerdotale, une fonction guerrière, et une fonction de production. L'Église s'est fait la promotrice de cette organisation trifonctionnelle de la société, entre ceux qui prient, ceux qui combattent et ceux qui travaillent.

La Nobilitas romaine

En latin nobilis signifie « connu », « célèbre » ; le concept de nobilitas s’applique en premier à des familles connues par leur ancienneté.

Les Romains, bien qu’organisés en République, reconnaissaient une nobilitas, mais l’appartenance à cette nobilitas n’entrainaît pas de privilèges spécifiques. Les nobles (nobiles) ne formaient donc pas un corps spécifique dans la société romaine. Pour être noble il fallait descendre d’une gens patricienne ou d’un consul. De manière intéressante, le non-noble accèdant au consulat n’était pas considéré comme nobilis, mais comme novus "homme nouveau" ; sa novitas s’opposant à la nobilitas de ses descendants. La 'nobilitas, considéré en tant que groupe, était évidemment pour sa majorité partie de l’ordre équestre, c’est à dire des citoyens romains possèdant la fortune nécessaure pour faire leur service militaire comme equites, cavaliers. L’appartenance à l’ordre équestre ouvrait les portes du cursus honorum, qui permettait la carrière sénatoriale. Il était donc indispensable pour un novus souhaitant accèder à la nobilitas de faire partie de l’ordre équestre, mais on pouvait être nobilis sans l’être. Un certain nombre de familles patriciennes appauvries se réclamaient donc de la nobilitas quand bien même aucun de leurs représentants n’avaient éxercé le consulat. Le marqueur principal de cette nobilitas romaine par rapport à l’aristocratie équestre et sénatoriale, c’est qu’elle ne peut que s’hériter et pas s’acquérir.

Sous le Haut Empire, ce schéma fut conservé, mais on assista à une séparation plus nette entre l’ordre équestre et les familles sénatoriales, avec l’apparition d’un cens sénatorial, nécessaire pour l’entrée dans le cursus honorum, et supérieur au cens équestre. La nobilitas restait toujours restreinte aux descendants patriciens et consulaires. Néanmoins l’apparition du consulat suffect décuple les effectifs des consulaires et permet l’intégration d’un plus grand nombre de familles à la nobilitas. D'autres charges furent d’ailleurs considérées comme source de nobilitas, comme la préfecture du prétoire, réservée à un chevalier, donc quelqu’un qui n’a pas suivi le cursus honorum. Cette intégration est désormais le fait de l’empereur, qui nomme aux magistratures et permet donc d’accèder au consulat. Ce n’est qu’avec le règne de Constantin que l’on voit la nobilitas changer de sens. L’empereur institue en effet un ordre sénatorial composé des sénateurs et de leurs descendants sur trois générations. Cet ordre sénatorial est assimilé à la nobilitas. La marginalisation du consulat suffect a en effet restreint l’accès à la nobilitas, ce que Constantin cherche peut-être à compenser par l’assimilation de l’ordre sénatorial à la nobilitas. Il devient donc possible d’acquérir cette dernière à l’entrée au Sénat. Néanmoins la notion ancienne d’une nobilitas due à la naissance seule est encore vivace. Les deux conceptions de la nobilitas, fonction sénatoriale et origine consulaire, se combattent jusqu'à la fin de l’Empire.

Beaucoup de valeurs qui n’étaient pas spécifiques à la nobilitas sinon au groupe sénatorial, tel le refus du commerce réservé à l’ordre équestre, furent intégrées par la suite dans les comportements nobiliaires occidentaux. Il est possible d’y voir l’origine du concept de dérogeance.

Les peuples barbares, ainsi que nombre de populations indigènes aux provinces de l’empire connaissaient une forme de noblesse, mais cette noblesse ne semble pas défini par des critères aussi stricts que ceux de la nobilitas romaine. De plus l’ambiguïté du mot nobilis qui désigne aussi bien le "noble" que l’ "illustre" empêche bien souvent de savoir si l’on a affaire à un noble ou à une personne illustre. Bien souvent ceux qui sont appelés "nobles" dans un contexte local ne le sont pas à Rome, qui réserve l’épithète de nobilis à sa propre nobilitas considérée comme supérieure à toute autre. L'empereur Claude Ier, par son discours des Tables de Lyon ouvrit aux nobles gaulois l'accès au Sénat. Isidore de Séville, lui-même membre de la noblesse hispano-romaine, définit ainsi le noble dans ses Étymologies : « Est noble celui dont le nom et la famille sont connus ». Mais les nobles gallo-romains seront surtout des grands propriétaires de villa, des domini. Il est frappant de constater que dans un contexte provincial, comme l’aristocratie bordelaise décrite par Ausone, le nobilis est souvent celui qui appartient aux familles sénatoriales. Il y a donc dans les provinces une acception de la nobilitas plus large qu’à Rome même. Parmi ces aristocrates gallo-romains certains sont devenus célèbres tels que Sidoine Apollinaire ou Venance Fortunat, qui très souvent accaparent les sièges épiscopaux.

Lorsque les peuplades germaniques établirent leurs royaumes dans l'Empire romain, leur noblesse finit par s'associer aux lignages nobles gallo-romains. Pareillement les chefs de clans bretons (les machtiern) et les tenants-en-chefs scandinaves de Normandie s'allieront aux lignages locaux.

Évolution de la noblesse

L'époque franque emploie les termes de nobiles viri ou illustri viri (« hommes illustres »), qui prouvent que l'héritage romain a été intégré, mais aussi des termes tels que proceres (« les grands »).

Initialement les nobles francs sont détenteurs de charges amovibles au bon vouloir des souverains, comparables à des hauts fonctionnaires. Cependant à partir de 877, par le capitulaire de Quierzy-sur-Oise, l'hérédité des domaines (les « honneurs ») et des charges se met en place, donnant naissance progressivement à la féodalité. Le pouvoir se désagrégeant la noblesse fini par s'identifier au seigneur local, le miles.

La noblesse connait au Moyen Âge un renouvellement incessant du fait des guerres. En Bretagne, des 34 familles ayant participée à la bataille de Bouvines (1214) seules 4 à 5 existent encore à la seconde moitié du XVIIe siècle.

Les guerres flamandes de Philippe le Bel à la fin du XVIIIe siècle porteront un premier ombrage à la fonction militaire de cette noblesse par ses défaites contre les troupes communales flamandes, telles que la bataille de Courtrai dite « Bataille des Éperons d'or » (11 juillet 1302) où par dérision les flamands exhibèrent comme trophées les éperons des chevaliers français abattus.

Au XIVe siècle, la noblesse française est gravement entamée par d'importantes défaites militaires (Poitiers, Azincourt) et le peuple ne tarde pas à se soulever contre les nobles qu'il juge incompétents, mouvements appelés jacquerie. La guerre devient de plus en plus l'affaire de professionnels et de mercenaires. Alors que les nobles évitent de s'entretuer au combat pour tirer une rançon de leurs prisonniers, les mercenaires ne s'encombrent plus des valeurs « chevaleresques ».

Au XVe siècle l'armée se professionalise encore davantage avec la création des compagnies d'ordonnance, et l'appel au ban et à l'arrière-ban se fait rare. De nombreux petits nobles deviennent des gentilhommes campagnards dont le journal de Gilles de Gouberville donne idée du mode de vie.

En dehors de l'exploitation agricole, plus ou moins tolérée selon les provinces, les seules activités non dérogeantes sont la verrerie et l'activité de maître de forges. La Bretagne autorise la noblesse dite « dormante », le noble peut mettre de côté sa noblesse, parfois sur plusieurs générations, pour se refaire une santé financière, une simple déclaration suffit à retrouver l'intégrité de ses droits. Pour attirer la noblesse dans les Compagnies des Indes le roi dût promulguer des édits de dérogation.

Parallèlement la noblesse entre toujours davantage dans les fonctions et charges au service de l'État. Fonctions et charges rémunératrices depuis les petits offices de notaire dans les campagnes aux hautes fonctions dans les Parlements où à la Cour.

À partir du XVIe siècle, devant les besoins d'argent de la monarchie, un certain nombre de charges sont ouvertes aux roturiers avec un anoblissement à la clef – elles furent qualifiées de « savonnette à vilains » (comme les charges de secrétaire du Roi). De ce système naquit la noblesse dite de robe (la robe des magistrats, par opposition à la noblesse d'épée -des militaires -).

La noblesse française au Moyen Âge : de l'aristocratie féodale à la noblesse d'Ancien Régime

La difficulté à définir la noblesse provient du fait que les réalités sociales, politiques et culturelles de cette population ont évolué, changeant le contenu de la noblesse, sans en changer la nature : une aristocratie dominant et encadrant la société et jouissant de privilèges divers.

Cependant, l'idée que l'on se fait de la noblesse est aujourd'hui largement conditionnée par la société d'Ancien Régime, héritière de la noblesse médiévale. Cependant, si la seconde provient bien de la première, la société médiévale n'est pas la société d'Ancien Régime, et la noblesse ne peut se définir au Moyen Âge comme elle se définit à l'époque moderne.

Certains historiens du Moyen Âge considèrent comme noble toute personne portant les titres de chevalier ou d'écuyer (voir Philippe Contamine). Or la chevalerie qui apparait autour du XIIe siècle, est à l'origine une population au service des grandes familles héritières de l'aristocratie carolingienne et propriétaire de vastes domaines fonciers.

Au XIIIe on observe une progressive fusion des valeurs chevaleresques et aristocratiques, notament à travers le roman courtois. Mais cette littérature témoigne également des frustrations sociales des chevaliers, encore considérés comme des serviteurs de l'aristocratie.

À la meme époque, les archives permettant de connaitre la population "noble" ou aristocratique sont d'origine ecclésiastique et écrite en latin. Les "miles" des archives sont considérés comme nobles. Ce terme se traduit pas seigneur. La noblesse est donc essentiellement liée à l'encadrement féodal. Lorsqu'au XIVe siècle, des archives seigneuriales nous parviennent, la plupart rédigées en français, on retrouve également de nombreux seigneurs. Mais ils sont nettement plus nombreux que dans les archives latine du siècle précédent. Ainsi, on compte dans le Bas-Maine (Mayenne) 13 familles de miles au XIIIe siècle, contre plus de 130 aux XIVe et XVe siècles.

Faut-il y voir un renouveau profond de l'aristocratie féodale à cette période ?

En fait, on peut distinguer parmi ces seigneurs différentes nuances sociologiques :

  • le "noble et puissant seigneur" est l'héritier du "miles" des archives latines.
  • Le "seigneur de…", ecuyer ou chevalier ne trouve pas d'équivalent clair dans les archives latines. Il est pourtant clairement un cadre de la féodalité, jouissant du privilège des armes, combattant à Poitiers (1356) ou à Orléans (1429). Mais peut-on le qualifier de noble ?

Si l'on ne peut distinguer une noblesse structurée par une sociologie précise, le droit médiéval peut peut-être nous éclairer.

La définition des privilèges de la noblesse n'apparait que sous Louis XI après 1440. Ce n'est qu'à cet instant que la couronne reglemente les conditions d'accès à la noblesse et les privilèges dont elle jouit. Avant cela, la noblesse est un état de fait, une place dans société permis par un rang dans la hiérarchie féodale, et/ou la proximité du roi par le service armé ou administratif et politique. Les villes du nord de la France comptent de nombreuses familles jouissant aussi bien des privilèges bourgeois et de fonctions municipales, que d'un statut aristocratique et féodal. La bourgeoisie n'est pas un statut dérogeant à la noblesse jusque-là. Par ailleurs, on trouve dans de nombreuses régions de France, des familles de paysans, qui par l'accès à la propriété foncières, accèdent au bout d'une ou deux générations à l'aristocratie féodale et donc au service armé. Les travaux de Philippe Contamine, qui considère pour les XIVe et XVe siècles comme noble toute personne prenant le titre de chevalier ou d'écuyer, a basé ses travaux sur des archives essentiellement militaires. Or, chevalier ou écuyer sont les titres de l'armée féodale. Ces écuyers et ces chevaliers sont des membres de l'aristocratie féodale. Celle-ci est-elle entièrement noble ? Les sources des chartriers seigneuriaux montrent que ca n'est pas toujours vrai pour cette période. C'est pourquoi, à l'exception de certaines très grandes familles, l'usage du terme noble est très délicat pour la période médiévale et qu'il vaut mieux lui préférer celui d'aristocratie, en précisant ecclésiastique, féodale, militaire, etc.

Un autre cas ne laisse pas d'ambiguité sur le caractère nobiliaire d'une personne, ce sont les cas d'annoblissement par lettre royale. En récompense de services rendus certains membres de l'entourage du roi se voient anoblis, et ce avant même que la couronne n'ait clairement défini les privilèges de la noblesse. La plupart sont orginaires de familles bourgeoises et, ayant pu étudier le droit, sont entrés au service du roi, à des charges plus ou moins importantes. Leur noblesse ne se transmet pas toujours, car les générations suivantes doivent pouvoir vivre noblement, c'est-à-dire disposer de fiefs, et participer à l'armée féodale. Ainsi de la même façon que l'on pouvait de venir noble, en vivant noblement, on pouvait perdre sa noblesse en cessant de vivre noblement. Le statut nobiliaire ou aristocratique est donc moins un statut juridique, qu'un statut social relativement mouvant.

Le monde médiéval n'a pas de géographie sociologique aussi clairement défini que la société d'Ancien Régime. Mais c'est cette aristocratie féodale, qui, pour l'essentiel et par un culte profond des valeurs chevaleresques, du service au roi constitue la matrice de la noblesse d'Ancien Régime.

La noblesse à l'Époque contemporaine

La situation de la noblesse

Depuis la Révolution et donc la chute de l'Ancien Régime, la noblesse n'a plus de droits particuliers dans les instances de l'État et n'a plus aucun privilège, sinon le droit de porter le titre de noblesse transmissible de père en fils.

On peut noter que lors des réceptions officielles, la présidence de la République honore ses hôtes nobles de leurs titres sur les cartons d'invitation, « privilège » supprimé seulement au cours du septennat de Valéry Giscard d'Estaing.

Hiérarchie des titres de noblesse

Il n'y avait pas de vraie hiérarchie des titres proprement dite sous l'Ancien Régime. Se distinguaient la famille royale (roi, reine, enfants et petits-enfants de France) et les princes du sang. La seule distinction réelle est ensuite entre noblesse dite « titrée » — le titre étant celui de duc, quand il est accompagné de la dignité de pair de France — et noblesse non titrée. La noblesse titrée avait droit à des préséances protocolaires sur les autres nobles, par exemple un tabouret pour les duchesses. La catégorie mouvante des princes dits « étrangers », grands lignages d'abord étrangers puis « naturalisés » en France (Clèves, Guise, Rohan, etc.) tantôt recoupait celle des ducs et pairs, tantôt venait s'intercaler entre princes du sang et ducs et pairs.

La hiérarchie des familles se faisait notamment sur la base de critères tels que :

  • l'ancienneté de la famille (noblesse immémoriale, noblesse d'extraction chevaleresque, etc.),
  • l'illustration (personnages s'étant distingués au cours de leur vie),
  • les alliances (qualité des familles nobles épousées),

Cependant, Napoléon en recréant une noblesse d'Empire, qui s'apparente d'ailleurs plus à une titulature héréditaire qu'à une noblesse de sang, introduisit une hiérachie des titres inspirée du système anglais. Nous trouvons alors par ordre croissant : chevalier, baron, vicomte, comte, marquis, duc et prince.

Cercle

Certains domaines de la vie publique ou économique sont proportionnellement surreprésentés par des gens issus de la noblesse : nombreux cadres dans le corps diplomatique, l'armée et d'autres secteurs de l'administration, ainsi que dans la haute finance. On en retrouve aussi plus qu'ailleurs dans les relations publiques, certains domaines culturels, comme la conservation du patrimoine et même la mode, où le port d'un nom aristocratique est considéré comme un avantage et un gage de savoir-vivre. Les nobles ont souvent une vie sociale riche dans le but de favoriser leurs réseaux de sociabilité et d'entraide. Quand ils en ont les moyens financiers, ils se côtoient et s'invitent souvent à l'occasion de dîners, de bals ou de rallyes. Les plus huppés d'entre eux organisent des soirées au profit d'une œuvre de charité, avec un droit d'entrée très cher et une tombola. Il existe par ailleurs des associations ouvertes exclusivement à des personnes nobles, comme en France l'ANF (Association d'entraide de la Noblesse Française), en Italie le CNI (Corps de la Noblesse Italienne) ou encore l'ANRB (Association de la Noblesse du Royaume de Belgique) en Belgique, au Canada la SRAN (Société Royale d'Amérique du Nord), qui rassemble des Nobles de la Nouvelle France, la Noblesse est régie par des lois basées sur les lois britanniques, en vigueur au Canada, la SRAN ayant un caractère international.

La chevalière

Elle est portée en France par les hommes à l'annulaire de la main gauche (avec l'alliance s'ils sont mariés), contrairement à l'usage dans d'autres pays européens où elle est portée à l'auriculaire de la main droite (Grande-Bretagne, Belgique...) ou gauche (Belgique). En revanche, les femmes la portent toujours à l'auriculaire.

Il existe plusieurs modèles : ovale, tonneau, ronde, carrée, etc. Les armoiries de la famille y sont représentées et sont « timbrées », c'est-à-dire surmontées :

  • soit d'une couronne si la famille posséde un titre de noblesse (la forme de ces couronnes varie en fonction du titre porté),
  • soit d’un heaume (casque) d'écuyer, symbole de la chevalerie, pour celles qui ne possédent pas de titre de noblesse. Néanmoins, beaucoup d'entre eux ajoutent aujourd'hui une couronne à leurs armes.

Tous les anoblis non-titrés sont écuyers, mais ce « titre » ne se porte pas. Par contre, ces nobles non titrés ont droit à l'appellation de « Messire » suivie du seul patronyme pour le chef de famille, et du prénom et du nom pour les autres membres de la famille.

Les roturiers (personnes non nobles) ne peuvent avoir sur leur chevalière qu’un simple écu ou leurs initiales sous peine d'usurpation de noblesse s'ils affichent un heaume ou une couronne. Cependant, la règle selon laquelle le heaume et la couronne sont réservés à la noblesse n'a jamais été suivie.De même, l'usurpation de titre n'a jamais été réellement punie.

La chevalière peut se porter en baise-main (pointe de l'écu vers l'extrémité des doigts) ou en bagarre (pointe de l'écu vers l'intérieur de la main). Il est de plus en plus courant de la porter en bagarre, malgré une vieille tradition française qui voudrait que seules les personnes mariées la portent ainsi, montrant ainsi qu'elles ne sont pas libres.

Et si porter une chevalière n’est pas gage de noblesse, ne pas en porter n’est pas gage de roture, car beaucoup de nobles n'en portent pas, le plus souvent par discrétion ou refus d'être catalogués comme tels.

La particule

La particule n'est pas forcément un signe de noblesse. En effet, des familles «roturières» peuvent avoir des noms à particule par ajout récent (notamment depuis l'instauration de la Troisième République), et inversement de nombreuses familles nobles possèdent des noms sans particule, parfois titrés d'ailleurs (par exemple la famille Salmon issue de la noblesse d'Empire avec le titre de baron).

Monarchies européennes

Les titres de noblesse existent encore aujourd'hui dans les monarchies européennes, soit parce qu'ils sont attachés à l'histoire des familles royales, soit comme récompense pour services rendus à la nation. Aujourd'hui on observe une distinction entre la noblesse ancienne et la noblesse contemporaine : la première remonte parfois à des temps dits « immémoriaux », la seconde a gagné ses titres (souvent héréditaires comme en Belgique ou en Espagne) par son action dans l'armée, la haute finance (Empain), la politique (Thatcher), les sciences (Alexander Fleming, Dirk Frimout), les arts (Dali, Ensor, Gros, Sean Connery, Elton John, Joaquim Rodrigo) ou les sports (Eddy Merckx, Sebastian Coe, Ellen MacArthur). Les souverains britannique, belge, néerlandais, luxembourgeois, suédois, danois, norvégien et espagnol, ainsi que les familles Impériales, Royales, Princières et Ducales non régnantes, peuvent encore octroyer des titres de noblesse, et ceux-ci sont limités au rang de chevalier, baron, vicomte, comte ou marquis (on ne crée plus —sauf de rarissimes exceptions— de ducs ou de princes).

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • Martin Aurell, La noblesse au Moyen Âge, Paris, Armand Colin, 1996 ;
  • Christophe Badel, La Noblesse de l’empire romain. Les masques et la vertu, Seyssel, Champ Valon, coll. « Époques », 2005 (ISBN 287673415) ;
  • Jean-Marie Constant, La noblesse française aux XVIe et XVIIe siècle, Paris, Hachette, coll. « La vie quotidienne », 1994 (ISBN 2012351395) ;
  • Philippe Contamine, La noblesse au royaume de France de Philippe le Bel à Louis XII, Paris, PUF, coll. « Moyen Âge », 1997 (ISBN 2130496881) ;
  • Georges Duby, Les trois ordres ou l'imaginaire du féodalisme, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des histoires », 1978 (ASIN 2070286045) ;
  • Jacques Heers, Le Clan familial au Moyen Âge, Paris, PUF, coll. « Quadrige », 1993 (ISBN 2130446582) ;
  • Alain Texier, Qu'est ce que la noblesse ?, Tallandier, coll. « Approches », 1988 (ISBN 2235017800) ;
  • Léo Verriest, Noblesse, chevalerie, lignages, Bruxelles, chez l'auteur, 1959 ;
  • Karl-Ferdinand Werner, Naissance de la noblesse, Paris, Fayard, 1998 (ISBN 2213021481).

Liens externes



Views
Outils personels
Boîte à outils
Autres langues
Autres Liens