Nino Ferrer

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Nino Ferrer (Gênes, Italie, 15 août 1934 à Montcuq-en-Quercy, 13 août 1998), de son vrai nom Nino Agostino Arturo Maria Ferrari, a passé les premières années de sa vie en Nouvelle-Calédonie où son père, ingénieur, travaillait. De retour en France dès 1947, le jeune Nino, après une scolarité parisienne, se lance dans des études d'ethnologie et d'archéologie préhistorique. Parallèlement, il se livre avec passion à de nombreuses activités dont la peinture et la musique.

À la fin de ses études, Nino Ferrer part faire le tour du monde sur un cargo, participe à quelques fouilles en Mélanésie et, de retour en France, se consacre à une musique qui depuis longtemps le fascine : le jazz. Au début des années 60, il est guitariste de la chanteuse américaine Nancy Holloway et propose, en vain, ses propres compositions aux maisons de disques. Toutefois, en 1963, la chance lui sourit enfin puisqu'il peut enregistrer son premier disque (Pour oublier qu'on s'est aimé, dont il existe par ailleurs une version italienne et une autre espagnole, présente sur la bande originale de Talons aiguilles - de Pedro Aldmodovar - sous le titre Un año de amor). Le disque n'aura qu'un succès très relatif en France mais sera diffusé dans d'autres pays européens, au Japon et même au Moyen-Orient. Il lui faut attendre 1965, après de nombreux échecs (groupes avortés, rupture puis réconciliation avec Barclay, sa première maison de disque), pour que l'occasion lui soit donnée de nouer avec le succès par le truchement de... Mirza. Succès immédiat qui conduit Nino Ferrer à enregistrer d'autres tubes - parfois à contrecœur - tels que les Cornichons, Oh ! hé ! hein ! bon ! - lui imposant, et pour longtemps, le rôle du chanteur rigolo. Comme Henri Salvador, il se rattrape en interprétant des mélodies tristes sur les faces B de ses disques (Ma vie pour rien).

Son rôle de chanteur décalé possède des avantages certains (succès, argent, conquêtes) mais Nino Ferrer, flanqué d'un caractère plutôt entier, refuse de se laisser enfermer de la sorte. Rompant avec le showbiz, il quitte la France et part s'installer en Italie où il restera trois ans, jusqu'en 1970. Alors que des disques continuent de sortir en France (Mao et Moa, Mon copain Bismarck nettement plus ironiques), Nino Ferrer gagne en notoriété grâce à une émission qu'il anime, Io, Agata e tu.

À son retour en France, il s'installe dans le Quercy où il se lance dans l'élevage de chevaux, mais sa rencontre avec un guitariste anglais, Mickey Finn (qui a travaillé avec T.Rex, Clapton, les Stones...), lui redonne l'occasion de se passionner pour son travail musical. Après des mois d'une écriture personnelle et de composition, sort en 1972 Métronomie. L'album n'a qu'un succès mitigé mais l'un des titres la Maison près de la fontaine se vend à plus de 500.000 exemplaires. Les années passent et Nino Ferrer continue de sortir des albums (Nino and Leggs, Nino and Radiah, Suite en œuf, Véritables variétés verdâtres) qui ne marchent que très moyennement, quasi-systématiquement occultés par un ou deux 45 tours qui, quant à eux, remportent un succès considérable. C'est le cas de la chanson le Sud, qui lui permet en 1976 d'acquérir une bastide qu'il équipe d'un studio d'enregistrement. En 1979 sort Blanat au blues-rock électrique débutant par une explosion de batterie et se terminant par un de ses chefs d'œuvre "l'arbre noir" et son solo de guitare électrique rageur . Puis il part en tournée avec Jacques Higelin. Les années suivantes, la Carmencita, Ex-Libris, Rock'n'roll cowboy - autant de demi-succès - entrecoupés de rares concerts. Un autre album, 13e album, passe quant à lui complètement inaperçu mais, au début des années 90, il renoue avec le succès auprès d'une nouvelle génération en Italie puis en France grâce à la sortie d'une compilation qui permet de faire découvrir - à côté de succès historiques - d'autres compositions plus rares. Il sort un autre disque, la Désabusion et expose à Paris ses peintures puis part en tournée. Un ultime album, composé de différents titres chantés et/ou écrits par des membres de sa famille ou ses amis, sort en 1995 : la vie chez les automobiles. Trois ans plus tard, un mois après le décès de sa mère, le 13 août 1998 le chanteur se tire une balle dans le cœur en plein champ alors qu'il avait commencé à enregistrer un nouvel album avec les Leggs. Considéré, à tort, comme un gentil chanteur rigolo, Nino Ferrer n'a pas eu la reconnaissance que méritait la seconde partie de sa carrière. Les français ont visiblement préféré la variété au rock. Pourtant "Métronomie" et ses longues plages d'orgue hammond sont dans l'air du temps, visiblement influencées par les groupes italiens de rock symphonique de l'époque (style PFM et BANCO). Quant à "Blanat", son blues rock musclé en fait un des plus beaux albums de ce style en France.

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