Nationalisme breton

Un article de Freepedia.

S'il y a bien un nationalisme breton en Bretagne comme dans la plupart des nations européennes, il faut cependant différencier :

  • le nationalisme des « peuples sans États », comme les Bretons, les Basques ou les Galiciens, qui réclament l'autonomie, voire l'indépendance politique et administrative ;
  • celui des États eux-mêmes, comme la France ou l'Espagne,

Le « nationalisme » est un terme ambigu quand il n'est pas défini. Il entend toujours défendre une identité nationale, justifiée par une communauté historique et culturelle, face à une agression extérieure, réelle ou supposée.

Les nationalistes régionaux dénoncent le « centralisme jacobin », qui a conduit à une homogénéisation culturelle et linguistique imposée à différentes minorités intégrées de force dans la population française. Les partisans d'une République française "une et indivisible" soulignent au contraire les effets bénéfiques de l'éducation nationale et de la promotion sociale. Les souverainistes et les républicains craignent quant à eux une conjonction des nationalismes régionaux et de l'étatisme européen. Les mouvements nationalistes ont favorisé une renaissance culturelle régionale, mais versent parfois dans la xénophobie et le repli identitaire.

Il a pu également s'exprimer contre un « ennemi intérieur » ou un bouc émissaire, aujourd'hui « communautariste ».

Il apparaît que le « nationalisme breton » se différencie également assez nettement d'autres nationalismes, comme ceux du Pays de Galles ou du Pays basque par exemple :

  • il est divisé entre des autonomistes, majoritaires (UDB, qualifié de parti « régionaliste » par les analystes électoraux parisiens), et des indépendantistes, très minoritaires ;
  • il n'a pas de représentants élus, alors que des élus nationalistes siègent au Pays basque, en Catalogne, en Ecosse, ou encore au Pays de Galles ;
  • il n'a guère d'audience électorale.

Les autonomistes sont surtout membres de l'UDB, le seul parti ayant des élus régionaux, mais il faut aussi mentionner quelques groupes d'audience plus restreinte, comme le Parti Breton, voire extrêmement confidentielle comme la Fédération bretonne légitimiste, ainsi que divers groupes se proclamant fédéralistes, voire des cercles anarchistes, comme Treger Disuj.

Le mouvement culturel est encore plus divers, bien plus actif et possède de bien plus nombreux sympathisants.

L'appellation « mouvement breton », ou Emsav en breton (qui signifie soulèvement, renouveau), terme supposé regrouper les mouvements politiques et culturels bretons divers, ne reflète donc pas, dans son appellation, toute la diversité, toutes les divisions actuelles, voire les conflits internes en cours.

Traditionnellement, l'histoire du mouvement breton, se divise en 3 périodes.


Sommaire

Le premier Emsav : naissance du mouvement breton jusqu’en 1914

Le mouvement breton est né dans la première moitié du XIXe siècle au cours de la première grande vague nationaliste, qui a touché toute l’Europe romantique, au sein d’une noblesse légitimiste marginalisée et se repliant sur ses terres. Il se caractérise par : le régionalisme, l'ancrage à droite, la fidèlité à l'esprit monarchiste, l'importance des traditions. Une idée domine : maintenir les traditions pour préserver le peuple breton de l’irréligion et des idées nouvelles.

Les trois grands piliers de ce régionalisme breton naissant sont :

  • La collecte des chants et contes populaires bretons (en s'inspirant notamment des exemples allemands ou finois ; cf. les Frères Grimm, le Kalevala). La figure symbolique et initiatrice de ce travail de collectage des traditions populaires est le marquis Théodore Hersart de la Villemarqué et son Barzaz Breiz. Cette œuvre connut un très grand écho, faisant découvrir la littérature orale bretonne dans toute l'Europe.
  • La normalisation de la langue bretonne écrite, notamment par Jean-François Le Gonidec, considéré comme le père du breton moderne.
  • La création d’une véritable historiographie bretonne avec Arthur de La Borderie, considéré comme le père de l’histoire de la Bretagne.

1898 : création de l’Union régionaliste bretonne, premier vrai parti régionaliste, de tendance conservatrice. En marge de ce mouvement politique, le Gorsedd de Bretagne est crée. En 1899, l'Association des Bleus de Bretagne est crée avec des membres de cette union. En 1900, la Fédération Socialiste de Bretagne est crée à Nantes par Charles Brunellière. En 1904, Lionel Radiguet diffuse 100 000 exemplaires de sa " constitution nationale pour une République bretonne ".

Parus en 1909 et 1911, deux ouvrages du Comte de Lantivy-Trédion synthétisent les revendications du mouvement breton (..). L'auteur y évoque une reconstitution de la Bretagne, son autonomie financière et administrative, .. Les défenseurs du projet vont jusqu'à imaginer une 'grève de l'impôt'.

1911 : création du Parti national breton et de la Fédération Régionaliste Bretonne, suite à une scission de l'Union régionaliste bretonne. Le Parti national breton est le premier parti nationaliste breton, crée par Camille Le Mercier d'Erm. À cette époque, le PNB va rassembler l’essentiel du mouvement politique breton, même s’il existe déjà d’autres groupements comme le Bleun Brug créé en 1905 par l'abbé Perrot (un certain nombre de militants catholiques défendront aussi la langue et la culture bretonne).

Le second Emsav (1914-1945)

La Première Guerre mondiale, qui détruit toute une génération, est une véritable coupure. Après la première Guerre mondiale le régionalisme (qui prétend unir la petite et la grande patrie), conservateur, stagne.

1918 : création de l’Union de la jeunesse bretonne (Unvaniez Yaouankiz Breiz)

Ce qui entraîne l'essor, à l’intérieur du mouvement breton, du nationalisme dur au sein d’une nouvelle génération qui se regroupe autour du journal Breiz Atao en 1919 organe du Groupe Régionaliste Breton, autour de Maurice Marchal.

L’Emsav rompt explicitement avec le régionalisme français :

  • Cette première génération nationaliste s’investit notamment dans le domaine de la langue. Son chef de file est Roparz Hemon, et son journal de référence Gwalarn, fondé en 1925 avec Olier Mordrel. (Jakez Riou, Youenn Drezen…). La littérature bretonne s'ouvre au monde entier par de nombreuses traductions, rénovation et élargissement des thèmes littéraires : création d’une véritable littérature moderne en langue bretonne. La langue bretonne est rénovée et actualisée par la rédaction de nombreux dictionnaires et grammaires.
  • Importance aussi du mouvement artistique, avec notamment Seiz Breur, qui amène un art breton de haut niveau.
  • Parallèlement au succès culturel il faut insister sur l'évolution dans le domaine politique :
  • 1921 : fondation à Rennes par Henri Quilgars du " Comité de défense des intérêt bretons " et de son journal " la Bretagne intégrale ". Il écrit un ouvrage : " le sentiment breton - la puissance bretonne ".
  • 1928 : l’Union de la jeunesse bretonne devient le Parti autonomiste breton. Création du parti Adsao en 1928 avec l'abbé Madec et Pierre Mocaër (élu d'Ouessant), parti catholique régionaliste.
  • 1931 : dislocation du Parti autonomiste breton au congrès de Rennes, éditeur de Breiz Atao en en plusieurs tendances plus ou moins éclatées :

Sur cette période, Morvan Lebesque, acteur de l'époque affirmera dans son livre Comment peut-on être breton ? que " les militants de ces années se souviennent de réunions de village improvisées sur le marchepied de quelque vieill Ford, devant des auditoires qu'il fallait surprendre, cueillir à la porte du bistrot ou de la messe et qui, les yeux ronds, considéraient les "autonomistes" à peu près comme des Martiens, hésitant parfois à leur lancer des lazzis ou des pierres. Parfois on appelait le curé, les gendarmes, l'ivrogne local y allait de son numéro; des mères outragées reprochaient aux orateurs de "faire cela devant des enfants" et il y avait avantage à ne pas tenir le meeting trop près d'une rivière".

La Seconde Guerre mondiale

Le troisième Emsav depuis 1945

En 1945, le mouvement breton repart de zéro. On va désormais étudier de manière plus approfondie les trois temps, culturels, économiques et politiques de la reconstruction du mouvement nationaliste breton.

Fin des années 40 et années 50 : la culture

À la fin des années 1940, le militantisme politique étant complètement condamné par les autorités françaises, et par le comportement des ex-Breiz Atao pendant la guerre ; l'engagement des nationalistes bretons se fait sur le terrain de l’action culturelle :

Ce sont les lieux de rencontre, de réflexion, de recrutement pour les nationalistes. C'est par ce biais que vont être maintenus et transmis le nationalisme breton à une nouvelle génération au cours des années 40 et 50. On note la création d'un mouvement politique en 1945 An Avel autour de Youen Olier

Parallèlement, le mouvement breton continue le travail entamé avant-guerre dans le domaine de la langue et de la littérature et crée de nombreuses revues bretonnantes, dont la revue littéraire Al Liamm, continuateur de Gwalarn.

On retrouve aussi des mouvements et revues d'inspiration chrétienne proche des nationalistes bretons autour des abbés Loiez Ar Floc'h, Marsel Klerg, et Armand Le Calvez. La fédération Kendalc’h (regroupe les organisations culturelles du mouvement breton) est créée en 1951 ainsi que celle du Kuzul ar Brezhoneg, fédération créée en 1958 (elle regroupe les associations bretonnes militant pour l'orthographe unifiée du breton).

À Paris, en banlieue, la diaspora bretonne met en place des cercles où se retrouvent ceux qui ont été condamnés à l'indignité nationale, Ker Vreizh à Montparnasse, La Mission bretonne, la "cité bretonne" de Keranna à Yerres en Seine-et-Marne. Dans les années 50-60, Jean-Jacques Le Goarnic combat pour la reconnaissance des prénoms en langue bretonne.

Années 50 et 60 : L’économie

À partir du début des années 1950, le mouvement breton commence à s’ínvestir dans le domaine de l’économie aussi :

1951 : création du Comité d’étude et de liaison des intérêts bretons (CELIB) par Joseph Martray et René Pleven.

À partir de la fin des années 1960 : le retour du politique

Indirectement, le CELIB légitime donc la renaissance d’un nationalisme politique en Bretagne, et à partir des années 60, on observe le retour des nationalistes modérés bretons dans l’arène politique.

1957 : création du Mouvement pour l’Organisation de la Bretagne (MOB), premier parti politique créé depuis la Seconde Guerre Mondiale.

1963 : scission de la gauche du MOB pour créer l’UDB (Union démocratique bretonne).

Mais tout cela reste très marginal au cours des années 60, malgré l’essor sans précédent des mobilisations à caractère à dimension régionale au sein des mondes ouvriers et paysans.

Décennie des années 1970

Une réelle renaissance d’une conscience nationale ou tout du moins régionale en Bretagne

1973 : Strollad Ar Vro présente 32 candidats aux législatives de mars ; l’UDB en présente cinq.

Activisme clandestin de "propagande armée"

Dans les annés 70, apparaît un nationalisme clandestin de "propagande armée" : Front de Libération de la BretagneArmée Républicaine Bretonne. Ces groupes pratiquent une violence symbolique, via des actions violentes, contre les symboles de l’oppression de la Bretagne : contre l’État français, contre le capitalisme. Après une première vague d'attentats à la fin des années 70, une relative accalmie suit l'amnistie accordée en 1981 par François Mitterrand. Dans les années 90, on assiste à une reprise des attentats revendiqués par une Armée révolutionnaire bretonne dont les liens et la filiation avec le FLB des années 70 n'apparaissent pas clairement. Des liens avec l'organisation basque ETA sont mis à jour lors de l'affaire de Plévin. Le 19 avril 2000, un palier est franchi avec la mort de Laurence Turbec, une employée du Mac Donald de Quévert, tuée par une bombe. L'enquête et l'instruction sont closes. Seuls quatre militants sont poursuivis dans l'Affaire de Quévert ; ils sont acquittés en mars 2004. C'est la première fois qu'un attentat attribué aux activistes bretons par la police, le parquet et des responsables politiques français tue une personne innocente ( jusqu'à ce jour seuls deux poseurs de bombes avaient été tués par leur engin en 1976 et 1985) : le choc va être immense et la condamnation unanime (ex. La Bretagne,c'est la vie du Conseil Culturel de Bretagne). L'opinion est maintenant troublée : la culpabilité des militants poursuivis était présentée comme un fait acquis. Plusieurs media ont soigneusement caché la décision d'acquittement.

Actualité du mouvement breton et du nationalisme breton

Un mouvement politique divisé et quasi inexistant :

Le « mouvement politique breton » est bien plus large que la somme de groupes nationalistes. Il est aussi représenté par des groupes autonomistes, tels l'UDB, la Fédération bretonne légitimiste ou le Parti breton, ainsi que divers groupes se proclamant fédéralistes, voire des cercles anarchistes, comme Treger Disuj, faisant partie de la Coordination Bretagne indépendante et libertaire.

  • L’UDB reste le parti régionaliste le plus important, fort de quelques centaines de membres, mais ne regroupe qu’environ 2 à 5 % des suffrages : une trentaine d’élus municipaux sur des listes d’unions de la gauche, dont un maire; et surtout depuis 2004, 3 conseillers régionaux (plus un apparenté) grâce à une alliance avec les Verts. Un autre parti autonomiste est apparu il y a quelques années et regroupe environ 50 personnes sous l'appellation de « Parti breton ».
  • Les royalistes : réapparu dans les années 80, un mouvement légitimiste, la Fédération Bretonne Légitimiste (FBL), regroupe la majeure partie des monarchistes bretons dans plusieurs cercles. Fidèle à l'esprit qui anima le combat des grands défenseurs de l'autonomie bretonne dans le cadre de la monarchie française (La Rouërie, Cadoudal, Calloc'h, etc.), la FBL s'affirme dans sa spécificité bretonne.
  • Certains élus et partis français ont des positions régionalistes voire nationalitaires très affirmées : surtout des élus individuels de partis français, à l’instar du leader du Parti Socialiste en Bretagne ou encore de Christian Troadec, maire de Carhaix (ville principale du centre-Bretagne), avec l'appel de Carhaix.
  • à l'extrême gauche : Emgann, dont certains des militants sont impliqués dans l'affaire de Plévin.
  • à l'extrême droite : l'Adsav (crée en 2000) : parti nationaliste breton de Patrick Montauzier, Bretagne nouvelle de Xavier Guillemot, POBL. Un article du Peuple Breton, organe de l’UDB, rappela en 1997 que l’indifférence n’est plus de mise face aux dérapages de certains : « À l’heure où le Front National totalise 15% des suffrages et où, au sein de celui-ci, certains voudraient faire de la Bretagne leur « terre de mission », le Mouvement breton se devait de regarder en face ses éléments les plus extrémistes. Les militants bretons découvrent ainsi – 10 ans trop tard – l’appartenance d’un tel au FN, d’un autre aux cercles néo-druidiques d’extrême droite. Ils sont pourtant légions prêts à déposséder la Bretagne de son histoire au profit d’une fantasmagorie celtomaniaque propre à sacraliser leur discours politique. Ils n’ont à la bouche que le mot « Celtie ». Ils ne s’intéressent guère à Nominoë ou à la duchesse Anne. Pour eux, seul compte le Roi Arthur et la fée Viviane. Parce que plus malléable, le mythe remplace l’Histoire. »
  • Pendant les années 90 : émergence du syndicat étudiant nationaliste : Dazont. Milieu de la décennie : premier syndicat étudiant en Bretagne. Mais s’est écroulé à la fin de la décennie. Création d’un syndicat nationaliste breton : Sindikad Labourerien Breizh (SLB) : en développement, mais non reconnu.

Domaine de l’éducation

La création et la promotion d'un enseignement en breton ne sont pas à relier de manière globale au mouvement politique nationaliste, bien que celui-ci soit présent de manière discrète dans les structures parentales de gestion.

  • 1977 : création de la première école Diwan avec le breton par immersion. Développement du réseau depuis 30 ans. Aujourd’hui : une trentaine d’écoles (dont 4 collèges et un lycée) et près de 3 000 élèves. Mais toujours énormément de problèmes : finances, tracasseries administratives. Non reconnaissance officielle par la République française.
  • 1984 : le gouvernement socialiste crée une filière bilingue dans l'enseignement public, qui connaît un réel succès.
  • 1990 : même chose pour l'enseignement catholique.
  • Aujourd’hui, environ 8 000 enfants sont scolarisés en breton, soit 2 % de l’ensemble des enfants de Bretagne.

Vie publique et mouvement culturel

  • Les arts (notamment musique et danse) connaissent un succès croissant depuis 50 ans. Le secteur musical est le plus dynamique avec des centaines de groupes divers, des milliers de joueurs de musique traditionnelle ou d’inspiration bretonne qui demeurent très populaire. Plus d’une centaine de bagadoù partout en Bretagne ont atteint aujourd'hui un très haut niveau et on constate l'organisation de très nombreux groupes de fest-noz très inventifs. La musique bretonne est très créative et ouverte sur le monde ; avec des créations tel que l’Héritage des Celtes de Dan Ar Braz, en tournée mondiale ou encore le succès énorme des festivals de musique celtique, comme celui de Lorient. Les danses bretonnes sont également très populaires : quand un fest-noz est organisé, il regroupe généralement plus de 500 personnes.
  • La langue bretonne reste non reconnue dans le cadre de la République française. Jusque dans les années 50 : elle est interdite à l’école, et dévalorisée. On comptait dans les années 50, plus d'un million de bretonnants quotidien. Il n'en reste aujourd’hui que 250 000.
  • Domaine de la vie publique : dans les années 80 on assite à un combat pour la signalisation en langue bretonne (Stourm ar Brezhoneg) (1984) (barbouillage de panneaux), même partiellement en région gallèse (ne parlant pas breton mais le gallo). C'est la seule victoire pour les nationalistes bretons. La République française refuse toute introduction du breton dans la vie publique, et refuse par exemple la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.
  • Dans les tendances actuelles, on peut évoquer enfin une certaine institutionnalisation du mouvement breton.
  • L'État signe une Charte culturelle avec diverses institutions locales en 1977. Un ensemble d’institutions sont créées, dont l’Institut Culturel de Bretagne (dont sortira en 2000, l’Office de la Langue Bretonne, qui est l'organe officiel de normalisation de la langue bretonne). Le Comité consultatif à l'identité bretonne de la mairie de Rennes est crée en 1996. Lancement de la Journée de la langue bretonne en 2004.

Domaine économique

  • Regroupement de nombreux patrons au sein de l'Institut de Locarn pour défendre les intérêts des petites et moyennes entreprises en Bretagne.
  • Ces mêmes dirigeants créent le label « Produits en Bretagne » , créé par Jean-Jacques Goasdoué, qui se veut un label de qualité pour défendre image de la Bretagne à l’étranger. Il s’appuie notamment sur un patriotisme économique des Bretons et rencontre un certain succès.
  • Création en 2004 d'un opérateur régional Breizh Mobile, création du Breizh Cola.
  • Création de TV Breizh en 2001 : 1e télévision totalement bretonne, mais où la langue bretonne reste très minoritaire (à peine plus d’heures que sur la télévision publique France 3 Ouest)

Révisionnisme breton

Cette partie est l'objet de nombreuses polémiques en Bretagne. À partir de 2000, et suite à l'attentat de Quévert et à la question de la ratification de la charte européenne relative aux langues régionales, de nombreuses dérives identitaires et d'ambiguïtés du nationalisme breton sont énoncées (création du collectif Gardons les yeux ouverts) et objet de nombreuses controverses (certains militants bretons parleront d'un maccarthysme anti-breton en se basant sur les études menées par Pierrick Le Guennec, Renaud Marhic, le réseau Voltaire, le Groupe Information Bretagne et Françoise Morvan):

Conclusion

Depuis 100 ans, le mouvement breton a connu un réel développement, et l'intégration progressive dans la société bretonne. Il se décline sur l'ensemble du spectre politique, tant à droite qu'à gauche.

Il n'a connu que peu de succès électoraux malgré une culture bretonne très dynamique et une identité de plus en plus revendiquée.

Mais aujourd’hui le mouvement breton semble dans l’impasse, ne s’étant pas beaucoup investi dans le domaine politique (comparé à des mouvements similaires dans d'autres nations sans États, comme l'Écosse, la Catalogne, la Galice ou la Flandres), ni dans le domaine économique (si l'on excepte l'époque du CELIB).

La plupart des problèmes soulevés par le mouvement nationaliste breton sont politiques pour la tendance droitière du mouvement :

  • souveraineté rendue par la reconnaissance de la caducité du traité franco-breton de 1532 La revendication du strict respect du traité de 1532 liant la Bretagne à la France, « Lequel traité est bafoué depuis la révolution de 1789 » et la fameuse nuit au cours de laquelle fut votée par les députés du tiers état l’abolition de tous les privilèges.
  • « colonisation forcée » de la Bretagne par la France (« ruine de l’économie bretonne » à compter du XVIIIe siècle)
  • reconnaissance du peuple breton
  • reconnaissance de l’intégrité du territoire national
  • problème de la Loire-Atlantique (détachée administrativement de la Bretagne depuis 1941), etc.

Une analyse politique

Barbara Loyer dans l'ouvrage Nouvelle Géopolitique des régions françaises, paru en 2005, rappelle toutes les réalités déplaisantes : les accointances de certains nationalistes bretons avec le nazisme et l'antisémitisme, l'absence totale de la langue bretonne à Rennes, ville tenue par le Parti socialiste depuis trente ans, dont les rues portent pourtant un nom en breton. Elle évoque le brouillage «des repères entre "la droite" et "la gauche" sur la question de "l'identité bretonne"», dogme dont la discussion est devenue taboue. Et dont l'existence est assez encombrante pour une gauche désormais aux manettes de la région et dont l'approche traditionnelle ne consiste en principe pas à faire renaître les provinces d'Ancien Régime.

À cet ouvrage, où les faits sont manipulés dans une optique partisane et l'amalgame pratiqué dans une optique clairement antibretonne, on répondra, à propos -"des accointances de certains nationalistes bretons avec le nazisme et l'antisémitisme", l'on a découvert que l'on ne pouvait pas, dans un état de droit, dénoncer la petite-fille de Maurice Papon pour les erreurs de son père ; il serait donc logique, à moins de traiter différemment les Bretons d'aujourd'hui et que la justice française ne soit pas la même pour tous, que l'on ne reproche pas aux individus nés après 1945 ni les actes ni les crimes accomplis par d'autres ; -d'autres part on sait très bien les accointances avec Vichy et le nazisme de certains personnages qui avaient l'avantage de ne pas être bretons, ce qui n'empêche pas les élèves d'étudier Céline ou Giraudoux, ni la gauche française d'encenser Trenet, -quand à l'antisémitisme, bien plus français que breton si l'on devait mesurer l'ignominie, il est honoré avec constance dans le Prix Goncourt, du nom de deux des pires antisémites qui aient écrit en français;

-l'absence totale du breton à Rennes est un mythe : il est enseigné à l'université de Rennes depuis 1880; -l'identité bretonne ne gêne en Bretagne que ceux qui lui font la guerre, il est normal qu'il y ait là-dessus un certain consensus à gauche comme à droite, comme il existe à propos de l'identité française ; on ne voit pas pourquoi une identité serait un dogme ou un tabou : simplement une évidence, dont on n'a pas besoin de parler tout le temps comme le font certains obsédés.

Liens avec d'autres mouvements nationalistes ou autonomistes

Lieux et personnages symboles de l'histoire bretonne

Personnalités

Événements

Lieux

Bibliographie


sur le FLB - ARB :

Voir aussi



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