Narcissisme
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Le narcissisme est l'amour qu'une personne a pour elle-même, c'est une tendance à tout interpréter en fonction de sa propre personne. En psychologie, on définit le narcissisme comme une fixation affective sur soi-même. On parle également de « narcissisme primaire » pour désigner la période de l'enfance allant jusqu'à 2 mois, car le bébé se préoccupe alors exclusivement de lui-même.
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Origine mythologique
Ce terme provient du mythe grec de Narcisse.
Dans la mythologie grecque, Narcisse était un jeune homme dont s'éprit la nymphe Echo. Comme Echo ne savait que répéter la dernière syllabe des mots qu'elle entendait, elle fut incapable de lui exprimer son amour. A défaut de pouvoir lui parler, pour entrer en contact avec lui, elle voulu le toucher. Après qu'il eût repoussé ses avances, elle mourut. Face à cette impossible communication, Narcisse se croit indigne d'amour et incapable d'aimer. Il veut se retrouver en regardant le reflet de son visage dans une mare. À force de soupirer après son image, sans échange humanisant de paroles vivantes, il finit par mourir... Il fut transformé en un narcisse, la fleur qui porte son nom.
"D’où vient cette expression si souvent employée de « narcissisme »? L’écoute de l’être humain, chaque fois singulier, n’autorise pas à faire de généralités. Freud parlait de « narcisme » (Narzissmus). Il a élaboré cette notion entre 1911 et 1914. Le narcisme désigne l’investissement libidinal de sa propre personne et surtout de « l’idée » que le moi se fait de lui-même. Il ne s'agit pas de dénoncer l’amour de soi, au contraire, mais le danger de se rapporter au monde comme si le réel ne pouvait être appréhendé qu’à travers l’illusion des apparences. Si je ne me sens exister uniquement dans le regard des autres, par leurs appréciations, avis, opinions, jugements, leurs autorisations ou leurs « tolérances », je suis sans cesse soumis à la nécessité que je crois vitale de m’adapter à leurs demandes. A l’inverse, si je m’appuie sur mes ressentis (sensations, perceptions, émotions, sentiments) pour construire mon sentiment d’identité et élaborer une pensée personnelle, je ne dépends plus des autres : je peux entrer en relation libre et paritaire avec elles/eux. Etre accueilli pour s’accueillir Le nourrisson qui grandit et devient enfant se mire dans le regard de ses parents. Il se voit comme ils le voient, se considère selon leurs critères. S’ils prennent soin de lui avec sollicitude, il saura prendre soin de lui-même. Au contraire, s’ils le délaissent, le négligent, l’abandonnent, le traitent mal, il aura tendance à se délaisser, se négliger, s’abandonner et se mal traiter. Il ne s’en rendra même pas compte puisqu’il croira cela « normal » : ce mode de relation à soi et aux autres fait partie des références sur la vie qu’il a intégrées. Un enfant qui ne se sent pas exister pour ses parents se sent vide, creux, sans intérêt. Pour compenser cette absence de reconnaissance, il va construire une fausse personnalité, brillante. Il va chercher à se mettre particulièrement en valeur : il comble les creux et colmate les brèches. Il s’intéresse plus particulièrement à lui-même et surtout à l’effet qu’il produit sur les autres. A son pouvoir, en quelque sorte… L’autre au-delà de soi La question de la carence, parfois douloureuse, conduit à celle de la frustration, donc du manque. L’enfant supporte d’autant plus facilement d’attendre ou d’accéder à une autre satisfaction plus élaborée, s’il est reconnu et valorisé par ses parents. Par exemple, il peut accepter de ne pas avoir le plus beau camion de pompier, s’il est dans une relation de paroles avec l’un au moins de ses parents. Parler du camion de pompier, de ce qu’il représente pour l’enfant est plus important, plus vitalisant et plus humanisant que le posséder. En définitive, cette question est fondamentale : elle ouvre sur deux aspects complémentaires. D’une part, je peux préférer rester fasciné par ma propre apparence et l’impact que j’ai sur les autres. Je peux ainsi choisir de jouer un rôle pour être admis, voire envié, par mes congénères. Sinon, j’accepte d’être ordinaire, de rester le plus possible centré sur mes ressentis, de penser par moi-même et de partir à la découverte des autres. D’autre part, je ne peux apprécier, voire aimer, les autres que si je développe la capacité d’apprécier mes qualités et de m’aimer un tant soit peu. Ce va et vient entre soi et l’autre, l’intérieur et l’extérieur, est le signe de la santé. Il est vital de cultiver cette fluidité." Saverio Tomasella, (c) Psycho-ressources, Montréal, Canada, 2005.



