Napoléon III

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Président de la République: 20 décembre 1848 </br>2 décembre 1852
Président prédécesseur: aucun
Président successeur: Adolphe Thiers
Empereur des Français: 2 décembre 1852 </br>2 septembre 1870
Empereur prédécesseur: Napoléon Ier
Empereur successeur: aucun
Chef d'État prédécesseur: Louis-Philippe Ier
Chef d'État Successeur: Louis Trochu
Date de naissance: 20 avril 1808</br>Paris
Date de décès : 9 janvier 1873 </br>Chislehurst</br>(Royaume-Uni)


Louis-Napoléon Bonaparte (1808 - 1873) est le premier président de la République française et devient suite à un coup d'État le second empereur de France sous le nom de Napoléon III.

Issu de la maison Bonaparte, il est le fils de Louis Bonaparte, frère de Napoléon Ier et roi de Hollande, devenu l'aîné des Napoléon après les morts successives de son frère aîné et du Duc du Reichstadt («l'Aiglon»).

Il fait connaître sa philosophie politique dans Idées napoléoniennes, mélange de romantisme, de libéralisme autoritaire, et de socialisme utopique. Ses premières tentatives de révolte, mal conçues et sans bases populaires, ont échoué ; c'est la vague révolutionnaire de 1848 qui le reconduit à la prééminence politique.


Sommaire

Premières tentatives

Il tente un coup d'état à Strasbourg au mois d'octobre 1836. Le gouvernement de Louis-Philippe l'envoie en exil aux États-Unis. Héritant de sa mère en 1839, il a les moyens d'imprimer à 500 000 exemplaires une brochure détaillant son programme politique. Après un second coup d'état en 1840, il sera condamné à la réclusion à perpétuité à la forteresse de Ham. Il s'évadera de sa prison six ans plus tard et s'établira à Londres avant de revenir pendant la révolution de février pour se présenter à de nouvelles élections.

Prince-Président

En 1848, il est élu et siège à l'Assemblée en septembre. À la suite de la promulgation, le 4 novembre 1848, de la constitution de la IIe République, il est candidat à l'élection présidentielle, la première au suffrage universel en France, il est élu pour quatre ans le 10 décembre 1848, avec près de 75% des voix.

20 décembre 1848 : il prête serment à l'Assemblée constituante et s'installe le soir même à l'Élysée.

Les premières initiatives politiques du président sont plutôt conservatrices : il envoie à Rome des troupes pour mater une rébellion contre le pape et ne s'oppose pas au vote par l'Assemblée nationale de la loi Falloux, favorable à l'enseignement religieux, qui déplaît aux républicains.

Louis-Napoléon Bonaparte entre progressivement en conflit avec l'Assemblée nationale, devenue en majorité royaliste, à la suite des élections de mai 1849. Le 31 mai 1850, l'Assemblée vote une loi électorale qui abolit le suffrage universel en imposant une résidence de trois ans pour les électeurs ce qui élimine 3 millions de personnes du corps électoral dont des artisans et des ouvriers saisonniers.

Au début de l'année 1851, Louis-Napoléon fait pression pour augmenter la durée de son mandat tandis que l'Assemblée nationale est opposée à tout projet de révision constitutionnelle.

Coup d'État du 2 décembre 1851

Voir Coup d'État du 2 décembre 1851

Dans la nuit du 1er au 2 décembre 1851, soit 47 ans jour pour jour après le sacre de Napoléon, dit Napoléon 1er, un décret dissout l'Assemblée nationale et rétablit le suffrage universel. Malgré quelques soulèvements vigoureusement réprimés, le coup d'État est approuvé et le plébiscite sur les nouvelles institutions reçoit une majorité d'avis favorables.

En mars 1852, une nouvelle constitution étend le mandat du président à 10 ans.

Empereur

Politique étrangère

À l'occasion de la guerre de Crimée (1854-1856) Napoléon III confirme le retour de la France dans la vie politique européenne avec plus ou moins de succès. L'empereur, buté dans ses choix, connait des réussites dans un premier temps d'autant plus qu'il doit composer avec une haute administration et des diplomates majoritairement monarchistes et opposés au césarisme de Napoléon III. Cela renforce l'isolement de l'Empereur alors que les personnels étrangers et métropolitains ne sont pas mis forcément au courant de la ligne politique du gouvernement de Napoléon III.

La politique italienne de l'Empereur - en faveur de l'unification et au détriment de l'Autriche - permet à la France d'annexer, après plébiscite, le comté de Nice et la Savoie (1860), l'empereur ayant « payé de sa personne » pendant la campagne d'Italie.

L'échec de l'Expédition du Mexique (1861-1867) et l'attitude de neutralité monnayée (politique des « pourboires ») face aux conflits entre l'Autriche et la Prusse affaiblit le régime et met fin à cette politique étrangère volontariste de l'Empereur alors que celui-ci commence à être rongé par la maladie et par les discordes de son entourage.


Politique intérieure

Sous l'Empire, la France connaît des années de progrès économiques (création d'un système bancaire, développement des chemins de fer, transformation des grandes villes).

Influencé par son séjour à Londres, Napoléon III décide de transformer Paris et d'en faire une grande capitale européenne, salubre et fonctionnelle. Il confie au baron Haussmann le chantier de Paris. L'Empereur veillera de très près au tracement des nouveaux boulevards, de nouveaux édifices (dont le Palais Garnier qu'il ne verra jamais abouti), au développement du réseau des égouts et surtout à la constructions de dizaines de nouveaux squares et espaces verts (Montsouris, Buttes-Chaumont, Boucicaut ...). Ces travaux du Second Empire ont modelé le visage du Paris du XXe siècle. Parallèlement, il encourage cette politique dans les autres grandes et moyennes villes de France, de Lyon à Biarritz en passant par Dieppe (les nombreuses rues impériales alors tracées seront souvent par la suite rebaptisées "rue de la République").

À partir des années 1860, le régime se libéralise quelque peu.

Capitale de l'Europe au même titre que la Londres victorienne, Paris accueille de grandes réunions internationales telles que l'Exposition universelle de 1867.

Son ministre Victor Duruy ouvre l'enseignement secondaire aux jeunes filles.

En 1869, Napoléon III fait appel à un nouveau "premier ministre" de fait, Emile Ollivier, issu des bancs de l'opposition républicaine à l'Assemblée nationale. C'était la reconnaissance du principe parlementaire. Ollivier constitua alors un gouvernement d'hommes nouveaux en associant bonapartistes libéraux (centre droit) et orléanistes ralliés à l'Empire libéral (centre gauche), mais en excluant les bonapartistes autoritaires (droite). Il prit lui-même le ministère de la Justice et des Cultes, le premier dans l'ordre protocolaire et apparut comme le véritable chef du ministère. Cherchant à concilier ordre et liberté, il convaint l'Empereur de procéder à une révision constitutionnelle d'ensemble pour mettre sur pied un système semi-parlementaire. Un sénatus-consulte proposant un régime plus libéral est soumis à référendum et est plébiscité par plus de 7 millions de voix en dépit de l'opposition des opposants monarchistes et républicains qui appellent à voter non. C'est ainsi que se met en place la constitution du 21 mai 1870.

Les procédés de candidature officielle furent abandonnés et le préfet Haussmann, jugé trop autoritaire, fut renvoyé.

Cependant, lâché par les républicains et contesté par les bonapartistes autoritaires, Ollivier était de plus en plus isolé et ne se maintenait plus que grâce à la faveur de Napoléon III.

Guerre de 1870

Bien que tous deux personnellement favorable à la paix, Ollivier et Napoléon III se laissèrent dépasser par les partisans de la guerre dont l'Impératrice Eugénie. Ollivier et Napoléon III se rallièrent tous deux à l'opinion majoritaire pro-guerre exprimée au sein du gouvernement et au parlement, y compris chez les républicains, le splus résolus à en découdre avec la Prusse.

A la suite de tensions avec la Prusse à propos de la succession d'Espagne et abusée par la fameuse Dépêche d'Ems -version dédaigneuse par Bismarck, d'une annonce polie de Guillaume de Prusse-, la France déclare la guerre à la Prusse. Débute la Guerre franco-allemande de 1870.

Les premiers revers sont imputés à Napoléon III et à Ollivier fournissant à la Chambre l'occasion de renverser Ollivier, à une écrasante majorité, le 9 août 1870, laissant l'Empereur seul sur la ligne de front, qu'elle soit politique ou militaire.

Le 2 septembre 1870, c'est la capitulation de Sedan. L'empereur est fait prisonnier.

Le 4 septembre 1870, à Paris, des députés (dont Léon Gambetta) proclament la République mais la déchéance de Napoléon III n'est votée par la Chambre que le 1er mars 1871.

En Mars 1871, l'empereur déchu s'exile en Angleterre.

Le 8 janvier 1873, Napoléon III meurt et est inhumé à Chislehurst. Par la suite l'Impératrice Eugénie lui contruisit un mausolée à l'Abbaye St Michael de Farnborough où il repose à ce jour au côté de sa femme (décédée en 1920) et de leur fils unique, le Prince Impérial Eugène-Louis, tué en Afrique du Sud en 1879 à l'age de 23 ans.

Un règne florissant

Mal connu de nos jours, le Second Empire correspond pourtant à l'une des plus formidables époques de développement et de prospérité que la France ait connue.

Au niveau économique, le pays s'est doté d'infrastructures modernes, d'un système financier, bancaire et commercial novateur et a rattrapé en 1870 son retard industriel sur le Royaume-Uni, en partie grâce à la politique volontariste de l'empereur et à son choix du libre-échange.

Au niveau de l'urbanisme, Napoléon III est le commanditaire des travaux d'Haussmann à Paris, qui ont fait de cette ville réputée pour sa saleté au milieu du XIXe siècle l'une des plus belles capitales du monde.

Cette période fut aussi très productive au niveau littéraire, de Flaubert à Sand ou aux frères Goncourt. L'Opéra Garnier illustre l'importance accordée au monde du spectacle, élément de la "fête impériale". Passionné d'histoire (on lui doit une monumentale "Histoire de Jules César), l'Empereur a aussi joué un rôle-clé dans la mise sur pied d'une véritable archéologie nationale, avec la création du musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye et l'essor donné aux fouilles de Gergovie, Alésia et Bibracte.

Les progrès sociaux furent aussi indéniables: droit de grève et d'organisation des salariés (ancêtres de syndicats) accordés en 1864, élévation du niveau de vie des ouvriers et des paysans, soupes populaires organisées pour les pauvres, premiers systèmes de retraites et d'assurance-handicap pour les ouvriers, développement de l'éducation de masse, notamment pour les filles sous l'impulsion de l'impératrice Eugénie, qui a aussi fortement soutenu les travaux de Louis Pasteur et de Ferdinand de Lesseps, qui aboutiront respectivement au vaccin contre la rage et au canal de Suez, inauguré en 1867.

Caricatures

Napoléon III était surnommé par ses opposants L'homme du 2 décembre, Napoléon le Petit (Victor Hugo) ou encore Badinguet.

Image:PereDuchesneIllustre8 1 0.png Durant son règne Napoléon III fut beaucoup caricaturé (même s'il avait aboli la liberté de la presse). Ci-contre, Napoléon III en chauve-souris soupesant Thiers et la République. Allusion à la position de Napoléon III au moment de la Commune de Paris.

-Napoléon:</br> De gouverner, toujours avide, </br> Voilà mon plan: - Il est splendide!- </br> Je les fais battre tous les deux, </br> J'attends qu'ils se mangent entr'eux </br> Et quand la mort a fait le vide </br> Je rentre à Paris..., si je PEUX !</br>

Devant ce plan lâche et stupide </br> Chacun de nous, avec esprit, </br> A ce monstre chauve... sourit!


Voir aussi

Bibliographie

  • Louis Girard, Napoléon III ; Fayard, 1986.
  • Victor Hugo, Histoire d'un crime, écrit en 1852, publié en 1877. Le récit du coup d'État du 2 décembre par l'écrivain et élu de la République.
  • Victor Hugo, Napoléon le Petit, 1852
  • Maurice Joly, Dialogue aux enfers, analyse de la politique de Napoléon III
  • Thierry Lentz, Napoléon III ; Que sais-je, PUF, 1995.
  • Philippe Séguin, Louis Napoléon le Grand ; Grasset, 1990.

Liens externes

Alain Carteret "Napoléon III bienfaiteur" 2003 Ed. Montmarie site internet http://perso.wanadoo.fr/carteret

Lien interne

Napoléon III (timbre)

Wikimedia Commons possède des documents multimédia sur Napoleon III.
Image:Lys.png Chronologie des rois de France, rois des Français et empereurs des Français </br>de 987 à 1870 Image:Lys.png
987 996 1031 1060 1108 1137 1180 1223 1226
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1792 1804 1814 1824 1830 1848 1852 1870
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Image:Flag of France.png Chronologie des 22 Présidents de la République Image:Flag of France.png
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