Nabatéens

Un article de Freepedia.

Image:PetraTreasury.jpg

Les Nabatéens étaient un peuple commerçant d'Arabie, dont les peuplements dans les oasis au temps de Flavius Josèphe ont donné le nom de Nabatene à la région frontalière entre la Syrie et l'Arabie, entre l'Euphrate et la Mer Rouge. Leur capitale était Pétra. Leur commerce se déroulait principalement entre les oasis, sans route précisément définie.

Sommaire

Culture

La culture nabatéenne est connue grâce aux milliers d'inscriptions et de graffitis retrouvés, qui témoignent d'un bon degré d'alphabétisation, bien que l'on n'ait pas de traces d'une littérature (à la fois qu'il n'y soit pas fait mention dans l'Antiquité et que les temples ne comportent aucune inscription). Des textes antiques sur les Nabatéens suggèrent que leurs routes commerciales et la provenance de leurs produits étaient considérées comme des secrets commerciaux. Diodore de Sicile les décrivit comme une tribu puissante d'environ 10 000 guerriers, prééminente parmi les tribus nomades d'Arabie. Ils évitaient l'agriculture, les habitations fixes et l'usage du vin. En plus de leur activité pastorale, ils commerçaient avec les ports (principalement du frankincense (également appellé encens), de la myrrhe et des épices d'Arabia Felix (l'actuel Yémen)), ainsi qu'avec l'Égypte (bitume provenant de la Mer Rouge).

Leur pays aride était leur meilleure protection contre les envahisseurs. En effet, ils réussirent à leur cacher les citernes collectrices d'eau de pluie, en forme de bouteilles, qu'ils avaient creusées dans la pierre ou dans l'argile.

Origines

Les origines des Nabatéens restent obscures. En se basant sur la similarité de leur nom, Saint Jérôme a proposé un lien avec la tribu Nebaioth (de Nebayot, l'aîné des douze fils d'Ismaël) mentionnée dans la Génèse, mais les historiens modernes sont prudents quant à cette interprétation et l'origine des premiers Nabatéens reste mal connue. Une autre hypothèse rapproche leur nom du mot hébreu nabata. À l'époque de Teglat-Phalasar III, les hébreux appellaient ainsi les Araméens, puis plus tard, il fut employé pour les tribus arabes nomades qui payaient tribut à Assurbanipal.

Avec la captivité à Babylone (à partir de 586 av. J.-C.), débuta en Judée une époque sans pouvoir franchement établi. Les Édomites s'emparèrent du sud de la Judée et les Nabatéens occupèrent vraisemblablement sans heurts le territoire délaissé par ces derniers et poursuivirent leur commerce. C'est en effet à cette époque que des inscriptions nabatéennes sont retrouvées sur le territoire édomite. Cette migration, dont la date reste inconnue, les rendit maîtres des côtes du golfe Arabique et de l'important port d'Elath. Selon Agatharchides, les Nabatéens se comportaient en tant que pirates et brigands sur les routes commerciales reliant l'Égypte à l'Orient, jusqu'à ce que les Ptolémées mirent fin à leurs attaques.

Les Nabatéens ont subi très tôt des influences culturelles étrangères, notamment araméennes. Les Nabatéens écrivirent une lettre à Antigone en caractères syriaques. L'araméen continua à être la langue utilisée pour leurs pièces et inscriptions quand la tribu devient un royaume, et profita de l'affaiblissement des Séleucides pour étendre leur territoire vers le nord sur les terres fertiles à l'est de la Jordanie.

Le roi Arétas II aurait battu les troupes du grand prètre et roi de Jérusalem, Alexandre Jannée en 93 av. J.-C.. Ils occupèrent Hauran, et autour de 85 av. J.-C., leur roi Arétas III devint seigneur de Damas et Coele-Syria. "Nabatéens" devint le nom arabe pour Araméens, à la fois en Syrie et en Irak, un fait qui a été à tort utilisé pour prouver que les Nabatéens étaient des immigrants araméens venant de Babylone. Des noms appropriés sur leurs inscriptions suggèrent qu'ils étaient des Arabes passés sous influence araméenne. Starcky pense que les Nabatu du sud de l'Arabie étaient leurs ancêtres. Cependant, différents groupes parmi les Nabatéens écrivent leurs noms de manière significativement différentes. C'est la raison pour laquelle les archéologues répugnent à dire qu'ils étaient tous de la même tribu, ou qu'un des groupes était les Nabatéens originels.

La période gréco-romaine

Image:RomanArabia.jpg

Petra fut construite rapidement au Ier siècle av. J.-C. au temps de la splendeur hellénique. A cette époque, les Nabatéens étaient alliés des premiers Hasmonéens dans leur lutte contre les monarques Séleucides. Ils devinrent les rivaux des dynasties judéennes à ce moment-là à leur apogée, et une des causes principales des désordres qui conduisirent à l'intervention de Pompée en Judée. Beaucoup furent convertis par la force au judaisme par le roi hasmonéen Alexandre Jannaeus. L'intervention romaine obtint des résultats mitigés et le roi Aretas put garder, en tant que vassal des romains, la plus grande partie de son territoire, y compris Damas.

Sous l'Empire Romain, les Nabatéens continuèrent de prospérer au cours du Ier siècle. Leur pouvoir s'étendait sur une grande partie de l'Arabie, de la Mer Rouge au Yémen. Malgré un déclin dû à l'émergence de la route commerciale entre Myoshormus et Coptos sur le Nil, Petra resta un centre commercial cosmopolite. Soumis à la Pax romana, les Nabatéens perdirent leurs habitudes guerrières et pastorales et devinrent un peuple pacifique centré autour du commerce et de l'agriculture.

Sous Trajan, l'influence de Pétra se réduisit et les Nabatéens perdirent leur indépendance lors de la réduction de leur royaume en province romaine d'Arabie Pétrée.

A partir du IIIe siècle, les Nabatéens arrêtèrent d'écrire en Araméen et utilisèrent le Grec à la place puis au IVe siècle, ils se convertirent au Christianisme. Les nouveaux envahisseurs arabes, qui se faisaient pressants dans la péninsule, trouvèrent les derniers Nabatéens transformés en fellahin.

Rois nabatéens

  • Nabayot ibn Ishmael
  • Natnu (~650 av. J.-C.)
  • Nuhuru ibn Natnu
  • Harithath (Aretas) I. 169–144 av. J.-C.
  • Maliku (Malichus) I. 144–110 av. J.-C.
  • Harithath (Aretas) II. 110–95 av. J.-C.
  • Erotim ~110–100 av. J.-C.
  • Ubaidah (Obodas) I. 95–87 av. J.-C.
  • ar-Rabil (Rabbel) I. 87 av. J.-C.
  • Harithath III. (Aretas III. Philhellen) 87–62 av. J.-C.
  • Ubaidah (Obodas) II. 62–~50 av. J.-C.
  • Maliku (Malichus) II. ~50–28 av. J.-C.
  • Ubaidah (Obodas) III. 28–9 av. J.-C.
  • Harithath IV. (Aretas IV. Philopatris) 9 av. J.-C.–~40 ap. J.-C.
  • Maliku (Malichus) III. ~40–~70
  • Shakilat ~40–~60
  • ar-Rabil II. (Rabbel Soter) ~71–106
  • Gamilat ~71–90
  • Maliku (Malichus) IV. 106

Liens externes



Views
Outils personels
Boîte à outils
Autres langues
Autres Liens