Névrose obsessionnelle

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La névrose obsessionnelle, catégorie psychopathologique de la psychanalyse, est une névrose caractérisée par exemple par la rigidité de ses mécanismes de défense. Les névroses n'apparaissant plus dans le DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), son équivalent en psychiatrie est le trouble obsessionnel compulsif (TOC).

Sommaire

Le modèle du traumatisme selon la première topique

Le modèle de la névrose l'assimile d'abord à un traumatisme inconscient provenant de l'enfance, et lié à la sexualité infantile. Le traumatisme n'est pas actuel, il fut soumis à l'élaboration mais son refoulement n'a pas permis de décharger l'affect qui lui est lié.

Bien après le trauma, dans l'après-coup, le traumatisme prend d'autres significations. C'est là qu'il y a régression et formation de symptômes.

Régression

Stade anal

Le stade génital se voit effacé par une régression à l'analité : l'anus est la région la plus érotisée, et la satisfaction anale est investie indépendamment de l'orgasme génital. La névrose obsessionnelle est le négatif de cette perversion, elle est défense contre ce stade anal si dérangeant.

Le névrosé obsessionnel présente une homosexualité latente, liée à l'intérêt pour ce que Freud nomme le cloaque. Le sadisme est particulièrement marqué : il peut être compris comme concommitant de l'emprise sur les fécès, garante de la propreté.

Toute-puissance

La toute-puissance de la névrose obsessionnelle est régression au stade de toute puissance de la pensée. Le névrosé ne se satisfait pas dans l'hallucination (le principe de réalité demeurant plus ou moins actif), ni à l'aide de gestes magiques, mais sa pensée est investie comme toute-puissante.

La pensée est fortement érotisée, assimilée à un pouvoir, à une emprise sur le monde extérieur. Ce qui est pensé est pensé comme se réalisant vraiment. Le névrosé a donc tendance à la rumination, qui se comprend comme satisfaction sexuelle, mais également au doute en tant que recherche de compromis.


Symptômes obsessionnels

La névrose obsessionnelle exprime des formations névrotiques normales, comme le rêve, des symtômes présents dans d'autres névroses, comme l'isolation, le déplacement, la condensation, la Symptôme de dénégation, mais aussi des symptômes qui lui sont propres, comme la formation réactionnelle et l'annulation rétroactive.

Isolation et Déplacement

L'affect, représentant-représentation, délégation psychique d'une pulsion est séparée de la représentation à laquelle il était jusque là lié. L'affect isolé peut conduire à de l'angoisse. Il peut aussi être déplacé sur une autre représentation auparavant anodine, ce qui provoquera la formation d'une obssession semblant totalement injustifiée.

Condensation

Plusieurs éléments latents, provenant de l'inconscient, vont être à l'origine d'une même représentation consciente. Le symptôme en particulier, est surdéterminé (et l'interprétation devra considérer plusieurs registres).

Dénégation

La dénégation se comprend comme l'art, subtil, d'offrir la vérité tout en la niant. Le névrosé présente son inconscient comme ce qui est faux, mais il le présente néanmoins. Freud expose le cas suivant : un patient lui dit qu'il a rêvé d'une femme. Freud lui demande donc de quelle femme a t-il rêvé. Ce à quoi le patient répond "je ne sais pas, tout ce que je sais, c'est que ce n'est pas ma mère".

Traits de caractère

Si la névrose de caractère n'est pas le sujet de cet article, Freud reconnaît néanmoins des traits de caractère propres au névrosé obsessionnel :

  • Avarice (selon l'équation inconsciente argent = fécès)
  • Entêtement
  • Colère

Formation réactionnelle

La formation réactionnelle pourra être obsession de propreté eu égard d'un désir anal ; on peut la comparer au renversement en son contraire de la pulsion.

Sándor Ferenczi considère que beaucoup (mais pas tous) les membres d'associations caritatives sont névrosés. Les bonnes oeuvres auxquels ils participent révéleraient leur intentions refoulées : non pas que l'altruisme soit simplement faux, mais il cache bien souvent une haine démesurée.

Annulation rétroactive

L'annulation rétroactive est une forme de croyance magique : ce qui a été accompli de mal peut être défait. L'annulation rétroactive n'est pas toujours présente, elle correspond à un stade avancé de la névrose. Le névrosé cherche à réparer ce qu'il a commis.

Le complexe d'Œdipe

Le complexe d'Oedipe est caractérisé par une grande ambivalence pour le père : à la fois aimé, respecté, structurant de la vie fantasmatique, et profondément haï et craint. C'est pourquoi la mort du père est toujours une question centrale : comme fantasme, elle représente une intention lourdement investie - comme réalité, elle marquera alors profondément le névrosé, qui pourra peut-être se dégager de certains interdits.

La désir pour la mère demeure important, structurant, fondateur de l'autorité parentale puis de la culture comme répression pulsionnelle et sublimation.

Seconde topique et culpabilité inconsciente

Le névrosé obsessionnel s'accuse d'avoir commis quelque chose ; la culpabilité consciente semble totalement injustifiée, car aucun acte réel ne semble correspondre à la violence du remords, en fait à l'auto-agression. Le surmoi de l'obsessionnel se montre assez puissant ; il peut être un surmoi archaïque tel que le décrit Melanie Klein. Mais cette culpabilité devient claire si elle est rapportée à des pensées que le névrosé ne connait pas lui-même, qu'il refoule : le névrosé s'en veut pour un acte qu'il n'a pas commis, mais que la toute-puissance lui présente comme tel.

A noter que Freud ne parle pas seulement d'une culpabilité qui a ses racines dans le vécu inconscient, mais bien d'une culpabilité en elle-même inconsciente.

Cure psychanalytique du névrosé obsessionnel

En tant que psychonévrose (ou névrose de défense), la névrose obsessionnelle est indiquée pour la psychanalyse (à condition d'une demande du sujet).

L'Homme aux rats

L'homme aux rats est un patient qui suivit une cure psychanalytique auprès de Freud, et qui lui révéla bien des spécificités de la névrose obsessionnelle. La clinique en fut exposée par Sigmund Freud au comité secret.

Difficultés

La névrose obsessionnelle serait un modèle de la névrose que le psychanalyste peut traiter. Néanmoins, la psychanalyse de la névrose obsessionnelle pose des difficultés : la cure peut se rallonger, sans paraître avancer ; certains névrosés présentent peu de matériel, développent un transfert hostile, etc.

Névrose obsessionnelle et psychiatrie

La catégorie des névroses apparaissait autrefois en psychiatrie, avec un sens peut-être différent de celui en psychanalyse, mais marquant l'intérêt de nombreux psychiatres pour les théories analytiques. Ce rapprochement tend à diminuer. Si le DSM est un manuel de psychopathologie psychiatrique international, cette situation se reflète néanmoins en France, bien qu'elle y soit moins marquée.

Névrose obsessionnelle et autres pathologies

Cette névrose fut reliée à d'autres pathologies. Il faut rappeler ici qu'un symptôme obsessionnel ne suffit pas à diagnostiquer une névrose obsessionnelle, et que le statut du diagnostic en psychanalyse se veut un outil de pensée plutôt qu'une méthode suffisante.

Névrose obsessionnelle et dépression

La dépression ne constitue pas une des catégories psychopathologiques de la psychanalyse, à l'opposé de la mélancolie. Elle peut donc se retrouver dans toutes les pathologies.

La dépression obsessionnelle est par excellence le deuil du père, ou d'un objet assimilé au registre paternel.

Névrose obsessionnelle et hystérie

Il y a dans la névrose obsessionnelle un noyau hystérique : les mêmes caractéristiques de bisexualité psychique, de fantasme de séduction, etc.., s'y retrouvent. Mais la différence essentielle est l'appauvrissement de la vie émotionnelle, alors que l'émotion dans l'hystérie peut se voir mise au service du refoulement.

Névrose obsessionnelle et paranoïa

La névrose obsessionnelle est souvent comprise comme ultime rempart contre la psychose. La régression au stade sadique anal visant la rétention (stade servant de modèle à l'introjection) protège donc de la psychose, laquelle vise l'expulsion, la projection du mauvais à l'extérieur.

Le névrosé ne souffre pas de délire, mais il ne reconnait pas son agressivité et réagit en se rigidifiant, en œuvrant pour le bien sans reconnaïtre son ambivalence (ou : pour ne pas la reconnaître) , en s'isolant (et en défaisant des liens associatifs, liens de pensée), en adoptant des atitudes compulsives (et des réactions face à ces attitudes), etc...

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie sommaire


Psychanalyse

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Dans le monde · Influence · Critiques . Index alphabétique



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