Néolithique
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Néolithique |
Le Néolithique (Âge de la pierre polie ou Âge de la pierre nouvelle), terme inventé en 1865 par le préhistorien John Lubbock, est la dernière période de la préhistoire et la plus courte. Il succède au Mésolithique, dont il est séparé par la "révolution néolithique", qui introduit de nombreux changements dans les modes de vie humains : sédentarisation le plus souvent, introduction de l'élevage et de l'agriculture.
Selon les régions, le néolithique débute à des périodes différentes ; dans les premières régions touchées, il commence il y a 10 000 ans et coïncide avec la fin des glaciations. Il se termine avec la protohistoire, soit au moment de l'invention de la métallurgie pour les premiers peuples avant l'invention de l'écriture, ou avec la description des peuples néolithiques par des cultures connaissant l'écriture. On peut donc dire que le néolithique est fini partout actuellement.
Le néolithique marque un véritable changement en ce sens qu'il est le commencement du contrôle par l'Homme de son environnement là où, auparavant il était dépendant de ressources alimentaires indépendantes de sa volonté. Cette révolution a permis l'explosion démographique humaine qui se poursuit encore aujourd'hui. En effet, devenu maître de son alimentation, l'Homme a pu devenir une espèce dominante.
On a pu parler de révolution néolithique pour ce passage du nomadisme à la sédentarisation, le début du travail des métaux comme le cuivre, puis la métallurgie avec le bronze, ainsi que de nouvelles techniques agricoles. Ce terme, coïncidant avec changement radical de l'humanité et de ses activités, est assez ambitieux qui ne rend guère en considération l'évolution cahotique et assez mal connue du mésolithique. Elle se caractérise par une série d'inventions et de changements. Le terme a été proposé en 1920 par l'Australien Vere_Gordon_Childe. Cela tend à souligner tout au plus une étape de l'aventure humaine au cours de son histoire, comme la domestication du feu ou la révolution industrielle.
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Progrès techniques
Pierre polie
La taille de la pierre se perfectionne, et le polissage est inventé : il permet d'obtenir des outils plus fins et plus efficaces. Toute une variété de nouveaux outils plus fins sont inventés à cette époque.
Pour plus de détails sur l'outillage et le néolithique dans les différentes régions du monde, voir l'article néolithique.
Âge des métaux
Une autre évolution est l'apparition d'outils en métal, dans une période parfois différenciée sous le nom de chalcolithique. Il ne s'agit au départ que de cuivre utilisé à l'état natif, simplement martelé pour lui donner une forme : à ce stade, on l'utilise plus comme une pierre malléable que comme un métal. Les techniques de transformation du cuivre évolueront par la suite, et l'on passera réellement alors à l'âge du fer.
Invention de la céramique
L'invention de la céramique est une étape majeure de développement des techniques humaines : la céramique (un matériau tiré de la terre cuite) est en effet le premier matériau transformé par la femme, tout comme la domestication des plantes, dont la transformation est irréversible. En effet, on ne peut pas obtenir de nouvelle argile à partir d'une terre cuite, car la structure moléculaire en a été irrémédiablement modifiée, alors que la pierre taillée reste du silex, et que les outils en métal, même des alliages, peuvent à nouveau fournir les métaux qui les constituent.
Elle fut inventée probablement à Jarmo, dans le Kurdistan Irakien, vers 5400 av. J.-C., au même moment qu'en Anatolie.
Invention de l'agriculture
C'est le principal changement de la période, par toute une série de bouleversements qu'il occasionne par la suite. À partir de 8000 av. J.-C., les hommes abandonnent leur économie de chasse et de cueillette et commencent à semer et à récolter des graines : le choix se fixe rapidement sur quelques céréales accompagnées de légumineuses. Chaque région collecte d'abord des plantes indigènes, puis les sème : mil au Sahara, orge et engrain, une variété de blé au Moyen-Orient, le millet Setaria italica dans le bassin du Fleuve Jaune et le riz dans le bassin du Fleuve Bleu en Chine, plantes à tubercule en Asie du Sud-Est, sorgho au Sahel, etc. Le changement climatique qui intervient à cette période (fin des glaciations) favorise la croissance des plantes, et la réussite de cette stratégie de subsistance. La chasse et la pêche sont cependant encore longtemps utilisées parallèlement à la culture et à l'élevage.
À la même période, les animaux commencent à être domestiqués, pour leur viande, mais aussi pour leur force de travail (comme animaux de trait, de bât, de selle) et leurs productions complémentaires : lait, laine, cuir. De la même façon, après différents essais, le choix se porte sur quelques espèces, les plus dociles : mouton possible dès 9000 av. J.-C. au Zagros, cochon vers 6500 av. J.-C. en Anatolie, Europe balkanique, Crimée et Mésopotamie, oiseaux de basse cour, et de façon plus limitée, chèvre et âne. Mais là encore, l'élevage peut se développer dans une société de chasseur-cueilleur : le chien est ainsi domestiqué 10 000 ans av. J.-C. en Europe du Nord-Ouest, le cheval en Ukraine 4000 ans av. J.-C.
Bouleversements de la société
Sédentarisation et apparition des premières villes
La découverte de l'agriculture n'entraîne pas toujours la sédentarisation complète, celle-ci ayant même pu précéder l'invention de l'agriculture dans de nombreux cas, lorsque l'environnement apportait une subsistance suffisante tout au long des saisons : bords de rivières ou de lacs, rivages maritimes. L'agriculture impose de se fixer au moins quelques mois, le temps de récolter, au même endroit. Le plus souvent, c'est quelques années, le temps que la terre s'épuise. Il existe ainsi le cas des communautés d'agriculteurs nomades, qui ne restent que le temps d'une récolte sur un territoire donné : il en subsiste encore en Inde et en Amazonie.
Des constructions durables apparaissent avec cette fixation des communautés humaines, en torchis et en pierre, remplaçant les huttes de peaux des chasseurs-cueilleurs. Les premières cités humaines sont construites dans des marécages, près des lacs ou des cours d'eau, ce sont les cités lacustres.
Quand ces constructions se regroupent, naît alors le village. Quand le village est suffisamment durable et grand, c'est une ville : la première serait Jéricho, il y a 9000 ans, peu de temps avant Jarmo et Khirotikia, à Chypre. L'agglomération de Çatal Hüyük, en Turquie, est l'exemple le plus éclatant d'une sédentarisation aboutie : ville de 12 hectares, maisons à un étage en briques crues, toits en terrasses, peintures murales, il y a environ 8500 ans.
Apparition des États
La gestion des travaux de la terre faits en commun, celle des réserves de grain, la direction de la défense du territoire contre les voisins dans un monde devenu trop plein, tout ceci conduit à l'apparition d'administrations et d'États.
Changement de la religion et des rapports sociaux
Bien que dans ces domaines, il faille rester prudent devant l'absence de sources écrites, et d'autant plus qu'on ignore beaucoup du mésolithique, il semble que les bouleversements survenus et attestés au néolithique se propagent aussi dans ces domaines.
La territorialité renforcée provoque des tensions, et accroît le rôle de la force musculaire de l'homme qui la défend. La compréhension des mécanismes de fécondation font intervenir le mâle ; ceci se dénote sous forme mythique, par l'exemple du labour de la terre, assimilé à un rapport sexuel (ceci se fait jour dans l'œuvre d'Hésiode, notamment les Travaux et les jours), ou par le biais de l'élevage. La place de la feminité dans le culte de la fécondité s'en trouve restreinte, et le sens de la religion modifié, provoquant l'apparition de nouvelles divinités. La place et le rôle omnipotent ou presque de la féminité et de la masculinité, au point de rendre cette dernière prépondérante. Le rôle de la femme de gardienne du feu, c'est-à-dire du foyer, devient moins important ; l'importance de la fécondité féminine diminue, au profit de la force et du rôle fertilisant du mâle. Dieux-rois et dieux tout-court apparaissent, se substituant aux deux cultes, primordiaux semble-t-il, de la déesse-mère, la « grande déesse », symbolisée par les nombreuses Vénus et en particulier par la Vénus aurignacienne que l'on retrouve présente de l'Atlantique à l'Oural durant tout le paléolithique, d'une part, et le Maitre des animaux.
L'art
Le passage du paléolithique au néolithique nous est raconté, du point de vue artistique, par un des plus grands auteurs d'histoire de l'art, Elie Faure. « Au début, tout, pour le primitif, est naturel, et le surnaturel n’apparaît qu’avec le savoir.” nous dit-il.
Mais la religion estompe l'art pour établir sa supériorité. C’est sans doute ce qui arrivera au néolithique, environt 6000 ans après l’engloutissement, sous les eaux du déluge, de la civilisation du renne. Des changements climatiques interviennent, la planète à nouveau se réchauffe, les glaciers fondent et les eaux montent.
Quand enfin de nouvelles conditions climatiques se stabilisent et que renaît la civilisation, c’est sous une autre forme. Celle du chasseur de renne est morte à jamais. Nous sommes au néolithique, l’homme est plus agriculteur que chasseur. Graines et animaux sont domestiqués, les tribus reconstituées se sédentarisent, les premières grandes cités apparaissent au Moyen-Orient et en Anatolie.
Voici surgir l'aube d’une nouvelle civilisation, “ glacée par une industrie plus positive, une vie moins puissante, une religion déjà détournée de la source naturelle », nous dit Elie Faure. “ Une civilisation à tendance scientifique prédominante ”, n'est-ce pas déjà la nôtre ?
Les belles formes mouvantes peintes sur les parois des cavernes du paléolithique disparaissent à jamais. Dans ce monde de la pierre polie qui succède à celui de la pierre simplement éclatée déjà se profile le rationalisme du futur âge industriel. Il y a comme une marque de réprobation et probablement d’interdiction religieuse dans ce tabou vis-à-vis des formes humaines et animales. La religion nouvelle, outre à faire naitre autant de dieux que d'hommes, se base sur l'astronomie davantage que sur la vie. L'esprit est tout, la forme dédaignée, avant d'être maudite parce qu'on y voit quelque « mauvais esprit » ou « mauvais œil », obstacle à la libération morale à venir au cours des millénaires jusqu'à nous, héritiers directs du néolithique.
Mais bien-sur, moi, je veux ensavoir plus sur les pratiques religieuses des hommes du néolithique!!! « Une silhouette de mammouth à demi effacée sur la paroi d’une caverne nous en dit plus sur l’esprit de l’homme qui l’y a gravée en quelques heures, qu’une plaine couverte de mégalithes sur des foules qui ont mis des siècles à les dresser », dira Elie Faure.
Cette période prend fin avec l'apparition de la métallurgie et l'âge du bronze. Au Proche-Orient, cela coïncide avec l'invention de l'écriture et la fin de la préhistoire.
Voir aussi
- Site Clovis, aux États-Unis, où l'on a retrouvé des outils néolithiques.
- Le Tableau synoptique des principales cultures préhistoriques du Vieux Monde
- Travois



