Néolibéralisme

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Le terme « néolibéralisme » désigne originellement en économie diverses écoles libérales ayant succédées à l'école classique de la fin du XIXe siècle au début du XXe. Ce courant est plus fréquemment appelé l'école néoclassique, dont se sont inspirées ensuite l'école autrichienne et l'école de Chicago monétariste.

Aux Etats-Unis le keynésianisme, pourtant en opposition profonde avec le monétarisme et le libéralisme classique, peut lui aussi être occasionnellement qualifié de neoliberal depuis que John Maynard Keynes s'est revendiqué « new liberal » pour soutenir sa doctrine social-démocrates interventionnistes. Cette divergence profonde sur les significations de libéral et néoliberal entre le continent européen et l’Outre-Atlantique trouve aussi son explication dans le maccarthysme qui a poussé de nombreux socialistes américains modérés à se dissimuler sous les appellations de « liberal » et « progressistes ».

En Europe, le terme « néolibéralisme » est utilisé depuis quelques années dans un 3ème sens plus vague, se référant à un supposé phénomène de regain et de radicalisation du libéralisme.

Sommaire

L'école néoclassique

voir article détaillé : école néoclassique

Une figure de proue du « néolibéralisme » compris au sens originel, est l'économiste Milton Friedman, titulaire du Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel et monétariste, de même que l'école de Chicago qu'il a fondée. Il poursuivit les travaux de l'école néoclassique, en inversant les objectifs de l'interventionnisme monétaire, à la différence de ce que les néoclassiques acceptaient. Il fonda l'école du monétarisme.


Nouvel usage en Europe

voir article détaillé : antilibéralisme et novlangue

Depuis quelques années en Europe, et plus particulièrement en Europe de l'Ouest, le terme « néolibéralisme » est repris avec une connotation péjorative et en association avec le mot « ultra-libéralisme », plus polémique, pour qualifier des politiques supposées libérales sur le plan économique, et aussi diverses que celles de Margaret Thatcher au Royaume-Uni et Ronald Reagan aux États-Unis dans les années 1980, ainsi que celles du FMI, de l'OMC, de la Banque Mondiale et de l'Union européenne aujourd'hui. Les personnes employant ces mots dans un discours critique sont généralement de gauche, mais peuvent aussi faire partie de la droite dite « conservatrice ». Ils affirment que ce qu'ils appellent « néolibéralisme » accroît les inégalités sociales, réduit la souveraineté des états, et nuit au développement du tiers monde. Le nouvel emploi de ce terme semble glisser actuellement pour insinuer l'existence d'une unique idéologie libérale, les nuances entre les sensibilités libérales ne se reflétant pas dans les discours des « anti-libéraux ».

Les libéraux considèrent au contraire les phénomènes mis en cause comme résultants d'interventions étatiques, tel le colonialisme, le protectionnisme ou l'État-providence, car le libre échange, principale cible de ces critiques pour ces répercussions sur les secteurs alimentaires et services publics, ne créerait d'après eux que des relations économiques mutuellement bénéfiques. En effet si les petits producteurs du Sud ne vendaient pas leurs marchandises à bas prix, des prix ne permettant pas une vie décente selon les organisations altermondialistes, elles ne trouveraient pas d'acquéreurs et ils s'appauvrirent encore plus. Selon leur pensée l'extension des libertés économiques et individuelles ne pourrait nullement conduire à un appauvrissement, et le « vrai » libéralisme repose d'abord sur la Liberté imprescriptible de l'individu face à toute organisation collective ou étatique. Toujours selon leur point de vue, la notion même de partisans d'une ultra-liberté ou d'une radicale et homogène évolution des courants libéraux (sous entendue par le préfixe néo-) serait absurde.

Citations

  • « Les adversaires du libéralisme — ceux qui se sont si lourdement et tragiquement trompés pendant des décennies — ne pouvaient cacher leurs erreurs qu'en pratiquant la fuite en avant : au lieu de célébrer la chute du mur de Berlin comme le symbole d'un retour à la liberté individuelle, ils ont proclamé la victoire de la démocratie (c'est-à-dire d'un mode d'organisation de la société politique) et ils sont partis en guerre contre les fictions que sont l'ultra-libéralisme et le néo-libéralisme, deux concepts construits de toutes pièces par les collectivistes et dans lesquels les libéraux ne se reconnaissent pas » (Pascal Salin).
  • « La mondialisation libérale, qui consiste à imposer la fatalité de la loi du Marché comme loi universelle et transcendante, tend ainsi à assigner les individus à résider dans un monde où les choix collectifs n’auraient plus lieu d’être. L’individu historique produit par le capitalisme et la société de Marché se trouve privé d’autonomie, condition première de l’émancipation et de l’émergence du politique. Le Marché s’accorde de ce fait avec l’idéal communautaire d’un grand corps compact qui indifférencie les individus, les fusionne, en sacrifie en théorie quelques-uns pour le bien du plus grand nombre. C’est la massification confondue avec la démocratisation. Aussi, dans le " village global ", déroger aux principes du Marché, chercher à s’en extraire et refuser l’injonction d’y entrer, est vu comme une déviance nuisible au progrès et à la promesse quasi-religieuse du salut de l’humanité par le libre-échange » Geneviève Azam, membre du Conseil scientifique d’Attac France.

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