Coopération
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La coopération (ou le mutualisme) est une forme d'organisation sociale, elle encadre aussi parfois des relations économiques. Elle existe
- sous des formes spontanées, souvent individuelle,
- sous des formes organisées par des structures (économie sociale), par des comportements (économie solidaire) ou par des contrats (cas des logiciels libres avec le principe de copyleft).
Dans un système basé sur la coopération, les différents acteurs travaillent dans un esprit d'intérêt général de tous les acteurs. Cela suppose un certain degré de confiance et de compréhension. La coopération est antagoniste à la concurrence.
Cet article est à vocation général, les articles coopérative et mutuelles de santé en France traitent des spécificités de ces deux types de structures.
Sommaire |
Fondateurs
Les différents fondateurs de l'économie sociale ont en commun le souci de rechercher des propositions pratiques plutôt que thèoriques. Friedrich Engels les nomma comme «socialiste utopique».
Robert Owen (1771-1858) est considéré comme le père fondateur du mouvement coopératif moderne. Il fit fortune dans le commerce du coton et désirait améliorer les conditions de travail et de vie de ses salariés par l'éducation des travailleurs et de leurs enfants, la mise en place de crèches et de villages communautaires... Il mit en œuvre ses idées avec succès dans sa filature "New Lanark" en Écosse. La première coopérative de consommateurs (magasin coopératif) y fut créée. Cette réussite lui donna l'idée de créer des "villages of co-operation" où les travailleurs pourraient se sortir eux-mêmes de la pauvreté en produisant leur propre nourriture, fabricant leurs propres vêtements et finalement se gouverner eux-mêmes. Il tenta de créer de telles communautés à Orbiston en Écosse et à New Harmony, dans l'Indiana aux États-unis, mais sans succès.
Charles Fourier (1772-1837) est l'inventeur des phalanstères. Jean-Philippe Buchez (1796-1866) initiera les associations ouvrières de production. Louis Blanc (1811-1882) créa les ateliers sociaux, et Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865) inspira le mutuellisme et l'autogestion.
Voir aussi :
- Claude Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon
- Frédéric Le Play (1806-1882)
- Charles Gide (1847-1932)
Histoire du mouvement coopératif / mutualiste
Les premières formes
L’association coopérative n’est pas un groupement instinctif, mais une forme déjà structurée de la vie en société. On peut imaginer à juste titre que les premières manifestations coopératives ont été spontanées : l’entraide... On peut néanmoins trouver des exemples de « préhistoire coopérative » ! L’aménagement du fermage collectif dans la Babylonie, les confréries d’assistance et de sépulture de l’antiquité romaine aurait eu d’un certain point de vue quelque parenté avec les institutions coopératives. On peut aussi évoquer les équipes de compagnons du bâtiment qui parcouraient l’Europe au temps des cathédrales, les « artels » de pêcheurs, de chasseurs et d’artisans de l’ancienne Russie... Les racines de la Coopération ouvrière plongent loin, environ 150 ans dans l’histoire. On peut dire qu’elle est une réponse des travailleurs aux conséquences de la concentration des capitaux. Les coopératives sont une réponse aux « abus » du capitalisme, essentiellement développé pendant la Révolution industrielle.
En France
L'interdiction de la coopération
En 1791, sous la Révolution française, la loi Le Chapelier des 14 à 17 juin 1791 inspirée par des préoccupations libérales, supprime tous les corps intermédiaires (les « assemblées d’ouvriers et d’artisans »), dont les coopératives, syndicats, mutuelles et associations. Cette loi proscrit ainsi les coalitions tant ouvrières que patronales, mais se sont surtout les premières qui étaient visées par crainte « qu’elles ne provoquent une augmentation de salaire ».
- Corporations : ensemble des personnes exerçant la même profession (marchands et artisans) afin d’en réglementer l’accès et l’exercice, la concurrence, les heures de travail et les techniques de production.
- Jurandes : Sous l’Ancien Régime, corps de métier constitués par le serment mutuel que se prêtaient ces membres.
- Compagnonnage : « Association entre ouvriers d’une même profession à des fins d’instruction professionnelle et d’assistance mutuelle. »
Le renouveau
La loi le chapelier ne fut abrogée qu’en 1884. La liberté d'association ne sera créée qu'en 1901.
La coopération fait partie de l'économie sociale, considéré comme une forme d'organisation de la classe ouvrière, alors non livrée à l’arbitrage des employeurs.
Il est certain que pendant le premier demi siècle de son existence, le développement coopératif aura été dominé par la primauté :
- Des coopératives de consommation
- Des coopératives de production (devenues ultérieurement les SCOP en France) et de producteurs (coopératives agricoles)
- Des réseaux coopératifs européens (Raiffeisen).
C’est là que se forgèrent les types d’organisation internes et le stock des doctrines dominantes.
Robert Owen (1771-1858) est considéré comme le père fondateur du mouvement coopératif moderne. Le Gallois qui fit fortune dans le commerce du coton désirait améliorer les conditions de travail et de vie de ses salariés par l'éducation des travailleurs et de leurs enfants, la mise en place de crèches... Il mit en œuvre ses idées avec succès dans sa filature "New Lanark" en Écosse. La première coopérative de consommateurs (magasin coopératif) y fut créée. Cette réussite lui donna l'idée de créer des "villages of co-operation" où les travailleurs pourraient se sortir eux-mêmes de la pauvreté en produisant leur propre nourriture, fabricant leurs propres vêtements et finalement se gouverner eux-mêmes. Il tenta de créer de telles communautés à Orbiston en Écosse et à New Harmony, dans l'Indiana aux États-unis, mais sans succès.
Les autres composantes de l'économie sociale sont les mutuelles, les fondations et les associations
Exemples de coopération
Esprit régnant dans le développement des logiciels libres, ou encore dans l'encyclopédie libre qu'est Wikipédia.
Quand le terme est utilisé en écologie, il signifie que des espèces animales ou végétales vont tirer un avantage de la présence de l'autre, il ne faut pas confondre cette relation optionnelle (dont le terme spécifique en écologie est commensalisme) avec une relation obligatoire, la symbiose.
Exemple spécifique du mouvement coopératif
Nombre d'associations d'entraide et de sociétés coopératives et mutuelles sont nées dans divers pays dans la deuxième partie du 19e siècle avec l'éclosion du mouvement coopératif. L'exemple a été repris depuis quelques décennies dans des pays en développement, par exemple au niveau de l'agriculture ou du microcrédit
Juridiquement, une société coopérative est une société privée dont le capital est détenu par ses propres salariés, qui en élisent le dirigeant. Dans une mutuelle, ce sont les adhérents (les usagers) qui ont ce rôle.
Les porteurs de parts sociales d'une coopérative sont appelés sociétaires et non pas actionnaires (pour montrer la différence avec les autres sociétés privées). La société, tout en ayant des cadres de direction pour sa gestion courante, élit un conseil d'administration et prend ses décisions importantes en assemblée générale de ses sociétaires selon le principe "un homme, une voix". et non "une action, une voix".
Souvent, les sociétés coopératives s'assemblent en fédérations, selon un système de « pyramide inversée ». Le pouvoir émane des sociétaires des caisses de bases (caisses locales en général), elles-mêmes contrôlant par leurs délégués les caisses de 2e niveau (caisses régionales essentiellement), qui contrôlent à leur tour les niveaux supérieurs ("unions" et caisses centrales nationales, fédérations internationales...).Tout en haut, il existe aussi dans chaque pays une union représentative des coopératives.
Coopération du Service National à l'Etranger (CSNE)
Le Service National de la coopération, familièrement appelé « coopé » était l'une des nombreuses formes de service civil existant avant l'abolition de la conscription en France.
Effectuer un Service National dans la coopération durait plus longtemps que de le réaliser sous sa forme militaire (mais moins longtemps qu'un service d'objecteur par exemple). Il s'effectuait obligatoirement à l'Etranger, soit pour le compte d'organismes dépendants du gouvernement français (ambassades, écoles), soit pour des organismes agrées, ou encore pour des entreprises respectant certaines conditions (actionnariat majoritairement Français etc.). Le service de la coopération donnait lieu à une « indemnité » nettement supérieure à celle octroyée aux appelés effectuant un service militaire.
Initialement auréolé d'une image positive, où l'on voyait le jeune appelé se formant le charactère en donnant 16 mois de son travail à une bonne cause (construction de puits au Sahel etc.), la coopé a rapidement été considérée comme un bon moyen d'échapper au Service Militaire, tout en bénéficiant d'une expérience professionelle valorisable. Ceci d'autant plus qu'un nombre croissant d'appelés de la coopération bénéficiaient à de grandes entreprises.
Tout au long de son existence, le Service de la Coopération a été l'objet d'un débat entre ceux considérant cette forme de service comme utile aux jeunes gens et à la Nation, et ceux le considérant comme une perversion du principe même de la conscription ne visant qu'à fournir de la main d'œuvre bon marché à des grands groupes qui pourraient aussi bien s'en passer.
Presque pour donner raison aux tenants de la deuxième interprétation, le Service de coopération a survécu à la supension de la conscription en 1996 sous une forme plus souple qu'est le V.I.E. (Volontariat International en Entreprise), ou un V.I.A. (Volontariat International en Administration).
Voir aussi
- Coopérative agricole
- Développement coopératif
- Économie sociale
- Liste des ministres français de la Coopération/Coopération et développement
- Microcrédit
- Solidarité
- Fédération nationale de la mutualité française
Liens externes
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