Mosquée de Paris

Un article de Freepedia.

La Grande Mosquée de Paris est un vaste ensemble bâti sur un terrain de près d'un hectare dans le Vème arrondissement de Paris. Elle a été édifiée pour rendre hommage aux centaines de milliers de soldats musulmans morts pour la France durant la Première Guerre mondiale, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancien hôpital de la Pitié. La première pierre fut posé en 1922 et elle a été inaugurée le 15 juillet 1926 par le président Gaston Doumergue.

La mosquée est de style hispanomauresque, le minaret se dresse à 33 mètres de hauteur. La grande porte de la mosquée de Paris est ornée de motifs floraux stylisés dans le plus pur style islamique. Elle fut construite au frais de l'état et elle est financée actuellement en grande partie par l'Algérie.

La mosquée de Paris durant la seconde guerre mondiale

Pendant l'occupation de la France par l'Allemagne nazie, la mosquée de Paris servit de lieu de résistance pour les musulmans vivant en France. Les algériens du FTP (Francs-tireurs partisans) avait pour mission de secourir et de protéger les parachutistes anglais et à leur trouver un abri. Les Francs-tireurs ont par la suite porté assistance à des familles juives des familles qu’ils connaissaient, ou à la demande d’amis en les hébergeant dans la mosquée en attente que des papiers leur soient fournis pour se rendre en zone libre ou franchir la Méditerranée pour rejoindre le Maghreb. Le docteur Assouline a comptabilisé 1600 cartes alimentaires (une par personne) qu’il avait fournies à la Mosquée de Paris pour les juifs qui y avaient trouvé refuge.

La genèse du projet

Un autre projet de mosquée a était entrepris en 1895 par le Comité de l'Afrique française animé par Théophile Delcassé, Cambon, le prince Bonaparte et le prince d'Arenberg mais il échoua.

Le journaliste Paul Bourdarie justifie la construction de la mosquée de Paris dans le journal "La Revue indigène" « Une telle proposition ne pouvait être oubliée et disparaître. Elle correspond trop bien à la politique que la France se doit à elle-même de suivre envers ses fils musulmans, et qui doit se traduire tantôt en actes d'équité politique ou administrative et tantôt en gestes de sympathie ou de bienveillance. Dès sa fondation en 1906, La Revue indigène avait mis dans ses plans de reprendre ce projet dès que seraient réalisées les réformes qu'elle se proposait de préconiser et de faire aboutir. Les membres de la Délégation musulmane algérienne venue à Paris en 1912 : MM. le Dr Benthami, Dr Moussa, Mokhtar Hadj Saïd, avocat, etc., se rappellent que la question fut abordée à ce moment au cours des réunions qui eurent lieu au siège de la Revue indigène. Entre temps, M. Christian Cherfils, islamophile, auteur d'un ouvrage connu sur Napoléon et l'Islam, préconisait de son côté l'érection d'une mosquée à Paris. D'autres, sans doute, entrevoyaient la même construction comme désirable et possible »

Bourdarie évoquait, dans son article, la contradiction de l'alliance avec l'Angleterre qui travaillait à dominer l'espace islamique alors que l'intérêt français était de rester « l'amie du Turc selon le vœu de François 1er et de Soliman le Magnifique » et de garder « son rôle de puissance musulmane arabe ».

La Revue indigène, comme le projet de mosquée à Paris, visaient à ce que les citoyens français sachent « accorder dans leur esprit et dans leur cœur l'amour de leur patrie et le respect de l'Islam » C'est pourquoi Bourdarie n'avait cessé de faire pression et de faire partager son projet et avait entrepris de longue démarche qui finirent par trouver l'oreille du gouvernement de l'époque. Boudarie confie dans son journal « En mai et juin 1915, j'entrais en relations suivies avec un architecte, élève de Girault, de l'Institut, M. E. Tronquois. Nos causeries roulant fréquemment sur l'Islam et le rôle des musulmans français sur les champs de bataille, M. Tronquois émit un jour l'opinion que le véritable monument commémoratif de leur héroïsme et de leurs sacrifices serait une Mosquée. J'expliquai à M. Tronquois les faits et les points de vue précédemment évoqués et nous résolûmes de nous mettre au travail aussitôt. Et ce fut dans l'été 1916 qu'un certain nombre de musulmans habitant Paris et d'amis des musulmans se rencontrèrent à plusieurs reprises au siège de La Revue indigène pour examiner et, au besoin, critiquer les esquisses de l'architecte. Je puis nommer : l'émir Khaled, venant du front et de passage à Paris ; le Dr Benthami ; le muphti Mokrani ; le Dr Tamzali et son frère ; Halil Bey ; Ziane ; le peintre Dinet ; la comtesse d'Aubigny ; Lavenarde ; Christian Cherfils, A. Prat, député, etc. À la suite de ces réunions, un Comité fut constitué, dont la présidence fut offerte à M. Ed. Herriot, maire de Lyon, sénateur, et la vice-présidence à MM. Lucien Hubert, sénateur[24], Bénazet Marin et Prat, députés et A. Brisson, directeur des Annales politiques et littéraires. La Commission interministérielle des Affaires musulmanes, saisie du projet par M. Gout, ayant donné son approbation, et M. Pichon, ancien ministre des Affaires étrangères, son patronage, le projet fut apporté directement à M. Briand, président du Conseil qui approuva »

Paul Bourdarie est le véritable père du projet de la Mosquée de Paris, il a travaillé inlassablement à la réalisation de ce projet.


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