Abbaye du mont Saint-Michel
Un article de Freepedia.
La prodigieuse abbaye du mont Saint-Michel se trouve sur la commune du Mont-Saint-Michel, qui fait partie du canton de Pontorson, dans le département français de la Manche.
Classé monument historique en 1987, le site figure depuis 1979 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. On la compare souvent aux Sept merveilles du monde.
Nota : les développements consacrés à la géographie du lieu (le mont Saint-Michel, écrit avec une minuscule et sans trait d'union) et à sa baie figurent dans l'article Le Mont-Saint-Michel relatif à la commune du Mont-Saint-Michel (avec une majuscule et un trait d'union, selon la nommenclature officielle de l'INSEE).
Sommaire |
Histoire primitive du Mont
Les druides
Des peuplades celtiques ont occupé la forêt de Scissy autour du mont Saint-Michel, et se livraient aux cultes druidiques sur le mont lui-même. Selon l'abbé Gilles Deric, historien breton du XVIIIe siècle, le rocher était dédié sous le nom de Mons vel Tumba Beneni, Mont ou Tombe de Belenos, le dieu gaulois du soleil.
Les Romains
L'arrivée des Romains vit la construction de voies romaines sillonnant l'Armorique, et l'une d'elle reliant Dol à Fanafmers (Saint-Pair) passait à l'ouest du Mons Belenus ; tant dut être déplacée vers l'est avec l'envahissement de la mer qu'elle finit par disparaître, se fondant avec la voie passant par Avranches.
Début de l'ère chrétienne
Le christianisme fit son apparition en Armorique aux alentours du IVe siècle. Ce furent la fondation des anciens diocèses de Dol et d'Avranches (ancien diocèse). Le Mont Tombe appartenait à ce dernier.
Un premier oratoire, dédié à saint Étienne protomartyre (premier martyr chrétien) fut élevé à mi-hauteur du rocher, puis un second en l'honneur de saint Symphorien (premier martyr des Gaules) fut élevé au pied du rocher. Des ermites veillaient alors sur les lieux et étaient approvisionnés par le curé d'Astériac (Beauvoir).
Le mont Saint-Michel quitta son appellation de Mont-Tombe en 710, après l'édification et la dédicace d'un oratoire à l'archange saint Michel par l'évêque saint Aubert, venu d'Avranches. Les restes de cet oratoire ont été retrouvé et sont encore visibles dans la chapelle Notre-Dame-Sous-Terre, c'est-à-dire sous la nef de l'abbatiale. Cette dédicace fit changer le nom du lieu en Mont-Saint-Michel-au-péril-de-la-Mer.
- On notera que l'actuelle chapelle Saint-Aubert, située au nord-ouest de l'abbaye, ne fut édifiée qu'au XVe siècle.
Histoire de l'abbaye
La collégiale Saint-Michel (IXe-Xe siècles)
Le règne de Charlemagne apporta à la Neustrie une ère de stabilité, qui s'acheva à la mort de l'empereur par une période d'anarchie et de grands désordres, notamment avec les invasions des Normands, et en particulier Rollon qui dévasta la région en 875. Le traité de Saint-Clair-sur-Epte (912) donna la légitimité à Rollon en l'élevant au titre de comte de Rouen, à la condition qu'il se fît chrétien. Il fut baptisé sous le nom de Robert. Cela fait, il se racheta en réparant le mal qu'il avait fait lors de ses pillages et dota richement les religieux qu'il avait fait fuir.
Son fils, Guillaume Longue-Épée, lui succéda en 917 et fut aussi généreux envers les monastères, jusqu'à son assassinat en 942. Son fils et successeur, Richard Ier « Sans Peur », fut indigné lors de ses fréquents pèlerinages au Mont du relâchement des chanoines qui déléguaient leur culte à des clercs salariés. Il obtînt alors du pape Jean XIII une bulle lui donnant autorité pour y mettre ordre. Il fut le nouveau fondateur de l'abbaye en 966.
Fondation de l'abbaye bénédictine (966)
(à compléter)
XIIIe siècle
En 1204, des guerriers bretons dirigés par Guy de Thouars incendièrent le Mont Saint-Michel. Le roi Philippe II Auguste donna une importante somme d'argent pour la reconstruction du monastère. Le cloître de la Merveille est achevé en 1228 dans le style normand : tailloirs des chapiteaux circulaires, écoinçons en pierre de Caen, motifs végétaux…
Les prisons de l'abbaye
En 1791, suite à la Révolution, les derniers bénédictins quittent l'abbaye. Elle devient alors une prison où sont incarcérés, dès 1793, plus de 300 prêtres refusant la nouvelle constitution civile du clergé. Ce ne sont pas les premiers prisonniers de l'abbaye, celle-ci ayant par le passé incarcéré plusieurs personnes sous lettre de cachet, ou selon la justice qui lui était redevable. Après la détention de socialistes au Mont (Martin Bernard, Armand Barbès et Auguste Blanqui), divers artistes, dont Victor Hugo dénoncent l'abbaye-prison. La prison fut fermée en 1863 suite à un décret impérial.
Un dispositif de télégraphe optique (système de Chappe) fut installé sur le sommet du clocher en 1794, faisant ainsi du Mont Saint-Michel un maillon de la ligne télégraphique Paris_Brest. En 1817, suite aux nombreuses modifications effectuées par l'administration pénitentiaire, l'hôtellerie édifiée par Robert de Torigni s'écroule.
Le monument historique
C'est en 1874 que l'abbaye fut classée comme un monument historique. Des travaux urgents de consolidation et de restauration sont effectués par Corroyer. Édification d'une flèche (1896) s'élevant à plus de 170 mètres au dessus de la mer.
En 1898, Paul Gout effectue des fouilles sous le plancher de l'église, et redécouvre Notre-Dame-Sous-Terre. Celle-ci sera complètement dégagée en 1959, suite à l'installation d'une poutre en béton précontraint par l'architecte Yves-Marie Froidevaux.
Renaissance religieuse
En 1966, à l'occasion de la célébration sous l'égide d'André Malraux du millénaire de l'abbaye, plusieurs monastères bénédictins envoyèrent quelques moines passer l'année 1966 au Mont, afin de célébrer à leur manière le caratère religieux millénaire du lieu, sans lequel le rocher serait sans doute resté à l'état quasi naturel. Une fois l'année passée, avec son flots de visiteurs et de colloques, une poignée de moines resta, en accord avec l'État, propriétaire des lieux.
Cette petite communauté effectua pendant près de trente-cinq ans, par sa présence et la célébration du culte, une sorte de pèlerinage permanent sur les lieux, recevant elle-même les pèlerins de tous horizons. Ces pioniers permirent alors la restauration d'un communauté plus importante:
Depuis 2003, la présence religieuse au Mont est le soin des Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de Paris (église Saint-Gervais). Une communauté d'hommes et une communauté de femmes se retrouvent pour les temps de prière dans l'abbatiale ou plusieurs chapelles, rendant ainsi à l'édifice les tonalités originelles de son architecture.
Architecture
L'abbaye bénédictine a été édifiée dès le Xe siècle siècle et regorge de merveilles architecturales édifiées dans les styles carolingien, roman et gothique flamboyant, le tout pour superposer sur un espace exigu les différents bâtiments dévolus aux activités d'un monastère bénédictin (en ce sens, le mont Saint-Michel pourrait être considéré comme une mégastructure)
Viollet-le-Duc visita le mont en 1835. Mais ce furent ces élèves qui furent destinés à restaurer ce chef-d'œuvre de l'art gothique français, c'est-à-dire Paul Gout et Édouard Corroyer. Mais l'abbaye se compose de plusieurs parties, dont voici le détail :
Abbatiale et chapelles
Notre-Dame Sous-Terre
L'église abbatiale originale, datant de la fondation (966), a été éventuellement complètement englobée par les agrandissements successifs de l'abbaye, et fut même oubliée pendant plusieurs siècles, jusqu'à sa redécouverte lors des fouilles effectuées au tournant des XIXe siècle et XXe siècle siècles. Restaurée, elle offre un magnifique exemple d'architecture pré-romane.
Les autres bâtiments abbatiaux ont ensuite été élevés à l'est de l'église originale, sur le sommet du rocher et surplombant celle-ci.
Plans des divers niveaux de l'abbaye.
L'église abbatiale
Les pélerinages s'intensifiant, il fut alors décidé d'agrandir l'abbaye en édifiant une nouvelle église abbatiale à la place des bâtiments abbatiaux, et ces derniers furent relocalisés au nord de Notre-Dame-Sous-Terre.
La nouvelle église abbatiale comportait également trois cryptes, soit la chapelle des Trente-Cierges (au nord), la crypte du chœur (à l'est) et la chapelle Saint-Martin (au sud) (1031-1047). L'abbé Ranulphe commence ensuite l'édification de la nef (1060). En 1080, trois étages de bâtiments conventuels sont édifiés au nord de Notre-Dame-Sous-Terre, comprenant la salle de l'Aquilon, servant d'aumônerie accueillant les pèlerins, le promenoir des moines et le dortoir. Le cellier et l'aumônerie de la future Merveille sont également entamés.
Notre-Dame-Sous-Terre fut alors totalement recouverte par les nouvelles constructions, mais demeure utilisée pour le culte.
Reconstructions
Mal consolidées, trois travées occidentales de la nef s'écroulèrent sur les bâtiments conventuels, en 1103. L'abbé Roger II les fait reconstruire (1115-1125). En 1421, c'est au tour du chœur roman de s'écrouler. Il sera reconstruit en style gothique flamboyant entre 1446 et 1523 (avec une interruption entre 1450 et 1499).
La façade classique de l'abbatiale
Suite à un incendie en 1776, il fut décidé de démolir les trois travées occidentales de la nef, et en 1780, la façade classique actuelle fut édifiée. Malheureusement, les soutènements nécessaires à cette dernière ont nécessité la coupure en deux de Notre-Dame-Sous-Terre.
Les chapelles particulières
La Merveille et les bâtiments monastiques
L'Abbaye du Mont-Saint-Michel est divisée en deux partie: l'abbatiale et la Merveille. La Merveille était l'endroit où les moines vivaient. Elle est correspond, vue de l'extérieur, à la partie gothique, c'est à dire à la face nord et a été construite en 25 ans sur 3 étages.
La Merveille est elle-même organisée en deux partie: la partie Est et la partie Ouest. La partie Est fut la première a être construite (de 1211 à 1218) et comprend trois salles: l'Aumônerie, la Salle des Hôtes et le Réfectoire (de bas en haut). La partie Ouest, quant à elle, a été érigée sept après et comporte également trois salles: le Cellier, la salles des Chevaliers et le Cloître.
Les bâtiments de Robert de Torigni
L'abbé Robert de Torigni édifia, à l'ouest et au sud-ouest un ensemble de bâtiments comportant de nouveaux logis abbatiaux, une officialité, une nouvelle hôtellerie, une infirmerie et la chapelle Saint-Étienne (1154-1164). Il remania également les chemins de communication desservant Notre-Dame Sous-Terre, afin d'éviter un trop grand contact avec les pèlerins et les moines de l'Abbaye.
La Merveille
Le bâtiment de la Merveille, situé juste au nord de l'église abbatiale, intègre cloître, réfectoire, salle de travail et aumônerie dans un parfait exemple d'intégration fonctionnelle. Raoul-des-Îles édifie, au dessus de l'aumônerie construite sous Roger II, la Salle des Hôtes (1215-1217), le Réfectoire (1217-1220), et au dessus du cellier, la Salle des Chevaliers (1220-1225) et le magnifique cloître (1225-1228).
Le cloître
On y trouve notamment un cloître dont trois arches sont étonnamment ouvertes sur la mer et le vide ainsi qu'une roue servant de treuil et dans laquelle marchaient des prisonniers pour la faire tourner.
La salle dite de Belle Chaise et les bâtiments du sud-est
De même, les bâtiments de la belle-chaise et des logis abbatiaux intègrent les fonctions administratives de l'abbaye aux fonctions cultuelles. L'abbé Richard Turstin édifie, à l'est, la Salle des Gardes (qui sera depuis l'entrée de l'abbaye) ainsi qu'une nouvelle Officialité, où est rendue la justice relevant de l'abbaye (1257).
Vers 1393, sont édifiées les deux tours du Châtelet, puis ensuite la Tour Perrine et une Bailliverie. Le tout sera complété, à l'initiative de l'abbé Pierre Le Roy, par un logis personnel complétant les fortifications de l'abbaye même.
La ville
La ville qui se blottit au sud et à l'est du mont est ceinte d'une muraille fortifiée.À voir, à proximité d'une des portes, deux bombardes de 380mm? et 420mm? abandonnées par les Anglais.
La description des remparts et des monuments de la ville figurent à l'article sur la commune du Mont-Saint-Michel.
Bibliographie
- Notice historique du Mont-St.-Michel et de Tombelaine. par Louis Blondel. Avranches, Le Court, 1816. Seconde édition en 1823.
- Histoire pittoresque du Mont Saint-Michel et de Tombelène. P., Librairie A. Ledoux, 1834. par Maximilien Raoul (le pseudonyme de Charles-Marie Letellier). Suivi d'un fragment inédit sur Tombelène, extrait du Roman du Brut transcrit et annoté par Leroux de Lincy.
- Histoire et description du Mont-Saint-Michel. par Edouard Le Hericher. Avranches (vers 1850), Anfray. L'ouvrage est divisé en trois parties : Légendes et histoire, descriptions des fortifications, de la ville et de l'abbaye, le rocher de Tombelaine.
- Description de l'Abbaye du Mont Saint-Michel et de ses Abords. Précédée d'une Notice historique. par Edouard Corroyer. Paris, Dumoulin, 1877.
- Le Mont-Saint-Michel. Histoire de l'abbaye et de la ville. Etude archéologique et architecturale des monuments. par Paul Gout. Paris, Armand Colin, 1910.
- Le Mont Saint-Michel. Préface de Marcel Aubert. par Germain Bazin. Paris, Picard, 1933.
Voir aussi
- Le Mont-Saint-Michel (commune)
- Plan des divers niveaux du Mont-Saint-Michel
- Liste des abbés du mont Saint-Michel
- Histoire de la Normandie
Liens externes
- (fr) Site officiel Office Touristique Mont Saint-Michel
- (fr) Site officiel Abbaye du Mont-Saint-Michel
- (fr) Visite virtuelle
- (fr) Description du Mont-Saint-Michel en 1883 - Présentation des travaux de 1872
- (fr) Projet de désensablement de la baie
- (fr) Mont Saint-Michel, dossier spécial sur les travaux de désensablement
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