Monique Wittig
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Monique Wittig était une romancière et théoricienne féministe et lesbienne, dont l'œuvre a beaucoup marqué le mouvement féministe et les théories de dépassement du genre.
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biographie
Née en 1935 à Dannemarie dans le Haut-Rhin (France), Monique Wittig fut l'une des fondatrices du Mouvement de libération des femmes. Le 26 août 1970, en compagnie de nombreuses femmes, elles déposaient à l'Arc de triomphe une gerbe à la femme du soldat inconnu - évènement considéré comme le geste fondateur du mouvement féministe en France. En 1971, on la retrouvait aux "Gouines rouges", premier groupe lesbien constitué à Paris. Elle participa également aux "Femmes Révolutionnaires".
En 1976, elle quittait Paris pour les États-Unis, où elle a enseigné dans de nombreuses universités, notamment à l’Université de Tucson où elle donna ses derniers cours, Étude sur les Femmes, avant de mourir le vendredi 3 janvier 2003 à Tucson (Arizona, États-Unis).
Théories
Monique Wittig s’autoproclame « lesbienne radicale », formule qui désigne autant une préférence sexuelle qu’un choix politique. Ce choix se retrouve dans ses livres, et Monique Wittig ne mettra plus en scène que des femmes. Pour éviter toutes confusions, elle précise : « Il n’y a pas de littérature féminine pour moi, ça n’existe pas. En littérature, je ne sépare pas les femmes des hommes. On est écrivain, ou pas. On est dans un espace mental où le sexe n’est pas déterminant. Il faut bien qu’on ait un espace de liberté. Le langage le permet. Il s’agit de construire une idée du neutre qui échapperait au sexuel ».
Théoricienne du féminisme matérialiste, elle dénonce le mythe de "la femme", met en cause l'hétérosexualité comme régime politique, base d'un contrat social auquel les lesbiennes refusent de se soumettre : "La femme n'a de sens que dans les systèmes de pensée et les systèmes économiques hétérosexuels. Les lesbiennes ne sont pas des femmes" en 1978.
Cela doit se comprendre dans le sens où, pour elle, la catégorie "femmes" n’existe que par construction en relation avec la catégorie "hommes" et donc que des "femmes" qui ne seraient plus en relation avec des hommes ne seraient plus, n’auraient plus à être des "femmes".
Monique Wittig développe une critique du marxisme (qui entrave la lutte féministe), mais aussi une critique du féminisme (qui ne remet pas en cause le dogme hétérosexuel), pour aboutir à une critique du dogme hétérosexuel, porté par la « pensée straight ».
À travers ces critiques, Wittig prône une position universaliste forte. L’avènement du sujet individuel et la libération du désir demandent l’abolition des catégories de sexe.
bibliographie
- 1964, "L’Opoponax" (prix Médicis)
- 1969, "Les Guérillères"
- 1973, "Corps Lesbien"
- 1976, "Le Brouillon d’un Dictionnaire des Amantes", (avec Sande Zeig, sa compagne)
- 1985, "Virgile, non"
- 1992, "La pensée straight"
- 1999, "Paris-la-Politique"
au sujet de Monique Wittig
- "L'écriture poétique de Monique Wittig", Catherine Écarnot, (thèse de doctorat)
- "Parce que les lesbiennes ne sont pas des femmes, autour de l'œuvre politique, théorique et littéraire de Monique Wittig", Actes du colloque des 16-17 juin, 2001, Paris.
- Le film The Girl, réalisé par Sande Zeig, est tiré de son premier roman écrit en anglais.



