Monastère de Ganagobie

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Le monastère de Ganagobie, est un monastère bénédictin située sur la commune de Ganagobie, dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, en Provence (France).

Outre la qualité de son emplacement dominant la vallée supérieure de la Durance, Ganagobie possède une série de mosaïques médiévales uniques, illustrant un bestiaire fantastique.

Le prieuré bénédictin de Ganagobie occupe une position privilégiée, à 660 m d'altitude, sur un étroit plateau isolé par de vertigineux à-pics. C'est le genre d'emplacement qu'affectionnaient ses constructeurs, les bénédictins de Cluny. Un choix opposé à celui des cisterciens. C’est une des plus belles œuvres romanes de Haute-Provence.

Longtemps inoccupé au XX° siècle, une communauté de moines bénédictins s'y est réimplantée en 1987, et s'est illustrée entre 1991 et 2000 par des séminaires destinés à aider les entreprises à réfléchir au sens de leurs décision et à leur éthique (l'activité a pris ensuite son autonomie dans le Massif de la Sainte-Baume).

Sommaire

Histoire

  • Fondation du monastère vers le milieu du Xe siècle par l'évêque de Sisteron. Celui-ci fait donation de l'établissement qui devient prieuré clunisien en 965. Le monastère s'enrichit rapidement de donations diverses, notamment aux XIIe et XIIIe siècles, de la part des comtes de Forcalquier. Très prospère jusqu'à la fin du XIVe siècle, il s'affaiblit au XVe siècle. Il connaît un certain renouveau pendant la première moitié du XVIe siècle, sous l’impulsion du prieur Pierre de Glandevés, puis est complètement saccagé lors des guerres de Religion.
  • En 1562, les Huguenots qui se sont réfugiés au monastère en sont délogés par le gouverneur de Provence.
  • Au XVIIe siècle, Pierre et Jacques de Gaffarel (ce dernier fut le bibliothécaire de Richelieu) sont à l’origine de la seconde renaissance.
  • Il entre néanmoins dans une lente décadence jusqu'à la sécularisation en 1788, la vente en 1791 et la destruction partielle en 1794 des bâtiments. Le directoire du district de Forcalquier faist démolir à la masse les transepts et le chœur de l'église ainsi que de la partie orientale du monastère en 1794.
  • En 1891, le comte de Malijay cède les lieux aux bénédictins de Sainte-Madeleine de Marseille. Les moines restaurent l'église, le cloître et le réfectoire, mais doivent s'exiler en Italie en 1901.
  • En 1898, découverte des mosaïques médiévales.
  • Le retour en France et l'installation des bénédictins à l'abbaye d'Hautecombe (Savoie), en 1922, assure au prieuré une permanence d'un ou deux moines. La rumeur locale prétend que l'un d'entre eux reçu la confession de Gaston Dominici mais qu'il ne la trahit jamais.
  • De 1976 à 1986, les mosaïques sont restaurées.
  • En 1992, La communauté des moines d’Hautecombe s’installe à Ganagobie
  • L'ouverture d'une route goudronnée facilitant l'accès au plateau, en 1953, permet d'engager de gros travaux : sous l'égide des monuments historiques, les absides de l'église sont relevées entre 1960 et 1975 et les mosaïques romanes du chœur, restaurées en atelier, sont replacées en 1986. Parallèlement, des fouilles sont menées de 1974 à 1992.

L'église

L'église, du début du XIIe siècle, répond aux canons de l'architecture romane provençale, avec un curieux portail dont les archivoltes en arc brisé sont séparées par des festons de pierre qui paraissent d'inspiration mozarabe, comme les mosaïques qui ornent le chœur. Les mosaïques des absides, exécutées entre 1135 et 1173 (Combat des vertus et des vices), exceptionnel exemple de décoration romane de ce type.

Dans la nef trône une Vierge de Monticelli, peintre provençal du siècle dernier; l'artiste en fit don aux religieux en souvenir de son enfance, passée en grande partie dans la ferme voisine du prieuré.

Le cloître

Le cloître roman est un petit chef-d'œuvre de grâce et de simplicité ; le réfectoire, couvert de deux voûtes d'ogives, et la salle des moines ont été restaurés, alors que les autres bâtiments qui l'entouraient sont en ruine.

Le nom de Ganagogie

L'origine et la signification du nom de Ganagobie ont fait couler beaucoup d'encre. Selon la vieille histoire que les Provençaux se racontaient, les soirs d'hiver, à la veillée, c'était sur ce plateau isolé dominant la Durance, entouré de profonds ravins, que venait se réfugier une chienne boiteuse - cana gobi en patois local - pour se soustraire à la compagnie des chiens avec lesquels elle devait chasser. D'autres prétendent que le nom du lieu, où les chênes kermès ou chênes verts croissent en abondance, est une déformation de Tanagobie, nom issu de tann, chêne en celtique, et de copia, abondance en latin. Les recherches les plus sérieuses ont établi que le toponyme comporte la racine gan, variante de la racine han signifiant hauteur, elle-même dérivée de la base pré-indo-européenne car, désignant le rocher - on retrouve cette racine dans des noms de lieu tels que Cannes, Cagnes, Gan... Par ailleurs, il est formé de la racine celtique gob évoquant la courbe ou le cercle, que l'on retrouve dans Gergovie, nom du principal oppidum arverne, qui, comme Ganagobie, était une hauteur rocheuse circulaire.

Le bon saint Transi

A la mort, en 1382, de Jeanne Ire d'Anjou, (1326-1382 ; reine de Naples et comtesse de Provence en 1343), les troupes de Raymond de Turenne ravagent la région rhodanienne. La tradition raconte que le prieur de Ganagobie, qui administre alors également l'église Saint-Honorat des Alyscamps à Arles, décide de placer en lieu sûr les reliques du patron de cette église. C'est ainsi que la tribune de la prieurale accueille temporairement les restes du saint évêque arlésien du Ve siècle, fondateur, vers 410, du prestigieux monastère de Lérins.

La paix revenue, le prieur offre les insignes reliques à l'abbaye de Lérins, dans laquelle il devient moine en 1391. Toutefois, à Ganagobie, la translation – transitus en latin – des restes de saint Honorat a marqué les mémoires au point que s'y développe le culte d'un saint nouveau, saint Transit puis Transi, dont les habitants de la région viennent implorer le secours, accompagnés de leurs enfants malades, transis de fièvre ou de froid. « Tant que l'eau de la Durance coulera, bon saint Transi, la Provence t'aimera ! », dit la chanson composée en l'honneur du saint de Ganagobie, né de la plus sincère dévotion populaire.

À voir

Derrière l’église, on remarquera d’anciennes tombes creusées à même le roc pour y ensevelir des moines. À l’entrée de l’église, deux de ces tombes sont mises en valeur.

L’allée aux moines, à gauche de l’église, conduit au bord du plateau, et offre une vue sur la Durance, les Alpes et le Pelvoux.

Tout le sommet du piton est couvert de chênes verts sous les branches desquels on découvre des remparts en pierres sèches qui semblent dater de l'époque carolingienne, ainsi que les ruines d'une église du VIIIe siècle. Quant à la belle «borie» (hutte de pierres sèches) qui se dresse devant le prieuré, la tradition la dit gauloise. Des allées parfaitement entretenues sillonnent les bois et permettent d'atteindre deux magnifiques belvédères, pareillement perchés au sommet de murailles verticales : l'un domine la vallée de la Durance et le plateau de Valensole; l'autre, à l'opposé, le bassin de Forcalquier.

Liens externes

Le site du monastère de Ganagobie

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