Missile

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Un missile est une arme constituée par un propulseur de type fusée (il emporte son carburant et son comburant), un système de guidage-navigation et de pilotage, une charge militaire (explosif classique ou nucléaire, voire chimique ou biologique).

Les missiles sont catégorisés en fonction de leur profil de mission (plateforme de tir et objectif) :

  • missile sol-sol (attaque d'un objectif fixe ou mobile sur terre ou sur mer à partir d'un engin tiré du sol), sol-air (défense aérienne du territoire ou d'un navire)
  • missile mer-mer (attaque d'un navire à partir d'un autre navire)
  • missile air-sol (attaque d'un objectif au sol ou en mer à partir d'un aéronef), air-air (combat aérien entre aéronef)

Les missiles sont catégorisés en fonction de leur portée :

  • TCP : très courte portée (de l'ordre de quelques kilomètres)
  • CP, LP : courte portée, longue portée (jusqu'à plusieurs dizaines de kilomètres)
  • balistique : le missile est propulsé à travers l'atmosphère puis suit une trajectoire balistique. Le missile balistique à courte portée (quelques centaines de kilomètres) est qualifié de tactique, celui à longue portée (plusieurs milliers de kilomètres) est qualifié de stratégique.

Le missile de croisière est un missile équipé d'un propulseur de type aéronautique (réacteur). Il se déplace uniquement dans l'atmosphère et est généralement à très longue portée. Sa mission est identique à celle d'un avion de bombardement mais sa trajectoire est programmée avant le tir.

Sommaire

Historique

Les premiers missiles furent les V2 allemands mis au point en 1944 et utilisés pour bombarder Londres à titre de représailles (les V1, V2 et V3 étaient les armes de représailles 1, 2 et 3) par Werner von Braun qui allait devenir dans les années 60, après les échecs répétés des fusées Vanguard de la Marine (construites sans son concours), le père technique du programme astronautique américain.

La mise en place du premier satellite artificiel par l'URSS le 4 octobre 1957 (Spoutnik 1) avait en effet stimulé l'intérêt des Américains... et débloqué des crédits : un pays - l'URSS en l'occurrence - disposant d'une fusée capable de mettre en orbite un satellite peut assez aisément le transformer en missile intercontinental. Les gouvernements étatsuniens travaillèrent dès lors à rattraper ce retard. L'objectif de prestige international, non négligeable, venait en second lieu.

Après guerre, des missiles beaucoup plus petits conçus pour des usages différents firent également leur apparition. Le missile guidé par infra-rouge destiné à détruire un avion ennemi en pistant son réacteur naquit, rapidement suivi par le missile guidé par radar. Des missiles tirés depuis le sol destinés à abattre des avions en vol furent également développés. L'URSS abattit ainsi un avion espion américain U2 le 1er mai 1960 grâce à ses missiles sol-air SA-2. D'autre missiles montés sur des véhicules puis portables par un soldat furent également introduits pour la défense anti-aérienne de moyenne et courte portée. Performances et portées s'améliorèrent considérablement au fil des années.

Les missiles trouvèrent également une application en tant qu'arme antichar. Filoguidés la plupart du temps, montés sur des véhicules terrestres, des hélicoptères, des avions ou portés par l'infanterie, les missiles anti-char ont une portée et une précision bien supérieures aux roquettes. Il constituèrent la réponse à la suprématie dont les blindés firent la démonstration pendant la seconde guerre mondiale.

D'autres missiles furent utilisés contre des navires. L'industrie française a ainsi produit l'Exocet qui s'est rendu célèbre entre les mains de l'Argentine en coulant un navire britannique pendant la guerre des Malouines. Les missiles antinavires peuvent être tirés depuis un navire, un avion ou un hélicoptère et sont généralement guidés par leur propre radar.

En dernier lieu, des missiles sont utilisés pour attaquer des cibles au sol comme le feraient des bombes mais avec une portée bien supérieure. Certains d'une portée relativement courte foncent directement sur la cible désignée par le tireur, d'autres, appelés missiles de croisière, peuvent parcourir plusieurs centaines de kilomètres en collant au terrain pour frapper un bâtiment précis.

Guidage

Les technologies du guidage

D'un point de vue technique, il existe de nombreux systèmes de guidage différents. Ils dépendent des caractéristiques de la cible et du degré de précision que la mission et la munition rendent nécessaires.

  • Guidage inertiel : tout d'abord utilisé sur les missiles à longue portée (missiles stratégiques et missiles de croisière); il utilise une centrale inertielle associant trois gyroscopes (un pour chaque axe), ce qui leur permet de maintenir un cap de façon prolongée. Cependant, les gyroscopes étant victimes d’une certaine dérive sur les longues distances, on tend à leur adjoindre aujourd’hui un système de guidage par GPS pour recaler leur positionnement. Des bombes et missiles de dernière génération mis en œuvre par l'armée américaine fonctionnent ainsi.
  • Guidage topographique : certains missiles de croisière comparent en permanence la topographie du terrain survolé à une carte préalablement établie qu’ils gardent en mémoire, repérant ainsi toute variation par rapport à l’itinéraire fixé.
  • Guidage laser : lorsqu’une grande précision est requise (missile anti-char ou anti-bunker), on utilise généralement un guidage laser. La cible est illuminée par un laser dont la tache est perçue par le système d'autoguidage du missile qui s'aligne dessus pour assurer l'impact.
  • Guidage vidéo : une caméra de télévision, permettant généralement une vision nocturne est installée dans le nez du missile et permet de guider le missile à distance.
  • Guidage infrarouge : essentiellement utilisé par les missiles sol-air et air-air de courte portée, un autodirecteur infrarouge permet de se caler sur le rayonnement infrarouge émis par les tuyères du turboréacteur ou du turbomoteur de l'appareil ennemi. L'avantage de ce genre de système est son autonomie et son fonctionnement passif, il ne produit que peu de signaux détectables. La portée du détecteur d'infrarouges n’excède toutefois guère une vingtaine de kilomètres.
  • Guidage radar : tout d'abord employé sur les missiles sol-air et air-air de moyenne et longue portée, qui ont généralement recourt à un guidage radar actif (le missile possède alors son propre radar) ou bien semi-actif (dans ce cas, le missile utilise le radar de l’avion lanceur). Le guidage radar semi-actif est utilisé sur le AH-64 Apache de dernière génération pour guider ses missiles antichar et remplace le fil ou de la fibre optique de guidage jusqu'alors utilisé. Certains missiles, souvent anti-navires, utilisent successivement plusieurs types de guidages (inertiel juste après leur lancement puis radar lorsqu’ils ont localisé leur cible). D'autres se calent sur les ondes électromagnétiques émises par leurs cibles (cas des missiles anti-radar).
  • Filoguidage : certains missiles à courte portée (comme les missiles anti-char) utilisent un guidage par fibre optique ou par câble électrique. Ils dévident derrière eux, durant leur vol, un long fil grâce auquel un opérateur leur expédie des informations depuis la station de tir, souvent afin de les guider. Le poste de tir est généralement constitué d'un système de pointage optique opéré par un tireur.

Liens externes

Missiles

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