Michel Audiard
Un article de Freepedia.
Pierre Michel Audiard, (1920-1985), était un dialoguiste et un réalisateur français de cinéma.
Fils spirituel de Marcel Aymé, anarchiste de droite (cynisme, misanthropie et révolte permanente qu'on trouvera plus tard aussi chez Jean Yanne). S'inspirant de la gouaille du peuple parisien, ses dialogues constituent l'un des meilleurs témoignages (avec les slogans de Mai 68) de l'irrévérence détachée propre aux années 60. Un des seuls regrets qu'on lui connaît est de ne pas avoir eu le temps d'adapter à l'écran Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline. Il est le père du dialoguiste et réalisateur Jacques Audiard.
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Biographie
Il naît le 15 mai 1920, au n° 2 de la rue Brézin, dans le XIVe arrondissement de Paris, quartier populaire à l’époque, où il est élevé par un parrain. Il y poursuit sans grand intérêt des études qui le mènent jusqu' à un certificat d’études et un CAP de soudeur à l’autogène. Passionné très jeune de littérature et de cinéma, il se forge une solide culture en lisant notamment Rimbaud, Proust et Céline, et découvre les dialogues de Jeanson et de Prévert. Passionné également de bicyclette, il traîne du côté du Vélodrome d’Hiver où il rencontre André Pousse qu’il introduira plus tard au métier d’acteur. Songeant un temps à faire carrière dans le vélo, il y renonce toutefois car il « ne montait pas les côtes ». La seconde guerre mondiale, à laquelle il ne participe pas, est pour lui une période de privations et la libération le spectacle de tristes règlements de comptes.
Au lendemain de la guerre, il vivote comme livreur de journaux ce qui lui permet d’approcher le milieu du journalisme. Il entre ainsi à L’Étoile du soir où il commence une série d’articles sur l’Asie rédigés sur les comptoirs des bistrots parisiens. La découverte de l’imposture lui valant d’être rapidement remercié, il devient alors critique pour Cinévie. En 1949, le réalisateur André Hunebelle le fait entrer dans le monde du cinéma en lui commandant le scénario d’un film policier Mission à Tanger, bientôt suivi de deux autres films, trois romans policiers, et des premiers succès d’adaptation de romans au cinéma (Le passe-muraille, Les trois mousquetaires). Sa notoriété s’étend et, en 1955, c’est la rencontre avec Jean Gabin auquel il propose le scénario de Gaz-Oil. Ainsi commence une collaboration de sept ans et seize films, dont plusieurs grands succès (Les grandes familles, Les vieux de la vieille, Le baron de l’écluse, Un singe en hiver), et qui ne s’est que peu interrompue (Babette s’en va t’en guerre, Un taxi pour Tobrouk).
Michel Audiard est maintenant un scénariste populaire ce qui lui attire les foudres des jeunes cinéastes de la Nouvelle vague pour lesquels il symbolise le « cinéma de papa ». En 1963, après s’être un peu fâché avec Jean Gabin, il écrit pour Jean-Paul Belmondo (100 000 dollars au soleil de Henri Verneuil) et toute une équipe d’acteurs talentueux : Lino Ventura, Francis Blanche, Bernard Blier, Jean Lefebvre etc. (les Tontons flingueurs et les Barbouzes de Georges Lautner). Mais la fâcherie avec Jean Gabin ne dure pas et ils se retrouvent en 1967 pour Le Pacha et collaboreront encore occasionnellement (Sous le signe du taureau de Gilles Grangier).
En 1966, l’envie le prenant, il commence une nouvelle carrière de réalisateur et tourne des films dont les titres sont parmi les plus longs du cinéma Français (Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais… elle cause, Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages). Mais après huit films et un documentaire, dont les succès restent médiocres, il revient à sa véritable vocation.
Le 19 janvier 1975, alors qu’il travaille avec le réalisateur Philippe de Broca au scénario de L’incorrigible, il est durement touché par la nouvelle de la mort de son fils François, tué dans un accident de voiture. Il en conservera une profonde tristesse qui donnera désormais à son œuvre une tonalité plus sombre (Garde à vue et Mortelle randonnée de Claude Miller), même s’il continue par ailleurs à participer à de gros succès populaires (Le grand escogriffe, Tendre poulet, Le guignolo, Le professionnel, Canicule). En 1978, il publie un roman en partie autobiographique La nuit, le jour, et toutes les autres nuits, pour lequel il recevra le prix des Quatre jurys. Il obtient enfin la reconnaissance de ses pairs en remportant le César du meilleur scénario en 1982 pour Garde à vue.
Il est décédé le 27 juillet 1985 dans sa maison de Dourdan.
Œuvres
Romans
- Priez poue elle (Fleuve Noir, 1950)
- Méfiez-vous des blondes (Fleuve Noir, 1950)
- Massacre en dentelles (Fleuve Noir, 1952)
- Ne nous fâchons pas (Plon, 1966)
- le Terminus des prétentieux (Plon, 1968)
- Mon petit livre rouge (Presses Pocket, 1969)
- Vive la France (Julliard, 1973)
- le Petit cheval de retour (Julliard, 1975)
- Répète un peu ce que tu viens de dire (Julliard, 1975)
- la Nuit, le jour et toutes les autres nuits (Denoël, 1978)
Dialogues et scénarios
- 1949 : Mission à Tanger d'André Hunebelle
- 1949 : On n'aime qu'une fois de Jean Stelli
- 1950 : Méfiez-vous des blondes d'André Hunebelle
- 1950 : Caroline chérie de Richard Pottier
- 1951 : Le Passe-muraille de Jean Boyer
- 1951 : Une histoire d'amour de Guy Lefranc
- 1951 : Massacre en dentelles d'André Hunebelle
- 1951 : L'Homme de ma vie de Guy Lefranc
- 1952 : Adorables créatures de Christian-Jaque
- 1952 : Elle et moi de Guy Lefranc
- 1952 : Le Feu quelque part de Pierre Foucaud (Court-métrage)
- 1952 : Le Duel à travers les âges de Pierre Foucaud (Court-métrage)
- 1953 : Les Dents longues de Daniel Gélin
- 1953 : Quai des blondes d'Émile Cousinet
- 1953 : Les Trois Mousquetaires d'André Hunebelle
- 1953 : L'Ennemi public N° 1 d'Henri Verneuil
- 1954 : Sang et lumières de Georges Rouquier
- 1954 : Poisson d'avril de Gilles Grangier
- 1955 : Gas-oil de Gilles Grangier
- 1956 : Jusqu'au dernier de Pierre Billon
- 1956 : Le Sang à la tête de Gilles Grangier
- 1956 : Mannequins de Paris d'André Hunebelle
- 1956 : Courte-tête de Norbert Carbonnaux
- 1957 : Le rouge est mis de Gilles Grangier
- 1957 : Mort en fraude de Marcel Camus
- 1957 : Trois jours à vivre de Gilles Grangier
- 1957 : Retour de manivelle de Denys de La Patellière
- 1957 : Les Misérables de Jean-Paul le Chanois
- 1957 : Maigret tend un piège de Jean Delannoy
- 1958 : Le Désordre et la nuit de Gilles Grangier
- 1958 : Les Grandes Familles de Denys de la Patellière
- 1958 : Marchands de rien de Daniel Lecomte (court-métrage)
- 1959 : Le fauve est lâché de Maurice Labro
- 1959 : Pourquoi viens-tu si tard ? d'Henri Decoin
- 1959 : Maigret et l'affaire Saint-Fiacre de Jean Delannoy
- 1959 : 125, rue Montmartre de Gilles Grangier
- 1959 : Rue des Prairies de Denys de la Patellière
- 1959 : Babette s'en va-t-en guerre de Christian-Jaque
- 1959 : Les Yeux de l'amour de Denys de la Patellière
- 1959 : Vel d'Hiv' de Guy Blanc (Court-métrage)
- 1959 : La Bête à l'affût de Pierre Chenal
- 1959 : Archimède le clochard de Gilles Grangier
- 1960 : Le Baron de l'écluse de Jean Delannoy
- 1960 : La Française et l'amour de Jean-Paul Le Chanois
- 1960 : Les Vieux de la vieille de Gilles Grangier
- 1960 : Le Président d’Henri Verneuil
- 1961 : Un taxi pour Tobrouk de Denys de la Patellière
- 1961 : Les lions sont lâchés d'Henri Verneuil
- 1961 : Les Amours célèbres - sketch « Les comédiennes », de Michel Boisrond
- 1961 : Le cave se rebiffe de Gilles Grangier
- 1961 : Le Bateau d'Émile de Denys de la Patellière
- 1962 : Le Diable et les Dix Commandements de Julien Duvivier
- 1962 : Le Voyage à Biarritz de Gilles Grangier
- 1962 : Un singe en hiver d'Henri Verneuil
- 1962 : Le Gentleman d'Epsom de Gilles Grangier
- 1963 : Mélodie en sous-sol d'Henri Verneuil
- 1963 : Les Tontons flingueurs de Georges Lautner
- 1963 : Des pissenlits par la racine de Georges Lautner
- 1963 : Cent mille dollars au soleil d’Henri Verneuil
- 1963 : Carambolages de Marcel Bluwal
- 1964 : Les Barbouzes de Georges Lautner
- 1964 : Un drôle de Caïd de Jacques Poitrenaud
- 1964 : La Chasse à l'homme d'Edouard Molinaro
- 1964 : L'Arme à gauche de Claude Sautet
- 1965 : La Métamorphose des cloportes de Pierre Granier-Deferre
- 1965 : Quand passent les faisans d’Edouard Molinaro
- 1965 : Les Bons Vivants de Gilles Grangier & Georges Lautner
- 1965 : Ne nous fâchons pas de Georges Lautner
- 1966 : Tendre voyou de Jean Becker
- 1966 : Un Idiot à Paris de Serge Korber
- 1967 : Le Pacha de Georges Lautner
- 1967 : La Grande Sauterelle de Georges Lautner
- 1967 : La Petite Vertu de Serge Korber
- 1968 : Fleur d'oseille de Georges Lautner
- 1969 : Sous le signe du taureau de Gilles Grangier
- 1973 : OK patron de Claude Vital
- 1975 : L'Incorrigible de Philippe de Broca
- 1976 : Le Grand Escogriffe de Claude Pinoteau
- 1976 : Le Corps de mon ennemi d'Henri Verneuil
- 1977 : Tendre poulet de Philippe de Broca
- 1977 : Mort d'un pourri de Georges Lautner
- 1977 : L'Animal de Claude Zidi
- 1978 : Le Cavaleur de Philippe de Broca
- 1979 : Flic ou voyou de Georges Lautner
- 1979 : Les Égouts du paradis de José Giovanni
- 1979 : Le Guignolo de Georges Lautner
- 1979 : On a volé la cuisse à Jupiter de Philippe de Broca
- 1980 : Le Coucou de Francesco Massaro
- 1980 : L'Entourloupe de Gérard Pirès
- 1981 : Le Professionnel de Georges Lautner
- 1981 : Garde à vue de Claude Miller
- 1981 : Est-ce bien raisonnable ? de Georges Lautner
- 1982 : Espion lève-toi d'Yves Boisset
- 1983 : Mortelle randonnée de Claude Miller
- 1983 : Vive la sociale ! de Gérard Mordillat
- 1983 : Le Marginal de Jacques Deray
- 1984 : Canicule d'Yves Boisset
- 1984 : Les Morfalous d'Henri Verneuil
- 1984 : Réveillon chez Bob de Denys Granier-Deferre
- 1985 : Sac de nœuds de Josiane Balasko
- 1985 : On ne meurt que deux fois de Jacques Deray
- 1985 : La Cage aux folles III, « Elles » se marient de Georges Lautner
Réalisations, dialogues et scénarios
- 1951 : La Marche
- 1966 : Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais... elle cause
- 1968 : Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages
- 1969 : Une veuve en or
- 1970 : Le Cri du cormoran le soir au-dessus des jonques
- 1971 : Le drapeau noir flotte sur la marmite
- 1972 : Elle cause plus... elle flingue
- 1973 : Vive la France (documentaire historique)
- 1974 : Comment réussir quand on est c... et pleurnichard !
- 1974 : Bons baisers à lundi
Bibliographie
- Philippe Durant, Michel Audiard, La vie d'un expert (Dreamland éditeur, Paris 2001)
Liens externes
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