Zoroastrisme
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Le zoroastrisme est la religion professée par Zarathoustra (comme dans Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche), dont le nom a été prononcé Zoroastre par les Grecs. Elle a été fondée au cours du Ier millénaire av. J.-C. dans l'actuel Turkestan occidental, au nord-est de la Perse, et elle est devenue la religion officielle des Perses sous la dynastie des Sassanides (224-651), jusqu'à ce que la conquête arabe importe l'islam.
Le zoroastrisme fut l'une des premières religions à proclamer l'hénothéisme, une forme de monothéisme, avec Ahura Mazdā pour dieu principal. Les zoroastristes vénèrent le feu éternel symbole de Dieu. Zoroastre préchait le dualisme et la bataille entre le Bien et le Mal, la Lumière et les Ténébres (ce dualisme présent dans l'islam chiite duodécimain). Le principe de Zoroastre est qu'il existe un esprit saint (Spenta Mainyu), tardivement identifié à Ahura Mazdā, et un esprit mauvais (Angra Mainyu ou Ahriman), opposés car représentant le jour et la nuit, la vie et la mort. Ces deux esprits coexistent dans chacun des êtres vivants.
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Les origines
Le zoroastrisme se présente comme une réforme de la religion pratiquée par des tribus de langue iranienne qui se sont installées dans le Turkestan occidental entre le IIe et le Ier millénaire av. J.-C.. Ces tribus étaient étroitement apparentées aux Indo-Aryens, lesquels ont apporté le sanskrit et toutes ses langues dérivées en Inde du Nord, à partir de l'an 1700 av. J.-C.. Ensemble, ces peuples constituent une famille dite indo-iranienne.
La comparaison du zoroastrisme avec la religion indienne est donc utile pour comprendre sa genèse. Ces deux religions avaient un dieu appelé Mitra par les Indiens et Mithra par les Iraniens (où th est prononcé comme en anglais). Il a évolué de manière très divergente chez ces deux peuples. Chez les Indiens, selon François Cornillot, le *Mitra originel s'est scindé en trois dieux, Mitra, Aryaman et Varuna. Chez les Iraniens, ce dieu a en revanche gardé son unité. Dieu souverain, il était le fils d'Ahura Mazdā, qui semble avoir été le Ciel. Les zorastriens se sont efforcés d'éliminer le culte de Mithra au profit de celui d'Ahura Mazdā, ce qui justifie le nom de mazdéisme qui est aussi donné à leur religion. La Perse antique, sous la dynastie des Achéménides, n'était pas mazdéenne: elle vénérait autant Mithra qu'Ahura Mazdā. Les Grecs considéraient ce dernier comme équivalent à Zeus, leur dieu céleste. Selon Hérodote (I, 131), la coutume des Perses «est de monter sur les plus hautes montagnes pour offrir des sacrifices à Zeus, dont ils donnent le nom à toute l'étendue du ciel». Quant à Mithra, il était étroitement apparenté au Soleil.
Il faut remarquer que le terme ahura était également connu des Indiens, qui le prononçaient asura. Ce sont les Iraniens qui ont transformé le s originel en un h. Dans les passages les plus anciens du Rig-Veda (texte indien), le mot asura représente l'Être suprême, comme chez les Iraniens. Plus tard, changeant de sens, il s'est appliqué aux anti-dieux, aux démons.
Les cultes du *sauma était également commun aux Indiens et aux Iraniens. Ce terme est devenu soma chez les premiers et haoma chez les seconds. Au sens propre, ce mot désignait une plante, l'éphédra, que l'on utilisait pour préparer une boisson hallucinogène. Pensant qu'elle permettait aux dieux de conserver leur immortalité, on la leur offrait lors de sacrifices. Les participants en buvaient eux-mêmes et accédaient au monde divin, à une «immortalité provisoire». Dans une langue iranienne parlée à l'est de l'Afghanistan, le wakhī, l'éphédra est appelé yimïk, terme provenant de *haumaka-. Selon le Rig-Veda, l'élément de base du soma est un champignon, substitution qui s'explique par le fait qu'en Inde, il n'y a pas d'éphédra.
Dans l'actuel Turkménistan, l'archéologue russe Viktor Sarianidi a fouillé les ruines d'un bâtiment dit de «Togolok-21», datant de la fin du IIe millénaire avant J.-C.. Il s'agissait d'un temple où l'on pratiquait le culte du feu et où l'on préparait le haoma. Sur des amulettes, il y avait des représentations de lutte entre des serpents et des dragons ayant une attitude nettement agressive, avec des yeux énormes et une gueule grande ouverte. Ce devait être une représentation primitive de la lutte entre le Bien et le Mal qui caractériserait plus tard le zoroastrisme. Il est pourtant difficile de dire si l'on se trouve ici déjà dans le cadre du mazdéisme, ou seulement dans le cadre de la religion iranienne, voire indo-iranienne.
Zarathoustra et l'Avesta
La partie la plus ancienne de l'Avesta, le texte sacré des zoroastriens, est constituée d'hymnes, les Gāthā, censés avoir été composés par Zarathushtra lui-même. Il y apparaît nettement comme un prêtre. Ahura Mazdā lui aurait donné la mission de rénover l'ancienne religion, s'affirmant comme le seul dieu du Bien, incarnation de la lumière, de la vie et de la vérité. Zarathushtra condamne le culte du haoma, Ahura Mazdā étant immortel par lui-même, ainsi que la pratique des sacrifices sanglants. Il enlève au Feu sa condition divine pour en faire un symbole concret de la Lumière. Ce n'est désormais plus en tant que dieu que le Feu est vénéré, mais en tant qu'aspect éminent d'Ahura Mazdā.
Les Gāthā parlent des relations entre Ahura Mazdā et six catégories divines appelées les Amesha Spenta, Immortels Bénéfiques. Ce sont:
- Vohu Manō: Bonne Pensée.
- Asha Vahishta: Meilleure Rectitude.
- Xshathra Varya: Empire Désirable.
- Spenta Armaiti: Bénéfique Pensée Parfaite.
- Haurvatāt: Intégrité.
- Ameretāt: Non-Mort.
Très proche de Vohu Manō, se trouve Spenta Mainyu, l'Esprit Bénéfique, lequel est opposé à Angra Mainyu, l'Esprit Mauvais, incarnation des ténèbres et de la mort. Bien qu'ennemis, ces deux Esprits sont jumeaux. A l'époque des Sassanides, Spenta Mainyu sera identifié à Ahura Mazdā. Angra Mainyu est aidé par des démons, les daēva. Leur nom provient de l'ancienne dénomination indo-européenne des dieux, prononcée deva en sanskrit, qui a acquis un sens négatif dans la totalité du monde iranien, donc à une époque assez reculée. N'ayant plus de mots pour désigner les (bons) dieux, les Iraniens ont dû en inventer un autre, qui a été yazata. Les six Amesha Spenta sont qualifiés de yazata.
Les autres parties de l'Avesta sont clairement postérieures aux Gāthā. C'est en particulier le cas d'hymnes appelés les Yasht, où l'on voit resurgir tout un panthéon que Zarathushtra avait voulu éliminer. Ils sont la plus importante source d'information sur la mythologie iranienne. Le dixième Yasht est tout entier dévoué à la glorification de Mithra. Que s'est-il donc passé? La tentation de Zarathushtra d'imposer une forme d'hénothéisme a-t-elle échoué? Malgré leur contradiction, les Gāthā et les textes de l'«Avesta récent» sont vénérés de la même manière par les zoroastriens.
Le pays où Zarathushtra aurait prêché est appelé airyānem vaējō «le domaine des Aryens» par l'Avesta. Ce n'est pas très riche enseignements, car Airya possède une vaste signification: c'est l'auto-ethnonyme de tous les Iraniens. Les spécialistes s'accordent à situer ce pays plus précisément dans le Turkestan occidental. Les Gāthā ont sûrement été composés à une époque pré-Achéménide, donc avant le VIe siècle av. J.-C.. Ils dépeignent une société rurale d'éleveurs et de cultivateurs sédentaires conservant un système de relations claniques et tribales. On y trouve une protestation contre l'apparition d'une élite dominante. L'Avesta connaît le bronze, mais pas le fer. Il convient de remarquer la langue des Gāthā est si proche de celle du Rig-Veda que leurs locuteurs pouvaient sans doute se comprendre.
Le zurvanisme
Les fondements de cette école sont contenus dans l'enseignement de Zarathushtra lui-même, puisqu'il affirme que le Bon et le Mauvais Esprit étaient jumeaux. Qui était alors leur père? Les Achéménides se sont interrogés sur cette question. Certains pensaient que c'était l'Espace (Thwasha en avestique), d'autres que c'était le Temps (Zrvan). La seconde opinion s'est imposée et les Sassanides l'ont adoptée dès le début de leur dynastie.
Le zurvanisme est une doctrine philosophique, mais elle s'est teintée de mythes. On raconte que Zurvān, le dieu primitif, faisait des sacrifices dans l'espoir d'obtenir un fils. Puisqu'il n'obtint rien durant un millier d'années, il eut des doutes sur l'utilité de ses sacrifices. Le fils tant espéré arriva enfin. Ce fut Ahura Mazdā, dont le nom était prononcé Ohrmazd à l'époque sassanide. Mais les doutes de Zurvān dotèrent Ohrmazd d'un jumeau qui était Ahriman (Angra Mainyu). Les Iraniens considèrent que soit que Zurvān a tout seul donné naissance aux jumeaux, soit que c'est sa femme Khvashīzagh qui les a mis au monde. Ahriman sortit le premier. Son père lui demanda: «Qui es-tu?». Ahriman lui répondit qu'il était son fils, mais Zurvān répliqua: «Mon fils est d'une odeur suave, et il est lumineux, et toi, tu es ténébreux et puant». Ohrmazd s'étant présenté et ayant une odeur suave, Zurvān le reconnut pour fils. Mais puisqu'Ahriman était sorti le premier, il put dominer le monde et Ohrmazd fut obligé de lutter contre lui. On pensait que sa victoire aurait lieu 9000 ans plus tard.
Les zurvanistes ont de la sorte une conception pessimiste du monde. Contrairement à Zarathushtra, ils attribuent une mauvaise nature aux femmes. Dès leur création par Ohrmazd, elles se rendirent auprès d'Ahriman. Celui-ci leur ayant permis de demander ce qu'elles voudraient, Ohrmazd craignit qu'elle ne voulussent avoir des rapports avec les «justes» et qu'il n'en résultât du mal pour eux. Il eut alors l'idée de créer le dieu Narsāï et le mit tout nu derrière Ahriman afin d'orienter vers lui le désir des femmes. Ce fut effectivement ce qui se produisit.
La théologie zurvaniste est connue par des textes comme le Bundahishn et par des témoignages d'Arabes. On sait ainsi que la Lumière a produit un certain nombre de personnes faites de lumière, d'une nature divine, et que Zurvān était la plus grande d'entre elles. Il fait également partie d'une tétrade: Ashōqār «celui qui rend viril», Frashōqār «celui qui rend éclatant», Zarōqār «celui qui rend vieux» et Zurvān, qui regroupe ces trois aspects puisqu'il comprend la puberté, la maturité et la vieillesse. Parfois aussi, on lui donne deux aspects, qui sont le Temps illimité (Zurvān akanāragh) et le Temps à la longue domination (Zurvān dērang-khvadhāy) correspondant à une période de 12 000 ans.
Le zoroastrisme sous les Sassanides
On peut dire qu'avec l'avènement de la dynastie des Sassanides en Perse, en 224, commence la période de gloire du zoroastrisme: il devient très officiellement religion d'Etat. Le grand-père d'Ardashēr I, le fondateur de cette dynastie, avait été préposé au temple la grande déesse iranienne Anāhitā, dans la ville de Stakhr (non loin de Persépolis). A son fils Shapur I, Ardashēr déclare:
«Ô mon fils, la religion et l'Etat sont soeurs. Elles ne peuvent pas survivre l'une sans l'autre. La religion est le contrefort de l'Etat et l'Etat est son protecteur. Et ce qui est privé de son support s'écroule et ce qui n'est pas défendu est perdu.»
Les prêtres de rang supérieur étaient alors appelés des mōbadh. La Perse était divisée en districts ecclésiastiques confiés à des mōbadh. Tous étaient placés sous l'autorité du mōbadhān mōbadh, qui était l'équivalent exact du shahanshah dans le domaine laïc, c'est-à-dire du «roi des rois», l'empereur des Perses. Cette unification fut surtout l'oeuvre du mōbadh Kartir, dont la carrière commença sous le règne de Shapur I et qui devint mōbadhān mōbadh sous le règne de son successeur. A un rang inférieur, se trouvaient les mōgh, terme qui est devenu magus chez les auteurs gréco-latins, puis mage en français, et qui a servi à désigner tous les prêtres iraniens. Les mōghān mōgh étaient des préposés des grands temples.
Le zoroastrisme joua en Perse un rôle sans doute encore plus important que le catholicisme dans l'Europe du Moyen Âge, tant la religion imprégnait la vie des gens. C'était la religion des Iraniens, un aménagement de leur héritage culturel, tandis que le catholicisme est pour les Européens d'origine étrangère.
Le calendrier était zoroastrien. Chaque mois était divisé en deux périodes de 7 jours et deux périodes de 8 jours, donc en 30 jours qui portaient tous des noms de divinités. Ces quatre périodes commençaient respectivement par les jours d'Ohrmazd, d'Ādhur (le Feu), de Mihr (Mithra) et de Dēn, la religion mazdéenne personnifiée (Dēn mazdayasn, aussi appelée Bēdukht «fille de Dieu»). On voit que l'hénothéisme de Zarathushtra n'était pas plus vivant dans la Perse sassanide qu'aux époques antérieures, et cela d'autant plus que les rois des rois continuaient à vénérer Mithra. Cependant, six jours de la première période portaient les noms des Amesha Spenta. Elle s'achevait par le jour Dadhv «le Créateur» (Ohrmazd), qui clôturait également les deux périodes suivantes.
Le principe de ce découpage est décrit dans le chapitre III du Bundahishn «la Création Originelle», ouvrage probablement compilé à la fin de la dynastie des Sassanides (au VIIe siècle). C'est un traité qui parle de cosmologie, d'astronomie et d'eschatologie, et qui donne également des listes de rivières, de montagnes et de plantes.
Les douze mois portaient également des noms de divinités. On y reconnaît les noms des Amesha Spenta:
- Fravardīn (les fravarshi)
- Urdvahisht (Asha Vahishta)
- Khvardādh (Haurvatāt)
- Tīr (Tishtrya)
- Amurdādh (Ameretāt)
- Shahrēvar (Xshathra Vairya)
- Mihr
- Ābhān («les eaux», Anāhitā)
- Ādhur
- Dadhv
- Vahman (Vohu Manō)
- Spandarmadh (Spenta Armaiti)
Les fravarshi étaient des esprits tutélaires des morts, la partie protectrice de leurs âmes, qui revenaient durant les cinq derniers jours de l'année. C'était alors la fête de Fravardīghān, aussi appelée Hamaspathmaēdaya. Il s'agissait de cinq jours supplémentaires, nommés d'après les noms des cinq Gāthā, qui s'ajoutaient aux 12 mois de 30 jours. Cette fête, au caractère carnavalesque, était suivie par le Naurūz, le Nouvel An, le 1er Fravardīn. Malgré la convertion des Perses à l'islam et l'adoption du calendrier musulman, le Naurūz est toujours resté vivant. Il est célébré à l'équinoxe du printemps. Une autre grande fête était celle de Mihr, Mihrgān, au jour de Mihr (le 16e) du mois de Mihr. Elle avait lieu à l'automne et coïncidait avec le début de l'année avant l'époque des Sassanides. On peut également mentionner six fêtes de cinq jours réparties sur toute l'année, le Hamaspathmaēdaya étant la dernière. On les appelait les Gāhanbār (phases de création).
Tout temple, quelque soit le dieu (ou les dieux) auxquels il était consacré, comprenait un autel du feu. Il était placé dans une pièce sombre, afin que le feu sacré ne fût pas touché par les rayons du soleil. Les prêtres l'entretenaient selon un rituel extrêmement strict. Trois temples jouaient un rôle majeur: celui du Feu de Farnbagh, qui se serait trouvé dans la ville de Kāriyān (région du Fars), celui du Feu de Gushnasp, à Gandjak dans l'actuel Azerbaïdjan, et celui du Feu de Burzēn-Mihr, au nord-ouest de Nishapur. Ces feux étaient respectivement celui des prêtres, celui des rois et celui des agriculteurs. Ils correspondent aux trois fonctions reconnues par Georges Dumézil chez tous les peuples indo-européens: la fonction cléricale, la fonction guerrière (à laquelle se rattachaient les rois) et la fonction de production. Ainsi, l'Avesta récent reconnaît trois états, celui des prêtres, celui des guerriers et celui des agriculteurs. Quand un empereur montait sur le trône, il effectuait une visite solennelle au Feu de Gushnasp. Il lui demandait également son aide pour vaincre ses ennemis.
Les Parsis
Les Arabes entreprirent la conquête de la Perse à partir de 636. La dynastie sassanide s'effondra en 651 à la mort de son dernier souverain, Yazdgird III. Les Perses abandonnèrent le culte zoroastrien au profit de l'islam; seules Yazd et Kerman, au centre du plateau iranien, demeurèrent des fiefs de leur ancienne religion. Les Arabes appelèrent ces zoroastriens des Gaur «Infidèles», terme qui est devenu Guèbres en France. Aujourd'hui, il n'en reste plus que quelques milliers. Cependant, de nombreux pratiquants s'installèrent dans le nord de l'Inde actuelle où ils sont connus sous le nom de Pârsî. Ce terme n'est qu'une prononciation particulière du mot Persan. Aujourd'hui, les deux tiers de la communauté se trouvent à Mumbai. Grâce à eux, le zoroastrisme est resté une religion vivante.
Les dogmes et rites
Curieusement, la naissance d'un Parsi n'est pas vraiment accompagnée de rites religieux. Durant son premier anniversaire, il peut effectuer sa Présentation au Temple, où le prêtre le marque au front avec de la cendre du Feu sacré et récite des bénédictions. Ce n'est pas une cérémonie obligatoire, tout au contraire du naojote, qui doit être effectué au maximum à l'âge de 15 ans, tant pour les garçons que pour les filles. C'est l'initiation, qui marque l'arrivée du Parsi à l'âge adulte. Chez lui, et non dans un temple, le Parsi reçoit une tunique blanche, le sudreh, nouée à la taille par un cordon de laine, le kūsti. Un Parsi pieux ne devrait jamais rester sans tunique, et lorsqu'il faut la changer, il devrait réciter des prières appropriées. Sans cette initiation, son âme resterait dans un état en quelque sorte virtuel et il vivrait comme un paria.
Chez les Parsis, le mariage est obligatoire et la stérilité est conçue comme une malédiction. Certains rites remontent au plus lointain passé indo-européen, comme le bain de la mariée. Les Parsis ne se marient qu'entre eux. Ce n'est pas une coutume nouvelle: dans la Perse sassanide, il était interdit d'épouser un non-zoroastrien. Bien plus, le contact avec des «infidèles» est source de souillures. Si l'on a mangé de la nourriture préparée par un non-zoroastrien ou si l'on a effectué un voyage, il est nécessaire d'effectuer des rites de purification.
La vie étant conçue comme un don d'Ahura Mazdā, la mort ne peut être qu'être considérée avec horreur. On pense que la décomposition du corps est l'œuvre d'un démon. Des Parsis formant une sorte de caste, les Nasālāsar sont chargés d'emmener les morts dans des «Tours du Silence», appelées dakhmā par les Parsis. Les défunts y sont déposés, dénudés, afin d'y être dévorés par les vautours, de façon à ne pas souiller la terre, par inhumation, et le feu, par crémation. Leurs parents les accompagnent jusqu'à la Tour mais n'y entrent pas. Ils se rassemblent dans une petite chapelle bâtie à proximité de la Tour et y récitent des prières.
L'âme du mort reste trois jours dans la Tour. Le quatrième jour, elle la quitte, mais elle doit alors franchir un pont. Il se produit une sorte de jugement: l'âme du juste franchit le pont et accède à la Maison des chants, tandis que celle du méchant tombre dans les Enfers . Cependant, toutes les âmes jouiront de l'instauration d'un Paradis terrestre consécutive à la victoire d'Ahura Mazdā sur l'Esprit du Mal. Il s'agit d'une résurrection qui diffère de celle des chrétiens par le fait qu'il n'y a pas de Jugement Dernier. L'enfer des zoroastriens est donc plutôt un purgatoire où l'on attend sa résurrection.
La pratique du décharnement des corps remonte à un lointain passé et se retrouve dans les hauts villages du Tibet.
Voir aussi
Articles connexes et Zoroastriens célèbres
- Pârsî
- le chef d'orchestre Zubin Mehta
- le chanteur de rock Freddie Mercury
- un professeur du bauhaus Johannes Itten
- cf. le livre de Éloi Crubbecq, "La Grande Arche Cosmique, ou l'enseignement révélé des derniers maîtres du zoroastrisme" (Bruxelles - 1957)
Lien externe
- http://www.systerofnight.net/religion/html/iran.html
- Le calendrier zoroastrien
- Le temple du feu zoroastrien à Chak Chak



