Masturbation

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Le contenu (textes, images, sons) de cet article peut heurter la sensibilité de certaines personnes. En particulier chez les enfants.

Image:Female masturbation 5.jpg

Image:Female masturbation 6.jpg Image:Canard vibrant.jpg Image:Male masturbation 1.jpg La masturbation est une pratique sexuelle consistant à stimuler les parties génitales (le plus souvent avec les mains) dans le but d'obtenir ou de donner du plaisir. Elle est parfois pratiquée en utilisant des godemichets et/ou autres jouets sexuels.

L'étymologie en est contestée : manus turbare (troubler de la main) ou manus stuprare (exciter de la main) ? Les spécialistes ne sont pas d'accord entre eux.

Sommaire

Risques

La masturbation de soi-même (en présence ou hors présence d'un(e) partenaire) est une pratique sexuelle sans risque de transmission de MST. La masturbation du ou de la partenaire est de faible risque, pourvu que :

  • les mains n'aient pas de plaies ouvertes ;
  • les fluides sexuels n'entrent pas en contact avec les muqueuses (anus, vagin ou bouche) du ou de la partenaire ;
  • les jouets insertifs soient lavés avant d'être partagés, ou encore protégés par un préservatif qui soit changé avant le partage.

D'après des chercheurs du Conseil du cancer de l'État de Victoria en Australie, la masturbation masculine permettrait de diminuer les risques de cancer de la prostate. (Source : Yahoo, 19 juillet 2003.)

Aux États-Unis dans les années 1960, un sondage (le « rapport Kinsey ») a montré qu'à 15 ans, la proportion de jeunes hommes s'étant masturbés était de 82,2% et de femmes 24,9%. À 18 ans, ce chiffre atteignait 95,4% pour les hommes et 46,3% pour les femmes. Cela dit, il est probable qu'aujourd'hui le nombre soit plus important. Une autre étude, beaucoup plus récente, démontre d'ailleurs que la plupart des garçons qui se masturbent commencent en moyenne vers l'âge de 14 ans. À cet âge, et surtout entre 16 et 25 ans les hommes ont une forte pulsion sexuelle ce qui leur crée des érections fréquentes. Une des manières de faire baisser cette tension est de se masturber jusqu'à l'éjaculation à défaut d'avoir des relations sexuelles.

Âge et fréquence en chiffres

La fréquence des masturbations dépend d'un individu à l'autre. Une étude faite dans le cadre d'un cours sur la sexualité humaine dans un Cégep de la région de Montréal en 2002 relate ce qui suit : (l'étude a été réalisé par un groupe de 12 étudiants masculin tous agés de 20 ans auprès d'environ 500 jeunes hommes agés entre 18 et 25 ans dont 50 % fréquentait le Cégep. La scolarité de l'autre 50 % ainsi que le rang social du groupe n'a pas été tenu compte dans cette étude.)

  • 11 % des jeunes ont commencé à se masturber avant l'âge de 14 ans.
  • 45 % entre 14 et 16 ans.
  • 28 % entre 16 et 18 ans.
  • 10 % après l'âge de 18 ans.
  • 6 % ne l'avait jamais ou pas encore fait au moment de l'étude.

Dans ce 6 %, près de 90 % étaient agés entre 18 et 20 ans.

  • 70 % des jeunes qui ont commencé à se masturber avant l'âge de 16 ans disent qu'ils le faisaient en moyenne tous les deux jours durant leur adolescence. La fréquence tend à diminuer passé 18-20 ans. Ce groupe de jeune mentionne qu'ils le font de 1 à 4 fois par semaine encore aujourd'hui indépendemment de leur vie sexuelle avec leur partenaire.
  • L'autre 30 % disent l'avoir fait presque tous les jours et pour certains, plus d'une fois par jour.
  • La quasi totalité des jeunes qui ont commencé entre 16 et 18 ans nous disent qu'ils l'ont fait durant cette période entre 2 et 5 fois par semaine.
  • Ceux qui ont commencé après l'âge de 18 ans affirme encore qu' aujourd'hui ils le font de 1 à 3 fois par semaines. Le fait d'attendre 18 ans avant de commencer les a habitué à un certain contrôle.
  • 100 % des jeunes qui se masturbe affirme que lorsqu'ils ont commencé, peu importe leurs groupes d'âge, ils ont tous continué à le pratiquer par la suite.
  • 45 % de ceux qui ont une vie sexuelle active et régulière avec une partenaire ont cependant presque arrêté de se masturber. Ils le pratiquent encore lorsqu'il y a période d'abstinence dans le couple mais à fréquence réduite. Ce groupe de jeunes mentionne qu'ils font l'amour de 2 à 4 fois par semaine.
  • 33 % de ceux qui ont une vie sexuelle active et régulière avec une partenaire le font encore 1 à 2 fois par semaine. Le but recherché est surtout la détente. Ce groupe de jeune mentionne qu'ils font l'amour pas plus que 2 fois par semaine.
  • 22 % de ceux qui ont une vie sexuelle active et régulière n'ont pas diminué la fréquence. Le but recherché mentionné est surtout le plaisir et la détente. Mentionnons que ce 22 % des jeunes ne font l'amour qu'une seule fois par semaine. Cette fréquence leur font quand même dire qu'ils ont une vie sexuelle active et régulière.

Il est donc facile de comprendre que la fréquence des séances de masturbations tend à diminuer dans la mesure ou la fréquence des relations sexuelles augmentent. Le besoin pour un homme d'éjaculer est présent tout au long de sa vie et atteint son maximun entre l'âge de 16 et 25 ans. Il est donc normal qu'à cette âge les fréquences soient plus élevés que pour un homme mature.

Contexte

Toujours d'après l'étude collégiale mentionnée ci-haut, plusieurs contextes influencent sur les fréquences de la masturbation.

  • 83 % des jeunes qui ont commencé avant l'âge de 14 ans ont été influencés par quelqu'un de proche comme un frère, un cousin ou un ami proche un peu plus vieux que lui.
  • pour le groupe d'âge entre 14 et 16 ans le pourcentage descend à 45 % pour ce qui est de l'influence par un proche tandis que 33 % disent avoir été influencés par les copains d'école comme dans les vestiaires où la quasi totalité des jeunes se douchent ensemble, comparent leurs corps et surtout leur pénis.
  • Pour le groupe d'âge entre 16 et 18 ans le pourcentage descend encore à 30 %.
  • Pour ceux qui ont commencé après 18 ans, moins de 15 % ont été influencés par quelqu'un de proche. C'est plutôt, pour 65 % de ce groupe d'âge, par leur copine. C'est par des attouchements sexuels réciproques, soit la masturbation réciproque que ces jeunes ont débuté. À défaut d'avoir des relations sexuelles complètes, la plupart préféraient se contenter de masturbations.
  • Près de 22 % des jeunes entre 14 et 16 ans ont été influencés lors de cours sur la sexualité. Ils affirment tous que la façon dont l'information était véhiculée par les professeurs, cela les excitaient et leur donnaient envie d'essayer.
  • 8 % des jeunes affirment avoir, au cours de leur adolescence, été presque forcé de le faire devant plus d'une personne où garçons et filles étaient présents. Ils étaient dans des groupes où la compétition était encouragée, c'est-à-dire celui qu'on y cherchait à être le premier à éjaculer. La plupart de ces jeunes n'ont pas aimé leur expérience dans ce genre de groupe et les fuyaient par la suite.
  • 44 % des jeunes disent s'être masturbés de façon plus ou moins régulière en présence d'une autre personne, la plupart du temps un garçon à 80 % pour les jeunes de moins de 16 ans et, à l'inverse 55 % de ceux de plus de 16 ans l'ont fait en présence de leur copine. Dans plus de 90 % de tous ces cas, ils ont aimé et refait l'expérience plus qu'une fois.
  • Plus de 80 des jeunes nous indiquent que la façon de se masturber a changé en vieillissant. Au début ce n'était que pour un soulagement rapide qui durait souvent moins de 5 minutes. Les hommes de plus de 20 ans qui ont participé à l'étude mentionnent que maintenant leurs séances de masturbation peuvent souvent durer entre 30 et 60 minutes dans le but de faire durer le plaisir.

Les endroits préférés sont dans l'ordre des choix fournis par les répondants :

  • Sous la douche
  • Sur le lit
  • Aux toilettes
  • Dans le bois
  • À la plage
  • Au bureau (lorsque seul)

Près de 75 % des jeunes de plus de 18 ans affirment que même une masturbation fait dans le calme et la détente ne remplace aucunement une relation sexuelle fait dans l'amour avec une partenaire qu'on aime et qui nous aime. La masturbation est un acte sexuel solitaire qui remplace une relation sexuelle. Le but recherché étant le même : l'éjaculation. À défaut d'une partenaire, les hommes de tous âges se tournent vers la masturbation. Lorsqu'une relation de couple est épanouie et valorisante sur le plan sexuel, les fréquences des masturbations diminuent voire, s'arrêtent complètement surtout avec l'âge.

Notons par ailleurs que près des deux tiers des répondants qui ont des relations sexuelles régulières affirment que la masturbation réciproque entre les partenaires est une pratique sexuelle fort appréciée surtout lorsque la partenaire ne peut ou ne veut pas de relations sexuelles complètes. Près de 35 % des jeunes de plus de 16 ans et près de 75 des jeunes de plus de 20 ans qui ont une partenaire mentionnent que sur une base régulière ils demandent à leur partenaire de les masturber. Étant donné que les horaires de travail ou de cours sont souvent très variés chez les étudiants, plusieurs peuvent se voir souvent que dans de court laps de temps, favorisant ainsi cette pratique. Elle est peu longue, demande moins d'intimité étant donné qu'elle peut se pratiquer dans une salle de bain ou une chanmbre sans pour autant se servir complètement du lit.

Cette pratique, faite seul ou en couple, comble donc un besoin de base pour l'homme, celui d'éjaculer. D'autres études rapportent qu'un homme en bonne santé agé de 18 ans ressent le besoin d'éjaculer environ 4 fois par semaine. Ce nombre diminue avec l'âge mais est peu ressenti avant l'âge de 40 ans. Après cet âge, ce nombre tend à diminuer progressivement pour atteindre moins d'une fois par semaine pour les hommes de plus de 60 ans. Ceci est une moyenne et n'est pas considéré comme étant véridique pour chacun.

Il est clair que pour les hommes, en général, le fait de ne pas avoir de partenaire, engendre presque automatiquement la pratique de la masturbation surtout dans la tranche d'âge de 16 à 40 ans.

L'étude collégiale démontre aussi que pour plus de 80 % des hommes de plus de 16 ans, le fait de ne pas pouvoir se masturber lorsqu'ils en ressentent le besoin, engendre du stress et un comportement plus tendu.

Plus de 50 % des répondants mentionnent qu'ils essaient de se masturber peu de temps avant certaines compétitions sportives, diminuant ainsi le stress. Un pourcentage sensiblement le même affirme le faire avant des présentations orales diminuant ainsi le stress mais pour 33 % des cas, ils le font afin de diminuer le risque d'avoir une érection spontanée et non voulue.

De plus, environ 60 % des répondants mentionnent que lorsqu'ils le peuvent, surtout après une abstinence de plus de 48 heurs, ils essaient de le faire avant de rencontrer leur copine lorsqu'il savent qu'ils n'auront pas de relations sexuelles. Cela les rend moins susceptible d'avoir des érections non voulues. La quasi-totalité de ce 60 % affirment qu'ils détestent quand cela leur arrive. Ils préfèrent tous avoir le contrôle sur leur érection surtout lorsqu'ils ne sont pas seuls avec leur copine. Lorsqu'ils sont seuls 65 % des répondants affirment aimer avoir des érections de façon à ce que leur copine s'en aperçoivent. Cela les excitant encore plus et favorise ainsi un échange sexuelle concluant.

Motifs

Toujours d'après la même étude, près de 75 % se masturbent par pur plaisir, tandis que les autres 25 % le font de façon automatique dans le seul but d'éjaculer et ainsi prévenir les érections spontanées. Le premier groupe affirme prendre un réel plaisir dans cette détente hors du commun. Tous affirment que le plaisir obtenu lors d'une masturbation est presque indescriptibe. La jouissance qui accompagne l'orgasme est telle que la plupart ont eu des difficultés à y mettre des mots. On décrit cette jouissance comme sublime. 65 % des répondants mentionnent que plus le temps entre chaque masturbation est long, au moins plus d'une journée, meilleur est l'orgasme obtenu. De plus, près de 90 % disent que le fait de prendre son temps lors d'une masturbation engendre une plus grande jouissance. Le fait d'être en érection pendant plus de 30 minutes tout en se caressant pendant tout ce temps-là pousse les sensations à un point tel que l'on oublie presque tout nos tracas quotidiens. Certains qualifient cela comme une thérapie.

Le fait aussi de contrôler l'éjaculation et de se retenir le plus longtemps possible, contribue d'après 55 % des répondants comme un apprentissage du contrôle de façon à utiliser ce même contrôle lors d'une relation sexuelle.

Plus de 40 % des jeunes de 16 ans et plus ont affirmé avoir souffert au début de leur relation avec une conjointe d'éjaculation précoce. C'est-à-dire ne pas être capable de se retenir plus de 2 minutes lors d'une pénétration. Environ 15 % affirment avoir des difficultés à se retenir avant même la pénétration et que beaucoup de ces 15 % éjaculaient avant même de pénétrer leur partenaire. Le simple fait d'être touché par leur partenaire les faisaient éjaculer.

Ce 55 % des répondants qui qualifiaient leurs masturbations d'apprentissage l'ont fait de façon à contrôler leurs éjaculations pendant le plus longtemps possible, soit dans certains cas pendant plus d'une heure. Le fait de venir près d'éjaculer pendant des dizaines de fois durant cette période de temps crée un contrôle sur soi incomparable. Ce groupe de jeunes, surtout ceux proches de 20 ans, affirment avoir fait cette "thérapie" pendant quelques mois et avoir découvert une forte différence lors de leurs relations sexuelles. Ils étaient capable de se retenir et ainsi pouvoir donner autant de plaisir à leur partenaires qu'à eux et tout cela en prenant leur temps.

La jouissance lors de l'éjaculation et ainsi que la quantité de sperme obtenu lors d'une masturbation où l'excitation a duré de très longues minutes n'est presque pas comparable, d'après environ 55 % des répondants, avec une masturbation rapide c'est-à-dire moins de 5 minutes. La satisfaction qui en résulte est de beaucoup supérieure.

85 % des répondants affirment sans aucune hésitation que les parties de leurs corpss répondant le plus au toucher de soi-même ou d'une partenaire est sans équivoque le pénis, les bourses et toute la région autour des parties génitales. Cette région dégage des sensations au toucher que seul le lecteur masculin peut vraiment comprendre.

Condamnation et répression

En Europe, la masturbation fut longtemps considérée comme une perversion. Le terme onanisme a été crée par John Marten, un chirurgien, en 1710, d'après le mythe d'Onan qui ne se refère pas spécifiquement aux pratiques de plaisir solitaire. De ce fait, elle était - et reste - condamnée par l'Église catholique, pour des raisons morales/dogmatiques. Quant aux médecins et philosophes, ils la condamnaient à partir du siècle des lumières (à part certains cyniques qui se masturbaient en public), la comparant au narcissisme ou prétextant que des éjaculations trop fréquentes « asséchaient » le corps et lui faisaient perdre son énergie, ce qui aurait eu pour effet de rendre le sujet amorphe. On sait cependant aujourd'hui qu'il n'en est rien.

On constatera avec amusement que si, en France et au Québec certains disaient que la masturbation rendait sourd, aux États-Unis, on disait qu'elle rendait aveugle.

Aux États-Unis, au 19e siècle, on a promu l'idée que la masturbation était dangereuse, mais que la circoncision permettait de la limiter. Certains prétendaient qu'elle la rend moins agréable ou alors plus difficile (voir à titre d'exemple Portnoy et son complexe de Philip Roth). C'était la raison initiale du développement massif de la circoncision des enfants aux États-Unis. En ce qui concerne les petites filles, on a parfois pratiqué l'excision du clitoris ou du moins de son capuchon.

Le français populaire garde une trace de la réputation d'apathie générale attachée aux masturbateurs : le terme de glandeur a en effet le sens de fainéant. Qu'il y ait corrélation n'est pas douteux, mais il est en revanche moins évident de savoir laquelle de ces deux attitudes a pour conséquence l'autre. Le débat reste ouvert.

Diogène pour sa part se masturbait en public (« prendre son petit déjeuner »), et lorsqu'on lui en faisait la remarque, se contentait de répondre qu'il eût souhaité que la soif et la faim puissent se satisfaire elles aussi de manière aussi simple.

Woody Allen, quant à lui, explique que s'il fait bien l'amour, c'est parce qu'il s'est longtemps entraîné tout seul. Dans le film Annie Hall (1977), il dit aussi dans une réplique à Diane Keaton : Ne critiquez pas la masturbation, c'est faire l'amour avec quelqu'un que j'aime (don't knock masturbation, it's sex with someone I love).

S'il est normal de se masturber, surtout quand on est jeune, la masturbation excessive (en s'excitant sur des sites ou des videos pornographiques, par exemple) peut devenir une drogue. Voir à ce sujet la page sur la dépendance sexuelle.

Anecdote

Enfant, Emmanuelle Arsan a longtemps cru que les hommes ne pouvaient pas se masturber, au motif qu'ils n'avaient pas de cavité pour le faire. Elle l'affirme en tout cas dans ses Mémoires.

Expression dérivée

On qualifie parfois de masturbation intellectuelle une activité de l'esprit qu'on ne considère pas comme féconde (le choix de ce terme découle donc de raisons évidentes) soit en réalisations, soit en idées nouvelles. Le terme possède actuellement (2004) une connotation péjorative qui doit sans doute plus à quelque mépris de l'activité intellectuelle non « rentable » (et qui tourne en quelque sorte à vide) qu'aux anciens interdits sexuels.

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