Massacre de la Saint-Valentin

Un article de Freepedia.

Le massacre de la Saint-Valentin (14 février 1929) est considéré comme l’ultime épisode de la guerre des gangs qui a ensanglanté le Chicago des années 1920.

Sommaire

Le contexte

Son commanditaire a pour nom Al Capone, dit le Balafré, dont l’objectif est de mettre fin aux prétentions des North Siders, ces Irlandais qui tiennent le nord de Chicago et lui disputent âprement son empire. Ayant survécu par miracle à deux attentats en moins de deux ans, le Balafré voit dans l’élimination de cette dangereuse concurrence la solution aux menaces qui pèsent sur sa vie. Décision est donc prise d’anéantir toute la bande, à commencer par son chef, le fameux George Bugs Moran, autrement dit Moran le Branque, redoutable fleuron de la pègre locale.

Le piège

Le Balafré confie la réalisation de son projet à son ami Jack Mc Gurn, dit la Sulfateuse. Ce dernier s’entoure d’une équipe de crapules triées sur le volet, regroupant les sinistres John Scalise et Albert Anselmi, les tristement célèbres frères Keywell, George Ziegler, alias Joe la Pétoire, poursuivi, entre autres, pour le viol d’une fillette de sept ans, ainsi que Joseph Lolordo et Fred Burke, dit le Tueur.

La finesse n’étant pas la spécialité de Jack la Sulfateuse, le plan dont il accouche est d’une stupéfiante niaiserie puisqu’il se résume, pour ses artisans, à attirer leurs adversaires dans un lieu retiré pour les y abattre froidement. Le prétexte ? L’organisation d’une fausse réunion de bootleggers au fond d’un vieux garage situé au 2122, Clark Street, où l’on conviera le Branque et ses lieutenants autour d’une prétendue cargaison de whisky. Le filet ainsi tendu, le reste n’est plus qu’un jeu d’enfant, qui consistera à déclencher, au moment opportun, une fausse descente de police afin d’enlever sans difficulté leurs armes aux cancrelats pris au piège, les coller contre un mur et les arroser, pour finir, à la mitraillette.

L'exécution

Bien que les ficelles en soient visibles à vingt lieues, le plan se déroule exactement comme prévu, le 14 février 1929. Le fait est que la bande du Branque, qui rapplique au grand complet ce matin-là au rendez-vous, benoîtement alléchée par la perspective d’un mirifique marché, se retrouve rapidement bouclée, désarmée par de faux policiers, et prestement expédiée de vie à trépas. Comme convenu, la boucherie n’est commencée qu’après qu’on se soit assuré que le chef de la bande en personne fait bien partie du lot, ce terrible George Moran dit le Branque, dont le Balafré réclame la peau et à l’intention duquel ce traquenard insensé a été préparé.

Le fin du fin dans cette opération, c’est qu’au moment de quitter les lieux, leur carnage accompli, les tueurs simulent une arrestation afin de prévenir toute panique dans le voisinage : deux d’entre eux, habillés en civil et jouant le rôle de bandits embarqués dans une rafle, ouvrent la marche les bras en l’air, tandis que leurs complices, gardant leur uniforme de policier, les suivent en feignant de les tenir en respect.

L'épilogue

Sur les lieux de l’hécatombe, on dénombrera sept corps criblés de balles baignant dans une mare de sang. Sept cadavres, dont aucun pourtant ne répond au signalement du Branque ! Ce dernier, arrivé en retard sur les lieux à cause d’une panne d’oreiller, s’est en effet éclipsé en apercevant la fausse voiture de police qu’il a crue être une vraie. L’homme que la fine équipe de tueurs aura pris par erreur pour le Branque est en réalité un dénommé Weinshank, dit Albert le Gorille. Les autres victimes sont les frères Frank et Peter Gusenberg, Adam Frank Heyer, Albert Kachellek, John May et Reinhart Schwimmer

Moran le Branque, qui poursuivra une discrète carrière en solo, finira par régler son compte à Jack la Sulfateuse en 1936. Ne vivant plus que d’expédients (en 1946, il détrousse un garçon de courses) et de petits hold-ups, il terminera sa misérable existence au fond d’une cellule, en 1957.

La légende

Magnifié par les folliculaires d’une presse déchaînée, le massacre de la Saint-Valentin, dramatique équipée de Pieds Nickelés à la sauce U.S., connaît un retentissement mondial immédiat. L’imagerie prendra peu à peu le pas sur le fait divers, conférant à la guerre des gangs la dimension d’une formidable épopée et à ses acteurs celle de héros mythiques. Depuis, une abondante littérature, fascinée de bruit et de fureur, en perpétue inlassablement la légende.



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