Massacre de Sabra et Chatila

Un article de Freepedia.

Le massacre dans les camps de réfugiés palestiniens où restaient, selon Ariel Sharon, environ 2000 combattants malgré l'évacuation officielle de l'OLP de Sabra et ChatilaBeyrouth, au Liban) a été perpetré, du 16 au 17 septembre 1982, par les phalangistes, milice chrétienne libanaise dirigée par Elie Hobeika, dans un secteur occupé par l'armée israélienne, sous la responsabilité du général Ariel Sharon. Ce massacre intervient à la suite de l'assassinat, dans un attentat à la bombe, du chef des phalangistes Béchir Gemayel le 14 septembre 1982 alors qu'il venait d'accéder à la présidence du Liban. Selon les sources, entre 700 et 3500 libanais et palestiniens ont été assassinés par les phalangistes, 1. Certains d'entre eux justifieront leurs exactions par vengeance de massacres et déplacements de populations chrétiennes perpétrés par l'OLP et ses alliés au Liban entre 1976 et 1982.

La présence de combattants palestiniens dans les camps demeure controversée. Si les miliciens phalangistes ont rencontré une opposition armé, le chiffre de 2000 combattants est trés elevé par rapport aux 150 phalangistes envoyés. Il n'y aura d'ailleurs que 2 morts dans les rangs de ces derniers.

Le vendredi 17 septembre, des militaires israéliens positionnés à proximité des camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila sont témoins d'actes de brutalité commis par des Phalangistes chrétiens sur des civils palestiniens. Mais, dans l'après-midi, le commandant en chef de Tsahal, le général Eytan, rencontre les officiers phalangistes qui l'informent que l'opération dans les camps est achevée et qu'ils quitteront les lieux le lendemain à cinq heures du matin. Au matin du samedi 18 septembre, les Phalangistes sont toujours dans Sabra et Chatila. Le général israélien Yaron exige alors du chef des Phalangistes chrétiens qu'il retire ses hommes immédiatement. Les Phalangistes obéissent, et les derniers d'entre eux quittent les camps à huit heures du matin. Par haut-parleur, l'armée israélienne appelle les habitants palestiniens des camps à sortir de leurs maisons ; ils sont rassemblés dans un stade voisin, où ils reçoivent à boire et à manger. On découvre alors que les Phalangistes ont tués, outre des combattants palestiniens, des civils en grand nombre. Des employés de la Croix-Rouge et des journalistes arrivent sur place et informent le monde entier. Menahem Begin apprend tout cela le samedi au soir, en écoutant la BBC. Il alerte aussitôt Ariel Sharon et Raphaël Eytan, qui lui disent que les tueries ont cessé et que les Phalangistes ont été expulsés des camps. Mais il est trop tard. Il y aurait eu 900 réfugiés palestiniens tués (3 500 selon le journaliste israélien Kapeliouk). L'ordre des meurtres donné aux phalangistes chrétiens libanais a été donné par le libanais Elie (Elias) Hobeika, chef des services de renseignements des forces libanaises, qui devint ministre au Liban et pro-syrien au parlement libanais, sans avoir été inquiété. Il est assassiné devant son domicile de Beyrouth, le 24 janvier 2002. La presse internationale accuse Israël, avant que Le Figaro, Le Monde et des agences de presse ne se rétractent timidement plusieurs semaines plus tard.

Suite à ces événements, Israël établit une commission officielle d'enquête dirigée par Yitzhak Kahan, juge à la Cour suprême. Le 7 février 1983, la commission confirme la culpabilité des milices chrétiennes libanaises, et reconnaît Ariel Sharon indirectement responsable pour n'avoir pas prévu la tragédie qui résulterait de l'entrée des Phalangistes dans les deux camps palestiniens. En conséquence, Ariel Sharon devra démissionner de son poste de ministre de la Défense.

Elie Hobeika, qui s'avèrera par la suite être proche du régime syrien, deviendra ministre de plusieurs gouvernements libanais sous tutelle damascène. Il meurt dans un attentat à la voiture piégée à Beyrouth en 2002. Les raisons exactes du massacre demeurent troubles. Selon Robert Hatem dit « Cobra », l'homme de main de Hobeika à l'époque, les Israéliens, qui assiégeaient Beyrouth depuis le mois d’août pour en finir avec l’OLP avaient chargé Hobeika et ses hommes d'expulser les Palestiniens des camps. Il devait les livrer dans le grand stade de Beyrouth où les soldats de Tsahal étaient censés trier le bon grain de l’ivraie. Sharon, alors ministre de la Défense, avait, selon Hatem, donné des ordres fermes à Elie Hobeika d’éviter tout débordements. Ce dernier, en relation secrète avec les syriens à l'époque aurait agi sous l'instigation de la Syrie afin de mettre les israéliens sous pression. Robert Hatem vit aujourd'hui en Israël.

Cependant, des observateurs et témoins affirment que la commission israélienne a sous-estimé la responsabilité israélienne, d'une part sur le niveau d'implication directe, d'autre part sur la connaissance ou l'ignorance de ce qui se déroulait, et enfin a restreint ses recherches à un moment précis du massacre. Il s'agit notamment de la thèse du journaliste Alain Ménargues, qui affirme fournir des éléments probants d'une incursion préalable de soldats israéliens dans les camps s'étant alors livrés à des massacres.

En Belgique, une plainte visant Ariel Sharon est engagée par 23 rescapés des tueries, en vertu de la loi dite «de compétence universelle» adoptée en 1993 dans ce pays pour permettre la poursuite d'auteurs de crimes contre l'humanité, quelle que soit leur nationalité ou le lieu où les faits ont été commis (de telles lois existent dans d'autres pays comme Israël ou les États-Unis).

En 2002, une décision de justice qualifie la plainte d'irrecevable, décision qui est renversée en 2003.

En effet, la Cour de Cassation belge, plus haute instance judiciaire, rouvre le 14 février 2003 la voie à des poursuites en Belgique pour crimes contre l'humanité contre Ariel Sharon, qui seront effectives lorsque celui-ci ne sera plus protégé par l'immunité liée à sa fonction.

Informations complémentaires

Notes

1. Deux documents émanants de la Croix-Rouge recueillis (pièces 151 et 153) par la commision indépendante créée par le gouvernement israélien pour enquêter sur le massacre indiquent un premier décompte partiel de 328 victimes et un nombre total de 460 corps retrouvés entre le 18/09/1982 et le 30/09/1982 par la Croix-Rouge internationale, la Croix-Rouge libanaise, la Sécurité civile libanaise et le Service médical de l'Armée libanaise. Le chiffre de 700 à 800 victimes avancé par les Forces armées israéliennes est considéré comme le plus plausible par cette commission (voir le Rapport officiel). L'historienne Bayan Nuwayhid al-Hout qui a consacré un livre au massacre liste 906 victimes et 484 disparus (Bayan Nuwayhid al-Hout, Sabra And Shatila - September 1982, Pluto Press, 2004). Des chiffres beaucoup plus élevés de 3000 à 5000 victimes circulent sur des sites web d'organisation pro-palestiennes. Le journaliste Pierre Péan reprend également ce chiffre de 5000 victimes comme marge supérieure (Sabra et Chatila, retour sur un massacre dans Le Monde diplomatique de septembre 2002).

Voir aussi

Palestine (région, terminologie, histoire générale)

Palestine (arabe)

Israël

Conflit israélo-arabe et « israélo-palestinien »



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