Marxisme-léninisme

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Marxisme-léninisme désigne l'héritage de Lénine et l'adaptation et l'interprétation que celui-ci a fait des concepts hérités de Karl Marx, voire la position que Lénine aurait pu prendre s'il avait été confronté à des situations postérieures à sa mort, sur la base d'une exégèse de sa pensée. Cette définition par référence laisse malheureusement trop de marge d'interprétation en terme de contenu pour qu'il y ait accord général.

Sommaire

Un concept problématique

En effet, la pensée de Lénine est invoquée pour défendre des idées très contrastées, selon qu'elles se réfèrent :

  • aux écrits de Lénine ;
  • aux politiques que celui-ci a mené à la tête de l'État russe à partir de 1917 et jusqu'à sa maladie en 1922 ;
  • aux interprétations officielles diffusées par le parti dont Lénine était le chef (en Russie) et par le Komintern / Kominform / IIIe Internationale, organes dont Staline a rapidement pris le contrôle.

Marxisme-léninisme est donc un terme ambigu décrivant des idéologies différentes en fonction de la personne qui l'évoque et du contexte (lieu, période historique, public, etc.) : en effet comme la plupart des termes du communisme, il est soumis en permanence à des réinterprétations en fonction des impératifs politiques des uns et des autres, avec le double objectif d'asseoir sa légitimité sur l'héritage des grands anciens et de fustiger la dérive des adversaires.

Le sens de loin le plus courant, correspond à la doctrine officielle de l'URSS, le socle idéologique du stalinisme ; son contenu précis a changé en fonction des besoins de Staline, puis des autres chefs d’États se revendiquant du communisme.

Mais un courant plus minoritaire à l’époque fait sa propre interprétation des œuvres de Lénine, en rejetant l'interprétation stalinienne, supposée erronée voire réactionnaire et anti-communiste. Pour éviter les confusions, on parle alors généralement de léninisme.

En outre, les non-communistes, faute de s'y retrouver et en raison de l'importance de l'URSS, ont généralement adopté le terme comme un synonyme de communisme. Les anti-communistes font de même en y ajoutant le refus de comprendre les subtilités entres communistes, qu'ils fourrent volontiers dans un grand sac, non sans arrières-pensées eux-aussi.

Historique

De 1922 à 1953, sous Staline, le marxisme-léninisme domine l'ensemble des partis communistes réunis dans le Komintern (IIIe Internationale) jusqu’en 1943, puis le Kominform à partir de 1947. La mort de Staline en 1953 et la dénonciation de ses crimes en 1956 ne change rien à la doctrine officielle de l'URSS et des pays d'Europe de l'Est : le marxisme-léninisme est conforté, Staline emportant les défauts du système comme un bouc émissaire.

Cette acception du terme sera reprise à partir des années 1960 en Chine : le maoïsme s'intégrera au marxisme-léninisme.

Depuis les années 1970, certains groupes maoïstes ont officiellement rompu avec le stalinisme tout en continuant à se réclamer du marxisme-léninisme : notamment la Gauche Prolétarienne, Vive La Révolution, l'Union des Communistes de France Marxiste-Léniniste (qui depuis s'est transformée sous le nom d'Organisation politique) et l'Organisation Communiste Marxiste-Léniniste Voie Prolétarienne.

Ces groupes ont évolué vers une nouvelle forme de maoïsme : le spontanéisme. À la mort de Mao Zedong en 1976, la République populaire de Chine et l'Albanie ont abandonné le marxisme-léninisme. Le marxisme-léninisme s'est alors poursuivi au Cambodge avec le régime des Khmers rouges. De nombreuses guérillas maoïstes continuent depuis à se réclamer du marxisme-léninisme : au Pérou (Sentier Lumineux d'Abimaël Guzman) et au Népal notamment. En Italie, les Brigades rouges continuent à se réclamer elles aussi du marxisme-léninisme maoïste. En France, le marxisme-léninisme continue à être représenté par le Parti Communiste Marxiste-Léniniste de France (maoïste).

Analyse

A posteriori, le point de vue dominant est certainement que l'idéologie inventée par Staline n'a pour objectif que de justifier sa dictature en se référant formellement aux théories et aux pratiques de Lénine lors de son exercice du pouvoir en Russie.

Pour les communistes opposés à Staline (majoritaires aujourd’hui), le terme de « marxisme-léninisme » camoufle le « stalinisme » qu'ils rendent responsable d'une politique criminelle et très éloignée de l'idéal d'un pouvoir prolétarien, considérant qu’à l’inverse le stalinisme est marqué par la dictature de chefs d'États comme Staline ou Mao, l’exploitation et l’oppression des masses par une bureaucratie d'État dans le cadre d'une économie certes planifiée mais néanmoins capitaliste.

D'une certaine façon, les anti- et les non- communistes adoptent la même analyse, avec toutefois une différence de taille : pour eux, il n'y a pas d'autres communismes possibles, seulement des stalines ratés (en pensant à Trotsky, qui a amplement prouvé n'être pas un « enfant de chœur ») ou des penseurs d'utopie.

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