Donatien Alphonse François de Sade
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Donatien Alphonse François de Sade (2 juin 1740 – 2 décembre 1814) est un écrivain français, philosophe, libertin et athée, plus connu sous le nom de marquis de Sade.
Il est né dans une vieille famille aristocratique, sa mère était Marie Eléonore de Maillé, fille de Donatien de Maillé, marquis de Carman en Plounevez-Lochrist (Nord Finistère). Entré à 14 ans dans une école militaire, il revient à Paris en 1763 comme capitaine. Il montre, en fréquentant les actrices et les courtisanes son goût pour la luxure, qui lui vaut, l'année même et peu de temps après son mariage, un premier séjour en prison pour "débauche outrée".
Après une seconde incarcération de six mois en 1768 pour flagellation, il est accusé en 1772 d'empoisonnement pour avoir rendu malade une prostituée à qui il avait fait prendre des dragées aphrodisiaques. Il est condamné à mort par contumace. Arrêté, puis évadé, il est finalement repris et, sous le coup d'une lettre de cachet, incarcéré successivement à Vincennes, à la Bastille et à Charenton. C'est pendant cette longue période d'emprisonnement que Donatien Alphonse François de Sade commence à écrire pour dissiper son ennui. Il est libéré en 1790 par la Révolution comme toutes les victimes de lettres de cachet.
Pendant la Révolution, ses deux fils émigrent, sa femme obtient la séparation du fait de ses violences conjugales. Ses biens en Provence ayant été pillés, sans ressources, le Marquis de Sade essaie de faire jouer ses pièces de théâtre pour pouvoir survivre. Bien qu'ayant milité dans une section révolutionnaire de quartier, il est condamné à mort en 1793. Il échappe à la guillotine à cause d'une erreur administrative, il fait cependant un séjour à la prison Saint-Lazare. Il vit alors modestement de ses publications. Il est arrêté en 1801 à cause de ses écrits outrageux et de leur violence pornographique et interné par décision administrative à l'asile de fous de Charenton. Bien que totalement lucide et malgré ses protestations, il va y rester jusqu'à sa mort. Il aura passé 30 années en prison.
Maîtrisant parfaitement la langue française, le Marquis de Sade alterne dans ses ouvrages les scènes pornographiques souvent extrêmes et les dissertations philosophiques. Dans "Dialogue entre un prêtre et un moribond" (1782), il affirme un athéisme absolu et ne laissera plus passer une occasion de l'afficher dans ses écrits. Ce n'est qu'à partir du milieu de XXe siècle que son oeuvre, longtemps interdite et diabolisée, sera redécouverte et réhabilitée. Elle n'est plus lue sous le seul angle superficiel du "sadisme" et de la pornographie, mais sous sa fonction libératrice en s'attaquant aux hypocrisies de la société et à la pensée dominante. Le marquis de Sade défend les vices au nom de la nature, en en faisant apparaître les contradictions. Son imagination souvent outrancière est perçue comme le désir de libérer l'homme de ses contraintes. Il peut être considéré comme l'un des grands écrivains français et un philosophe qui va jusqu'au bout de ses pensées et aux limites de leurs conséquences logiques.
Sommaire |
Dates
- 1750 : Entrée au collège d’Harcourt (Jésuites) à Paris.
- 1757 : Capitaine de cavalerie pendant la guerre de Sept Ans.
- 1763 : Mariage avec Renée-Pélagie de Montreuil qui ira jusqu’à se déguiser en homme pour tenter de faire évader Donatien.
- 1763 : Incarcération au donjon de Vincennes avec comme motif « débauches outrées ».
- 1768 : Interné au Château de Saumur parce qu’accusé de flagellation.
- 1772–1778 : Diverses accusations d’empoisonnement, d’enlèvement, de sodomie se succèdent, suivies de fuites en Italie et de peines d’emprisonnement. Il est finalement enfermé au donjon de Vincennes.
- 1780 : Sade commence à écrire en prison.
- 1784 : Transfert à la prison Bastille.
- 1789. Le 11 juillet, Sade, mécontent qu'on l'ait privé de promenade, appelle au secours par la fenêtre de sa chambre et clame qu'on est en train d'assassiner les prisonniers. La farce n'est pas du goût du gouverneur, qui le fait transporter à l'asile de Charenton. Sade manque ainsi de trois jours sa libération par le peuple.
- 1790 : Libération.
- 1793. S'étant impliqué dans la vie politique locale, Sade est de nouveau jeté en prison. Il passe la Terreur dans la maison de santé de Picpus, transformé en refuge pour riches détenus.
- 1800 : Nouvelle arrestation suivie d’emprisonnement pour écrits outrageux.
- 1814 : Décès du Marquis de Sade à la Maison de santé de Charenton-Saint-Maurice, ville connue de nos jours depuis 1842 sous le nom Saint-Maurice.
La biographie du marquis de Sade traduit l’esprit de ses écrits : libertin, scandaleux, provocateur; ses admirateurs d'époque le surnommèrent le Divin Marquis.
Œuvre
- L’Inconstant (comédie) 1781.
- Dialogue entre un prêtre et un moribond 1782.
- Le Prévaricateur (tragédie) 1783.
- La Folle Épreuve ou le Mari crédule (comédie) 1783.
- Les Cent-Vingt journées de Sodome ou l’école du libertinage 1785.
- Aline et Valcour, les crimes de l’amour 1786; publié en 1795.
- La vérité 1787.
- Les Infortunes de la vertu (1re version de Justine) 1787.
- Justine ou les Malheurs de la vertu (enrichissement des Infortunes) 1788; publié en 1791
- Eugénie de Franval 1788.
- Catalogue raisonné des Œuvres de M. Sxxx. 1788.
- La Philosophie dans le boudoir; publié en 1795
- La nouvelle Justine suivie de l’Histoire de Juliette, sa sœur ; publié en 1797.
Lire Sade aujourd’hui
Sade est d’abord un philosophe. Attaquant la morale de son époque, qu’il juge hypocrite, défendant les vices, souvent au mépris de toute logique et en prêtant à la nature les intentions nécessaires pour donner raison à ses personnages libertins, il examine en fait les préjugés, les valeurs, et les conventions sociales, le côté obscur de la philosophie des Lumières. Il s’occupe de sujets faisant l’objet d’un large consensus et attaque systématiquement l’opinion dominante. Les raisonnements des personnages aboutissent souvent à des contradictions flagrantes que l’auteur ne cherche pas à dissimuler, et mettent en évidence le fait que Sade ne cherche pas à convaincre. Lire ses œuvres uniquement sous l’angle du sadisme relève d’une approche superficielle de ses écrits. Le mot sadisme est un néologisme forgé à partir de son nom.
Beaucoup de vices considérés comme tels au XVIIIe siècle sont largement acceptés aujourd’hui, preuve que les conventions, si nécessaires soient-elles à la cohésion sociale, changent avec les époques et les pays.
Dans un style concis, puissant, agressif, souvent drôle, et avec une maîtrise parfaite de la langue française, il alterne dissertations philosophiques et scènes libertines, souvent à la limite extrême du possible, et parfois au-delà.
Longtemps interdit, Sade figure aujourd'hui à juste titre parmi les plus grands écrivains français.
Ces écrits ont eu une influence considérable sur les surréalistes après la première guerre mondiale. Aujourd'hui encore son œuvre inspire de nombreux écrivains tel Philippe Sollers.
Camus a dit de lui
Dans L'homme révolté (1951), Albert Camus dit de Sade qu'il « [...] rassemble en une seule et énorme machine de guerre les arguments de la pensée libertine jusqu'au curé Meslier et Voltaire ».
Voir aussi
Wikisource
Liens externes
- Site assez complet sur Sade : biographie, citations, ouvrages en ligne, etc.
- Biographie et citations du marquis de Sade
- Les 120 journées de Sodome (texte complet)



