Marie-Catherine Le Jumel de Barneville, baronne d'Aulnoy
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Madame d'Aulnoy, de son nom complet Marie-Catherine Le Jumel de Barneville, baronne d'Aulnoy, (1650 - 1705) est auteur de contes et de romans tels que Contes des Fées, Jean de Bourbon, prince de Carency ou Aventures d'Hypolyte. Son œuvre est souvent jugée supérieure à celle de Charles Perrault. Elle écrivit également des ouvrages consacrés à l'Angleterre et à l'Espagne : Mémoires de la cour d'Espagne, Relation du voyage d'Espagne et Nouvelles espagnoles.
Biographie
Marie-Catherine d'Aulnoy, naît à Barneville dans l'Eure vers 1650. Mariée à seize ans — comme on l'était à l'époque, par arrangement entre familles — à François de La Motte, de quarante-six ans son aîné, elle en aura cinq enfants.
La baronne aura dès lors de ces vies mouvementées, voire romanesques, préfigurant déjà celle d'une Manon Lescaut, personnage principal du roman de l'Abbé Prévost. Contrainte à s'exiler, et ainsi à voyager à travers l'Europe, pour échapper au sort qui aurait pu lui être réservé. Décidée à se débarrasser d'un mari qu'elle déteste, elle profite donc des soupçons de malversations qui accablent son mari, valet de pied du duc de Vendôme, pour l'accuser ouvertement d'un crime à l'époque passible de la peine de mort : celui de lèse-majesté. Pour ce faire, elle recourt à deux gentils-hommes, dont l'un est son amant après avoir probablement été celui de sa mère. Son mari, arrêté, est relaxé, mais les « amis » de sa femme sont condamnés à la décapitation pour calomnie. La baronne ne doit son salut qu'à la fuite, dans des circontences rocambolesques, fuyant par un escalier dérobé et se réfugiant sous le catafalque d'une église.
Passée en Angleterre puis gagnant l'Espagne, ses services à la cour de France lui valent sa rentrée en grace. Elle s'installe alors à Paris où elle se trouve à nouveau compromise dans un scandale pour son amitié envers une femme, par la suite décapitée pour le meutre de son mari.
L'histoire de la baronne d'Aulnoy est l'archétype de la condition féminine sous l'Ancien Régime et peut en partie expliquer comment des dames dites « de qualité » pouvaient en être réduites à de telles extrémités : point de divorce alors.
Liée d'amitié avec Saint-Evremond, et avec plusieurs conteuses du siècle telles Madame de Murat et Mademoiselle Lhéritier, elle commence alors à publier, chose rare pour une femme. L'ile de la félicité est le premier conte de fées à être publié en France. Les contes de fées, puis les Contes nouveaux ou les Fées à la mode, respectivement parus en 1697 et 1698 lui valent la célébrité.
Elle mourra paisiblement chez elle, en 1705 à Paris. Un de ses éditeurs et biographe, Monsieur de Lescure, dira des deux portraits qui subsistent de cette conteuse que ceux-ci laissent « l'image d'une sémillante et plantureuse beauté ».
Œuvres
- Relation d'un voyage en Espagne, puis Mémoires sur la cour d'Espagne dont Sainte-Beuve notera l'intérêt. 1690, 1691
- Mémoires sur la cour de France, 1692, puis sur la cour d'Angleterre, 1695
- Mémoires screts de plusieurs grands princes de la cour, 1696
- L'Histoire d'Hyppolite, comte de Douglas, roman.



