Marguerite de France (1553-1615)
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Marguerite de France, couramment appelée Marguerite de Valois ou la Reine Margot, née le 14 mai 1553, morte le 27 mai 1615, était une princesse française de la branche dite de Valois-Angoulême de la dynastie capétienne.
Par son mariage avec le roi Henri de Navarre (futur roi de France Henri IV), elle devint reine de Navarre puis reine de France.
Née au château de Saint-Germain-en-Laye, elle est la fille de Henri II et de Catherine de Médicis. On la surnomma rapidement Margot. Trois de ses frères sont devenus roi de France : François II, Charles IX et Henri III. Sa sœur, Élisabeth de France fut la troisième épouse du roi Philippe II d'Espagne.
Marguerite aimait Henri, duc de Guise, mais Catherine de Médicis refusait de voir accéder au trône de France un héritier de la branche de Guise. Elle proposa sa fille en mariage au fils de Philippe II, l'infant Charles, mais le mariage ne se fit pas. De sérieuses négociations eurent aussi lieu pour marier Marguerite à Sébastien du Portugal mais furent abandonnées. Finalement, on arrangea son mariage avec Henri de Bourbon (plus tard Henri de Navarre), le futur Henri IV, fils de Jeanne III d'Albret, reine de Navarre, une protestante. L'objectif était de réconcilier les catholiques et les protestants. Jeanne d'Albret s'opposait à ce mariage, mais plusieurs de ses courtisans y étaient favorables. Jeanne d'Albret mourut avant que le mariage se fit.
Le 18 août 1572, Marguerite épousa Henri de Bourbon, devenu roi de Navarre à la mort de sa mère. Lors de la cérémonie à l'église, Henri, à cause de sa religion protestante, demeura hors de l'église durant la majeure partie de la cérémonie. Les mariés regardaient droit devant eux, sans jamais se tourner l'un vers l'autre. Lorsque le cardinal demanda à Marguerite si elle souhaitait prendre Henri pour époux, elle ne répondit pas. Le roi Charles IX posa alors sa main sur la tête de sa sœur, l'obligeant ainsi à accepter par un hochement de tête. Ce détail n'est cependant pas avéré avec certitude : il fut avancé lors de la demande au pape d'annuler ce mariage, quelque 20 ans plus tard, et pourrait bien avoir été employé pour faire paraître la cérémonie irrégulière. De somptueuses festivités marquèrent l'évenement. Cependant, six jours seulement après le mariage, les tensions religieuses amenèrent le massacre de la Saint Bathélemy où des milliers de protestants périrent. Henri de Navarre fut contraint de revenir à la foi catholique. Il resta à la cour pendant quatre ans, avant de s'enfuir de Paris et de revenir à sa foi protestante.Entre temps, Marguerite soutint les agitations menés par son frère François lors du complot des Malcontents. Elle joua un rôle d'intermédiaire entre Catherine de Médicis, son mari Navarre et son frère François.
En 1578, pour ramener la paix, la reine-mère accompagna Marguerite jusqu'à Nérac où celle-ci rejoignit son époux, et avec qui elle resta alors pendant trois ans et demi. Leur vie y fit scandale. Ils avaient ouvertement tous les deux des amants, et se querellaient fréquemment. En 1582, à la suite d'une maladie, Marguerite retourna à la cour de son frère. Mais les favoris d'Henri III détruisirent rapidement la réputation de sa sœur, l'obligeant à quitter la cour. Après de longues négociations, elle put retourner à la cour de son époux en Navarre, où elle reçut un accueil glacial. Déterminée à surmonter ses difficultés, la reine Marguerite se rapprocha de la Ligue et prit le pouvoir sur Agen, l'une de ses dotations royales. Après avoir fortifié la cité durant plusieurs mois, les Agenais se révoltèrent et Marguerite fut contrainte de fuir vers le château de Carlat. En 1586, elle fut mis en demeure par Henri III dans le château d'Usson en Auvergne, où elle passa dix-huit ans. En 1592, des négociations débutèrent pour faire annuler son mariage avec Henri IV. Elles furent conclues en 1599 par un accord qui autorisait Marguerite à conserver son titre royal. Marguerite écrivit alors ses mémoires, publiées en 1658, plusieurs années après sa mort. Ces écrits consistent en une succession de récits portant sur les règnes de ses frères Charles IX et Henri III, et sur son ex-époux Henri IV. Ils firent scandale dans l'opinion publique. La belle et intelligente Marguerite révélait qu'elle avait eu de nombreux amants, dont Joseph Boniface de La Môle, Jacques de Harlay, seigneur de Chanvallon, et Bussy d'Amboise.
Sur la fin de sa vie, sa beauté déclinant, la reine Marguerite vécut dans une situation financière précaire, poursuivie par des créanciers, ce qui l'obligea à vendre tous ses bijoux. Réconciliée avec son ex-époux et sa seconde femme, Marie de Médicis, Marguerite retourna à Paris où elle eut une activité de mécénat artistique et de bienfaitrice des pauvres. Elle exerça souvent des fonctions d'organisation d'événements à la cour et fut la nourrice des enfants du couple royal. Marguerite mourut à Paris le 27 mai 1615. Elle est inhumée dans la chapelle des Valois. À sa mort, elle fut pleurée par des milliers de personnes qui avaient aimé la dernière représentante de la branche dite de Valois.
Adaptations / Inspirations
Sa vie a inspiré plusieurs œuvres :
- Le roman d'Alexandre Dumas, la Reine Margot est un récit romancé des événements qui entourèrent le mariage de Marguerite et de Henri de Navarre.
- Ce dernier adapta sa pièce pour le théâtre.
- La Reine Margot film muet de 1910 de Camille de Morlhon.
- La Reine Margot film réalisé en 1954 par Jean Dréville, d'après le roman d'Alexandre Dumas, avec Jeanne Moreau dans le rôle titre.
- La Reine Margot film réalisé pour la télévision en 1961 par René Lucot, d'après la pièce d'Alexandre Dumas.
- la Reine Margot film réalisé en 1994 par Patrice Chéreau, avec Isabelle Adjani dans le rôle titre.
- Le livre de François Pédron : La reine Margot. Robert Laffont, 1985
Autres princesses ou dames qualifiées Marguerite de France
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