Manipulation mentale
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La manipulation mentale d'un individu ou d'un groupe d'individus est une tentative de prise de contrôle de l'esprit et du comportement, à partir de techniques de persuasion et de suggestion mentale. L'insistance sur certains points de l'esprit permet de contourner l'auto-critique de la personne, c'est à dire sa capacité à juger ou à refuser des informations. Certaines sectes utilisent des méthodes de manipulation mentale, notamment Aum Shinrikyo qui faisait porter des appareils expérimentaux à ses adeptes, qui les assénait d'électrochocs - une technique inspirée de la psychothérapie du XIXe siècle.
Les points sur lesquels la manipulation mentale se base sont :
- l'émotionnel (par exemple les peurs, l'affection, les espoirs) et l'instinctif ;
- le répétitif, la pression physique, morale et mentale, individuelle ou de groupe ;
- l'exploitation des biais cognitifs, par de fausses informations, simplifications rhétoriques et sophismes ;
- les principes de « récompense » et de « punition », de « maître ».
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Techniques de manipulation
Contrairement à une idée répandue, les meilleurs sujets à la manipulation ne sont pas les plus stupides ; au contraire, ce sont plus souvent des personnes qui ont fait des études et dont la situation de vie n'est pas mauvaise. En effet, ces personnes sont bien plus sensibles aux biais cognitifs. Certains facteurs peuvent également faciliter une exploitation :
- la dépression ;
- un choc traumatique ou un évènement choquant, une rupture ;
- un traumatisme ayant eu lieu durant l'enfance (théorie Freudienne / Jungienne) ;
- une schizophrénie ou schizoïdie de l'individu.
L'âge, aussi, est un facteur important : plus un individu est jeune, moins de 30 ans, plus il est influençable et, par extension, manipulable.
Nous pouvons tenter une liste, non exhaustive, des principales techniques utilisées pour manipuler des individus ou des groupes d'individus.
Méthode José Silva
Développée dans les années 1960, cette méthode se base sur l'étude des ondes produites par le cerveau. En effet, il y a plusieurs catégories d'ondes, correspondant à plusieurs états du cerveau (voir électro-encéphalogramme) :
- Les ondes delta (ondes δ - moins de 4 Hz), caractéristique du sommeil profond ;
- Les ondes theta (ondes θ - de 4,5 Hz à 8 Hz), caractéristiques des états d'hypnose, de transe, de perte de conscience ou de sommeil léger ;
- Les ondes alpha (ou ondes de Berger, ondes α - de 8,5 Hz à 12 Hz), caractéristiques de l'état de conscience ;
- Les ondes beta (ondes β - de 12 Hz à 40 Hz), caractéristiques d'une activité intense ;
- Les ondes gamma (ondes γ - plus de 40 Hz), caractéristiques d'un effort intellectuel intense.
L'état recherché est bien évidemment l'état delta ou theta. La prise de drogues ou de substances calmantes, associée à une phase d'« éducation » qui consiste à punir le sujet (par électrochoc ou par violences, physiques ou morales), fait progressivement entrer l'individu dans un état d'auto-suggestion — c'est une hypnose éveillée.
Silva aurait expérimenté sa technique pour la première fois sur sa propre fille, en la persuadant qu'elle avait des dons de voyance. Il réitéra l'expérience avec succès sur 39 autres volontaires.
Cette méthode demande du temps et surtout une volonté de la part de l'individu - de plus elle est assez limitée et assez violente.
Méthode Pavlov
Au sens Pavlovien, la manipulation mentale, ou conditionnement, revient à « programmer » l'intellect du sujet. L'individu passe par une série d'épreuves, au terme desquelles, en fonction de son comportement, il est récompensé ou puni - acte symbolique avant tout.
Ivan Pavlov développa cette idée au début du XXe siècle et tenté l'expérience sur son propre chien : il faisait tinter une cloche, le chien arrivait, on lui présentait son repas, il salivait. Après quelques essais, systématiquement, au tintement de la cloche, le chien arrivait en salivant : ce comportement - qu'il n'avait pas avant - est le résultat de ce contrôle.
Pavlov a démontré que l'on pouvait utiliser de nombreux stimulis et programmer de nombreuses réactions, voire des réactions adaptées aux réactions de l'individu. Ici, la répétition est un facteur essentiel.
Méthode MKULTRA
Développée par la CIA aux États-Unis depuis 1950, la méthode MKULTRA se base sur l'émission d'impulsions électromagnétiques. Elle s'inspire des méthodes soviétiques (notamment la méthode Pavlov), chinoises et nord-coréennes (principalement torture).
Face à l'échec de la méthode MKULTRA, tous les enregistrements furent détruits en 1973, par ordre du directeur d'alors de la CIA, Richard Helms.
voir la page consacrée au programme Mkultra.
Méthode subliminale
Dès les années 1950, l'arrivée de la télévision dans les foyers a laissé place à une nouvelle méthode de manipulation mentale : l'image subliminale. Le principe est de faire passer devant les yeux une image tellement rapidement que le cerveau ne la perçoit pas, mais que l'œil en garde une trace. L'image doit donc être simple et équivoque : un symbole, une couleur, un logo. La théorie, établie par James Vicary et Vance Packard, remet en cause la publicité. Cette méthode semble n'avoir des effets que sur le très court terme (moins de une seconde). Cependant, des tests sont toujours en cours.
Cette technique est interdite sur les chaînes télévisées.
Méthode de l'angoisse
Développée dans les années 1930, elle se base sur le principe suivant : un individu en état de peur devient prévisible. En effet, toutes les fonctions du cerveau qui ne donnent pas de solution immédiate au problème sont désactivées - c'est une situation d'urgence. Apeuré, le sujet a les réactions les plus primaires, donc les plus prévisibles - comme l'animal poursuivi par le chasseur et qui tombe, « bêtement », dans le piège creusé au sol. En effet la peur peut influencer le sujet. Ainsi, il fera tout pour échapper à sa peur et fera ce qu'on souhaite de lui. Même s'il sait que cela ne réussira pas ou qu'il ment.
L'utilisation de la terreur est un moyen connu et utilisé depuis longtemps : la torture, la menace, la « méthode par l'exemple », les interrogatoires... Elle a l'avantage de pouvoir s'appliquer avec succès sur des groupes. Cependant, elle n'est pas infaillible et peut devenir incontrôlable.
Méthode médicinale
C'est la plus récente : l'utilisation à grandes doses d'antidépresseurs et de calmants a pour effet de limiter les capacités cognitives du sujet, qui se comporte alors comme une éponge. À son « réveil », le patient aura gardé la trace des informations ou du conditionnement opéré sous contrôle médicamenteux, mais n'en aura pas ou peu conscience.
Efficacité de ces méthodes (à développer)
Controverses
La manipulation mentale, si elle a fait ses preuves, n'est pas acceptée par tous comme une possibilité réelle. En effet, elle renie le libre arbitre et permet à un individu de contrôler l'esprit d'un autre. Certaines religions, donc, renient la possibilité de manipulation mentale.
L'aspect pervers de ces méthodes, violentes parfois, laisse certains penser que l'humanité des sujets serait détruite par la manipulation mentale, ils redeviendraient alors de « vulgaires animaux » dont le « dressage » est possible.
La manipulation mentale peut être exploitée dans de nombreux contextes et ne se limite pas aux domaines religieux ou militaire. Sous des formes moins violentes, elle peut être utilisée en publicité et en marketing ; elle a également fait son apparition en gestion des ressources humaines, notamment à travers la programmation neuro-linguistique.
Voir aussi
Références bibliographiques
- Cmdt de gendarmerie Jean Pierre Morin: Sectarus: Le violeur de conscience, Armand Colin 1982, ISBN 2903944008
- Steven Hassan: Combatting Cult Mind Control : The #1 Best-selling Guide to Protection, Rescue, and Recovery from Destructive Cults, Park Street press 1990. ISBN 0892813113
- Flo Conway, Jim Siegelman: Snapping: America's Epidemic of Sudden Personality Change, Stillpoint press 1978-1995, ISBN 0964765004
- William Sargent: Battle for the Mind: A Physiology of Conversion and Brainwashing, Malor Books 1997, ISBN 1883536065



