Mémoire de l'eau
Un article de Freepedia.
La mémoire de l'eau est une théorie soutenant que l'eau est capable de retenir les propriétés de particules dissoutes alors même qu'il ne reste statistiquement aucun élément actif dans la solution.
La controverse scientifique et médiatique débuta par un article de Jacques Benveniste dans la revue Nature de juin 1988, intitulé “Human Basophil Triggered by very dilute antiserum against IgE” (« Dégranulation de basophiles humains provoquée par de hautes dilutions d'antisérum anti-IgE »). Cet article décrit la réaction de globules blancs au contact d'un anticorps et conclut que les globules blancs continuent de présenter des réactions même quand l'anticorps est dilué au point d'éliminer statistiquement toute molécule d'anti-IgE dans la solution. Benveniste et son équipe, membres respectés de la communauté scientifique jusqu'alors, disent avoir fait leur découverte en 1984 par accident.
Le résultat est présenté par les auteurs comme une confirmation potentielle du principe de dilution de l'homéopathie.
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La controverse sur la mémoire de l'eau
Cette étude eut un retentissement important dans les médias à grand public, le journal Le Monde consacrant sa une à Jacques Benveniste, mais fut contestée dès le mois suivant. Jacques Benveniste se vit en effet reprocher :
- Un protocole expérimental « hasardeux »
- Le test utilisé par Benveniste n'aurait pas été suffisamment fiable et la réaction des globules blancs ne fut pas mesurable avec des protocoles plus consensuels.
- Une justification hors du cadre des connaissances actuelles
- Il n'existe actuellement aucune théorie physique consensuelle permettant d'expliquer une quelconque forme de mémoire de l'eau.
- Cependant, selon deux physiciens italiens, Preparata et Giudice, les physiciens qui n'ont pas cru à la mémoire de l'eau peinent à la comprendre, car, contrairement à la mémoire des bandes magnétiques, ils pensent que chaque configuration moléculaire de l'eau vibre trop pour que l'on puisse y inscrire quelque chose. Mais l'ordre à considérer ne serait pas celui du bataillon bien rangé, mais celui de la danse où chaque molécule, comme chaque personne a sa place et bouge avec le même mouvement que les autres en phase réglée et non pas chaotique.
- Selon eux le signal serait donc de nature électromagnétique et ses fréquences électromagnétiques spécifiques ne peuvent communiquer qu'avec le champ électromagnétique qui résonne avec elles comme dans le couple émetteur-récepteur radio. L'eau transmettrait donc cette information électromagnétique, l'amplifierait et pourrait ainsi conserver le « message » électromagnétique d'une molécule et le restituer.
- Le financement de ses recherches par un laboratoire homéopathique
- Les recherches de Benveniste étaient financées en partie par les laboratoires Boiron (jusqu'en 1989), spécialisés dans la production de médicaments homéopathiques ; certains y virent une tentative de manipulation.
On peut d'ailleurs noter que la majeure partie des recherches médicales est subventionnée par des laboratoires et des firmes privées sans que cela ne déclenche de débats passionnés. Par ailleurs, il s'agit d'un argumentum ad hominem qui n'a aucune valeur scientifique. Quand Benveniste demanda le soutien des homéopathes après son éviction de l'INSERM pour continuer ses recherches, il n'obtint que trois réponses positives.
Le caractère innovant de l'observation pourrait également expliquer cette controverse. Il s'agit d'une attitude habituelle de la communauté scientifique de n'accepter qu'avec circonspection toute nouvelle théorie ; celle ci devant d'abord prouver qu'elle explique la nature au moins aussi bien que les théories existantes pour être validée ; ce qui nécessite du temps.
Point de vue des scientifiques aujourd'hui
Dans les faits, bien que Benveniste n'ait jamais été réintégré après la fermeture de son laboratoire en 1995, la mémoire de l'eau a été confirmée par d'autres résultats de recherches, notamment les publications du professeur Madeleine Ennis de la Queen University de Belfast, citées dans le Guardian1 dans son numéro du 15 mars 2001, ce travail devant faire l'objet, en mai prochain (ce qui signifie que la communication a été examinée par un referee et acceptée) d'une publication scientifique en bonne et due forme dans Inflammation Research Journal.
Loin d'être une partisane de Benveniste cette femme avait au contraire voulu refaire ces expériences avec une optique qui était celle du plus grand scepticisme. Mais, fait nouveau, elle pouvait cette fois utiliser un système de comptage exempt de toute intervention humaine, ce dont Benveniste n'avait jamais pu disposer.
Ses résultats confirment ceux obtenus douze ans plus tôt par l’équipe du chercheur français.
Benveniste commente « Ils sont arrivés là où nous sommes arrivés il y a 12 ans. »
En France, le Quotidien du Médecin a publié un article d'une page, sous la plume de Vincent Bargouin, dans le numéro 6900 du 18 avril 2001. Citons simplement une phrase extraite du début de l'article :
« Dans les années quatre-vingt dix, tout le monde, loin s'en faut, ne s'est pas satisfait de l'excommunication de Jacques Benveniste et, avec lui, de toute notion apparentée à la "mémoire de l'eau". Quelques irréductibles ont refait les expériences. Certains l'ont fait sous le manteau, mais d'autres l'ont dit. »
On citera également les travaux photographiques du japonais Masaru Emoto montrant des modifications de la structure de cristaux de glace sous certaines influences comme celles de la musique.
Pour certains, la publication de Benveniste constitue un archétype de non-respect de la méthode scientifique, tout comme le fut la théorie de la fusion froide. D'autres font remarquer que, quelles qu'aient été les erreurs expérimentales, l'épisode prouva que la méthode d'évaluation scientifique fonctionne correctement. La publication dans une revue scientifique constitue une proposition de nouvelle théorie qui doit être vérifiée ensuite par d'autres équipes de recherche.
Dans le cas de la mémoire de l'eau, la société de Benveniste, Digibio, déclarait : « Depuis 15 ans, toutes nos expériences confirment la validité de notre découverte qui n'est d'ailleurs pas incompatible avec la biologie actuelle ». Digibio dénonce l'attitude « ultra-orthodoxe » d'une partie de la communauté scientifique et rappelle combien les découvertes de Newton ont été niées longtemps par la communauté scientifique de son époque.
La revue Nature, critiquée pour avoir publié l'article, désavoua le résultat un mois plus tard après que le directeur de la rédaction, accompagné d'une équipe incluant James Randi, un spécialiste du paranormal, ait mené une enquête dans le laboratoire de Jacques Benveniste.
Il arrive qu'une thèse scientifique publiée dans une revue de haut niveau soit par la suite réfutée, sans que cela provoque une telle controverse. La passion soulevée par la mémoire de l'eau tient probablement à un emballement médiatique dû au caractère insolite de la découverte et le lien fait avec une validation de l'homéopathie.
Bibliographie
- Publication posthume d'un essai de Jacques Benveniste : Ma vérité sur la mémoire de l'eau / Jacques Benveniste ; avec la collaboration de François Cote. - Paris : Albin Michel, 2005. ISBN 2-226-15877-4.
- Michel Schiff, Un cas de censure dans la Science : l’affaire de la mémoire de l’eau, éd. Albin Michel, 1994.
Articles connexes
Liens externes
- DigiBio ; Compagnie de recherche de Benveniste sur la mémoire de l'eau.
- 1. http://www.guardian.co.uk/Archive/Article/0,4273,4152521,00.html: Thanks for the memory, Milgrom, L. Guardian, The (newspaper), 15/03/2001
- Question d'eau, d'ondes et de musique Un article qui éclaire positivement la recherche de Benveniste ainsi que le travail de Masaru Emoto.



