Mécanisme de défense
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Pour la psychanalyse, les mécanismes de défense désignent les processus utilisés par le Moi dans une perspective adaptative.
Psycahanlyse des mécanismes de défense
Les mécanismes de défense ne sont pas des stratégies conscientes. Ils représentent des processus psychiques visant à se défendre de pulsions jugées inconciliables avec le Moi, ou encore dangereuses.
Le plus souvent, leur utilisation est banale et souple. On voit alors leur contribution aux traits de caractère. La défense concourre alors à la personnalité névrotique.
Le mécanisme de défense, tel qu'il est d'abord théorisé, s'applique à des représentations inconscientes. Dans ce cas, le [(symptôme]] qui se forme est formation de compromis entre les désirs conscients et les désirs inconscients.
Parmis les symptômes normaux, citons le rêve, le lapsus.
Mais certains mécanismes impliquent au contraire un échec du refoulement. Le concept de défense s'étend au delà du registre de la névrose. Selon la psychanalyse, un mécanisme peut signifier une défense plus ou moins massive, et plus ou moins néfaste pour le sujet qui l'emploie.
Sublimation
La sublimation est la capacité de satisfaire la pulsion sans atteindre le but originel. Le désir sexuel peut trouver décharge sans qu'il n'y ait de sexualité. La sublimation est à l'oeuvre dans les processus culturels, comme l'art.
Parmi les défenses, la sublimation occupe un statut particulier, puisqu'elle ne nécessite pas de refoulement. Une pulsion consciente peut trouver sublimation. Il ne s'agit donc pas d'une défense à proprement parler.
Psychopathologie des mécanismes de défense
Pourtant, lorsque le conflit entre les différentes instances psychiques (Ça, Moi, Idéal du Moi, Surmoi) ou entre certaines de ces instances et la réalité s'intensifie, ou si les mécanismes sont trop rigides ou mal adaptés, le fonctionnement psychique perd de sa souplesse et les mécanismes de défense s'expriment alors sous forme de comportements psychopathologiques.
Mécanismes névrotiques
Refoulement
C'est le premier mécanisme décrit par Sigmund Freud, en 1895. Il s'agit d'un processus actif qui maintient hors de la conscience les représentations inacceptables. Il s'organise sur trois niveaux :
- refoulement originel : à une époque archaïque de l'histoire du sujet, refoulement inaugural portant sur une représentation particulièrement gênante (séduction par un adulte, images de la scène primitive...) sans que cette représentation ne devienne conscience. Ce refoulement primaire détermine en quelque sorte l'orientation future des autres refoulements.
- refoulement proprement dit : il consiste en un double mouvement. D'une part, le refoulement primaire attire les représentations qui lui sont proches et d'autre part, les instances interdictrices (le Surmoi allié au Moi) repoussent ces représentations dans l'inconscient.
- retour du refoulé : les représentations qui ont été refoulées dans l'inconscient peuvent se lier entre elles. À l'occasion, certaines représentations - altérées, déguisées - peuvent réapparaître dans le conscient sous la forme de rêves ou de fantasmes (un retour classique et salutaire du refoulé rendu possible par la nécessité d'une soupape), sous la forme de lapsus ou d'actes manqués, et enfin, sous la forme de symptômes signalant alors l'échec du processus de refoulement.
Formation de symptômes
Isolation
C'est Sigmund Freud qui en 1894 décrit pour la première fois le fonctionnement de ce mécanisme de défense. L'isolation permet de séparer complètement la représentation de l'affect, lequel se retrouve libre. La représentation privée de toute association peut alors rester dans le conscient. L'isolation, ainsi que d'autres mécanismes, est à l'œuvre après l'échec d'un refoulement.
Déplacement
Suite à l'isolation, l'affect libéré peut être déplacé sur une autre représentation.
Introjection
L'introjection est le passage du dehors au dedans : le névrosé s'approprie quelque chose de plaisant qu'il reconnaît à l'extérieur.
Annulation rétroactive
Le sujet n'assume pas certaines représentations apparentes lors d'actes ou de pensées. Il va alors tout mettre en œuvre pour considérer que ces actes ou pensées n'ont jamais existé. C'est un mécanisme de défense très régressif car il porte non pas sur une représentation mais sur un acte même, c'est-à-dire sur la réalité. On trouve des exemples d'annulation dans certains rites animistes et dans beaucoup d'activités obsessionnelles : les actes de l'obsessionnel, répétés inlassablement ont pour objectif l'annulation d'autres actes ou pensées.
Condensation
Le travail de la condensation est particulièrement apparent lors du rêve. Une seule représentation va en remplacer plusieurs autres. C'est ce qui nous fait dire au réveil, par exemple : « J'étais dans mon appartement, mais ce n'était pas vraiment mon appartement ». Elle est également à l'œuvre dans les actes manqués, les jeux de mots...
Retournement sur la personne propre
Renversement en son contraire
Contre-investissement
Dénégation
La dénégation est le refus d'admettre une vérité : le névrosé dira pas du tout, au contraire, là où il se sent menacé.
Freud en donne un exemple particulièrement pertinent : un névrosé lui relate qu'il a rêvé d'une femme. Il dit ne plus se souvenir de l'identité de cette femme, mais être certain en tout cas qu'il ne s'agit pas de sa mère. Une telle formation de compromis à la fois se défend d'une représentation (rêve incestueux) et la révèle.
Identification
L'identification est un mécanisme élaboré. Elle consiste à se reconnaître en quequ'un d'autre, à se prendre pour lui. Le moi se saisit dans une image qu'il trouve au dehors.
Néanmoins, de nombreuses identifications différentes sont distinguées par Freud lui-même.
Formation réactionnelle
La formation réactionnelle amène le sujet à se conduire à l'inverse de ce qu'il désire. Par exemple, un désir de saleté, faisant suite à l'érotisme anal, mènera à une compulsion à se laver les mains.
Formation substitutive
La représentation d'un désir frappé d'interdit se trouve refoulé dans l'inconscient. Du seul point de vue du principe de plaisir, il existe donc un manque que le Moi va essayer de compenser, ce qu'il va faire en substituant à cette représentation initiale d'un désir, une autre représentation qui va discrètement (par le truchement des associations d'idées) évoquer le désir initial. Ce mécanisme est par exemple à l'œuvre lors de transe mystique : en apparence, il n'y a rien de sexuel dans cette manifestation mais se trouve pourtant préservé un affect lié au plaisir sexuel. C'est un des modes de retour du refoulé (voir plus bas « Refoulement »).
Formation de compromis
La formation de compromis constitue elle aussi un mode de retour du refoulé mais ce dernier sera suffisamment déformé pour ne pas être reconnu. Il y aura compromission entre les désirs inconscients (interdits) et les interdictions. Ce mécanisme est particulièrement apparent dans les rêves, dans certains symptômes (le besoin systématique d'un objet contra-phobique), ainsi que dans certaines œuvres artistiques.
Régression
Identification à l'agresseur
Mécanisme décrit par Sándor Ferenczi et Anna Freud. Son expression la plus banale se retrouve dans les jeux enfantins : jouer au loup, au docteur... Devenir celui qui fait peur permet de le supprimer. Il s'agit dans le cas évoqué d'une « simple » inversion des rôles. Ce mécanisme peut être plus radical et consister en une véritable introjection de l'objet dangereux.
Mécanismes autres
Projection
Clivage du Moi
Le Moi ne parvient pas à maintenir son unité. Plutôt que de maintenir un dialogue, un conflit interne, il se divise en plusieurs fragments qui ne communiquent pas entre eux.
Par exemple, dans le cas du fétichisme, le fétichiste se clive : une partie de lui-même reconnait l'angoisse de castration, une autre partie ne la reconnait pas.
Le clivage du moi se caractérise, dans la psychose, par la multitude de personnalités qu'il génère, résultat fort différent du dédoublement de personnalité.
Le névrosé, il faut admettre, a recours au clivage du moi, mais de manière largement moins marquée. Le refoulement, résultant dans la formation d'un inconscient qui ne communique pas avec le conscient, n'est-il pas ue forme de cliavge ?
Clivage de l'objet
De même que le moi peut être fractionné en plusieurs bouts, l'objet pulsionnel peut ne plus être reconnu dans son intégrité, mais séparé : il y aura clivage de l'objet. Pour Bion, l'identification projective pathologique peut mener à la formation d'objets bizarres.
Dédoublement des imagos
Déni
Le déni peut se comprendre comme équivalent psychotique de la dénégation.
Identification projective
Mécanisme de défense identifié et décrit par Melanie Klein et qui est à l'œuvre au cours de la position schizo-paranoïde. L'enfant se projette fantasmatiquement à l'intérieur de la mère pour y exercer sa toute-puissance (elle aussi fantasmée) : possession voire destruction du corps de la mère, contrôle des objets précédemment projetés dans la mère (pénis du père, autres enfants...). Il est nécessaire que la mère, à un niveau inconscient, puisse accepter ce type de fantasme. Si un interdit rigide est posé par la mère à l'encontre de ces fantasmes, il y aura réintrojection chez l'enfant d'objets partiels et menaçants (sein inquiétant, vagin avide) - autant d'objets qui vont appauvrir le Moi.
Références
Articles connexes
Bibliographie
- Anna Freud, Les mécanismes de défense du Moi



