Loire-Atlantique
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La Loire-Atlantique est un département français situé dans la région Pays de la Loire. Elle porte le numéro 44 dans la numérotation des départements français. Sa préfecture est Nantes.
Elle est l'un des 5 départements issus du découpage de la province de Bretagne. Son nom en breton est Liger-Atlantel.
| Loire-Atlantique (44) | |
|---|---|
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| Région | Pays-de-la-Loire |
| Préfecture | Nantes |
| Sous-préfecture(s) | Ancenis Châteaubriant Saint-Nazaire |
| Population totale | 1 134 266 hab. (1999) |
| Densité | 166 hab./km² |
| Superficie | 6 815 km² |
| Arrondissements | 4 |
| Cantons | 59 |
| Communes | 221 |
| Président du Conseil général | Patrick Mareschal |
Sommaire |
Histoire
Article détaillé : Histoire de la Loire-Atlantique
La Loire-Atlantique a été créée comme la plupart des autres départements français à la Révolution française, le 4 mars 1790, en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d'une partie de la province de Bretagne. Elle s'appelait alors Loire-Inférieure, nom qu'elle a conservé jusqu'au 9 mars 1957, date à laquelle elle prit son nom actuel.
Le département reprenait la majeure partie du territoire de l'ancien évêché de Nantes, plus une petite partie du Sud de l'évêché de Rennes, vers le pays de la Mée, mais amputé d'une partie autour de Redon (détaché vers l'Ille-et-Vilaine) et du pays de Mitau (rattaché au Morbihan), au Nord-Ouest.
Le 30 juin 1941, un décret du gouvernement de Vichy créa des régions économiques en regroupant certains départements entre eux. Au grand dam des élus du département, la Loire-Atlantique ne fut pas intégrée dans la région de Rennes (qui correspondait d'ailleurs à l'actuelle région Bretagne), mais dans celle d'Angers (dont les limites incluaient le territoire de l'actuelle région des Pays-de-la-Loire). Les raisons de cette division ne sont pas claires, certaines sources évoquent une volonté de faciliter le ravitaillement entre Nantes et Angers, distantes de moins de 100 km et dont les voies de communication sont bien structurées, d'autres parlent d'une façon de trancher entre Rennes et Nantes qui se disputaient la préfecture d'une telle région, de la volonté de maintenir un pouvoir centralisé fort qui aurait été incompatible avec la renaissance des anciennes provinces. Il semble cependant que cette décision fut prise de façon précipitée. Dans tous les cas, les régions économiques ne survécurent pas longtemps à la chute du régime de Vichy et furent dissoutes en 1945.
En 1955 furent créés des régions de programme afin d'optimiser l'aménagement du territoire. Jean Vergeot, commissaire général adjoint au Plan, fut chargé d'en définir les contours. Parmi les 22 régions qu'il créa, il inclut la Loire-Atlantique dans celle des Pays-de-la-Loire. Cette inclusion lui fut semble-t-il difficile à trancher [1], mais il se basa sur des considérations économiques (échanges téléphoniques, transports, etc.) pour réaliser un projet qui était à l'époque purement à usage interne de l'administration.
La création des préfets de régions en 1964, des établissements publics régionaux en 1972 et des régions en 1982 enterinèrent ce découpage et lui donnèrent une légitimité. Pendant cette même période, l'identité bretonne s'affirma et la position de la Loire-Atlantique dans les Pays-de-la-Loire fut de plus en plus contestée (le conseil général du département vota en 1972 son voeu d'être rattaché à la Bretagne, par exemple).
A l'heure actuelle, il semble qu'une majorité d'habitants de la Loire-Atlantique souhaite son rattachement à la région Bretagne (68% selon un sondage en 1999 [2], 75% en 2001 [3]). Les inscriptions 44 = BZH sont courantes et le sujet est un argument politique local. De plus, la ressemblance entre la région économique de Rennes créée par le régime de Vichy et l'actuelle région Bretagne (ce n'est pas le cas de la plupart des autres régions, mais ces deux-là coïncident) conduit parfois à faire un amalgame entre la division actuelle et la dictature pétainiste, amalgame renforcé par la méfiance - voire le ressentiment - à l'égard du pouvoir central dans une zone identitairement forte. Pour l'instant, aucune modification du découpage régional n'est cependant à l'ordre du jour.
Politique
Article détaillé : Politique de la Loire-Atlantique
Comme une grande partie du reste de l'ouest de la France, la Loire-Atlantique a la réputation d'être un département de droite. En effet, de tradition catholique (à l'exeption de la région ouvrière de Saint Nazaire), le département vota à droite tout au long de la IIIe république, en opposition à la gauche anticléricale. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l'électorat du département s'est tourné vers le Mouvement Républicain Populaire, de sensibilié démocrate-chrétienne, confirmant son ancrage à droite de l'échiquier politique. Cependant, la déchristianisation a commencé à toucher le département à partir des années 60, et la gauche progresse de façon continue depuis. Ainsi, Nantes est passé à gauche lors des municipales de 1977.
Suite à la débacle nationale de la droite aux cantonales de 2004, cette dernière a perdu le contrôle du département pour la première fois depuis la révolution française.
Voir également les articles :
- Liste des députés de la Loire-Atlantique
- Liste des sénateurs de la Loire-Atlantique
- Liste des conseillers généraux de la Loire-Atlantique
- Liste des préfets de la Loire-Atlantique
Géographie
Article détaillé : Géographie de la Loire-Atlantique
Située sur la côte atlantique de la France, juste au Sud du début de la péninsule bretonne, la Loire-Atlantique est limitrophe des départements du Morbihan au Nord-Ouest, d'Ille-et-Vilaine au Nord, de Maine-et-Loire à l'Est et de Vendée au Sud. La côte Ouest est bordée par l'océan Atlantique. Le département est traversé par la Loire, qui se jette dans l'océan au niveau de Saint-Nazaire.
Géologiquement, le département fait partie du massif armoricain. Globalement, le relief de la Loire-Atlantique est assez peu marqué. Au Nord de la Loire, on trouve un ensemble de plateaux qui peuvent culminer à 100 m d'altitude (le point culminant du département est la colline de la Bretèche, près de Châteaubriant, avec 115 m d'altitude, ce qui fait de la Loire-Atlantique le département le moins élevé de France). Au Sud du fleuve, vers le pays de Retz, le paysage est plutôt marqué par une succession de collines atteignant 30 m. Le relief le plus marquant est cependant le sillon de Bretagne, une suite de collines qui traverse le département selon une direction Nord-Ouest / Sud-Est.
Le relief est creusé au Nord de la Loire par les vallées de l'Erdre, de la Chézine, du Gesvres, au Sud pas celle de la Sèvre nantaise. La Loire constitue un élément géographique majeur ; en amont de Nantes, la Loire est encore essentiellement fluviale ; on considère généralement que l'estuaire de la Loire commence au niveau de Nantes et les variations de niveau liées à l'influence océanique des marées y sont perceptibles (l'Acheneau, affluent de la Loire situé en aval de Nantes, voit parfois son cours s'inverser lors de fortes marées).
La Loire-Atlantique est marquée par de nombreux marais, comme la Brière au Nord de Saint-Nazaire ou les marais de Couëron en aval de Nantes. Au Sud de Nantes, le lac de Grand-lieu est l'un des plus grands lacs de France, sa très faible profondeur (moins de 2 m) combinée à une pente extrêmement faible rendant sa superficie très variable. De manière générale, le département comporte énormément de zones humides.
La Loire-Atlantique possède plus de 130 km de côtes le long de l'océan Atlantique.
Climat
Article détaillé : Climat de la Loire-Atlantique
Avec sa façade océanique orientée vers l'Ouest et un relief peu accentué, le climat de la Loire-Atlantique est de type tempéré océanique, et change peu d'un endroit à l'autre du département. Les hivers y sont doux (5° en moyenne), les étés faiblement chauds (18° en moyenne). Les précipitations sont fréquentes (surtout en hiver et au printemps) mais rarement violentes ; le chiffre moyen de 820 mm de pluie par an masque par ailleurs une irrégularité des précipitations d'une année sur l'autre.
Économie
Article de fond: Économie de la Loire-Atlantique
Tourisme
Article détaillé : Tourisme en Loire-Atlantique
Démographie
Article détaillé : Démographie de la Loire-Atlantique
En 1999, la population totale de la Loire-Atlantique était de 1 134 266 habitants, ce qui plaçait le département en 13e position parmi les départements français les plus peuplés (le 7e en dehors de l'Île-de-France).
La densité moyenne du département est de 166 habitants/km², mais ce nombre masque des disparités importantes. Les agglomérations de Nantes et de Saint-Nazaire concentrent à elles seules 60% de la population de Loire-Atlantique. De fait, les trois-quarts des habitants du département sont situés le long de la Loire (principalement sur la rive droite), depuis Ancenis jusqu'à l'estuaire. Les deux aires urbaines les plus importantes qui n'appartiennent pas à cet ensemble sont celles de Châteaubriant (12 065 habitants) et Clisson (11 664 habitants).
Par rapport à 1990, le département a gagné plus de 82 000 habitants (soit une progression de 0,84 %), l'un des plus forts accroissements en France pendant cette période, autant du au solde naturel qu'au solde migratoire. Sans surprise, l'agglomération de Nantes en est le principal bénéficiaire. Avec 544 932 habitants, celle-ci se situait en 1999 au 7e rang national (une inversion de la tendance des années 1960 à 1980 où Nantes se dépeuplait).
Le tableau suivant récapitule l'évolution de la population du département :
| 1801 | 1806 | 1821 | 1826 | 1831 | 1836 | 1841 | 1846 | 1851 | 1856 | 1861 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 369 305 | 417 124 | 433 815 | 457 090 | 470 093 | 470 768 | 486 806 | 517 265 | 535 664 | 555 996 | 580 207 |
| 1866 | 1872 | 1876 | 1881 | 1886 | 1891 | 1896 | 1901 | 1906 | 1911 | 1921 |
| 598 598 | 602 206 | 612 972 | 625 625 | 643 884 | 645 263 | 646 172 | 664 971 | 666 748 | 669 920 | 649 691 |
| 1926 | 1931 | 1936 | 1946 | 1954 | 1962 | 1968 | 1975 | 1982 | 1990 | 1999 |
| 651 487 | 652 079 | 659 428 | 665 064 | 733 575 | 803 372 | 861 452 | 934 499 | 995 498 | 1 052 183 | 1 134 266 |
Culture
Article détaillé : Culture de la Loire-Atlantique
Langue
Traditionnellement, plusieurs langues étaient parlés en Loire-Atlantique :
Le gallo était parlé au Nord-Ouest de la Loire-Atlantique. Langue d'oïl présente en Haute-Bretagne (Ille-et-Vilaine, deux tiers est des Côtes-d'Armor, tiers est du Morbihan et Loire-Atlantique), proche du mayennais, le gallo — qui a vu son influence décroître à partir du moment où le solde migratoire provenant de Bretagne s'est interrompu — est à l'heure actuelle quasiment menacé d'extinction.
La partie du département située au Sud de la Loire parlait un dialecte influencé par le dialecte poitevin.
La langue bretonne, langue celtique, est ou était parlée à plusieurs endroits, par exemple dans la presqu'île de Guérande ; la langue bretonne y fut utilisée jusqu'au début du XXe siècle et la dernière locutrice mourut à Batz-sur-Mer, au village de Kermoisan, en 1965. Par ailleurs, certains quartiers populaires de Nantes comme Chantenay furent également bretonnants jusque dans les années 1920 à 1930, par conséquence de l'immigration de personnes originaires de partie de la Bretagne où l'on parlait breton.
De nos jours, les effectifs pondérés que fournit l'enquête Etude de l'histoire familiale menée par l'INSEE en 1999 sont de plus de 6 500 locuteurs du breton de plus de 18 ans pour ce seul département [4]. S'y ajoutent notamment les effectifs des écoles bilingues qui se montaient à 393 élèves à la rentrée 2005 ou encore les élèves suivant des cours de breton dans les établissements publics du secondaire (plus de 150 lors de l'année scolaire 2001/2002).
Divers
Voir aussi
Liens internes
Liens externes
- Conseil général de Loire-Atlantique
- Préfecture de Loire-Atlantique
- La Loire-Atlantique en Bretagne ? (série d'articles sur le sujet)
Bibliographie
[1] Georges Pierret, Régions d'Europe, la face cachée de l'Union, Apogée (1997) - ISBN 2909275892
[2] Ouest-France Dimanche, 7 mars 1999
[3] Ouest-France Dimanche, 1er juillet 2001.
[4] Alexandra Filhon, Cécile Lefevre, François Heran, Etude de l'histoire familiale, INED (2005) - ISBN 2733201565



