Lille

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Lille
Image:Blason Lille 3D.png

Blasonnement :
« De gueules, à la fleur de lis florencée d'argent. »

RégionNord-Pas-de-Calais
(chef-lieu)
DépartementNord
(préfecture)
ArrondissementArrondissement de Lille
Cantonschef-lieu de 9 cantons
(19 communes,
365 253 habitants)
Population totale (1999)191 164 habitants (+7,21 % par rapport à 1990)
sans doubles comptes (1999)184 657 habitants (+7,27 % par rapport à 1990)
Unité urbaine (1999)1 000 900 habitants
Aire urbaine (1999)1 143 125 habitants
Intercommunalité (2004)Siège social de Lille Métropole Communauté urbaine
1 091 438 habitants
Maire
Mandat en cours
Martine Aubry
2001-2007
Code INSEE 59350
Code postaux 59000, 59033, 59800
Longitude 03°03′30″ Est
Latitude 50°37′57″ Nord
Altitudes minimale : 18 m
maximale : 43 m
Superficie3483 ha = 34,83 km²
Densité 6103 hab./km²
Image:Lillesituation.jpg

Lille est une grande ville française, chef-lieu de la région Nord-Pas-de-Calais et préfecture du département du Nord (59). Ses habitants sont appelés les Lillois.

Elle doit son nom à son emplacement historique sur une île au milieu de la Deûle. Comme en ancien français (L'isle), les dénominations néerlandaise (Rijsel) et flamande (Ryssel) de la ville indiquent son origine insulaire.

La communauté urbaine regroupe plus d'un million d'habitants. Elle forme une conurbation avec les villes de Roubaix, Tourcoing et Villeneuve-d'Ascq rassemblant 40 % de la population de l'agglomération.

L'aire urbaine de Lille déborde des frontières nationales, incluant notamment Courtrai, Mouscron et Menin en Belgique, soit un total de 1 727 525 habitants, ce qui fait de Lille l'une des plus importantes métropoles francophones du monde.

Le nom jeté des habitants est "Ches burgeos d'Lille".

Sommaire

Histoire

Une légende aux origines de la ville

Une légende, celle de Lydéric et Phinaert, situe la fondation de la cité de L'Isle en 640. La première mention de la ville dans les archives date de l'an 1054. La charte de consécration de la collégiale Saint-Pierre, en 1066, est le plus ancien document historique complet. Elle a fait l'objet d'une récente traduction par le professeur Stéphane Lebecq.

Le peuplement ancien

Des éléments archéologiques trouvés dans le sous-sol de la ville indiquent un peuplement ancien de la vallée, au moins depuis le Mésolithique. En Gaule belgique, le site de la future ville se situe aux confins des territoires des Ménapiens et des Nerviens. Quelques fouilles anciennes d'Henri Rigaux au XIXe siècle ont révélé une présence gallo-romaine sur les rives de la Deûle (Palais Rameau) et un cimetière mérovingien à (Esquermes). Plus récemment, des fouilles menées rue des Poissonsceaux et sur l'îlot des Tanneurs, ont mis au jour des vestiges romains. Un édifice rural de la fin du Xe siècle a été fouillé rue Virginie Ghesquière, dans l'ancienne paroisse d'Esquermes, non loin de la chapelle Notre-Dame-de-la Réconciliation sous laquelle ont été également découverts des vestiges de la même période. Enfin, une maison carolingienne a été fouillée par le service municipal d'archéologie sous l'actuel conservatoire de musique, place du Concert. Aucun élément archéologique ne permet toutefois de faire remonter le fait urbain avant l’émergence tardive de Lille dans les textes au XIe siècle}.

Le site et l'émergence de la ville

Le nom de la ville vient de « insula », « l'Isla ». Lille est construite dans un élargissement de la vallée de la Deûle entre trois régions de relief modéré : le Barœul au nord-est, le Weppes à l’ouest et le Mélantois au sud. Dans le détail, le site originel de la ville est difficile a reconstituer car le réseau hydrographique, peu contraint par le relief, a très tôt été modifié.

À l’emplacement de Lille, plusieurs petits cours d’eau convergeaient vers la Deûle : Le Bucquet(Le Bucquet provenait des marais de la Citadelle et contournait la zone haute lœssique de la Place aux Oignons en passant approximativement vers ce qui deviendra la rue Royale. Il a été précocément détourné vers la basse Deûle via les fossés d’enceintes au nord-ouest de la ville. Il a laissé peu de traces dans la topographie urbaine. Brun Lavaine, dans son Atlas en propose un tracé précis qui contraste avec ceux des autres cours d’eau représentés, calqués sur les réseaux de fossé et parfois entachés d’anachronismes (E. Brun-Lavainne, Atlas topographique et historique de la ville de Lille, accompagné d'une histoire abrégée de cette ville, de notes explicatives, de cartes et de vues, Lille, 1830). Nous ne connaissons pas, hélas, ses sources. A noter la proximité du toponyme du Bucquet avec le légendaire château du Buc, parfois identifié comme la motte féodale proche (à l’emplacement de l’église de la Treille).), La Riviérette(Approximativement rue Lydéric, rue du Plat, rue de la Riviérette.), le « Ruisseau de Fives » (Le ruisseau provenant de Fives est également appelé « Becquerel » et plus tardivement « Chaude Rivière ». Il passait approximativement entre les deux gares. Le canal du Becquerel y prenait son eau mais aboutissait plus au Sud (vers la rue de Paris).). L’ensemble formait un lacis de zones humides. Des alluvions lœssiques, légèrement plus élevées, en émergeaient, formant autant de rives marquées ou d’îlots exondés. Vers l’aval, la Deûle s’encaissait en un lit plus étroit et régulier (avenue du Peuple Belge).

Jusqu’au creusement du canal de l’Esplanade au XVIIIe siècle, les marchandises transportées par voie d’eau devaient transiter par voie de terre entre la « Haute » et la « Basse » Deûle. Historiens et géographes ont considéré cette rupture de pente longitudinale, induisant une activité portuaire, comme un facteur primordial du développement de la ville(R. Dion, "La géographie de la circulation dans la partie centrale de la région du Nord", Annales de la Société de Géographie du Nord, 64, 1939, 97-129).

En outre, la configuration du fond de vallée permet, à cet endroit, un franchissement relativement aisé, entre la paroisse Saint-Maurice et la motte féodale. Les deux bas de versants opposés constituent d’ailleurs les premiers noyaux de peuplement(A l’est, Fins (à l'emplacement de la paroisse Saint-Maurice), toponyme ancien désignant une frontière. Ce lieu de peuplement jouxtait le lit mineur de la Deûle (rue des Ponts de Comines). A l’ouest, le complexe castral du Comte de Flandres composé d'une motte féodale (arasée en 1848), de la collégiale Saint-Pierre (disparue, aujourd’hui en partie sous le Palais de Justice) et, vraisemblablement, d’un petit lieu de peuplement centré sur la Place aux Oignons. Ce dernier élément n’a pas été vérifié par l’archéologie. Il est toutefois plausible au vu de la géomorphologie (extrémité du versant « sec ») et de l’extrême densité des parcelles cadastrales) cités dans les textes médiévaux au XIe siècle. Le toponyme insula (l’île) est né dans ce contexte. Il désigne : soit la motte féodale artificiellement séparée sur son côté ouest du versant du Weppes par le canal de la Monnaie et le Saint-Pierre qui reprenait les eaux du Bucquet, soit un îlot plus haut et plus sec au centre de la vallée, utilisé pour la traversée de la vallée (approximativement à emplacement de l’Opéra).

Ces deux axes de circulation ont favorisé, au Moyen Âge, l’urbanisation de « l’île » et de ses abords. La ville médiévale était traversée de nombreux canaux. Ils reprennent partiellement les anciens cours d’eau à l’origine de la ville mais beaucoup sont totalement artificiels, issus des fossés des enceintes successives ou creusés pour des besoins spécifiques. Soumis à un fort envasement et considérés comme des agents infectieux, ils ont été comblés ou recouverts au cours du XIXe siècle.

Moyen Âge

Au moment de son émergence dans l'histoire, Lille appartient au comté de Flandre, alors une des régions les plus prospères d'Europe. Lille intègre un réseau de villes dont certaines sont héritées de l’urbanisme antique (Boulogne, Arras, Cambrai) tandis que d'autres sont de développement plus tardif, à l'époque carolingienne (Valenciennes, Saint-Omer, Gand, Bruges, Anvers, Douai). L’essor ou le renouveau urbain repose alors sur la fabrication et la diffusion de draps de laine et sur le commerce. Ces activités sont soutenues par des arrière-pays souvent riches et sur la pêche au harengs en Mer du Nord (qui, loin d’être anecdotique, procure alors un aliment de base).

Dès le XIIe, la renommée de la foire aux draps de Lille s'accroît. En 1144 est fondée la paroisse saint Sauveur qui donnera son nom au quartier « saint Sauveur ».

Les comtes de Flandre, de Boulogne et du Hainaut, l'Angleterre et le Saint Empire Germanique s'unissent pour faire la guerre à la France et à son roi Philippe Auguste. Cette guerre s'achève par la victoire française de Bouvines en 1214. Le comte Ferrand de Portugal est emprisonné et le comté tombe en « quenouille » : c'est son épouse, Jeanne, comtesse de Flandre et de Constantinople qui gouverne la ville. La comtesse était, dit-on, fort aimée des Lillois. Lille compte alors 10 000 habitants.

En 1224, l'ermite Bertrand de Rains, sans doute poussé par des seigneurs locaux, essaye de se faire passer pour Baudoin Ier de Constantinople, père de Jeanne de Flandre disparu à la bataille d'Andrinople. Il pousse les comtés de Flandre et du Hainaut à la sédition contre Jeanne pour recouvrer ses terres. Elle en appelle à son cousin le roi Louis VIII le lion. Celui-ci démasque l'imposteur qui sera ensuite pendu par la comtesse Jeanne. Le roi consent en 1226 à libérer Ferrand de Portugal. Le comte Ferrand décède en 1233, ainsi que leur fille, Marie, peu après. En 1235, Jeanne octroie une charte à la ville de Lille par laquelle les mayeurs et les échevins sont choisis à chaque Toussaint par quatre commissaires désignés par le souverain. Le 6 février 1236 elle fonde, dans l'enceinte de son palais lillois, l'hôpital comtesse, qui demeure l'un des plus beaux bâtiment du Vieux-Lille. C'est en son honneur que l'hôpital du centre hospitalier régional universitaire de Lille sera baptisé hôpital Jeanne de Flandre au XXe siècle.

À la mort de la comtesse, sans descendance, en 1244 en l'abbaye de Marquette, les comtés de Flandre et du Hainaut échoient à sa sœur Marguerite II de Flandre puis au fils de Marguerite, Gui de Dampierre. Lille passe sous la tutelle de la France de 1304 à 1369, après la bataille de Mons-en-Pévèle.

Le comté de Flandre est rattaché au duché de Bourgogne après le mariage en 1369 de Marguerite de Male, comtesse de Flandre, et de Philippe II le Hardi, duc de Bourgogne. Lille devient alors l'une des trois capitales du duché bourguignon avec Bruxelles et Dijon. En 1445, Lille compte 25 000 habitants. Philippe le Bon, duc de Bourgogne, et plus puissant que le roi de France, fera de Lille une capitale administrative et financière.

Le 17 février 1454, soit un an après la prise de Constantinople par les Turcs, Philippe le Bon organise en son palais ducal de Lille un banquet pantagruélique resté célèbre sous le nom de « Banquet du Vœu du faisan ». Le duc et ses suivants y firent le serment sur un faisan richement paré de porter secours à la Chrétienté.

En 1477, à la mort du dernier duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, Marie de Bourgogne épouse le Habsbourg, Maximilien d'Autriche, qui prend ainsi le titre de comte des Flandres. À la fin du règne de l'empereur romain germanique Charles V, dit Charles Quint, les Flandres espagnoles échoient à son fils aîné. Lille passe donc sous la tutelle de Philippe II d'Espagne, roi d'Espagne. La ville restera sous autorité espagnole jusqu'au règne de Philippe IV d'Espagne.

Époque moderne

Le XVIe siècle est surtout marqué par les épidémies de peste, l'essor de l'industrie textile dans la région, et les révoltes protestantes.

En 1542, la commune recense les premiers calvinistes. En 1555 a lieu une répression anti-protestante. Au début de l'année 1560, les Hurlus, sorte de rebelles protestants se réclamant de l'autorité du prince d'Orange, écument la région de Tournai, détruisant églises et couvents, ce qui leur vaut la répression par les Tercios espagnols menés par le duc d'Albe, envoyé par Philippe II d'Espagne. En avril 1578, les Hurlus prennent le château des comtes de Mouscron. Après s'en être fait déloger quatre mois plus tard par un régiment wallon catholique, et s'être fait reprendre la ville de Courtrai par le bailli de Mouscron, ils tentent à plusieurs reprises de prendre la ville de Lille pendant les années 1581 et 1582, mais en vain. Les Hurlus auraient notamment été repoussés par l'héroïne légendaire Jeanne Maillotte. Dans le même temps (1581), avec l'appui d'Élisabeth Ire d'Angleterre, le nord des Pays-Bas espagnols, devenu majoritairement protestant, se révolte avec succès et devient les Provinces-Unies.

En 1667, le Roi Soleil Louis XIV fait le siège de la ville redevenue riche et prospère, et la prend. Lille devient alors française en 1668 par le Traité d'Aix-la-Chapelle, ce qui provoque le mécontentement des Lillois. De grands travaux de 1667 à 1670, comme la citadelle érigée par Vauban, ou la création des quartiers de Saint-André et de la Madeleine, rallient la confiance des sujets flamands.

Au cours de la guerre de succession d'Espagne, qui oppose entre autre la France à la coalition entre la Grande-Bretagne, les Provinces-Unies, l’Autriche et la Prusse, la ville fortifiée est assiégée mi-août 1708 par les 75 000 hommes du duc de Marlborough et du prince Eugène de Savoie. La garnison lilloise, commandés par le maréchal de Boufflers est de 15 000 hommes. Fin octobre, Boufflers doit abandonner la ville, et se replie avec 5 000 hommes dans l’enceinte de la citadelle Vauban. Ils capituleront finalement début décembre. La ville est alors occupée pendant cinq ans par les troupes de la coalition. Lille est rendu à la France quand la paix est signée à Utrecht le 11 avril 1713.

Pendant le XVIIIe siècle, siècle des Lumières, Lille reste profondément catholique, ce qui explique qu'en 1789 la ville n'a pas véritablement de révolution populaire. Elle subit cependant des émeutes et la destruction de nombreuses églises. En 1790, a lieu l'installation de la première municipalité élue.

Après la Révolution française

Les suites de la Révolution française poussent en 1792 les Autrichiens, alors présents dans les Provinces-Unies, à assiéger Lille. La « colonne de la Déesse », érigée en 1842 sur la « Grand-Place », rappelle la résistance des Lillois, conduits par leur maire François André, pendant le siège autrichien. À quelques pas de la « Grand-Place » et de la « Vieille Bourse », on peut encore voir les boulets des canons autrichiens encastrés dans les façades (notamment dans les façades du « rang du beau regard »), autour de la « place du théâtre ». L'actuel opéra n'existait pas encore à l'époque.

La ville continue de grandir, et en 1800 elle compte déjà 53 000 habitants; elle devient le chef-lieu du département du Nord en 1804. En 1846, la première ligne de chemin de fer entre Paris et Lille est construite.

Au début du XIXe siècle, le blocus continental du Royaume-Uni par Napoléon Ier conduit la région à développer encore plus son industrie textile. Lille travaille le coton, et les proches communes de Roubaix et Tourcoing, la laine.

En 1853, Alexandre Desrousseaux compose sa fameuse berceuse, (L'Canchon-Dormoire), « Dors min p’tit quinquin ». En 1858, un décret impérial annexe les communes limitrophes de Fives, Wazemmes, Moulins et Esquermes à Lille. Lille compte 158 000 habitants en 1872, plus de 200 000 en 1891. En 1896 Lille devient la première municipalité de France présidée par un socialiste, Gustave Delory. Lille compte plus de 217 000 habitants en 1912. La grande ville vit pleinement la révolution industrielle avec le charbon, la machine à vapeur et les métiers à tisser mécaniques : toute la région est prospère grâce aux mines et au textile.

Première Guerre mondiale

Du 4 au 13 octobre 1914, en faisant tourner tout autour de la ville l'unique canon dont les troupes lilloises disposent, ils réussissent à duper l'ennemi et à lui tenir tête plusieurs jours sous les intenses bombardements qui détruisent plus de 2200 immeubles et maisons. Quand les Allemands se rendent comptent de la supercherie, ils entrent dans Lille et y brûlent un quartier entier, puis la ville est occupée. Elle sera libérée le 17 octobre 1918 par les troupes anglaises du général Birdwood accueillies par une foule lilloise en liesse. Le 28 octobre, le général Birdwood reçoit le titre de citoyen d’honneur de la ville de Lille.

Les Années folles, la Crise et le Front populaire

En juillet 1921, à l'institut Pasteur de Lille, Albert Calmette et Camille Guérin mettent au point le premier vaccin antituberculeux, plus connu sous le nom de BCG pour « Bacille de Calmette et Guérin ».

Dès 1931 Lille subit les répercussions de la crise de 1929 et le tiers de la population lilloise vit dans la pauvreté en 1935. En 1936, le maire de Lille, Roger Salengro devient ministre de l'intérieur du Front populaire, et se suicide suite à la calomnie menée à son encontre par les milieux d'extrême droite.

Seconde Guerre mondiale

Lille est prise en mai 1940 par les Allemands, après une brève résistance menée par une division d'infanterie marocaine. Dès l'invasion de la Belgique, les Lillois encore marqués par la Première Guerre mondiale fuient en grand nombre. Lille, dans la zone rattachée au commandement allemand de Bruxelles, n'aura jamais fait partie du gouvernement de Vichy. Le Nord et le Pas-de-Calais sont pour l'essentiel libérés en cinq jours du 1er au 5 septembre 1944 par des troupes britanniques, américaines, canadiennes et polonaises; à l'exception de la côte, et spécialement de Dunkerque qui sera la dernière ville libérée de France. Le 3 septembre, les troupes allemandes commencent à quitter la ville pour ne pas être encerclées par les troupes anglaises déjà en route vers Bruxelles. La résistance lilloise reprend une partie de la ville et c'est dans une Lille qui s'est déjà en partie libérée qu'entrent triomphalement les chars anglais. Le rationnement prendra fin en 1947 et le ravitaillement ne redeviendra normal qu'en 1948.

de l'Après-Guerre au présent

Dans les années 1960 et 1970, la région doit faire face à la crise du textile, de la métallurgie et du charbon.

En 1962, l'agglomération Lille-Roubaix-Tourcoing est considérée comme l'une des huit « métropoles d'équilibre ». En 1967 les chambres de commerce de Lille, Roubaix et Tourcoing sont fusionnées. En 1968, création de la « Communauté urbaine de Lille » (désormais « Lille Métropole communauté urbaine ») qui regroupe 87 communes autour de Lille. Lille compte désormais deux communes associées : Hellemmes (1976) et Lomme (2000). La Ville de Lille a été une des premières en France à développer une démocratie participative en créant dix conseils de quartier (1978), un Conseil communal de concertation (1996), un conseil municipal d'enfants (1999). Elle compte désormais 230 000 habitants. En 1998, Lille est désignée ville candidate de la France pour les JO de 2008 devant Lyon mais ne sera pas retenue par le CIO. La Ville de Lille a été désignée "capitale européenne de la culture" en 2004 et sous l'autorité de Martine Aubry a développé une forte notoriété sur le plan international en accueillant lors des évènements et créations artistiques 9 millions de visiteurs.

Dès le début des années 1980, Lille se tourne vers le secteur tertiaire.

Imaginé en 1971, le VAL, premier métro automatisé au monde, est inauguré en 1983. En 1993, la ligne TGV-Nord, qui relie Paris et Lille en une heure, « rapproche » les deux villes, et en 1994 l'ouverture du Tunnel sous la Manche, puis l'arrivée de l'Eurostar dans la nouvelle gare « Lille-Europe » place Lille au centre du triangle Paris, Londres, Bruxelles. En 1994 sont inaugurés le centre Euralille, et Lille Grand Palais.

En 1991 débutent les travaux d'Euralille, projet d'aménagement urbain autour des gares TGV. Le quartier, d'architecture résolument moderne, comporte des immeubles de bureaux, des centres d'affaires, des commerces, des logements et des espaces verts.

Le titre de co-capitale européenne de la culture en 2004 et le classement du beffroi de l’hôtel de ville au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2005 augmente le rayonnement touristique de l'agglomération.

Frise chronologique

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Lillois illustres et célèbres, de naissance ou d'adoption

Sciences, Techniques & Industrie

Artistes

Militaires, résistants, hommes et femmes politiques

Frise chronologique

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 from:1925 till:end text:"Decaux" color:vert
 from:1928 till:end text:"Mauroy" color:rouge
 from:1928 till:end text:"Furneaux" color:vert
 from:1930 till:end text:"Noiret" color:vert
 from:1938 till:end text:"Aubret" color:vert
 from:1949 till:end text:"Béhat" color:vert
 from:1950 till:end text:"Aubry" color:rouge
 from:1955 till:end text:"Hulot" color:vert
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Économie

L'économie de la métropole est historiquement fondée sur le secteur secondaire. Suite à la crise économique des centaines de milliers d'emploi ont été supprimés dans la région, toujours en crise actuellement (les offres d'emplois sont en progression de 1,8% sur l'année 2005 dans la région contre 5% pour l'ensemble du pays).

Lille a cependant relativement bien réussi sa reconversion dans le tertiaire, engagée depuis quelques décennnies. La métropole cherche à perdre sa réputation de ville industrielle, laide et triste par la restauration des quartiers historiques et des initiatives culturelles comme Lille 2004 capitale européenne de la culture. Le nombre d'emploi dans le secteur privé a augmenté de 16,2% dans la zone d'emploi de Lille entre 1999 et 2003. Actuellement, environ 90% des créations d'emplois dans la région correspondent au secteur tertiaire. Le taux de chômage en mars 3005 de la zone d'emploi de Lille est de 12,4%.

En terme de nombres d'entreprises :

Lille Lille Métropole
Nombre d'entreprises834131496
Industrie8,86%14,99%
Commerce de gros9,27%10,85%
Commerce de détail24,65%23,43%
Services57,22%50,73%
0 à 9 salariés90,23%86,30%
10 à 49 salariés8,40%10,97%
50 salariés et plus1,37%2,72%

(sources : Chambre de commerce et d'industrie de Lille, septembre 2003)

On notera tout de même sur la métropole ces secteurs d'activités traditionnels, mais pas forcément les plus représentatifs :

Transports et infrastructures

Lille dispose d'une situation géographique privilégié au niveau européen. Un important réseau de transports s'est développé et en fait aujourd'hui un important carrefour européen, particulièrement au niveau routier et ferroviaire et, dans une moindre mesure, portuaire et aéroportuaire.

Au niveau urbain, Lille dispose d'un périphérique et d'un réseau relativement dense de voies rapides reliant la majorité des communes de l'aglomération. Les transports en communs (métro, bus et tramway) sont bien developpés mais, comme dans la plupart des métropoles, ont l'inconvénient d'être principalement "en étoile", polarisé autour de Lille.

Transports en commun

Voir l'article détaillé sur les : Transports en commun lillois. L'agglomération lilloise bénéficie d'un réseau de transport dense. Les deux lignes du VAL constituent le réseau de métro automatique le plus long au monde (45 km), desservant le Grand Lille (Lille + Roubaix + Tourcoing) jusqu'à la frontière belge. Un vaste réseau de bus dessert toute l'agglomération, notamment les quartiers du Vieux- Lille où il demeure difficile de construire une nouvelle ligne de métro pour des raisons géologiques. Enfin deux lignes de tramway (22 km) en forme de Y permettent également de rejoindre Roubaix et Tourcoing depuis le centre ville de Lille.

Réseau ferroviaire

Avec les gares de Lille-Flandre et Lille-Europe, le cœur de la métropole lilloise n'est qu'à 40 minutes de Bruxelles, 1 heure de Paris, et 1 heure 40 de Londres par le TGV, le Thalys ou l'Eurostar. En 2004 le traffic TGV représentait plus de six millions de passagers.

Réseau autoroutier

Lille est située au croisement de cinq axes autoroutiers, ce qui est la plus forte densité après Paris:

Réseau aérien

L'aéroport international de Lille Lesquin est accessible depuis le centre ville en un quart d'heure. Il s'agit du 12e aéroport français en nombre de passagers :

  • environ 970 000 passagers en 2001
  • près de 873 000 passagers en 2003
  • près de 848 000 passagers en 2004

Il s'agit du 3e aéroport de fret français avec près de 55 000 tonnes de fret qui y transitent chaque année.

Le réseau ferroviaire et autoroutier permet de rejoindre les grands aéroports internationaux situé dans les capitales voisines Londres, Bruxelles, Paris et Amsterdam.

Réseau fluvial

Lille est le 3e port fluvial français après celui de Paris et Strasbourg. Le réseau de la Deûle est connecté sur le réseau fluvial régional de plus de 680 km de voies navigables dont 241 km à grand gabarit (part exemple l'axe fluvial Dunkerque-Lille-Valenciennes). La Deûle est ouverte sur l’Europe du nord via la Scarpe et l’Escaut (vers la Belgique et les Pays-Bas), et ouvert sur l'international, via la Lys (vers Dunkerque et Calais).

Le port de Lille est une plateforme multimodale : fluviale, ferroviaire et routière. Il dispose d'un terminal de conteneur qui assure un trafic de plus de 80 000 EVP par an.

Années 1997 2000 2003 2004
Millions de tonnes5,566,687,307,70
Fluvial/Maritime8,00%8,25%13,33%14,07%
Ferroviaire6,28%4,13%2,89%2,42%
Routier85,72%87,62%83,78%83,51%

Vie étudiante

Lycées

Universités

Au XVIe siècle Douai accueille des facultés sous l'impulsion des monarques espagnols. Dans la deuxième partie du XIXe siècle, les facultés sont d'abord déplacées à Lille même, puis fédérées. C'est à la même période qu'est créée l'Université Catholique de Lille.

En 1971, L'État crée trois entités publiques axées chacune autour d'un pôle spécifique :


En 1999 Lille était, après Paris, Lyon et Toulouse, le 4e pôle estudiantin de France avec plus de 85 000 étudiants, selon les données du recensement mené par l'INSEE.

En 2003 la métropole lilloise comptait plus de 144 000 étudiants dont 98 000 étudiants en Université, 29 000 étudiants en filiaires semi-professionelles (BTS, IUT, IUP) et 17 000 étudiants de grandes écoles (données réunies par le magazine l'Entreprise).

Écoles d'ingénieurs

Généralistes

Spécialisées

Écoles de commerce

Administration

Quartiers de Lille

Lille se compose de dix quartiers.

Les quartiers défavorisés correspondent particulièrement à un croissant s'étendant au Sud et à l'Ouest de la ville. Les quartiers de Moulins, Faubourg de Béthune et Lille-Sud sont classés zones franches urbaines et hébergeant environ 15% de la population de la ville. Ces quartiers ont tendance à stagner malgré les efforts de la municipalité.

Les quartiers du Vieux-Lille, de Wazemmes et de Saint-Maurice Pellevoisin connaissent une évolution particulièrement positive. Les raisons de ces évolution sont bien différentes. On peut citer principalement la beauté et la richesse historique pour le Vieux-Lille, la vivacité de la vie associative et artistiques pour Wazemmes et la proximité de nouvelles infrastructures commerciales et de transports (Euralille, gare Lille-Europe) pour Saint-Maurice Pellevoisin.


  • Bois Blancs : Quartier défavorisé de l'Ouest de la ville, entouré par les bras de la Deûle, tentative de réhabilitation (Projet Euratechnologie). (7541 habitants)
  • Faubourg de Béthune : Quartier défarovisé du Sud de la ville, traversé d'Est en Ouest par le périphérique, tentative de réhabilitation (faubourg des modes, faubourg de la musique). (7432 habitants)
  • Fives : Quartier populaire de l'Est de la ville, autrefois fortement industrialisé. Malgré sa situation géographique plutôt favorable, ce quartier peine à se reconvertir. (18946 habitants)
  • Lille-Centre : Centre historique, administratif et économique de la ville comptant. (23042 habitants)
  • (Lille-)Moulins : Quartier défavorisé du Sud de Lille, autrefois industrialisé. (18564 habitants)
  • Lille-Sud : Quartier défavorisé du Sud de Lille (au Sud du périphérique). Ce quartier est classé zone franche. Plusieurs projets tentent de le réhabiliter (Projet faubourg des modes). (19954 habitants)
  • Saint-Maurice Pellevoisin : Quartier à dominante résidentielle au Nord-Est de la ville. Favorisé par la construction d'Euralille et de la gare Lille-Europe, ce quartier vout l'apparition de nouveaux logements et d'immeubles de bureaux. (15070 habitants)
  • Vauban Esquermes : Quartier à la fois cossu et estudiantin de l'Ouest de la ville. (17471 habitants)
  • Vieux-Lille : Quartier cossu du Nord de Lille encore largement constitué de rues pavées et d'immeubles anciens. Autrefois populaire, sa réhabilitation s'est effectuée avec succés pendant les années 1980. (15023 habitants)
  • Wazemmes : Quartier populaire du sud de la ville, dont l'identité, la vie de quartier et la vie associative sont particulièrement développées. (23427 habitants)

Les données concernant la population sont issus du recensement de 1999.

Mairie

À l'avènement de la commune en 1235, grâce à une charte octroyée par la comtesse Jeanne de Flandre, les mayeurs et les échevins étaient choisis à chaque Toussaint par quatre commissaires désignés par le souverain.

Les maires de Lille depuis la Révolution française :

Date d'élection Identité Parti Autres fonctions exercées
(durant le mandat de maire)
18 mars 2001 Martine Aubry PS Vice-présidente de Lille Métropole Communauté urbaine
1973-2001 Pierre Mauroy PSSénateur du Nord (depuis 1992)
Président de la Communauté Urbaine de Lille (depuis 1989)
1955-1973 Augustin Laurent SFIO / PSPrésident de la Communauté Urbaine de Lille (1969 - 1971)
Président du conseil général (1946 - 1967)
1955 Guy Debeyre
(délégation spéciale)
1947-1955 René Gaiffie
1944-1947 Denis Cordonnier
1940-1944 Paul Dehove
(imposé par le gouvernement de Vichy)
1936-1940 Charles Saint-Venant
1929-1936 Roger Salengro SFIODéputé (1928 - 1936)
1929 Alexandre Bracke-Desrousseaux
1925-1929 Roger Salengro SFIO
1919-1925 Gustave Delory SFIO
1904-1919 Charles Delesalle
1896-1904 Gustave Delory POF
1881-1896 Géry Legrand
1878-1881 Jules Dutilleul
1873-1878 André Catel-Beghin
1867-1873 Charles Crespel-Tilloy
1867 Jules Meunier
1866-1867 Auguste Flamen
1852-1866 Auguste Richebé
1848-1852 Pierre Bonte-Pollet
1834-1848 Louis Bigo-Danel
1832-1834 Désiré Le Thierry
1830-1832 Jean-Baptiste Smet
1830 François Barrois-Virnot
1816-1830 Jean Demuyssaert
1803-1816 Louis de Brigode
1800-1803 Nicolas Gentil-Muiron
1799-1800 François Thery Falligan
1797-1799 Jean-Baptiste Drapiez
1797 Claude Artaud
1796-1797 Ignace Capron
1795-1796 François André
1794-1795 Desjardins
1793 Guillaume Lefebvre-Dhenin
1792 François André
1790-1791 Louis Vanhoenacker

Extension de Lille

Lille s'est étendue en fusionnant avec des communes voisines, à plusieurs reprises:

Les deux dernières ont gardé le statut de communes associées. Leurs populations s'élevaient, en 1999, à 18 371 pour Hellemmes-Lille et 28 433 pour Lomme (populations totales).

Extension de l'influence de Lille

On peut aussi considérer la conurbation Lille-Roubaix-Tourcoing et la communauté urbaine « Lille Métropole » comme une extension de la sphère d'influence de Lille et l'on citera pour étayer cette conception :

  • La fusion des chambres de commerces de Lille, Roubaix et Tourcoing sous le nom de Chambre de commerce de Lille en 1967 bien que la chambre de commerce de Tourcoing était plus importante.
  • En 1997, la candidature aux jeux Olympiques d'été de 2004 des communes de l'agglomération sous le nom de « Lille 2004 ».
  • L'aéroport de Lesquin, baptisé « Aéroport de Lille-Lesquin » (il s'agit toutefois de la convention usuelle visant à dénommer les aéroports par le nom de l'agglomération desservie, suivi de la commune où celui-ci est implanté, d'autres exemples régionaux étant Calais-Marck, Merville-Calonne, Lens-Bénifontaine).
  • Le premier nom imaginé pour la « ville nouvelle » d'Ascq était « Lille-Est » et l'on en retrouve encore des traces :
  • « Lille 2004 » qui s'étend dans toute la région Nord-Pas-de-Calais, et jusqu'en Belgique.

Cette extension de la centralisation sur Lille génère aussi une certaine opposition au sein de la communauté urbaine « Lille Métropole ».

Liste des cantons

Lille est divisée en 9 cantons :

Villes jumelées

Culture

  • Les diverses guerres mais aussi l'indifférence des habitants ont par le passé causé d'importants dégâts au patrimoine de la ville. La ville le restaure et tente de le mettre en valeur depuis les années 1960 et il mérite aujourd'hui l'attention.
  • Depuis 1976 le célèbre orchestre national de Lille, dirigé par Jean-Claude Casadesus donne plus de 120 concerts par an.
  • Durant toute l'année 2004 Lille fut la « Capitale européenne de la culture », titre qu'elle partagea avec la ville de Gênes en Italie. Selon les estimations des organisateurs, Lille 2004 a regroupé 193 communes de la région, plus de 2 500 manifestations culturelles (environ 60% sur la métropole lilloise), fêtes et expositions, mobilisé 17 000 artistes (environ 50% d'artistes régionaux) et réuni plus de 8 millions de participants.
  • Depuis septembre 2004, Lille a reçu le label « Ville d'Art et d'Histoire »

Patrimoine et musées

Frise chronologique

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 # Époques
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 from:start till:end color:gris # Arrière plan
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 # Les bâtiments
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 barset:Batiments
 from:1453 till:1473 text:"1453-1473 ~Palais Rihour" 
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 from:1717 till:1717 text:"1717 ~Théâtre du Nord" 
 # Recommencer l'indentation en haut
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 from:1845 till:1845 text:"1845 ~Colonne de la Déesse" 
 from:1885 till:1892 text:"1885-1892 ~Palais des Beaux-Arts" 
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 from:1907 till:1923 text:"1907-1923 ~Opéra de Lille" shift:(4,0)
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 # Recommencer l'indentation en haut
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 from:1869 till:1892 text:"1869-1892 ~Gare Lille-Flandres" shift:(2,0) 
 from:2004 till:2004 text:"Lille 2004 ~Maisons Folies" align:right
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 from:1910 till:1921 text:"1910-1921 ~Chambre de commerce" align:right

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Gastronomie

La cuisine de la région de Lille subit plusieurs influences : cuisine au beurre sous l'influence picarde et normande, cuisine de la mer sous l'influence des côtes