Langue corse
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Le corse actuel est un ensemble de dialectes romans (c'est-à-dire issus du latin, comme l'italien ou le français), subdivisés en deux groupes dialectaux principaux, le cismonticu (appellation traditionnelle : cismontano), très "proche" du toscan, et le pumontincu (appellation traditionnelle : oltramontano), davantage influencé par les parlers de l'Italie méridionale, mais aussi par le sarde, voire par les dialectes siciliens. Cet ensemble de dialectes corses présente toutefois une unité remarquable, en ce sens que des règles très simples au niveau de l'écriture par exemple permettent de passer de l'un à l'autre. La langue corse est parlée en Corse mais également au nord de la Sardaigne (en ce qui concerne sa variante pumontincu). Son statut de langue proprement dite est relativement récent, revendication qui date des années soixante du XXe siècle). Pour la plupart des linguistes, il ne rentre pas dans la définition généralement admise de langue romane distincte, étant donné sa forte proximité avec le toscan et ses autres variantes. Aussi, l'appellation de langue, adoptée dans cet article, est-elle considérée comme impropre pour les linguistes spécialistes des langues romanes alors qu'elle est unanimement reconnue, par exemple, pour la langue sarde. Il est toutefois évident que le contexte très politisé de cette revendication a pu être un obstacle (aujourd'hui encore) à cette reconnaissance scientifique. En effet le nationalisme corse, principal acteur de cette revendication, associant « la reconnaissance de cette langue » à l'idée de « peuple corse » s'est longtemps heurté à la volonté de l'État français de ne pas voir naître des séparatismes à l'intérieur même de ses frontières.
Au sein des langues romanes, le corse appartient au groupe linguistique italo-roman. Selon la classification élaborée par l'Unesco, la langue corse est actuellement en danger d'extinction. La langue corse est employée dans l'ensemble de l'île (sans que son emploi soit généralisé), à l'exception des villes de Bonifacio et de Calvi où l'on parle encore un dialecte ligure d'origine génoise. Du fait d'une ancienne et forte émigration de Corses sur l'île de la Maddalena, au nord de la Sardaigne, on y parle le même corse qu'à Sartène. Le gallurese, dialecte de la région de la Gallura, au nord de la Sardaigne, est également très proche des parlers du sud de la Corse (ceux-ci sont d'ailleurs plus proches entre eux qu'avec les autres variantes du corse, cf. R.A. Hall, Jr.), comme également ceux parlés autour de Sassari (le sassarese)— alors que le sarde proprement dit doit être considéré comme une langue très nettement distincte, très différente de l'italien et de ses différents dialectes. Par exemple, ces dialectes corses et non-sardes de Sardaigne ont un pluriel en -i comme en italien, alors que le pluriel sarde typique est en -s (comme en français ou en espagnol). Néanmoins, un substrat probablement commun aux deux langues et l'appartenance à une Romania africana donnent de nombreux traits communs aux deux langues, renforcés par l'ancienne et importante occupation pisane et aragonaise commune. Le son cacuminal, partagé par le dialecte de Sartène et la plupart des dialectes sardes, ou l'interjection (très fréquente) [a'jo]!, commune dans les deux îles, en sont des traces encore plus anciennes (antérieures, sans doute, à l'occupation phénicienne des deux îles).
Les principales variantes du corse sont le sartenais, qui englobe le sassarese et le gallurese, le taravais, le corse de la région de Vico-Ajaccio, le corse septentrional (Cap Corse et Bastia) et le dialecte de Venaco. La ressemblance du lexique varie entre 79 et 89 %. Le dialecte génois de Bonifacio est le plus proche de celui de Bastia avec 78 % de ressemblance lexicale.
Jusqu'au début du XIXe siècle, avec la date clé de 1852 où seul le français devient officiel et où l'italien est proscrit), le corse et l'italien sont considérés comme deux formes d'une même langue (un diasystème), le corse étant la forme parlée, avec ses variantes locales, l'italien la langue écrite. À partir du Second Empire, le corse se trouve coupé de l'italien qui n'est plus la langue administrative de l'île et tend à être perçu – notamment à travers le lent développement d'une littérature d'expression corse – comme une langue autonome. Actuellement deux courants de pensée s'opposent chez les universitaires. Ceux qui pensent que la langue corse est issue du toscan puis s'en est un peu détachée pour évoluer jusqu'à nos jours (avec des traces anciennes, antérieures à la Romania, comme le son cacuminal), et ceux, qui pensent qu'elle a evolué séparément assez tôt (depuis le bas latin) jusqu'à notre époque en subissant tout au long de son histoire les influences linguistiques des différents « conquérants », dont notamment le toscan , ou aujourd'hui le français. Cette dernière hypothèse n'est défendue que dans des publications de type nationaliste, le statut toscan du corse, avec lequel il partage une ressemblance lexicale de l'ordre de 90 %, n'étant remis en cause par aucun romaniste, malgré ses particularités et ses variantes.
Le mouvement culturel corse n'a pas vraiment cherché à imposer une langue unifiée à l'ensemble de l'île. Les linguistes corses parlent de « langue polynomique » ; son enseignement est fondé d'abord sur chaque variété locale puis sur la connaissance passive de l'ensemble des parlers de l'île. On assiste toutefois, depuis quelques années, chez les intellectuels, les créateurs, les professionnels de la communication, à l'émergence d'un « corse élaboré », relativement unifié. Cette langue présente sur un territoire où la pression démographique est faible, où la volonté de parler français (phénomène que l'on retrouve fréquemment ailleurs) pour mieux « s'intégrer » a crée une cassure linguistique entre les générations de la deuxième moitié du xxème siècle, où l'omniprésence d'une langue autre que le corse n'a jamais été aussi forte et massive qu'aujourd'hui (medias, scolarisation...), où un brassage des populations accru fait que les parents pouvant transmettre leur langue maternelle se font aujourd'hui de plus en plus rares, où enfin l'état français ne prend en compte que partiellement la réalité des langues dites minoritaires,fait que la question de sa survie est clairement posée. Le mouvement nationaliste récent lui a obtenu un statut de langue, enseignée, de façon facultative dès l'école primaire.
C'est une langue de France, dans la liste officielle publiée par le gouvernement français (ministère de la Culture/DGLF). Au même titre que les autres langues régionales françaises, la langue corse est actuellement menacée de disparition, au sens de la classification établie par l'Unesco.
Sommaire |
Exemples
| Mot | Traduction | Prononciation standard |
|---|---|---|
| la terre | a terra/ a tarra | a dèrra/a Darra |
| le ciel | u celu | ou djélou |
| l' eau | l' acqua | l'akoua |
| le feu | U focu | u vogou |
| l' homme | l' omu | |
| la femme | a moglia | A molia |
| manger | manghjà | mandia |
| boire | beie | |
| grand | grande | Grande/grende |
| petit | chjucu | Tiougou |
| Le beurre | u butiru | ou oudirou/ ou boutirou |
| le jour | u ghjornu | OU yornou |
Dialectologie
(à rédiger de façon plus correcte)
Par exemple au Pumonte on utilise le son cacuminal (quiddu contre quellu au cismonte). Autre similitude avec le mezzogiorno, le son /è/ en final d'un mot n'existe pas au Pumonte : a pastoru ou a nazioni contre « u pastore » ou a nazione au cismonte. Enfin on peut noter que là où le centre et le nord de l'île emploie le /o/ ou le /è/, le sartenais maintient le /u/ ou le /i/ : u curri contre u corre au cismonte.
Le pumontincu comporte des traits méridionaux mais reste substantiellement un dialecte toscan.
Voir aussi
Liens internes
Lien externe
- Dictionnaire et cours de langue corse
- Cours de langue corse
- a lingua corsa adatta à e nove tecnulugie



