Juan Carlos Ier d'Espagne
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| Le roi Juan Carlos, sur les pièces de 2 €
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Le roi Juan Carlos Ier, parfois désigné par son nom francisé Jean-Charles Ier (en castillan : Juan Carlos I de Borbón y Borbón), né le 5 janvier 1938, est l'actuel roi d'Espagne, il a accédé au trône en 1975.
Les institutions officielles emploient généralement pour le désigner son nom en castillan Juan Carlos I dans toutes les langues étrangères à l'Espagne, bien que son nom soit aisément traduisible dans toutes les langues d'Europe. Ce nom s'est aujourd'hui imposé partout dans l'usage. Pourtant, en catalan, basque et galicien, on emploie respectivement les noms Joan Carles I, Joan Karlos I.a et Xoán Carlos I.
La désignation du futur roi
Son grand-père Alphonse XIII fut roi d'Espagne jusqu'à l'avènement, en 1931, de la Deuxième république espagnole. La Guerre civile espagnole mit fin à la république et fut suivie par la dictature du général Franco, qui exerça les fonctions de chef de l'État jusqu'à sa mort le 20 novembre 1975. Le 22 novembre, Juan Carlos devint le roi d'Espagne Jean-Charles Ier.
Il naquit en exil à Rome. Enfant, il était surnommé Juanito (« Ti-Jean » Petit Jean). Il quitta ses parents et vint en Espagne pour suivre une formation sous l'égide de Franco, qui avait posé cette condition à la restauration de la monarchie.
En 1956, son frère cadet Alphonse mourut d'un coup de fusil dans la résidence de ses parents à Estoril, Portugal. Officiellement, il s'agit d'un accident survenu pendant le nettoyage d'un fusil, mais Juan Carlos étant le seul témoin, des doutes subsistent sur l'identité de celui qui tenait cette arme.
Franco écarta le père de Juan Carlos, le prince Jean de Bourbon, du trône, préférant prendre comme successeur Juan Carlos lui-même afin de maintenir le régime. Pendant la dictature, Franco créa le titre de prince d'Espagne (plutôt que prince des Asturies) pour Juan Carlos. Il commença à utiliser le deuxième nom Carlos pour avancer ses prétentions à l'héritage du côté carliste de sa famille.
Pendant un temps, on a prêté au général Franco une hypothétique intention de placer sur le trône le cousin germain de Juan Carlos, le prince Alphonse de Bourbon (1936-1989), sans qu'aucun élément tangible vienne jamais étayer cette thèse (en dehors du mariage, le 8 mars 1972, de ce prince avec sa petite-fille Carmen Martínez-Bordiú, le dit prince ayant d'ailleurs renoncé solennellement à toute prétention au trône d'Espagne, deux ans et demi auparavant, suivant en cela la démarche de son père le duc d'Anjou et de Ségovie).
Roi d'Espagne
Durant les périodes de maladie de Franco en 1974 et 1975, Juan Carlos fut nommé chef d'État intérimaire. Proche de la mort, Franco le 30 octobre 1975 avoua qu'il était trop malade pour gouverner mais ce ne fut que le 22 novembre 1975 que Juan Carlos fut proclamé roi d'Espagne, deux jours après la mort du dictateur.
Or, Juan Carlos promulga rapidement des réformes démocratiques, au grand dam des éléments conservateurs, notamment les forces armées, qui s'attendaient à ce qu'il maintînt l'État fasciste. Juan Carlos nomma Adolfo Suárez, ancien chef du Movimiento Nacional, au poste du président du gouvernement. La pièce maîtresse des réformes démocratiques a été la loi pour la réforme politique (Ley para la Reforma Política) présentée par le gouvernement Suárez, adoptée par les Cortes le 18 novembre 1976 et par le peuple espagnol le 15 décembre 1976 (94.2% de oui). Cette loi, de rang constitutionel ("loi fondamentale" selon la terminologie franquiste), a créé les bases juridiques nécessaires à la réforme des institutions franquistes depuis l'intérieur et qui a permis que se déroulent le 15 juin 1977 les premières élections démocratiques depuis l'instauration de la dictature. Le Congrès des députés (Congreso de los Diputados) et le Sénat (Senado) issus de ces élections seront chargés d'élaborer, notamment, la nouvelle constitution démocratique que le roi sanctionnera au cours d'une session conjointe des deux Chambres le 27 décembre 1978.
En 1977, le père du roi renonça formellement à ses prétentions au trône ; Juan Carlos le remercia en confirmant le titre de comte de Barcelone que le prince Jean de Bourbon s'était donné pendant son exil. En 1978 une nouvelle constitution fut écrite, reconnaissant en Juan Carlos l'héritier légitime de la dynastie.
Une tentative de coup d'État militaire surprit les Cortes le 23 février 1981. Des officiers tirèrent des coups de feu dans la Chambre parlementaire. On craignait la déroute du processus démocratique, jusqu'à ce que le roi étonne la nation par une allocution télévisée exigeant que l'armée apporte son soutien inconditionnel au gouvernement démocratique légitime. Le roi avait auparavant appelé plusieurs chefs de l'armée pour leur ordonner en tant que commandant en chef de défendre la démocratie.
Lors de sa prestation de serment devant les Cortes, un chef communiste, Santiago Carillo, lui avait donné le sobriquet « Juan Carlos le Bref », prédisant qu'il se trouverait écarté avec les autres restes du fascisme. En 1981, après l'avortement du coup d'État, ce même homme politique, ému, dit aux médias, Dieu protège le Roi ! Si les démocrates et les gauchistes s'étaient jusque là montrés réservés, après l'échec du coup d'État leur soutien se fit inconditionnel, un ancien chef de la IIe République déclara : « Nous sommes tous des monarchistes maintenant ». Néanmoins, une expression courante dit que les Espagnols ne sont pas des monarchistes, mais des « Juancarlistes ».
Plus tard, une tentative d'assassinat par des membres du groupe armé basque ETA avorta à Majorque, lieu de villégiature de la famille royale.
Aujourd'hui, le roi règne en tant que monarque constitutionnel, sans exercer de réel pouvoir sur la politique du pays. Il est considéré comme un symbole essentiel de l'unité du pays, et ses interventions et points de vue sont écoutés respectueusement par des politiciens de tous les côtés. Son discours annuel la veille de Noël est diffusé par la plupart des canaux télévisuels espagnols. Puisqu'il est le chef suprême des Forces armées espagnoles, son anniversaire est une fête militaire.
L'effigie du roi apparaît sur les euros et les timbres d'usage courant espagnols.
La famille de Juan Carlos
Sa femme est la reine Sophie (en castillan Sofía), membre de l'ancienne famille royale grecque. Ils ont trois enfants: les infantes Hélène (Elena) et Christine (Cristina), et l'héritier, le prince des Asturies Philippe (Felipe), futur roi Philippe VI.
| Précédé par Francisco Franco | Image:Spain coa.png Jean-Charles Ier roi d'Espagne depuis 1975 | Suivi par ' |



