Jacques Chirac

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Élu le : 7 mai 1995 et 5 mai 2002
Présidence : 17 mai 1995 - 16 mai 2002

et depuis le 17 mai 2002

Prédécesseur : François Mitterrand
Successeur :
Date de naissance : 29 novembre 1932
Lieu de naissance : Paris 5e

Jacques Chirac (29 novembre 1932, Paris, France - ) est un homme d'État français, qui exerce les fonctions de président de la République française depuis le 17 mai 1995. Il a été Premier ministre de 1974 à 1976 et de 1986 à 1988.

Sommaire

Biographie

Débuts (1932-1967)

Né le 29 novembre 1932 à la clinique Geoffroy-Saint-Hilaire (cinquième arrondissement de Paris), Jacques René Chirac est le fils d'Abel François Chirac (1893-1968), administrateur de société, et de Marie-Louise Valette (1902-1973), femme au foyer. Tous deux proviennent de familles de paysans — même si ses deux grands-pères sont instituteurs — de Sainte-Féréole, en Corrèze. D'après Jacques Chirac, son nom « a pour origine la langue d'Oc, celle des troubadours, donc celle de la poésie ».

Le jeune Jacques, enfant unique (il avait une sœur aînée mais qui est décédée en bas-âge avant sa naissance), étudie à Paris au lycée Carnot puis entre au lycée Louis-le-Grand. Après son baccalauréat, il fait une campagne de trois mois comme matelot sur un navire charbonnier. Il intègre en 1951 l'Institut d'études politiques de Paris dont il est diplômé en 1954. Durant cette période, brièvement, il milite dans la mouvance du Parti communiste avec notamment le futur éditeur Christian Bourgois. Il vend L'Humanité rue de Vaugirard, et participe au moins à une réunion de cellule communiste comme il l'a raconté (France 3, 12 novembre 1993). Il signe en 1950 l'Appel de Stockholm, contre l'armement nucléaire, d'inspiration communiste (cela lui vaudra d'être interrogé lorsqu'il demandera son premier visa pour les États-Unis, pays pour lequel il nourrit une réelle admiration) ; il suit durant l'été 1953 la « Summer school » de Harvard, à Boston.

Ses fiançailles avec Bernadette Chodron de Courcel sont célébrées dans l'appartement des Chodron, boulevard Raspail, le 17 octobre 1953. À l'automne 1954, il est reçu à l'ENA, avant d'être classé premier à l'École de la Cavalerie (i.e. les blindés) de Saumur. On lui refuse cependant le grade d'officier en raison de son passé communisant et il faut l'intervention des relations de la famille de Bernadette (le général Kœnig) pour l'obtenir. Il en ressort sous-lieutenant de cavalerie. En 1954, il soutient une thèse de géographie économique à l'Institut d'études politiques de Paris, où il était entré trois ans auparavant, intitulée Le port de La Nouvelle-Orléans, dirigé par le professeur Jean Chardonnet.

Le 16 mars 1956, il épouse Bernadette, malgré les doutes de la famille de celle-ci face au jeune homme issu d'une famille de paysans. Les parents de Bernadette refusent de consacrer le mariage dans la basilique Sainte-Clotilde, privilège des familles de la haute société du faubourg Saint-Germain. La cérémonie a lieu dans la chapelle Las Cases, simple annexe de ladite église, réservée alors au catéchisme et aux cérémonies à la va-vite. Il aura avec elle deux filles, Laurence (1958) et Claude (1962).

Juste après son mariage, de 1956 à 1957, il effectue son service militaire. En tant que jeune diplômé prometteur, il aurait pu éviter de faire la guerre d'Algérie (pendant 18 mois), mais il se porte volontaire et est affecté 2e Chasseur d'Afrique (il est en poste à Souk-el-Barba). Il est libéré de son service le 3 juin 1957. Jacques Chirac explique qu'il n'est devenu gaulliste qu'en 1958, et qu'en 1947, il a pris sa carte du Rassemblement du peuple français « sans savoir ce [qu'il] faisait ».

Avec son mariage, il change complètement de milieu social. Il rejoint en 1957 l'École nationale d'administration dont il sort dixième de la promotion Vauban en 1959, celle-ci étant détachée en Algérie par Charles de Gaulle entre le 17 avril 1959 et avril 1960. Jacques Chirac est détaché en tant que « renfort administratif », auprès du directeur général de l'Agriculture en Algérie, Jacques Pélissier.

À son retour en France métropolitaine, Jacques Chirac est nommé auditeur à la Cour des comptes et devient maître de conférences à l'Institut d'études politiques. En juin 1962, il devient chargé de mission (pour la « construction, les travaux publics, et les transports ») auprès du secrétariat général du gouvernement Pompidou, puis au cabinet du Premier ministre. Un an plus tard il est conseiller référendaire à la Cour des comptes. En 1965, il est élu conseiller municipal de Sainte-Féréole, en Corrèze, berceau de la famille Chirac, sans qu'il se soit présenté. Un an plus tard, Georges Pompidou l'envoie en Corrèze arracher la circonscription d'Ussel (Corrèze) à l'opposition. Bénéficiant du soutien de Marcel Dassault et de son journal, menant une campagne acharnée, il bat son adversaire communiste de justesse, dans un bastion du parti.

Ministères (1967-1976)

Moins d'un mois plus tard, le 8 mai 1967, Jacques Chirac — surnommé « mon bulldozer » par Georges Pompidou — est nommé secrétaire d'État à l'Emploi, dans le gouvernement Pompidou, (et servira encore dans tous les gouvernements successifs, dirigés par Maurice Couve de Murville, Jacques Chaban-Delmas et Pierre Messmer jusqu'en 1974). L'une de ses premières réalisations est la création de l'Agence nationale pour l'emploi. Durant mai 68, il joue un rôle capital lors des Accords de Grenelle et devient l'archétype du jeune énarque brillant, parodié dans Astérix. Aussitôt après mai 68, il est nommé secrétaire d'État à l'Économie et aux Finances, chapeauté par le jeune ministre Valéry Giscard d'Estaing. Les deux hommes se méfient l'un de l'autre tout en travaillant ensemble : Jacques Chirac n'est pas mis dans la confidence de la dévaluation du franc, en 1969.

En 1971 il devient ministre chargé des relations avec le Parlement, puis, le 5 juillet 1972, il est nommé ministre de l'Agriculture et du Développement rural, dans le gouvernement Messmer, où il se fait remarquer en obtenant massivement les voix des agriculteurs. En novembre 1973, soutenu par le Président, il revient sur des décisions de Valéry Giscard d'Estaing, alors en voyage.

En mars 1974, probablement à la suite de l'affaire des écoutes du Canard enchaîné, il « échange » son poste avec celui de Raymond Marcellin, jusque-là ministre de l'Intérieur. À la mort de Georges Pompidou, peu de temps après, il choisit de soutenir Pierre Messmer, un temps candidat, puis Valéry Giscard d'Estaing contre le candidat gaulliste Jacques Chaban-Delmas. Il rallie contre ce dernier 43 députés et contribue ainsi largement à la victoire de Valéry Giscard d'Estaing à l'élection présidentielle. Il bénéficie aussi d'une bonne connaissance du terrain et des élus locaux acquis en moins de deux ans au ministère de l'Agriculture, et surtout de sa position dans un ministère « stratégique » où il a la haute main sur les préfets, les Renseignements généraux, etc.

Le 27 mai 1974, en raison de son rôle décisif dans son élection, Valéry Giscard d'Estaing nomme Jacques Chirac Premier ministre. Il conserve l'appui de l'Union pour la défense de la République (qui ne compte que cinq ministres) dont il devient le secrétaire général, sans même en avoir été membre. À Matignon, il instaure un style détendu et studieux, tout en débutant un bras de fer avec le Président. Tout deux désirent gouverner le pays et possèdent un caractère très différent : leur rivalité est la même depuis leurs tensions au ministère des Finances. Le 11 janvier 1976, le Président effectue un remaniement ministériel contre l'avis du Premier ministre, qui dénonce le pouvoir exercé par Valéry Giscard d'Estaing et demande une refonte complète de sa politique. Après une rencontre au fort de Brégançon, Jacques Chirac décide de démissionner de son poste, geste qu'il annonce le 25 août 1976. Il déclare à la télévision : « Je ne dispose plus des moyens que j’estime nécessaires pour assumer efficacement les fonctions de Premier ministre ». Jacques Chirac aurait affirmé à Valéry Giscard d'Estaing « qu'il voulait quitter la vie politique [...] et qu'il s'interrogeait sur sa vie, et qu'il parlait même de monter une galerie d'art ».

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Pierre Messmer
Premier ministre
de la France
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Raymond Barre

Maire de Paris, vers l'Élysée (1976-1995)

Après avoir annoncé sa candidature au poste de Maire de Paris (il était initialement hostile au changement statutaire de la Ville), il crée le Rassemblement pour la République. Ce parti gaulliste reprend les bases de l'UDR et Jacques Chirac en devient le président. Le 20 mars 1977, malgré l'opposition de Raymond Barre qui soutient Michel d’Ornano, il devient le premier maire de Paris depuis Jules Ferry. Le poste qu'il obtient, nouvellement créé, est très important : quinze milliards de francs de budget, 40 000 fonctionnaires. C'est aussi un tremplin électoral.

Précédé par
Jules Ferry
Maire de Paris
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Suivi par
Jean Tiberi

En vue des élections présidentielles de 1981, Jacques Chirac fait du RPR une puissante machine politique : toujours dans la majorité et plus important, avec 150 députés, que l'Union pour la démocratie française (parti créé en 1978 pour soutenir l'action du Président), il est très critique vis-à-vis du gouvernement. Le 26 novembre 1978, Jacques Chirac est victime d'un accident sur une route de Corrèze et est transporté à l'hôpital Cochin à Paris. De là, il lance l'« Appel de Cochin » qui dénonce le « parti de l'étranger », c'est-à-dire l'UDF. En 1979, il échoue aux élections européennes, sa liste ne recueillant que 16,3 % des voix, derrière les 27,6 % de Simone Veil, tête de liste de l'UDF.

Lors des élections présidentielles, il fait campagne sur le sujet de la réduction des impôts — suivant l'exemple de Ronald Reagan — et obtient 18 % des voix au 1er tour, et se retrouve largement distancé par Valéry Giscard d'Estaing (28 %) et François Mitterrand (26 %), qui remporte le second tour. Il avait annoncé que « personnellement » il voterait pour le chef de l'UDF. Ses militants, et surtout ses jeunes militants, retiennent le peu de conviction du message et votent massivement pour le candidat de l'opposition.

Affaibli par sa défaite, le RPR ne remporte que 83 sièges aux élections législatives. Jacques Chirac devient cependant de plus en plus populaire chez les electeurs de droite comme maire de Paris, notamment en développant une politique de transports en commun, en venant en aide aux personnes âgées, aux handicapés et aux mères célibataires, tout en incitant les entreprises à rester dans la ville mais en organisant la destruction des quartiers populaires . En 1983, il est réélu en remportant le « grand chelem » : la totalité des vingt arrondissements. Il devient le chef de l'opposition. En mars 1986, lors des élections législatives à la proportionnelle, l'union RPR-UDF obtient de justesse la majorité et survient ce que Raymond Barre baptise « cohabitation ». Jacques Chirac, chef de la majorité, devient Premier ministre.

La cohabitation est l'occasion d'une guerre de tranchées entre le Premier ministre et le Président. François Mitterrand, critiquant ouvertement l'action de son Premier ministre, se pose en président impartial. Il refuse de signer des ordonnances et Jacques Chirac doit recourir à l'article 49 al 3. La stratégie du Président favorise la lassitude de l'opinion vis-à-vis de la méthode et des réformes du gouvernement, et le Premier ministre doit se résoudre à en abandonner certaines. Il réussit à freiner la progression du chômage, mais pas à la stopper. Il paye également la défiance de la jeunesse, à laquelle son ministre Alain Devaquet s'est heurté en novembre 1986 et l'image de son ministre Charles Pasqua, populaire à droite mais détesté à gauche. Ce dernier négocie en secret la libération des otages du Liban. La version officielle, commune dans les affaires de prise d'otages, est qu'il n'y a pas eu de rançon ; on accuse le Premier ministre d'avoir vendu la technologie nucléaire française à l'Iran et de vouloir manipuler l'opinion publique.


Précédé par
Laurent Fabius
Premier ministre
de la France
Suivi par
Michel Rocard

Confronté à la remontée spectaculaire de François Mitterrand dans les sondages, Jacques Chirac se lance dans une tournée dans toute la France pour expliquer sa politique. Au premier tour, il obtient seulement 19,9 % et est talonné à droite par Raymond Barre qui en attire 16,5 %, et se trouve largement distancé par François Mitterrand et ses 34,1 %. Il affronte le Président sortant lors d'un débat télévisé rugueux, durant lequel François Mitterrand affirme « dans les yeux » qu'il n'était pas au courant des tractations pour libérer les otages. Jacques Chirac subit une défaite au second tour en n'obtenant que 45,98 % des voix.

Son camp est démoralisé, et sa femme va jusqu'à affirmer : « les Français n'aiment pas mon mari ». De nouveau dans l'opposition, il reste maire de Paris, réélu triomphalement en 1989 et travaille à se maintenir en tête de l'opposition. En 1991, il déclare qu'il est « absolument hostile au plan Delors tendant à instituer en Europe une monnaie unique ».

Face aux grandes difficultés du gouvernement de gauche, il participe à la campagne législative de 1993 qui voit la victoire écrasante de la droite. Échaudé par l'expérience précédente, il préfère rester en retrait et laisse Édouard Balladur devenir Premier ministre, formant ainsi la seconde cohabitation. L'accord tacite entre les deux hommes est simple : à Édouard Balladur Matignon, à Jacques Chirac l'Élysée en 1995.

Cependant Édouard Balladur, au vu de sa popularité, décide de se présenter aux élections présidentielles : les partisans du président du RPR crient à la trahison, d'autant que le Premier ministre entraîne avec lui une partie des élus dont Nicolas Sarkozy et Charles Pasqua. Philippe Seguin, un temps hésitant, se lance dans la bataille auprès du candidat « légitime » et devient avec Alain Juppé et Alain Madelin un des principaux soutiens de Jacques Chirac. Celui-ci entame une campagne dynamique et centrée sur le thème de la « fracture sociale ». Jacques Chirac réussit à devancer Édouard Balladur au premier tour, avant de remporter le second face à Lionel Jospin, candidat des socialistes, avec 52,64 % des voix : il devient président de la République.

Première Présidence de la République (1995-2002)

À son arrivée à l'Élysée, le 17 mai, il nomme Alain Juppé Premier ministre. Ce dernier met l'accent sur la lutte contre le déficit de l'État afin de respecter le pacte de stabilité de l'Union européenne et d'assurer l'arrivée de l'Euro.

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Le 17 juillet 1995 à l'occasion du 53e anniversaire de la rafle du vélodrome d'hiver, il reconnait « la faute collective » de la France et « ces heures noires souillent à jamais notre histoire et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l'occupant a été, chacun le sait, secondée par des Français, secondée par l'État français ».

Dès juillet 1995, une de ses toutes premières décisions est d'effectuer une ultime campagne d'essais nucléaires avant la signature du TICE, afin de permettre au CEA de développer son programme de simulation. Cette décision provoque un tollé, en particulier en Nouvelle-Zélande, en Australie, au Japon, aux États-Unis et dans les milieux écologistes, sans qu'il cède : la campagne d'essais a lieu.

La politique internationale de la France change subitement en Yougoslavie, où le Président ordonne des représailles suite au meurtre de soldats français, conjointes avec l'OTAN, qui met fin à la guerre civile. Il mène parallèlement une politique qui le rapproche des pays arabes tout en travaillant au processus de paix dans le conflit israëlo-palestinien. La France rejoint le commandement intégré de l'OTAN.

De plus en plus impopulaire, le gouvernement d'Alain Juppé doit affronter des grèves massives durant l'hiver 1995-1996, dues à la réforme des retraites du privé et au gel du salaire des fonctionnaires. Devant l'essoufflement de sa majorité, probablement conseillé par Dominique de Villepin, il risque la dissolution de l'Assemblée nationale le 21 avril 1997 quelques mois avant la date prévue. Pris de court, ni son parti ni son électorat ne comprennent son geste tandis que l'opposition crie à la manœuvre. Les élections qui suivent voient la victoire de la gauche plurielle, menée par Lionel Jospin. Jacques Chirac nomme ce dernier Premier ministre.

La troisième cohabitation est bien plus longue que les précédentes, puisqu'elle dure cinq ans. Le Président et le Premier ministre tentent de parler d'une seule voix dans le cadre de l'Union européenne ou de la politique étrangère, se rendant ensemble aux sommets européens (comme lors des deux autres cohabitations), même si on y assiste parfois à des passes d'armes verbales entre les deux hommes.

C'est à cette époque qu'éclatent les affaires politico-financières au sujet du RPR et de la mairie de Paris. Le 21 septembre 2000, est publié dans le journal Le Monde un aveu posthume de Jean-Claude Méry, promoteur et financier occulte du RPR, lequel accuse Jacques Chirac, alors maire de Paris, d'avoir été au cœur du système. Le RPR (tout comme l'UDF, le PS et le PC) est accusé d'avoir alimenté son budget à l'aide de commissions versées par des entreprises du bâtiment auxquelles la région Île-de-France a confié en contrepartie d'importants travaux publics. Jacques Chirac était alors le président du RPR. Il était également maire de Paris lors des faits de l'affaire des faux électeurs du Ve arrondissement. Une enquête a lieu dans le cadre du financement de voyages en avion à caractère privé de l'ancien maire. Bertrand Delanoë, nouveau maire de Paris, ignorant ces premières accusations, rend public durant la campagne présidentielle de 2002 un rapport sur 2,13 millions d'euros dépensés en « frais de bouche » par Jacques Chirac et sa femme entre 1987 et 1995 ; un non-lieu pour prescription est prononcé par le juge d'instruction Philippe Courroye en 2003.

À l'initiative d'un député socialiste, Arnaud Montebourg, trente députés (dix-neuf PS, quatre Verts, quatre radicaux, deux PCF et un MDC) déposent une motion demandant la traduction de Jacques Chirac devant la Haute cour. La motion est rejetée. Dans un arrêt, le Conseil constitutionnel, présidé alors par Roland Dumas, confirme au président son immunité telle qu'elle est définie dans la constitution.

Le 24 septembre 2000 la réduction du mandat présidentiel de 7 à 5 ans est adoptée par un référendum marqué par une abstention record.

Le gouvernement de Lionel Jospin connaît une popularité importante, marquée par la loi des 35 heures, la baisse du chômage et la reprise économique mondiale de la fin du siècle. Partant favori, le Premier ministre décide de rétablir le calendrier initial des élections (la présidentielle avant les législatives) et surtout obtient du Président, d'abord très réticent, qu'il propose la modification de la Constitution pour transformer le septennat en quinquennat. Face à la pression de ses soutiens, les sondages lui étant peu favorables, il décide d'annoncer plus tôt que prévu sa candidature pour les élections de 2002, devançant ainsi Lionel Jospin.

S'appuyant sur la jeune garde des députés RPR, il favorise la formation progressive d'un nouveau parti qui doit voir la fusion du RPR, de l'UDF et de Démocratie Libérale : l'Union pour une majorité présidentielle. Les futurs éléments de ce nouveau parti (que l'UDF, dirigée par François Bayrou, refuse de rejoindre) développent les thèmes de la sécurité et de la baisse des impôts. Ayant désormais une grande expérience des campagnes présidentielles, Jacques Chirac mène une campagne dynamique, notamment sur le thème de l'insécurité, alors que Lionel Jospin voit la sienne s'essouffler. Le 21 avril, c'est la surprise, « comme un coup de tonnerre » : Lionel Jospin est battu dès le premier tour. Jacques Chirac, arrivé en tête avec 19,88 % (le plus faible score pour un président sortant), se voit opposé à Jean-Marie Le Pen. Souvent décrit comme un antiraciste viscéral, assuré de l'emporter, il décide de refuser de débattre avec son adversaire, déclarant que « face à l'intolérance et à la haine, il n'y a pas de transaction possible, pas de compromission possible, pas de débat possible ». Les deux hommes se détestent notoirement. Il laisse la gauche et la jeunesse manifester en appelant à voter pour lui (le slogan de ses opposants les plus farouches est « Votez escroc, pas facho »), et il est élu avec un score sans commune mesure : 82,21 %.

Seconde Présidence de la République (depuis 2002)

Lionel Jospin lui ayant aussitôt remis sa démission, il nomme un membre de Démocratie libérale, Jean-Pierre Raffarin comme Premier ministre, lequel gouverne par ordonnances pendant quelques semaines : l'UMP, alors créé, remporte largement les élections législatives suivantes. Jacques Chirac a de nouveau une majorité.

Jean-Pierre Raffarin entame la mise en œuvre de certaines des promesses de la campagne : baisse de l'impôt sur le revenu et multiplication d'actions ciblées contre la délinquance, avec son très médiatique et populaire ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy et l'insécurité routière, avec le ministre des transports Gilles de Robien. Viendront ensuite l'assouplissement des 35 heures, la réforme des retraites et de la sécurité sociale, la décentralisation.

La situation internationale, marquée par l'attentat du 11 septembre, voit l'intensification de la politique étrangère du président des États-Unis, George W. Bush, avec qui Jacques Chirac s'entend mal. S'il l'avait soutenu lors de l'intervention en Afghanistan, il se place, avec Gerhard Schröder, Vladimir Poutine et la Chine Populaire, comme l'opposant principal des États-Unis contre l'invasion de l'Irak. Épaulé par son ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, il obtient que les États-Unis passent par l'ONU avant toute intervention. Profitant d'un consensus national sur la question, Jacques Chirac se fait le chantre d'un « monde multipolaire ». Soutenu par l'opinion européenne et quelques dirigeants, à l'exception notoire des premiers ministres britannique, italien et espagnol et des dirigeants des pays de l'Europe de l'Est, il s'oppose aux États-Unis et laisse entendre qu'il utilisera son droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies. Cette annonce lui vaut une campagne hostile, notamment dans une partie des médias anglo-saxons (The Sun titre alors « Chirac is a worm » — « Chirac est un ver »). Les relations avec les États-Unis deviennent exécrables, ne commençant à se normaliser qu'à partir de la commémoration du débarquement en Normandie, quinze mois plus tard.

Au lendemain d'une défaite massive aux élections cantonales et régionales de 2004 (20 des 22 régions de France métropolitaine passent ou repassent à gauche), il nomme Nicolas Sarkozy ministre d'État, ministre de l'Économie, des finances et de l'industrie : la plupart des éditorialistes politiques (dont ceux du Canard enchaîné, du Nouvel observateur et de l'Express) y voient un moyen de contrer sa popularité toujours aussi forte (contrairement à celle du Premier ministre, au plus bas dans les sondages). Face aux ambitions présidentielles affichées par Nicolas Sarkozy, il le met en demeure, lors de son allocution du 14 juillet 2004, de choisir entre son fauteuil et le poste de président de l'UMP. En novembre, Nicolas Sarkozy est élu président du parti et quitte son ministère, alors confié à Hervé Gaymard. En février 2005, celui-ci est contraint à la démission suite à un scandale très médiatisé et est remplacé par Thierry Breton.

Pour impliquer les Français dans la Constitution européenne, Jacques Chirac décide qu'un référendum sera organisé pour la ratification de celle-ci. Désormais favorable à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne (son « vœu le plus cher »), il voit une partie de sa majorité s'opposer à cette perspective, qui vient brouiller les cartes du référendum : le 17 décembre, les vingt-cinq décident l'ouverture des négociations avec la Turquie. Le projet de directive Bolkestein détourne une partie de l'inquiétude sociale grandissante sur l'Europe, malgré les tentatives de désamorçage du président. Les sondages s'inversent trois fois, le débat enflamme les français et mobilise les médias jusqu'au jour du référendum.

Le 29 mai, après une campagne marquée par l'implication personnelle du président, le « non » l'emporte avec 54,87 % des voix et avec une forte participation de 69,74 %. Le surlendemain, Jean-Pierre Raffarin démissionne ; Jacques Chirac annonce son remplacement par un duo formé par Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy : l'un comme Premier ministre, l'autre comme ministre d'État, rejoignant le ministère de l'Intérieur. La presse se déchaîne contre le peu de changement des membres du gouvernement mais est intriguée par la « cohabitation » des deux (on parle de « vice-premier Ministre »).

Jacques Chirac entame alors un bras de fer avec Tony Blair (qui prend la présidence de l'Union), sur le budget de l'Union. Cette confrontation s'étend à la candidature de Paris et Londres pour les Jeux Olympiques d'été de 2012 où les deux hommes s'impliquent personnellement. Les Français partent favoris et espèrent contrer la morosité qui s'abat sur le pays, mais, le 6 juillet, Londres est choisie par le CIO.

Depuis cette date les sondages de popularité le concernant sont au plus bas et ne remontent que lentement. Le 2 septembre 2005, il est hospitalisé à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, pour un accident vasculaire cérébral (ou attaque cérébrale) ayant entraîné un léger trouble de la vision qui disparaît en quelques jours. Il en sort le 9 septembre 2005, mais ne doit pas prendre l'avion pendant quelques semaines. Le premier ministre Dominique de Villepin représente alors la France au sommet de l'ONU le 13 septembre 2005. Alors que la presse salue plutôt positivement les fin des « cent jours » que celui-ci s'était fixé, il peine à masquer la rivalité qui l'oppose à Nicolas Sarkozy, rendue plus aigüe depuis l'accident du président : la plupart des éditorialistes affirment que Jacques Chirac ne se représentera pas en 2007, rendant la « succession » ouverte.

Le 4 octobre 2005, lors d'un sommet franco-italien, Jacques Chirac reproche à la Commission européenne de ne pas lutter contre des licenciements chez Hewlett-Packard, ce qui fait réagir le président de la Commission qui qualifie cette accusation de « démagogie », estimant que le sujet est du domaine national.

Parcours politique

Chronologie

  • 1950, milite pour la paix dans un mouvement proche du Parti communiste français
  • 1962, collaborateur de Georges Pompidou à partir de 1962.
  • 1967, élu député de la Corrèze, entame sa carrière ministérielle.
  • 1974, nommé Premier ministre par le Président Giscard d'Estaing.
  • 1976, démissionnaire, il cède sa place à Raymond Barre et crée le RPR.
  • 1977, élu maire de Paris ; il le restera 18 années (réélu en 1983 et 1989).
  • 1978, le 6 décembre, il lance l'appel de Cochin (hôpital où l'a conduit un accident de voiture) et déclare « On prépare l'inféodation de la France, on prépare à l'idée de son abaissement ». Il dénonce alors « le parti de l'étranger » en s'adressant à l'UDF.
  • 1981, il se présente pour la première fois à l'élection présidentielle contre Valéry Giscard d'Estaing. Il n'obtient que 18 % des suffrages.
  • 1986, victoire du RPR et de l'UDF aux législatives. Il devient Premier ministre de la première cohabitation avec François Mitterrand.
  • 1988, élection présidentielle, il est battu au second tour par François Mitterrand.
  • Depuis les années 1990, le nom de Jacques Chirac est régulièrement évoqué dans huit affaires judiciaires impliquant notamment la Mairie de Paris. Sa fonction présidentielle le tient pour l'instant à l'abri des poursuites judiciaires.
  • 1995, élection présidentielle, élu Président de la République face à Lionel Jospin avec 52,6% des voix. Alain Juppé est nommé Premier ministre.
  • 1997, dissolution de l'Assemblée nationale. La gauche remporte les élections législatives. Il est contraint à une nouvelle cohabitation (1997-2002) et nomme Lionel Jospin (PS) comme Premier ministre.
  • 2002, il est réélu Président de la République avec 19,88% des suffrages exprimés au premier tour (score le plus bas pour un président sortant) et 82,21% au second tour, score historique durant la Ve République et dû en grande partie à un consensus général des électeurs de tous bords politiques. Cette très large victoire exprime la volonté du peuple français de contrer massivement le candidat du Front national suite à l'appel de la plupart des partis politiques. Un sondage IPSOS réalisé à la sortie des urnes a montré qu'environ 82% des électeurs ayant voté pour les candidats de gauche ou du centre au premier tour ont voté pour Jacques Chirac au second tour.

Le Premier ministre actuel est Dominique de Villepin, qui a remplacé le 31 mai 2005 Jean-Pierre Raffarin, nommé en mai 2002.

Mandats électifs

(1) mandats interrompus après nomination au gouvernement
(2) élection partielle après démission de son suppléant
(3) mandat interrompu par la dissolution de l'Assemblée nationale
(4) mandat interrompu après son élection à la présidence de la République

Fonctions gouvernementales

Décorations

Citations

Wikiquote possède quelques citations de ou à propos de Jacques Chirac.
  • Accueillant à Orly Saddam Hussein, le 5 septembre 1975 (phrase citée dans Franz-Olivier Giesbert, Jacques Chirac, éd. du Seuil, « Points », 1995, p. 484)
« Vous êtes mon ami personnel. Vous êtes assuré de mon estime, de ma considération et de mon affection. »
  • Introduction du discours prononcé au congrès fondateur du RPR le 5 décembre 1976 :
« Amis anciens et nouveaux, je vous salue. Nous voici réunis pour témoigner que le peuple de France, comme il l'a toujours fait dans les heures difficiles, se rassemble et se retrouve. Notre histoire est celle d'une Nation de la vieille Europe qui a donné au monde moderne l'essentiel de ses valeurs, qui n'a jamais cédé lorsqu'elles étaient menacées, qui a su en faire le patrimoine de chacun d'entre nous. Sur ces valeurs, nous avons fondé notre prestige, exalté notre unité. Nous avons bâti l'idéal d'une société de liberté, affirmant la dignité et la responsabilité de ses membres. Qui ne reconnaîtra que ces exigences tiennent au cœur de l'immense majorité de nos concitoyens, et qu'elles valent tous les sacrifices, lorsqu'elles sont menacées ? Or, les menaces s'accumulent. Il est temps d'en prendre clairement conscience. »
  • L'appel de Cochin, 6 décembre 1978
« Il est des heures graves dans l’histoire d’un peuple où sa sauvegarde tient toute dans sa capacité de discerner les menaces qu’on lui cache. L’Europe que nous attendions et désirions, dans laquelle pourrait s’épanouir une France digne et forte, cette Europe, nous savons depuis hier qu’on ne veut pas la faire.
Tout nous conduit à penser que, derrière le masque des mots et le jargon des technocrates, on prépare l’inféodation et la France, on consent à l’idée de son abaissement. [...]
L’élection prochaine de l’Assemblée européenne au suffrage universel direct ne saurait intervenir sans que le peuple français soit exactement éclairé sur la portée de son vote. Elle constituera un piège si les électeurs sont induits à croire qu’ils vont simplement entériner quelques principes généraux, d’ailleurs à peu près incontestés, quant à la nécessité de l’organisation européenne, alors que les suffrages ainsi captés vont servir à légitimer tout ensemble les débordements futurs et les carences actuelles, au préjudice des intérêts nationaux.
1° Le gouvernement français soutient que les attributions de l’Assemblée resteront fixées par le traité de Rome et ne seront pas modifiées en conséquence par le mode d’élection. Mais la plupart de nos partenaires énoncent l’opinion opposée presque comme allant de soi et aucun assurance n’a été obtenue à l’encore de l’offensive ainsi rencontrée, tranquillement, par avance. [...]
2° L’approbation de la politique européenne du gouvernement supposerait que celle-ci fût clairement affirmée à l’égard des errements actuels de la Communauté économique européenne. Il est de fait que cette Communauté — en dehors d’une politique agricole commune d’ailleurs menacée — tend à n’être, aujourd’hui, guère plus qu’une zone de libre-échange favorable peut-être aux intérêts étrangers plus puissants, mais qui voue au démantèlement des pans entiers de notre industrie laissée sans protection contre des concurrences inégales, sauvages ou qui se gardent de nous accorder la réciprocité. [...]
3° L’admission de l’Espagne et du Portugal dans la Communauté soulève, tant pour nos intérêts agricoles que pour le fonctionnement des institutions communes, de très sérieuses difficultés qui doivent être préalablement résolues, sous peine d’aggraver une situation déjà fort peu satisfaisante. [...]
C’est pourquoi nous disons NON.
Non à la politique de supranationalité.
Non à l’asservissement économique.
Non à l’effacement international de la France.
[...]
Comme toujours quand il s’agit de l’abaissement de la France, le parti de l’étranger est à l’œuvre, avec sa voix paisible et rassurante. Français, ne l’écoutez pas. C’est l’engourdissement qui précède la paix de la mort.
Mais comme toujours quand il s’agit de l’honneur de la France, partout des hommes vont se lever pour combattre les partisans du renoncement et les auxiliaires de la décadence. »
  • Le Monde, 19 janvier 1985 :
« La France est une puissance musulmane et une société multiraciale ».
  • Entretien accordé à Franz-Olivier Giesbert le 22 juin 1985 (cité dans Franz-Olivier Giesbert, Jacques Chirac, éd. du Seuil, « Points », 1995, p. 419)
« […] Pour le moment, tout ça n’est pas bien grave. Il y a un type, Le Pen, que je connais pas et qui n’est probablement pas aussi méchant qu’on le dit. Il répète certaines choses que nous pensons, un peu plus fort et mieux que nous, en termes plus populaires. […] »
  • Débat télévisé, 27 octobre 1985, lors de la campagne pour les élections législatives de 1986 :
« Ne m'interrompez pas sans arrêt, vous êtes comme le roquet, Monsieur Fabius », qui lui réplique : « Monsieur Chirac, vous devriez changer de ton, vous parlez au Premier ministre de la France tout de même ! ». C'est toutefois ce poste que Fabius cèdera à Chirac à la suite des législatives qui avaient motivé ce débat.
  • Discours à la Fondation du futur, le 18 janvier 1986
« Lorsque nous serons huit à dix milliards d'être humains, Européens, Américains du Nord et Soviétiques ne représenteront plus que 20 % de cette multitude. Il est à craindre que notre richesse, notre culture, notre savoir, ne pèsent pas lourd face à un déferlement qui se présentera forcément sous le seul aspect du rapport de force. »
« Mais qu'est-ce qu'elle veut de plus, cette mégère ? Mes couilles sur un plateau ? »
Incident diplomatique qui a fait la une de la presse britannique ; le Sun titre : « le Premier ministre français est ordurier ». Pendant toute une nuit, traducteurs officiels et interprètes particuliers s'interrogèrent pour savoir si Jacques Chirac avait traité Mme Thatcher de « mégère » ou de « couille ».
  • Discours à Marseille le 10 mars 1988 (cité dans Le Monde, 12 mars 1988)
« Si je ne peux pas l’admettre [la multiplication des réactions racistes et xénophobes], je peux le comprendre. »
  • Débat électoral entre les deux tours de l'élection présidentielle de 1988, François Mitterrand y commentant son action comme on évalue un subordonné :
Jacques Chirac : « Permettez-moi juste de vous dire, que, ce soir, je ne suis pas le Premier ministre et vous n'êtes pas le président de la République. Nous sommes deux candidats, à égalité. Vous permettrez, donc, que je vous appelle monsieur Mitterrand. »
François Mitterrand : « Vous avez raison, monsieur le Premier ministre. »
« Notre problème, ce n'est pas les étrangers, c'est qu'il y a overdose. C'est peut-être vrai qu'il n'y a pas plus d'étrangers qu'avant la guerre, mais ce n'est pas les mêmes et ça fait une différence. Il est certain que d'avoir des Espagnols, des Polonais et des Portugais travaillant chez nous, ça pose moins de problèmes que d'avoir des musulmans et des Noirs. Comment voulez-vous que le travailleur français qui travaille avec sa femme et qui ensemble gagnent environ 15 000 FF et qui voit sur le palier à côté de son HLM entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses et une vingtaine de gosses et qui gagne 50 000 FF de prestation sociale sans naturellement travailler. Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur, eh bien le travailleur français sur le palier, il devient fou. Et ce n'est pas être raciste que de dire cela. Nous n'avons plus les moyens d'honorer le regroupement familial et il faut enfin ouvrir le débat qui s'impose dans notre pays qui est un vrai débat moral pour savoir s'il est naturel que les étrangers puissent bénéficier au même titre que les Français d'une solidarité nationale à laquelle ils ne participent pas puisqu'ils ne payent pas d'impôts. […] Le premier racisme n’existe pas entre les français d’origine et les immigrés, mais entre les Arabes et les Noirs. »
Cette phrase fait à l'époque scandale, est régulièrement rappelée par ses détracteurs, dont la chanson Le bruit et l'odeur de Zebda.
  • L'Express, 15 juin 1994
« Personne ne pense que je réfléchis. »
  • La France pour tous, Nil éditions, 1995, pp. 97/98
« La géographie et l'histoire ont contribué au tissage d'une exception française qui doit rester exceptionnelle. »
  • À l'issue du conseil européen de Turin, le 29 mars 1996
« Rien ne nous indique qu'il y a une transmission possible à l'homme [de l'encéphalopathie spongiforme bovine, la maladie de la vache folle]. Je dénonçais tout à l'heure l'irresponsabilité de certains journaux à grande vente, qui, pour vendre du papier, et disant n'importe quoi, affolent tout le monde. [...] En tout cas, je peux vous dire qu'il y avait à déjeuner du veau et que tout le monde a mangé de bon appétit. »
  • Conférence de presse à Brazzaville, le 18 juillet 1996
Question : Est-ce que pour vous la colonisation a eu globalement un effet négatif ou un effet positif ?
Jacques Chirac : Un effet positif, j'ai toujours beaucoup respecté la période de l'empire colonial français. Je pense qu'il s'agit là d'une belle page de notre histoire et je ne la renie en aucun cas. […] Ceci étant, il y a eu des conséquences graves, non pas à la colonisation, mais à l'histoire qui la précédait.
  • 16 septembre 1998
« Il suffit d'attendre. Jospin va se planter. C'est la loi de la cohabitation, je suis payé pour le savoir. »
Jacques Chirac avait durement subi la cohabitation avec François Mitterrand. Comme lui, Lionel Jospin était sûr de son bilan et persuadé de l'emporter. La même mésaventure était arrivée à Edouard Balladur; il est difficile de concilier les charges d'une campagne électorales avec celles d'un premier ministre, ce que les journalistes politiques nomment la malédiction de Matignon.
  • Le Parisien. 10 mai 2000.
« S'opposer, c'est comme faire du vélo : quand on ne pédale plus, on tombe. »
  • Sur l'affaire Méry. Septembre 2000
« abracadabrantesque ».
Réaction de Jacques Chirac lors d'un entretien télévisé évoquant l'affaire de la cassette de Jean-Claude Méry. Ce mot figure dans un poème d'Arthur Rimbaud, à la seconde strophe du « Cœur supplicié », aussi intitulé « le cœur volé », ou « le cœur du pitre », et peut être considéré comme un hapax pour la fin du XXe siècle. Il a été soufflé à Jacques Chirac par Dominique de Villepin.
  • À l'issue de la réunion du G7 à Gênes, le 20 juillet 2001
« Il est certain que nous saurons mettre en œuvre les moyens nécessaires pour empêcher que l'Argentine ne s'effondre. »
  • Autres morceaux choisis
« Cela m'en touche une sans faire bouger l'autre. »
« Il y a beaucoup de choses que j'aime à part le football et la bière. »
« On fait les cadeaux avant les élections et on décide les impôts tout de suite après.» 26 mai 1981
« Les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu'elles concernent l'avenir. » (mais cette phrase a été attribuée également à Charles de Gaulle d'une part et à Georges Pompidou d'autre part)
« Ma femme est un homme politique. »
« On peut rester actif après une bonne bière. »
« Je suis anti-chasseurs. Mais je vous comprends : si un lièvre vous attaque, il faut bien que vous vous défendiez. » 10 mars 1994
« Je n'adhère pas à la SFIO, il y a trop de conservateurs. »
« En 1994 [on pourra] se baigner de nouveau dans la Seine. Et je serai le premier à le faire. » 28 novembre 1988 (cela n'est toujours pas possible en 2005).

Divers

Parodie

  • les Guignols de l'info parodient régulièrement Jacques Chirac qui est présenté comme un personnage franchouillard et débonnaire, suffisamment sympathique dans son genre pour qu'on ait dit que c'est aux Guignols de l'info que Jacques Chirac doit son succès contre Édouard Balladur en 1995 (mais pas en 2002 où ces mêmes Guignols le présentaient sous le personnage peu flatteur de Super-Menteur).

Autres

  • De par sa fonction de président de la République française, Jacques Chirac est coprince d'Andorre depuis son élection, conformément à l'article 43.2 de la Constitution andorrane.
  • Philatélie : la poste de l'Autorité palestinienne a émis un bloc de quatre timbres en hommage à Jacques Chirac en 2004 (Image).
  • Jacques et Bernadette Chirac ont « adopté de cœur » une vietnamienne : Anh Dao Traxel, à son arrivée en France en 1979.
  • Il est passionné des Indiens Taïnos, indiens d'Amérique centrale, et des peuples primitifs. Il est venu présenter sa passion dans l'émission le Cercle de Minuit de Michel Field en 1994.
  • On lui doit une traduction de poèmes chinois datant de son époque estudiantine. Il parlerait couramment le chinois mandarin, et s'entretient volontiers dans cette langue avec l'actrice Gong Li.
  • Sa décision de reprendre les essais nucléaires à son arrivée à la Présidence de la République motive une compilation musicale en Allemagne : Stop Chirac, d'après une idée de Die Ärzte avec notamment Die Fantastischen Vier, Die Toten Hosen ou encore Fettes Brot. L'illustration de cet album compare implicitement la bombe nucléaire avec un pénis en érection.
  • Jacques Chirac est un grand amateur de Sumo.

Bibliographie

Œuvres

Ouvrages ou articles consacrés à Jacques Chirac

Articles connexes

Charles de Gaulle | parti politique | mouvements politiques | Idées politiques

Liens externes

Wikimedia Commons possède des documents multimédia sur Jacques Chirac.
Image:Flag of France.png Chronologie des 22 Présidents de la République Image:Flag of France.png
1848 1852 1871 1873 1879 1887 1894 1895 1899
Louis-Napoléon
Bonaparte
Adolphe
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de Mac-Mahon
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1899 1906 1913 1920 1920 1924 1931 1932 1940 1947
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Loubet
Armand
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Poincaré
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Deschanel
Alexandre
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