Interruption médicale de grossesse
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L'interruption médicale de la grossesse (IMG) peut être indiquée lorsque la grossesse met gravement en danger la vie de la mère ou lorsque le fœtus est atteint d'une maladie grave incurable au moment du diagnostic. Elle est possible en France à tout âge de la grossesse jusqu'au terme de la grossesse.
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Aspects légaux
France
Le fœtus n'a aux yeux de la loi française aucune existence légale. Ce n'est qu'à la naissance qu'il obtient le statut de citoyen français. L'existence de ce « hiatus » dans la loi française permet éventuellement de causer la mort d'un fœtus in utéro par des techniques médicales, puis de déclencher l'accouchement sur un fœtus mort sans s'exposer au crime d'assassinat.
Les termes de la loi Veil-Pelletier (en particulier l'article 162-12 du Code de la Santé Publique) forment un cadre délibérément peu « directif », en accord avec l'état des connaissances de l'époque (1979), laissant un important degré d'interprétation médicale. Les modalités pratiques de « l'interruption médicale de grossesse » ont été depuis précisés, entre autre, par l'article 13 de la Ioi 94-654 du 29 juillet 1994, qui précise que : « En outre, si l'interruption de grossesse est envisagée au motif qu'il existe une forte probabilité que l'enfant à naître soit atteint d'une affection d'une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic, l'un de ces deux médecins doit exercer son activité dans un centre de diagnostic prénatal pluridisciplinaire ».
Indications
Pathologie maternelle
Toute maladie maternelle, dont l'évolution peut être gravement perturbée par une grossesse, même normale, peut être indication à une IMG. Ces indications sont rares aujourd'hui.
- Pathologie cardiaque grave, avec risque de décompensation cardiaque durant la grossesse
- Pathologie cancéreuse, où le retard de traitement occasionné par la grossesse peut être gravement préjudiciable à la survie maternelle.
- Pathologie psychiatrique, lorsque la grossesse entraine la décompensation d'une névrose préexistante avec risque suicidaire.
Dans ces cas de pathologies maternelles, l'avis de deux médecins experts, dont l'un expert de la pathologie maternelle et l'autre, si possible, membre d'un centre de diagnostic antenatal, est requis.
Pathologie foetale
Toute risque important de pathologie foetale grave, reconnue comme incurable au moment du diagnostic.
- Malformation d'un organe fonctionnel léthale à plus ou moins brève écheance (agénésie rénale, hypoplasie pulmonaire, extreme prématurité ineluctable)
- Atteinte cérébrale ou nerveuse risquant d'entrainer un déficit neurologique grave (hydrocéphalie, agénésie de diverses régions cérébrales, atteinte infectieuse cérébrale)
- Anomalie chromosomique avec déficit intellectuel
- Autres malformations ou maladies foetales entrainant une qualité de vie gravement perturbée
Dans ces situations, l'avis des parents est prépondérant. Après consultations auprès de plusieurs spécialistes concernés (obstétricien, chirurgien infantile, neuro-pédiatre, cardio pédiatre, généticien, psychiatre...), le couple formule une demande, qui est examinée par un centre de diagnostic anténatal pluridisciplinaire. Le centre de diagnostic antenatal rend alors un avis (favorable ou défavorable) sur l'IMG.
Technique
Elle varie en fonction du terme de la grossesse au moment de l'interruption.
Avant 22 semaines d'amenorrhée
Préparation par la prise d'anti-progestérone puis 48 heures après déclenchement du travail par prise orale ou vaginale de prostaglandines, médicaments entrainant une dilatation du col et des contractions utérines avec expulsion de la grossesse. Une perfusion d'antalgiques à la demande est instituée (morphiniques).
Dans les rares circonstances où la voie basse est impossible (placenta devant le col, par exemple), une mini-césarienne est possible.
Après 22 semaines d'amenorrhée et jusqu'au terme
La risque d'obtenir un enfant vivant à la naissance étant important, on réalise avant toute chose un foeticide qui a pour but d'entrainer la mort du fœtus in utéro. Elle est réalisée par injection dans le cordon ombilical (par voie abdominale) de chlorure de potassium. Cette injection nécessite souvent une anesthésie visant à entrainer une diminution de l'activié foetale.
Le déclenchement du travail est ensuite obtenu par prise de prostaglandines, avec éventuellement rupture de la poche des eaux, sous la forme d'un accouchement dirigé, le plus souvent sous anesthésie péridurale.
Aspects moraux
Les aspects moraux de l'IMG sont multiples et continuent à faire couler beaucoup d'encre...
En elle même, la notion de « risque » de malformation grave est très subjective, chaque couple étant libre de choisir le risque qu'il accepte de courir pour avoir un enfant (toute grossesse étant de toutes façons une prise de risque). Le centre de diagnostic antenatal doit apprécier en conscience si le risque théorique justifie ou non d'interrompre la grossesse.
La notion de « qualité de vie inacceptable » est elle aussi très subjective. On peut comprendre par exemple qu'un couple de pianiste vivrait comme un terrible handicap l'agénésie d'une main chez leur enfant. Là encore, la mission du centre de diagnostic anténatal est de « replacer » cette qualité de vie dans un sens général.
La notion de « handicap mental » est entièrement soumise à l'idée que s'en fait la société. On peut se demander comment serait ressentie par cette société le handicap de la Trisomie 21, par exemple, si les structures de prise en charge de tels enfants étaient plus développés, avec une réelle volonté d'intégrer dans la société des individus au QI certes inférieur à la normale, mais heureux de vivre avec.
Enfin, le risque de dérive eugénique est présent à chaque instant. La tendance actuelle étant à « l'enfant unique parfait », on ne peut envisager l'IMG sans craindre ses excés.
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